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Ma rencontre avec Michael Schumacher

Publié le par Pilgrim.

La plage à marée basse. Il y a de l’espace et quelques personnes qui en profitent. Nous la foulons là où le sable mouillé rend la progression plus aisée. À la lisière des vagues qui s’éteignent sur nos pieds. En face, en sens inverse, il avance vers nous. Michael Schumacher accompagné. Il se promène. Il a laissé son casque à la thalasso, sa voiture au garage. Il avance moins vite que les mouettes, moins vite que les sternes qui se déplacent en bande sur l’asphalte gris vert de l’océan. Il n’a aucun virage à négocier. Il marche tout droit et laisse derrière lui des empreintes de pas qui le changent de ses traînées noires de pneus brûlants. Nous nous croisons au moment où une vague un peu plus grosse que les autres m’oblige à me déporter vers lui et à frôler la collision. Je l’évite de justesse. Nul coup de volant intempestif mais un déhanchement opportun accompagné d’une torsion de la cheville. Du grand art. La maîtrise parfaite de mon véhicule corporel. Nous ne nous sommes pas rentrés dedans. Je constate à la crispation de son visage qu’il a craint le pire. Je lui adresse un sourire afin de le rassurer. Tout va bien ! Tout est sous contrôle ! M’excuse pour cet écart indépendant de ma volonté et passe mon chemin. Michael Schumacher peut tracer sa route en toute sécurité.

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Ma rencontre avec Clément D

Publié le par Pilgrim.

Il est accusé d’agressions sexuelles sur mineure. J’en ai froid dans le dos. Et condamné. Son procès s’est achevé. Clément D écope de 14 années de réclusion. Il fait appel.
À deux ou trois reprises, j’ai recouru à ses services. Pour l’entretien du violon de mon fils. Nettoyage, changement des cordes, renouvellement du crin. Remplacement du chevalet. Nous allions chez lui en famille. Une visite éducative. L’atelier d’un luthier éveille l’intérêt. Un artisanat de prestige. Une matière noble : le bois. La musique. Un cocktail attrayant. Un métier, un univers à découvrir. Je suis admiratif de ces artistes qui ne se revendiquent pas tels, amoureux de la belle ouvrage, aux mains d’or. L’homme est conscient de l’aura que lui procure son activité. Il n’est pas indifférent au respect qu’il suscite et en joue. Il nous fait son numéro. Le public lui est acquis. Il en profite, en abuse. Il a la langue bien pendue. La plaisanterie facile, un peu lourde. Une lourdeur que l’aura de sa fonction atténue, excuse. Je le tiens pour un personnage haut en couleur. Il m’amuse. Un sacré personnage. Il n’a rien d’amusant.
Je me rappelle ses blagues douteuses. Le malaise. Je me rappelle ma fille aînée. Je transpire. Je n’ai eu que peu de fois affaire à lui. À chacune de nos visites, j’étais présent. Je songe à ces élèves violonistes qui se rendaient seules à son atelier. L’emprise du bonhomme. Son insistance graveleuse. Ses mots insidieux. Sa présence pesante. Et ses mains.

 

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Ma rencontre avec Yann

Publié le par Pilgrim.

On m’accoste :
— Tiens, ça te dérange pas de porter la banderole ?
Puis on se tourne vers lui et lui réclame la même chose.
— D’accord… répondons-nous.
Nous acceptons de rendre service et nous retrouvons aussitôt catapultés en tête de manif, intronisés porteurs de slogan.
J’aurais préféré rester dans la mêlée, noyé dans la foule. Je ne sais pas dire non. Pourtant, je goûte assez peu les slogans à l’emporte-pièce. J’apprécie la nuance, discerne de la complexité en toute chose. Or les slogans abolissent la nuance, nie toute complexité. Et celui qu’on nous a refourgué ne fait pas exception. Tant pis ! L’enjeu vaut bien quelques compromissions et raccourcis.
Avec Yann, nous nous échangeons nos prénoms et défilons ensemble. Côte à côte, à trois mètres l’un de l’autre, nous brandissons nos perches respectives entre lesquelles se déploient notre étendard revendicatif. Il n'y a personne entre nous. Les autres sont rangés derrière ou à côté pour ne pas entraver la marche de notre enseigne. Nous avançons en scandant des mots d’ordre ineptes. Il s’agit de faire du bruit. Je jette des coups d’œil vers mon compagnon de route, me sens un peu bête. Il me sourit. Solidarité de façade. Je ne sais pas quoi lui raconter. Nous sommes réunis là pour la même cause. Un lien qui nous rassemble, ténu, fragile, symbolisé par cette banderole qui clame approximativement notre cri du cœur commun, mais qui ne parvient pas à nous rapprocher. Un lien dont l’artificialité se vérifie sitôt la manifestation terminée. Fin du parcours. Nous rendons la banderole à l’organisateur qui nous l’a confiée et prenons congés.
— Au revoir ! À la prochaine !
— À la prochaine !

