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Journal, extraits des jours J+502, +504 et +505, les 21, 23 et 24/03/20

Publié le par Pilgrim.

J+502, le 21/03/20
(...)
La vie en confinement. Le week-end. Impossible de partir en randonnée dans la nature. C’est sans doute ce qui manque le plus, cet accès aux grands espaces. Les randonnées, les virées à vélo. Des activités solitaires, néanmoins interdites. Parce que pour le reste, le confinement n’est pas très difficile à supporter. Je cours toujours même si je réduis les trajets et les durées des sorties. Il n’y a en tout cas pas de place pour l’ennui.
(...)

J+504, le 23/03/20
(...)
Le confinement va encore être restreint. Beaucoup d’injonctions contradictoires. Difficile de s’y retrouver et d’avoir une vision à moyen terme. On ne sait combien de temps cela durera. On navigue à vue.
J’ai rédigé un texte de plus pour mon blog, une lucubration de Lucien, dans la série confinement. C’est la deuxième sur le sujet. Il y a un côté cathartique à l’écriture de ces textes.
Sinon, tous les 5, on se supporte bien. Pour l’instant. Chacun y met du sien. Même si c’est compliqué d’être derrière les enfants et de s’assurer qu’ils suivent leur cursus scolaire. Ils n’acceptent guère les intrusions dans leurs affaires.
Je suis allé faire quelques courses dans un petit supermarché. Attente à l’extérieur, pour réguler les entrées et sorties. On se regarde de travers. On s’évite. Drôle d’ambiance.
(...)

J+505, le 24/03/20
(...)
J’ai écrit deux petits textes, à destination du prochain collectif de Zonaires. Je me suis finalement lancé. Deux textes à revoir.
Chacun y va de son journal du confinement. On frôle l’overdose. Le mien reste intégré à celui de mon attente des VR. Et personne ne le lit. Ni ne le lira. Du moins, probablement pas. Il y a peu de chances pour que ces pages voient un jour la lumière.
Le petit voisin du dessous fait ses gammes à la trompette, pendant que je rédige ces lignes. Chacun à ses occupations. L’occupation du temps de confinement. Les enfants devraient être dans leur établissement scolaire, à cette heure.
Et ma petite se met justement à la harpe. Moment musical.
Quant à moi, j’écris.
(...)

 

Publié dans Journal : extraits

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Aparté

Publié le par Pilgrim.

Tu l’entends, le mal qui gronde. Il est tapi sous la rancœur du monde. Prêt à bondir sur les derniers oripeaux d’une humanité à bout de souffle. Prêt à en déchiqueter les résidus, à les enterrer sous un monceau de mensonges et de calomnies. J’ai mal au cœur. J’ai mal à l’âme. Tout ce qu’on perd à reculer devant chaque assaut d’ignominie. Il y a des choses qu’on ne supportait pas et qu’on supporte, d’autres qu’on supportait et qu’on ne supporte plus. La régression et le progrès. La réaction qui gagne du terrain. Comment en sommes-nous venus à tant d’aveuglement ? Alors que la raison commandait la vigilance. Alors que la raison commande la vigilance. Elle est débordée par la bêtise et la haine, la stigmatisation et l’anathème. Je me demande comment vivre entre le marteau et l’enclume. Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous. Si tu n’es pas avec nous, tu es avec eux. Et l’on te traînera dans la boue avec tes pensées humanistes, où tu tiens l’Homme pour plus important qu’une idée.

 

Publié dans Des fins de l'histoire

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Journal, extraits des jours J+500 et +501, les 19 et 20/03/2020

Publié le par Pilgrim.

J+500, le 19/03/20
(...)
500 ! 500 jours que j’attends les VR. Je dois avouer que je ne les attends plus guère, ces derniers temps. Je les ai reléguées au second plan de mes préoccupations, y reviendrai sans doute un jour prochain. Un jour prochain qui risque fort d’être assez éloigné. Depuis quatre mois, je n’ai plus tenté aucun envoi.
(...) Pour l’heure, c’est la vie en confinement. Sûr qu’on ne la concevait pas, cette vie-là, il y a seulement quelques semaines. C’est pour mon fils que c’est le plus dur, qui va perdre en quelques jours tout le bénéfice de ses entraînements sportifs. Lui, jusque là astreint à un régime intense d’activités physiques, avec ses multiples séances de natation, courses à pieds et vélo, le voilà contraint à rester enfermé. Pour ma fille aînée, cela ne change pas grand chose. Elle est en période de révision avant ses concours. Elle aurait été de toutes les façons obligée de rester travailler. La situation générale, avec toutes ces tentations extérieures qui ont disparu, offre finalement un contexte favorable aux études. S’agissant de la plus petite, elle ne se plaint pas. Elle suit assidûment les consignes du collège et y répond avec sérieux. La situation lui va. Elle n’a pas envie de sortir. De sorte qu’on doit l’y contraindre afin qu’elle bouge un minimum.
En ce qui me concerne, l’assignation à résidence n’a guère de conséquences sur mes occupations. Puisque j’écris et que je m’occupe de mon foyer…
(...)

