Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ma rencontre avec Demain

Publié le par Pilgrim.

Je croise Demain au pied de mon immeuble. Il a la tête de la fille de Xavier. Un beau visage poupin qui attire la lumière et les regards. Xavier, sur ses talons, traîne un air de chien battu qui me navre. Il ne sait plus quoi inventer pour la retenir. Il parle ; elle s’en moque. La détermination de la demoiselle déteint sur son attitude et sa moue boudeuse. Une détermination festonnée de certitudes ; l’armure indispensable pour tailler la route et renverser les murs. Ils se sont tout dit. Elle n’a plus de mots pour lui. De toutes les façons, il ne comprend rien.
Elle passe devant moi. Dans la foulée, m’adresse un geste de la main. Un petit geste. Juste les doigts qui se lèvent. Elle ne souhaite pas s’arrêter. Elle n’a rien contre moi ; je ne suis pas son père. Je suis comme lui, mais pas lui. Elle n’a rien contre moi ; je n’importe pas. Cependant, avec son père, derrière, qui y croit encore, il n’est pas question de s’attarder. Il saisirait l’aubaine, plaiderait sa cause, jouerait la victime. La supplierait. Je tente :
— Romane ?
Elle ne répond pas. Juste ses doigts levés en rempart, ligne de défense pour me couper l’herbe sous le pied, décourager mes velléités de communication. Pas la peine d’insister. Pas la peine de se justifier. Le temps est compté. Et elle n’en a plus à nous accorder. À lui accorder. J’essaie pourtant :
— Romane…
Elle a déjà parcouru une dizaine de mètres sur le trottoir. Je ne distingue plus que son dos et ses cheveux qui flottent. Et ses jambes trotteuses qui volent sur le macadam et dilatent l’espace entre elle et nous. Elle s’éloigne. Ne se retourne pas. Xavier me rejoint. Je pose une main sur son épaule. Me doute que ça ne le consolera pas. Une étreinte amicale. Une présence. Je ne vois pas quoi ajouter. Je suis incapable de plus. Je n’ai jamais été capable de grand chose. Xavier, non plus. Et jusque là, ça nous allait. On s’en accommodait. Pas elle.
Demain disparaît devant nos yeux d’inutiles et l’on ne sait pas comment l’empêcher. Sa silhouette se fond dans les vastes possibles et l’on réalise qu’on a manqué un truc. Je regarde Xavier. Il a la tête d’Hier enlisé dans les jours d’inertie. J’ai la même tête. Il soutient mon regard. Que peut-on y faire ? Rien. Comme d’habitude.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Yves

Publié le par Pilgrim.

Il s’appelle Yves. Je le croise sur le trajet de l’école. Après avoir déposé ma môme. En rentrant. Vers 13h40. C’est son heure. Et la mienne. Au début, on ne se voit pas. Puis, à force de ne pas se voir, on finit par se repérer. Un signe de tête. Un bonjour en passant. De la même façon que je salue tous ceux qui s’installent dans mon paysage. Sans que ça porte à conséquence. Jusqu’à ce qu’un jour, il me demande de le sentir. Il se poste devant moi, d’un signe de la main m’incite à m’approcher.
— Je sens mauvais ? Dis-moi si je sens mauvais.
J’ai envie de m’enfuir, bien entendu. Pas le genre d’entrée en matière qui met à l’aise. Que me veut ce type ? Je me retiens néanmoins. Je comprends très vite que sa requête est à prendre au pied de la lettre, que je ne dois y déceler aucune forme de défi. Ce gars-là veut savoir, en avoir le cœur net. Il faut que je le renifle et lui dresse mes conclusions.
— Je prends une douche tous les jours, jure-t-il, pensant ainsi vaincre mes dernières réserves, minimisant le risque que mes narines prendraient à s’exécuter.
Je ne mets pas sa parole en doute mais tout de même, ça craint. Je me résigne néanmoins, avance mon nez vers son cou, ne m’éternise pas.
— Non, non, ça va.
Je ne le connais pas assez pour me montrer franc. Ne souhaite pas le blesser. Et puis, je me méfie de sa réaction. La vérité, on la demande, on l’implore et quand elle vous tombe au coin de la gueule, on se rebiffe.
— Menteur ! s’écrie-t-il.
Il connaissait la réponse ; il m’a tendu un piège. Je l’ai manifestement déçu.
— Menteur, répète-t-il. À la pharmacie, la dame, la pute, m’a dit que je puais.
Je ne sais quoi répondre à cette révélation. Il demandait vérification. Je ne savais pas qu’il voulait confirmation. Comme il me voit passablement gêné, dans un élan de charité, il décide d’abréger l’épreuve. Il me laisse en plan, se tire.