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Ma rencontre avec Benjamin Malaussène

Publié le par Pilgrim.

Il ne faut pas beaucoup de temps pour que je le reconnaisse. Un sentiment de proximité qui me trouble. Une connivence qui s’impose. Je le hèle. Il m’ouvre grand les bras. M’étreint contre lui. Il veut me présenter à sa famille. À ses amis. J’aimerais le suivre, n’ose pas. Je crains de déranger. Je n’ai pas ma place dans sa tribu. Il insiste. Il a le dos large, des épaules auxquelles s’accrocher, un cœur éprouvé derrière lequel s’abriter. Benjamin Malaussène est l’ami qui encaisse le monde vaste et violent et vous le rend plus supportable. J’hésite cependant à lui emboîter le pas. Je n’ai rien d’original à lui offrir. Je suis d’une banalité tellement affligeante qu’elle m’empêche de la dépasser. Il hoche la tête de tristesse, m’encourage à me lancer. Chacun est le détenteur de son propre univers. Il ne tient qu’à moi d’en franchir les limites. Il me tend un stylo et me dit : « vas-y, essaie ! ».

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Ma rencontre avec le cadavre dans la rivière

Publié le par Pilgrim.

Sur la passerelle qui franchit la rivière, une ombre épaisse emportée par le courant attire mon regard. Je songe à une souche. Puis à un ballot de détritus. La rivière, malheureusement, fait office de décharge. Intrigué, je ralentis, m’approche de la balustrade, scrute les ondes. La forme allongée flotte en suivant les remous de l’eau. Elle arrive au niveau du pont. S’apprête à passer dessous. Je la reconnais. Un corps. Je suis sidéré. Un corps. La rivière charrie le corps d’un homme et l’entraîne jusqu’au barrage inutile, vestige d’un temps ancien. Je crois qu’il s’agit d’un homme. De là où je suis, impossible d’en être certain. Il s’agit d’un homme. Il passe sous le pont, se dirige droit vers le barrage et la marche qu’il impose au parcours de la rivière, une rupture brutale de niveau. Le corps va voler. Je suis fasciné. Le corps va voler. Je me demande s’il est mort. Évidemment qu’il est mort. Je me demande s’il est encore vivant. Évidemment qu’il ne l’est plus. Le visage tourné dans l’eau. À plat ventre. Bringuebalé au gré des mouvements de la rivière, du courant qui se durcit à l’approche du saut. Il va voler. J’entends des cris. De la berge, des gens le montrent du doigt. Les gens s’agitent. L’homme va voler. Emporté par le courant et la chute. Propulsé, précipité dans la cascade. L’écume de la rivière.

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Ma rencontre avec Xavier Dupont de Ligonnès

Publié le par Pilgrim.

 

L’arbitre a sifflé la mi-temps. Je remonte les gradins avec mon fils, puis descends les escaliers jusqu’au pied du stade. En quête d’un morceau de malbouffe, parce que ça fait partie du plaisir. Je repère un stand comme il faut, me hâte vers, avant qu’il y ait trop de monde devant. Le fiston opte pour un kebab. Vu la tête du kebab, je me contente d’un simple cornet de frites.
— Un kebab et deux frites, s’il vous plaît.
— Avec ça ?
Je me tourne vers mon compagnon de virée.
— Tu veux boire quelque chose ?
Tant qu’on y est, on ne va pas se priver. Il m’indique son choix. Je le répercute.
— Un Orangina et une pression.
L’employé s’exécute. Ramasse à la pelle la garniture qu’il verse dans le pain. Il s’affaire ; je l’observe. Le gars me rappelle quelqu’un. Son visage ne m’est pas inconnu. Tandis qu’il puise dans son bac à frites la quantité requise pour le remplissage des cornets, je sonde ma mémoire. Quand ai-je parlé à ce type ? Je lui souris. Peut-être m’a-t-il reconnu, lui ? Je donne le change ; je ne veux pas le laisser croire que je ne l’ai pas remis.
— Ça va ? Vous avez du monde, là ! apprécié-je, en désignant le public qui se presse dans les allées.
— Mgrgmmphoui…
Il n’est pas dupe. Il voit bien que j’ignore à qui je m’adresse. Il me tend ma commande. Gêné, je la lui règle.
— Merci ! Bon courage.
On s’en va. Je me retourne, hésitant. Il croise mon regard. Un rictus raidit sa bouche. Je l’ai vexé.
Nous remontons à nos places. Je réfléchis encore au bonhomme, recense ses identités possibles, les circonstances qui nous auraient amenés à nous rencontrer. Mon fils engloutit son kebab.
— C’est bon ?
— Mmouais, ça va.
— Je peux goûter.
De mauvaise grâce, il me tend son dîner. Je mords dedans.
— Mmouais, bof.
La mixture est assez infecte. Heureusement, le fiston n’a pas l’air de s’en formaliser ! Je le lui laisse, me contente de mes frites et de ma bière. Le match reprend. Pris par l’enjeu, notre équipe en mauvaise posture, j’oublie le marchand.