J+501, le 20/03/20
(...)
Je ne sais pas comment font les autres pour s’ennuyer. Je n’ai, pour ma part, pas assez de temps pour faire tout ce que j’aimerais. Il est vrai qu’entre mes activités d’écriture et de père au foyer, ce confinement n’en réduit aucune. Au contraire, les augmente.
Je navigue toujours entre mon blog et NWL. Mes priorités du moment. Plusieurs appels à textes ont été lancés, concernant cette période de confinement et la façon dont on la vit. Zonaires, notamment, a lancé le sien. Je ne sais si je vais y répondre. Les derniers textes que j’ai rédigés pour mon blog abordent le sujet. Les journaux de confinement fleurissent sur la toile. Je crois qu’on va vite atteindre l’overdose.
(...)

 

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extraits des jours J+498 et +499, les 17 et 18/03/2020

Publié le par Pilgrim.

J+498, le 17/03/20
(...)
Ce journal va devenir celui des jours de confinement. Du moins, durant un temps, durant celui du confinement. On prend ses marques, s’adapte. Il y a des situations plus difficiles. Il faudra juste voir comment ça se passe pour le ravitaillement, si comme cela est assuré par les autorités compétentes, il n’y aura pas de pénurie. Je n’ai pas fait de réserves, comme tous ces gens qui se sont rués dans les magasins pour les dévaliser. La foule dans les magasins, ce devait être la fête pour le virus… J’irai dans les jours prochains, je verrai bien ce que je trouve. On s’adaptera.
J’écris pour le blog. Je revois mon roman NWL. L’allège. Essaie de le rendre plus digeste. Je verrai si je parviens à me remettre sur le projet que j’ai initié avant les vacances et à le compléter de nouveaux chapitres. J’ai besoin d’une certaine tranquillité d’esprit, d’une certaine tranquillité tout court pour me lancer dans du neuf. J’ai besoin de longues plages de concentration. Et là, avec tout le monde à la maison, c’est plus difficile. On verra. J’y parviendrai peut-être, malgré tout. Dans les jours prochains. Les semaines prochaines. Il est vrai aussi que c’est une bonne opportunité pour me replonger dans ce roman, NWL, et lui redonner une chance.
(...)

J+499, le 18/03/20
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Je suis allé faire trois courses. Il n’y avait plus grand monde dans le magasin mais les rayons n’étaient pas encore réapprovisionnés. J’ai néanmoins trouvé ce que je cherchais. Le patron m’a dit qu’il serait livré dès cet après-midi. Après le rush des jours derniers, il a été dévalisé. Il aura à nouveau tout ce qu’il faut, dans les heures prochaines. Et il n’y aura plus personne dans les allées. Ce sera le moment de faire ses courses, tranquille et sans risquer la promiscuité. Je pense à tous ces gens venus en masse, en même temps, pour remplir leur stock de conserves, de pâtes, de PQ… La bêtise est sans fond.
Des auteurs du Bunker ont proposé à JFE de mettre en ligne, gratuitement, les livres de la collection sous le prétexte qu’ils traitent de ce qui nous occupe tous en ce moment, c’est à dire du confinement. Il n’est pas pour, estime que tout travail mérite compensation financière, aussi faible celle-ci soit-elle. Je suis plutôt d’accord. Je n’ai pas eu le temps d’exposer mon point de vue. Les commentaires ont vite viré à l’aigre suite à l’exposé de ses arguments, entre les adeptes de la gratuité et les opposants. Jacques Flament a supprimé de sa page le débat qui partait en polémique. Une de plus… Je suis parvenu à vendre un exemplaire de mon Bunker, il y a 10 jours, lors du salon de Bethoncourt. Ce ne serait pas très correct vis à vis de ce courageux et curieux lecteur de le proposer maintenant gratos.
(...)

 

Publié dans Journal : extraits

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