Après ça, je continue à le croiser. Cherche à l’éviter, n’y parviens pas toujours. Il m’arrête, me dit des trucs que je ne comprends pas. Il a des raisonnements compliqués à suivre. Il ne semble pas se souvenir que je lui ai menti. Il me parle sans animosité. Me tient la jambe, la lâche quand je ne l’espère plus.
Et du jour au lendemain, il disparaît de la circulation.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Michel Houellebecq

Publié le par Pilgrim.

Il fume à sa fenêtre. Du haut de son appartement, il surplombe Paris et le quartier chinois où il a choisi de résider. Sa tour n’est pas la seule ; d’autres oblitèrent son paysage et cassent sa ligne d’horizon. Il fume, disperse la cendre au-dessus de ma tête. De sa bouche ou de ses narines, dissémine des volutes qui n’ont pas le temps de se former. À peine ébauchée, elles se dissolvent dans l’air. La cigarette entre deux doigts, il se dit qu’il pourrait être ailleurs. Il se tourne vers chez lui, considère son salon ; effectivement, il pourrait être ailleurs. Il revient à l’extérieur, au spectacle du béton qui écrase les points de fuite, des blocs quadrillés en casiers superposés qui tranchent les perspectives ; ici est plus conforme à l’idée qu’il se fait du monde. D’un petit coup sec de l’index, il se débarrasse de la cendre qui gagne puis porte la tige à ses lèvres. Il aspire. Regarde en bas. Me repère. S’attarde sur ma personne. De son étage, je ressemble à un insecte. J’en ai la taille et l’anonymat. Il suit mon avancée. Il ne sait pas pourquoi il me suit des yeux. D’autres gens marchent sur le trottoir. D’autres sillonnent le macadam. Et des plus dignes d’intérêt. Je n’ai rien de notable, rien qui me démarque de la banalité ambiante. C’est peut-être pour ça qu’il m’observe, parce que je suis insignifiant. Petit homme sans envergure qui fait ce qu’il peut, se débat avec son inconsistance. Du haut de sa fenêtre, il me considère. Il se penche et, sans faire exprès, en ramenant sa main vers ses lèvres, maladroitement laisse tomber son clope. Aussitôt, il m’oublie ; instinctivement, scrute le vide sous lui, tente d’évaluer la trajectoire de la cigarette. Il est gêné. Il sait qu’elle pourrait se rabattre dans un appartement, en dessous, sous l’effet d’un courant d’air et, accrochée dans des rideaux, déclencher un incendie. Cela s’est vu ; la raison pour laquelle il est fortement déconseillé de jeter ses mégots par la fenêtre. Il est gêné mais il n’y peut plus rien. Il est trop tard pour rattraper le coup. Et il n’a pas fait exprès… Il renonce à s’enquérir de la cigarette, s’écarte de la fenêtre, la ferme. Le mégot volette jusqu’à moi, tombe à mes pieds. Je lève le nez, essaie de repérer le con qui balance ses mégots dans la rue. J’inspecte les trente étages qui me dominent en quête d’un coupable, renonce rapidement à le trouver. Je hausse les épaules, poursuis mon chemin.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Benjamin Chenez

Publié le par Pilgrim.

Dans la librairie, il y a lui et moi. Il s’approche. Me demande si je le reconnais. Derrière sa moustache, je tente de le percer à jour. N’y parviens pas. Je suis obligé de lui confesser mon incapacité.
— Benjamin Chenez, éclaire-t-il ma lanterne, en me tendant sa main.
Je la lui serre. Essaie de gagner du temps. Benjamin Chenez… Je sonde ma mémoire. Enquête expresse. N’en sors aucun Benjamin Chenez. J’hésite.
— Ah… bonjour.
Il attend que je le relance. Je ne sais quoi lui dire. M'enquérir de ses nouvelles ? Moment de gêne. Je ne le remets pas du tout. Ignore qui il est et quand j’ai pu le croiser. Il me dévisage, comprend qu’il n’émergera pas de mon inconscient. Il sourit.
— Heureux de t’avoir revu, Benoit !
Il s’éloigne en m’adressant un signe de la main, sort de la boutique.

Benjamin Chenez... Mais qui c’est, ce type ?

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Richard Bohringer

Publié le par Pilgrim.