La soirée se solde par une défaite. Nous quittons le stade. En partant, je jette un œil vers le stand. Il n’y est plus. Le gars a déjà fermé boutique. Mon fils a suivi mon regard. Il me dit :
— Tu trouves pas que le vendeur ressemblait à Xavier Dupont de Ligonnès.
Dupont de Ligonnès ! ! ! Je songe au kebab, aux frites.
— Ça va ? Tu digères ?

 

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Ma rencontre avec Bernard Hinault

Publié le par Pilgrim.

Juillet 1984. Quinze jours en camp scout. Sur le tracé du tour. L’étape locale se tient pile poil pendant notre séjour. On réserve la journée pour l’événement. On quitte nos tentes et nos bois, rallie le village et cherche un bon emplacement. Les chefs se décident pour une petite place en bordure d’un stade. Il n’y a pas trop de monde. L’espace est dégagé. On se pose et on attend.
On attend. Ils ne sauraient tarder. On attend. On s’emmerde un peu. On se chicane pour faire passer le temps. Les chefs nous engueulent pour faire passer le leur. On attend. La caravane passe. Elle nous jette à la tête des bricoles. Les copains sont tout contents. Moi, je m’en fous de la casquette de Franck. J’ai quand même récupéré un stylo et des gâteaux ; je ne veux pas rentrer bredouille. L’ennui : avec mon gros lot, j’ai les mains encombrées. Difficile de les brandir pour acclamer le peloton. Je rechigne, cependant, à laisser mon butin quelque part. D’autres seraient capables de me le piquer. Et je n’aurais plus rien à montrer, quand les autres déballeront leurs sacs.
Je voudrais bien qu’ils arrivent, maintenant. Le temps commence à être long. J’aimerais passer à autre chose. Les premières voitures surgissent enfin. Tonio dit que les coureurs vont suivre. Tonio est l’un de nos chefs. Il ne dit que des choses qu’on sait déjà. On se colle à la lisière de la route. La tension monte. On écarquille les yeux. Il ne s’agirait pas de les louper. Moi, c’est Bernard Hinault que je veux voir. Et Laurent Fignon, tant qu’à faire. Au bout de la route, ils apparaissent. Franck n’a pas le temps d’armer son appareil photo. Ils sont déjà passés. Les pentes douces, ça ne pardonne pas.

 

Pour mémoire, et dans l'ordre, le podium de l'année 1984 : Fignon, Hinault, Lemond

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Ma rencontre avec Fernandel et Harold Lloyd

Publié le par Pilgrim.

Voilà plusieurs semaines qu’ils traînent dans le bardo, en quête d’une enveloppe corporelle pas trop lourde à porter. Fernandel et Harold Lloyd ont repéré la mienne qui se profile, se disent que c’est toujours mieux que rien. Ils postulent, se disputent l’aubaine. Je ne suis pas en mesure de les départager. N’accorde la préférence à aucun. Fernandel a l’avantage de la langue et de l’accent, en phase avec mon adresse toulonnaise de livraison. Harold Lloyd a pour lui l’agilité qui le fait se sortir des situations les plus calamiteuses. Alors que l’échéance se précise, ils rivalisent, qui de bons mots, qui d’acrobaties, sans parvenir à se départager. J’assiste admiratif à leurs joutes, en redemande quand, l’un voyant passer une proposition du genre de celle qui ne se refuse pas, l’autre se précipitant sur une occasion du genre de celle qui ne se représente pas, sans hésiter, me tournent le dos, me relèguent aux oubliettes et se réincarnent ailleurs. Me voici coquille sans prétendant, en quête de mon bernard-l’hermite. Je désespère de le rencontrer et m’apprête à rater mon entrée quand Titi me sauve la mise. Le pauvre chien de Mme Hill vient de passer l’arme à gauche. D’un bond d’un seul et pas bégueule, il saute dans le costume et endosse ma peau toute neuve et douce. Je nais. À un jour près, Jim Morrisson tapait à la porte.

