Visite du Bunker (8) : le môme citrouille
Le Bunker, troisième témoignage, chez Jacques Flament.
"Un gosse, dont la tête grosse comme un potiron saillait sur un corps en bonbonne, l'observait derrière des lunettes aux verres boursouflés."
Le Bunker, 3ème témoignage
Nota : il n'est pas interdit de cliquer sur les images.
Pattes de mouche et autres saletés - un superblog de Laurine Roux
Des blogs d'auteur, il y en a beaucoup. On y fait sa petite promotion, y annonce ses publications, ses dates de signatures. On y raconte ses exploits, y partage ses expériences. On y donne son avis sur des sujets divers et variés, le plus souvent littéraires, y pousse ses coups de gueule, y livre son journal intime ou pas, ses chroniques de la vie d'un auteur. Et puis on y expose quelques uns de ses textes... Bref, à peu de choses près, ce qu'on peut trouver ici même, sur le blog que vous êtes en train de parcourir... et qu'on peut aussi retrouver, plus ou moins, sur Pattes de mouche, le blog de Laurine Roux.
Oui mais, sur Pattes de mouche, il y a beaucoup plus et surtout l'essentiel ! Ce n'est pas seulement que ce soit brillant, réjouissant et profond, qu'on y découvre des textes après la lecture desquels on se sent plus intelligent - et rien que ça, tirer vers le haut le visiteur, suffirait à rendre ce blog indispensable - c'est surtout qu'on y assiste, ou du moins qu'on à l'impression d'assister, au processus de création lui-même. Laurine Roux nous invite à suivre deux de ses projets (Works in Progress, pour faire bien !), ses Carnets du Transsibérien et Walden, et nous confronte à ce qu'il y a de plus mystérieux : l'acte créateur. Elle nous offre, et c'est un privilège qu'elle nous accorde, de la suivre dans sa construction d'une oeuvre dont se dessinent au fur et à mesure les contours, se profilent les thématiques et où s'agencent déjà quelques pièces éclatantes et passionnantes.
Pattes de mouches est un superblog et Laurine Roux une auteure à suivre absolument. Et il faut que ça se sache !
"Un canapé sur l'Oise" : un recueil pour rire de Libres Plumes
Suite au premier concours de la nouvelle humoristique qu'elle a organisé (dont les résultats sont à découvrir ici), l'association Libre Plumes a pris l'excellente initiative de regrouper les 15 nouvelles finalistes au sein d'un recueil (numérique et papier), intitulé Un canapé sur l'Oise.
Mon texte (Un thème à la con) ayant eu cet honneur, j'ai le grand plaisir de l'y voir figurer.
Vous pouvez le découvrir, avec les autres finalistes et la préface du président du jury Philippe Jaenada, et vous le procurer à cette adresse : Libres Plumes
Un recueil qui n'engendre pas la mélancolie, idéal pour l'été !
La deuxième édition du concours est en cours. Vous avez jusqu'à fin juillet pour envoyer vos propositions. Voir les modalités de participation !
Le Victor Hugo de Ousmane Sow
Le bronze géant se dresse sur le parvis des droits de l'homme, devant l'hôtel de ville de Besançon. La sculpture monumentale représente Victor Hugo en habits de Jean Valjean, consultant sa montre de gousset. Le clin d’œil à la vieille tradition horlogère de la cité est fortuit néanmoins heureux, puisque la sculpture a été commandée non par la commune mais par Médecins du monde, en refus de la misère et de l'exclusion.
Le sculpteur revendique son admiration pour l'écrivain et leur ressemblance frappe tant que l'on ne peut s'empêcher de songer à un autoportrait de l'artiste. Victor Hugo est représenté à l'âge où il est sûr de son autorité, de son art, de son influence, et une force tranquille (pour reprendre une expression éculée) émane de lui. L'homme convaincu de sa propre grandeur, regarde sa montre. On le sent maître du temps, et quelque peu avare du sien, plus précieux que celui des autres. L'on est surpris en apprenant qu'il est en guenilles, tant le costume qu'il a revêtu rappellerait plutôt celui d'un bourgeois, bourgeois qu'il était, avec sa veste, son gilet, sa chemise et cette montre de gousset, costume que l'on devine alors, conformément aux intentions explicitées, élimé, usé jusqu'à la corde (et la veste, à y regarder de près, semble en effet bien défraîchie) même si ça n'est pas évident... Il faut se rabattre sur les grosses chaussures et l'absence de chapeau pour trouver des signes tangibles de l'indigence exprimée, plus que sur la rugosité et les aspérités de la surface, assez caractéristiques du style de Sow et donc, en l'occurrence, peu significatifs.