Je sirote un verre sur la terrasse d’un bar, au bord de l’Atlantique. J’ai choisi un cocktail. Je ne me souviens plus lequel. Une caïpirinha. Ou un mojito. Ou un bloody machin chose. Peu importe. Je me souviens que j’apprécie. Vue magnifique, douceur estivale, conditions optimales. Je profite du moment.
À la table d’à côté, il y a Richard Bohringer. Il est tout seul. Il fait la gueule. Pas comme moi. G m’accompagne. Bohringer, lui, est tout seul et il fait la gueule. Sans doute qu’il préfèrerait être ailleurs. Il est là en raison d’un petit salon du livre organisé par la cité bretonne ; il a été invité à y participer. Pas moi. Moi, je suis là, parce que je suis en vacances. Lui, il bosse.
Il a laissé ses livres sur sa table de signatures, s’est octroyé une pause. Il se détend. Du moins est-il sensé se détendre. Ça n’a pas l’air si simple. Il vide doucement son verre. Je ne me souviens plus de ce qu’il boit. Je ne me souviens déjà pas de ce que je bois, moi ; comment me souviendrais-je de ce qu’il boit, lui ? En revanche, je me souviens qu’il fait la gueule. Peut-être pour qu’on le laisse tranquille. Une habitude qu’il a prise afin de décourager les importuns. Qu’on ne l’accoste pas. Une technique efficace. Personne ne le dérange. On le reconnaît, pourtant. Les passants, sur la promenade, le repèrent. Des coups d’œil, des coups de coudes et de menton le désignent discrètement aux proches. Nul ne se risque à l’aborder. On respecte sa solitude. Comme moi.
Je l’aime bien, Bohringer. Il fait la gueule. Je l’aime bien. Bonhomme bourru, bonhomme bougon, dont l’humanité transpire par tous ses pores et les personnages qu’il a interprétés. Je l’aime bien. J’appelle le serveur. Je règle l’addition. J’en profite pour régler aussi celle de Bohringer.
— Ne le prévenez pas.
Non, surtout, qu’il ne lui dise rien. Je n’ai pas envie de m’en prendre une, ni de me faire engueuler. Le serveur acquiesce et encaisse. Avec G, on quitte notre table, s’éloigne du bar. Je suis content ; j’ai payé son coup à Bohringer qui fait la gueule.

Nous nous éloignons. Suffisamment à l’écart, je me retourne. Je ne résiste pas à la tentation d’observer la scène. Curieux de voir la réaction de l’acteur quand le serveur lui annoncera que sa consommation est déjà payée. Même s’il doit être habitué. Habitué à ce qu’on l’invite. Je m’adosse à une balustrade, sur la promenade, malgré G qui voudrait avancer.
Bohringer, toujours à sa table, termine son verre. Il appelle le serveur, fouille dans ses poches. Le serveur arrive. Un bref échange s’ensuit entre les deux hommes. Bohringer sort un billet, paye. Le serveur lui rend sa monnaie puis vaque à son service. Bohringer se lève et s’en va.

J’aurai donc laissé un bon pourboire au serveur. Je souris. Le jeune homme a davantage besoin de sous que Bohringer de mon coup. C’est mieux comme ça.

 

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Lucien

Publié le par Pilgrim.

Il m’arrête dans la rue. Me barre le chemin. Bras écartés devant moi, il se présente.
— Bonjour, je m’appelle Lucien, Lucien Sanki tout cela n’aurait pas été possible.
Que lui prend-il ? Il a mal dormi ?
— B… bonjour Lucien. Qu’est-ce qu’il y a ?
Il baisse les bras, se résout à semer son trouble.
— J’ai lu mon livre et il y a des choses qui ne se sont pas déroulées comme vous les décrivez.
Pourquoi me vouvoie-t-il ? Il est bizarre. Comme si nous n’avions pas traversé ensemble toutes ces pages. Comme si nous ne nous connaissions pas sur le bout des doigts. Je m’écarte un peu. Me tiens sur mes gardes.
— Et puis, il y en d’autres que vous avez inventées et d’autres que vous n’avez pas retranscrites.
— Bah, Lucien… Tu sais, on s’éloigne toujours de la réalité quand on écrit. Un livre n’est pas le reflet exact de ce qui se passe.
Il plonge ses yeux dans les miens. J’y décèle un dépit mêlé d’amertume.
— Peut-être, mais maintenant, à cause de vous, je passe pour un con !

 

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Joséphine

Publié le par Pilgrim.

Joséphine, c’est le prénom qu’elle arbore sur sa blouse. Je lui dis bonjour. Elle m’approuve d’un hochement de tête. Elle enregistre mes courses. Une à une les glisse dans le bac où je les récupère et les mets dans mon caddy. Le travail à la chaîne est coordonné. On croirait qu’on a toujours fait ça ensemble. À tel point que je me dis qu’on formerait un joli tandem, tous les deux. Efficace. Une compétitivité à faire pâlir les plus expérimentés et tomber les primes de rendement dans nos poches. Tout à coup, elle s’arrête. Je lève le nez de mes affaires, en quête d’une explication à cette interruption inopinée. Elle me montre la boîte de préservatifs que je me suis autorisé.
— Faut pas prendre ceux-là, ils sont pas fiables.
Je rougis. Je ne sais plus où me mettre.
— Ah…
Elle les encaisse quand même, passe à la suite. Je suis un peu décontenancé. Et du coup, nettement moins prompt à la tâche. Les produits s’accumulent plus vite que je ne les évacue. Je peine à tenir le rythme. Elle termine avant moi, me donne le prix à payer. Dans la précipitation, je range en vrac mes affaires et sors mon portefeuille. Pendant que je paie, titillée par la responsabilité qui lui incombe et son devoir de prévenir les catastrophes, elle se fend d’un conseil.
— Enfilez-en deux à chaque fois. Ça limitera les risques.
Je balbutie un bgrmphhh en retour. Elle poursuit la leçon.
— Faut pas acheter n’importe quoi, vous savez ! C’est nous, après, qui avons les emmerdes.
Elle me considère avec sévérité. Je réitère mon bgrmphhh, puis m’en vais, contrit.