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Ma rencontre avec Mathilde Bernier

Publié le par Pilgrim.

Mathilde Bernier, aux ressources humaines de la société, m’invite à entrer dans son bureau. Un entretien en tête à tête. Rien que nous deux, les yeux dans les yeux. Les siens ont beau ne pas être déplaisants, je peine à feindre l’enthousiasme.
Je n’ai répondu à sa convocation que par acquit de conscience et manque d’alternatives. Mon agenda crie famine. Mes candidatures lancées à la venvole restent quasiment toutes lettres mortes. Je n’ai pas envie, mais pas envie du tout du job qu’elle propose.
L’entretien suit son cours. On fait connaissance, on papote. En bonne professionnelle, elle arbore un air d’amabilité rassurante pour me mettre à l’aise et, sans y toucher, me pousser à la faute. Je réponds à ses questions, m’intéresse comme je peux. Je sens bien que je suis hors-jeu. Pour m’en assurer et ne lui laisser aucun regret, je joue mon va-tout et déclare mon intérêt pour du temps partiel.
— Un temps partiel ? ! ! !
— Oui.
Elle est cueillie. Elle ne s’attendait pas à un tel sabordage en règle. Elle peine à dissimuler son hilarité.
— Euh, non… Ce n’est pas la politique de la maison.
Ah, bon, tant pis ! Je lui souris. Elle signifie la fin de l’entretien. Curieusement m’enjoint de patienter quelques minutes dans l’espace réservé aux visiteurs, un renfoncement du couloir devant lequel le personnel va et vient. Et pour m’aider à passer le temps, me confie un dossier, pile poil le sujet auquel je me consacrerais dans l’hypothétique cas où. Je m’étonne. Il me semblait que l’affaire était entendue. Néanmoins, je joue le jeu jusqu’au bout et m’exécute. Je m’assieds, jette un œil sur les papiers. Rien qu’à les feuilleter, les bras m’en tombent. Je renonce à me les infliger plus longtemps. J’attends en me tournant les pouces qu’on veuille bien me donner congé. Au bout de quelques minutes, un homme qui en a sans doute assez d’étudier mon comportement et de me regarder glander, s’approche et m’autorise à partir.

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Ma rencontre avec Amina Belkacem

Publié le par Pilgrim.

On ne se connaît pas. Elle me demande de me déshabiller. Je m’exécute avec empressement. Je ne souhaite pas la contrarier. Son temps est compté. Elle me le signifie en m’indiquant l’endroit où je peux déposer mes vêtements. Il ne s’agirait pas, en plus, de m’étaler.
Je me présente en tenue de combat. Elle m’ordonne de m’allonger. J’obéis, un peu tendu. Pas très à l’aise. Je redoute la suite des événements. Dès que je suis opérationnel, elle me rejoint. À mon chevet, étreint ma cuisse. S’ensuit un déferlement de palpations, massages, torsions. Elle me tourne dans tous les sens. Me tire d’un côté, me presse de l’autre. Me tâte, me pétrit. Tous mes membres y passent. Mes os, mes muscles. Des dont je n’avait même pas conscience. Des parties du corps que nul avant elle n’avait explorés. Le bas du dos, le milieu, le haut aussi. Les hanches, le thorax, les épaules, la nuque. Elle me malaxe, me broie, me concasse. J’entends des cric et des crac. Et puis, tout d’un coup, elle s’interrompt. Elle recule. Au passage me gratifie d’une petite tapette sur la fesse, en conclusion et en prime.
— Ça ira pour aujourd’hui !
Elle s’assied derrière son bureau. Je me relève, laminé, sonné. Peine à me rhabiller. Elle voudrait que je me dépêche. Elle a un autre rendez-vous. Moulu, je vais aussi vite que je peux. Ma dernière chaussure lacée, je me redresse et lui règle la prestation.
— Je vous programme une séance dans 4 à 6 semaines ?
— Ah ? !
— Oui, il faut que vous reveniez. Il y a du boulot.
— Ah !
— On dit le 13 mai à 17h. Ça vous va ?
— Ah ? Euh…
— Ça vous va ou pas ? Sinon, on peut dire le 14 en matinée.
— Euh, c’est que… D’accord, pour le 13.
— On dit le 13 à 17h, alors.
Puis elle me conduit jusqu’à la porte.

Je n’ai jamais revu Amina Belkacem. Je me suis défilé.

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