Ainsi, l'on est troublé. L'artiste en guenilles supposées a plutôt des allures de notable ; la posture et la tenue (quoiqu'on en dise) traduisent sa haute position sociale et la conscience qu'il avait de son rang. Et l'on s'étonne que l’œuvre puisse être emblématique d'une réaction contre la pauvreté. Une contradiction et une opposition, qui tiendraient s'il était question d'un autre nanti que Hugo. L'écrivain a en effet vécu dans l'aisance et l'on connaît son goût pour le confort (jusque dans l'exil) ; personne, pourtant, n'a écrit manifeste plus puissant contre la misère. De sorte que l'ambivalence ressentie devant la statue, l'écart entre bourgeoisie et quart-monde, comblé par la figure universelle et compassionnelle du grand homme, procurent à l’œuvre de Sow une force fédératrice, propre à remuer tous les cœurs, et exhortent le passant à davantage de fraternité. L'on se dit alors, sur les pas de Hugo et de Sow : « Hommes et femmes de bonne volonté, de tous pays et de toutes conditions, unissons-nous ! »
Visite du Bunker (7) : le transi de Guillaume de Harcigny
Le bunker, troisième témoignage, chez Jacques Flament Editions.
"Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis"
La ballade des pendus - F Villon
« Transi de Harcigny 00969 » par G.Garitan — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons
Dans le grand Barnum
Je suis ailleurs j'ai mal aux autres
Je dé-couvre le monstre en moi
Dans l'grand barnum mon tour de piste
J'écris je gratte je l'montre du
Arme ta plume, petit freak
Trompe la vie, porte le fake
Au cœur haut plante la dague.
Je suis j'écris des mots à vif
Qui viennent d'en-bas valent pas tripette
Je les encage
l'exposition
Pour qu'on me lance des cacahuètes
Arme ta plume, petit freak
Trompe la mort, porte le fake
Au cœur haut plante la dague.
Le Nosferatu de WF Murnau
Je profite de l'arrêt 6 de la visite guidée du bunker, devant le Nosferatu de Murnau, pour reprendre sur ces pages les mots que j'en disais sur mon vieux blog, Mon blog à Montbé :
"L'occasion de renouer avec ma fibre cinéphilique et de m'arrêter sur cette œuvre fascinante, emblématique de ce courant artistique des années 20 et 30, l'expressionnisme allemand. Si elle s'en démarque par ses séquences tournées en décor naturel et dont beaucoup rappellent la beauté de cette nature, paradis perdu ou jardin défendu, que le réalisateur exaltera notamment dans cet autre film majeur qu'est L'aurore, et qui ne sont pas sans évoquer le cinéma ultérieur d'un Malick, elle ne s'en inscrit pas moins dans ce mouvement esthétique. On en retrouve en effet les traits caractéristiques : l'interprétation torturée des acteurs (visages et corps), les décors gothiques et tout en encoignures (échos visuels des silhouettes et des traits anguleux de Nosferatu et d'Ellen, qui contrastent avec le physique plus bonhomme de l'amoureux un peu benêt (Hutter), situé, en opposition, du côté de la vie, du jour et du monde réel), les effets de clair-obscur avec ses jeux de lumières et d'ombres dont certaines gigantesques se déploient comme une toile d'araignée ou comme les tentacules de cette plante vorace que le professeur et ami du couple expose aux regards d'une assistance médusée, les éclairages changeants sur les mêmes objets qui leur confèrent une étrangeté et qui abolissent les frontières temporelles (les nuits plus claires que les jours, les crépuscules et les aurores), les décadrages surprenants souvent dus à des contre-plongées qui contribuent à instaurer une atmosphère lourde et à traduire l'inéluctabilité du destin, que symbolise, dans cette scène à couper le souffle, le vaisseau fantôme lorsque faisant irruption à la droite du cadre et en contre-plongée, il arrive dans le port hanséatique. Le film regorge d'images, de séquences, qui frappent les imaginaires et les mémoires (et les successeurs de Murnau ne s'y sont pas trompés qui s'en sont largement inspirés) dont celle-ci, époustouflante, qui voit errer Nosferatu dans la ville portant son cercueil sur l'épaule, Nosferatu incarné ou plutôt désincarné par un Max Schreck extraordinaire, cadavérique et charismatique à souhait, dont le fantôme plane sur toute l’œuvre et sur les rêves non seulement des protagonistes mais aussi des spectateurs.
L'on pourrait s'étendre, analyser et commenter pendant des heures aussi bien le fond (et donner des interprétations psychanalytiques, symboliques, politiques...) que la forme... relater les influences, la portée du film dans l'histoire du cinéma. L'on pourrait aussi dire de quelle façon subtile Murnau décline le thème du bouc-émissaire, dont il fait porter successivement la charge à chacun de ses personnages, et comment, en écho au M, le maudit de Lang, il dévoile les mécanismes de ce phénomène social et culturel qu'a si longuement décrit René Girard. Oui, l'on pourrait et davantage encore. L'on se contentera, cependant, de raconter le corps tortueux de Nosferatu et l'expression perdue, presque triste, de son visage, de ses yeux, lorsque les premiers rayons d'un soleil salvateur s'infiltrent dans la chambre d'Ellen, où, le piégeant, elle s'est offerte."

Rendez-vous à la foire aux livres de Bavilliers !
Je serai présent à la foire aux livres de Bavilliers (90). J'aurai le plaisir de proposer mes ouvrages aux lecteurs, mon tout dernier, bien sûr, Le bunker, troisième témoignage et, toujours, Import-Export. On me trouvera à la médiathèque, le samedi 30 mai, la journée, à partir de 10h ! Qu'on se le dise !