J’ai jeté la boîte.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Lucas Wang

Publié le par Pilgrim.

Il a laissé sa clé sur la serrure. Je sonne. Il ouvre.
— Bonjour ! Excusez-moi de vous déranger. Vous avez oublié votre clé sur votre porte. Je… je voulais vous prévenir.
Il me considère, puis sa porte.
— Et alors ? Qu’est-ce que ça peut vous foutre ?
Effectivement, je n’en ai rien à foutre. Malheureusement, je ne m’en étais pas rendu compte avant qu’il me le fasse réaliser.
— Ben rien. C’est juste que… pour…
— Vous ne supportez pas les choses qui dépassent ? Dès qu’un truc n’est plus à sa place, ça vous met dans tous vos états ?
— Hein ? Euh… non…
Il me toise, soupçonneux. Me jauge, évalue mon poids de névroses.
— Il faut que tout soit bien enfermé dans sa case, bien cadenassé. Aucune intrusion extérieure ne doit être tolérée. C’est ça ?
Il est complètement taré, ce type. Qu’a-t-il à me chercher des poux dans la tête ? Moi, je voulais juste rendre service. L’avertir. Si ça ne lui pose aucun problème que n’importe qui puisse lui chouraver ses clés, tant mieux pour lui ! C’est son problème.
— Je pensais juste vous être utile, rétorqué-je. Je me suis trompé, j’en suis désolé. Laissez votre clé là où elle est, peu m’importe ! Je vous souhaite une bonne soirée.
Je m’écarte du seuil, me dirige vers l’ascenseur. Il continue à me scruter, au bout d’un moment me hèle.
— Monsieur !
Je me retourne, m’attendant à de plates excuses de sa part.
— Je suis psy, m’informe-t-il. Ce serait peut-être une bonne idée de prendre un rendez-vous pour discuter de tout ça.
Et il me tend sa carte.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Fabienne Tabard

Publié le par Pilgrim.

Fabienne Tabard. Fabienne Tabard. Elle déboule de l’escalier. Je la croise dans le hall de l’immeuble. Elle se précipite vers la porte. Je me retourne sur son passage. Dans son sillage, elle laisse un parfum d’irréalité que je hume en songeant à la chance que j’ai. Je grimpe à l’étage, sourire béat, tête dans les étoiles. Fabienne Tabard. Fabienne Tabard. Ma main glisse sur la rampe. Fabienne Tabard. Fabienne Tabard. J’arrive au deuxième palier. L’esprit volatil de Fabienne Tabard hante encore les lieux. Fragrance d’un rêve adolescent. J’ouvre ma porte. Fabienne Tabard. Fabienne Tabard. J’entends Antoine, de l’autre côté de la cloison, qui clame son nom à tue-tête, le répète à l’envi pour se convaincre de son existence, formule magique, dans l’espoir démesuré de la matérialiser, de l’incarner, et qui ce faisant la déréalise. Pure abstraction. Image féminine. Fabienne Tabard. Fabienne Tabard. Je me joins au concert. Scande son nom avec lui. Fabienne Tabard. Fabienne Tabard.
— Oh, c’est pas un peu fini, ce bordel, hurle le voisin du dessous.

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

Ma rencontre avec Géraldine Bureau

Publié le par Pilgrim.

J’ignore pourquoi elle s’est mise à côté de moi. Au moment de l’appel, j’apprends qu’elle s’appelle Géraldine. Géraldine Bureau. Je la plains. Géraldine ! La pauvre. Il y a des parents qui sont cruels.
Elle s’est installée à côté de moi sans me gratifier du moindre regard ni du moindre mot. J’attendais Nabil. Elle a pris la place avant qu’il se pointe. Nabil m’a interrogé des yeux. Je lui ai fait savoir par un haussement d’épaules et un lever de sourcils que je n’y étais pour rien, que la présence de cette fille, là, était indépendante de ma volonté. Il m’a souri, un air entendu qui n’entendait rien de rien. Et en ricanant, est allé se coller à Xavier. Le lourd.
Géraldine ne s’est plus jamais assise à côté de moi. Nabil, si !

Publié dans Mes rencontres avec...

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 > >>