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Face à face

Publié le par Pilgrim.

Dans la main du miroir, son regard se perd. La surface polie efface les plis, les creux, les boursouflures des désirs étouffés. Une momentanée altération de sa perception. Il ravale la morsure du temps, se redresse, bombe le torse. Renonce.
Son reflet le rattrape au collet, lui fait baisser les yeux vers son bide.

Face à face

Don Quichotte, illustration de Dubout

Publié dans Bribes

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Au n°20 de la revue FPM (Festival Permanent des Mots)

Publié le par Pilgrim.

 

Après son apparition dans le n°19, revoici Lucien dans la revue FPM, avec une de ses lucubrations dont il a le secret ! Un plaisir pour moi et pour lui de poursuivre cette collaboration littéraire (la 3ème après les n°17 et, donc, 19) avec Tarmac et sa revue si passionnante et exigeante. Le n°20 tient toutes ses promesses, il suffit de jeter un oeil sur la liste des contributeurs pour s'en convaincre : 

Au n°20 de la revue FPM (Festival Permanent des Mots)

OUVERTURE
Muriel Quesne
LIBRES COURTS
Nadia gilard, Gérard Le Goff, Ada Fénor, Xavier Frandon, Scripta 21, Sanfilippo Salvatore, Vojka Milovanovic, Paul Dalmas-Alfonsi, Bendahmane Samir, Patrick Boutin, Philippe Labaune, Nard Ndoudi Jemison, Vergnaud Béatrice, Eric Vawga, Yannick Ilito, Elisabeth Granjon, Irina Breitenstein, Dominique Boudou, Evelyne Charasse
SEQUENCES
Murielle Compère-Demarcy (MCDem), Caroline Bragi, Marc Guimo, Benoit Camus, Jacques Cauda, Georges Thierry, Frédéric Dechaux
REGARDS POSES
Jacques Jean Sicard, Vincent Motard-Avargues, Dominique Boudou, Régis Nivelle
DE LONG EN LARGE
Jacques Lallié, Gilles Ivoire, Germain Tramier, Angèle Casanova

 

Pour se procurer le numéro (disponible le trimestre), aller sur le site de la revue !

Publié dans FPM, Revue littéraire, Tarmac

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La parole à la défense

Publié le par Pilgrim.

La parole à l'avocat de la défense

Voltaire s'insurge contre le recours aux supplices. Il n'a de cesse de les condamner et d'argumenter contre. Il brandit alors le cas Montecuculli pour étayer son discours. Ainsi, dans son dictionnaire philosophique, le grand homme examine son affaire et déroule sa démonstration, imparable, qui débute ainsi : "Je passe à travers mille échafauds, et je m’arrête à celui du comte de Montecuculli, qui fut écartelé en présence de François Ier et de toute la cour, parce que le dauphin François était mort d’une pleurésie." et se conclut par ces mots : "Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a dans tous les temps produit des catastrophes bien funestes. À remonter du supplice injuste de Montecuculli jusqu’à celui des templiers, c’est une suite de supplices atroces, fondés sur les présomptions les plus frivoles. Des ruisseaux de sang ont coulé en France, parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très-prompte dans ses jugements. Ainsi tout sert à perpétuer les malheurs de la terre. "

L'italien ne pouvait rêver meilleur avocat... Plus de deux siècles après son écartèlement, il a dû apprécier à sa juste valeur ce soutien.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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Le vase, etc...

Publié le par Pilgrim.

Le vase, etc...

Brantôme en fait tout un sketch, de ce vase...

"... et pour ce, dona Agnès Beatrix Pacheco, dame d'honneur de la reyne Eleonor, luy avoit faict présent d'un petit vase dont on use en Portugal, qui est d'une terre tanée si subtile et fine qu'on diroit proprement que c'est une terre sigilée ; et porte telle vertu, que, quelque eau froide que vous y mettiez dedans, vous la verrez bouillir et faire de petits bouillons comme si elle estoit sur le feu ; et si pourtant n'en perd sa froideur, mais l'entretient ; et jamais l'eau ne fait mal à qui la boit, quelque chaud qu'il aye, ou quelque exercice violent qu'il face.
On dit que les roys de Portugal (et mesmes moy estant en Portugal, il me l'a ainsy esté confirmé par gens anciens qui l'ont veu jadis) ne beuvoient point de vin, que de l'eau ; et ceste eau ne beuvoient dans autre couppe ny vases qu'en ceux là faicts de ceste terre ; et, après qu'ils avoient beu le coup, le cassoient en le laissant tomber devant eux, et puis falloit changer ; et ne beuvoient jamais deux coups dans un mesme vase ; mais depuis cela a esté changé..."

Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André, Vicomte de Bourdeille

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K

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Le peuple de Lyon à la sauce Champier

Publié le par Pilgrim.

Le peuple de Lyon à la sauce Champier

Ainsi s’expriment « la reverance et amour qu’ont les Françoys envers leurs princes, et quant grande doleur ilz ont, si les sentent offensez. » (Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay). De l’Italien, ne subsiste plus la moindre trace… Ils sont bonne pâte, ces Lyonnais, pas rancuniers pour un sou, qui manifestent avec autant de ferveur leur attachement à la famille royale alors que celle-ci n’hésite pas à leur envoyer les lansquenets dès qu’ils se plaignent un peu trop fort. Que les ouvriers se révoltent contre leurs patrons ou que la populace crie famine, François dépêche son prévôt et noie l’affaire dans le sang. Ils en avaient fait l’expérience lors de "la grande rebeyne", quand Symphorien Champier, un édile médecin, conservateur et nationaliste, chantre de la thérapie par l’ointe France et ses innombrables sources miraculeuses et, par voie de conséquence, contempteur incorruptible de l’hétérodoxie arabe et de ses charlatans Avicenne et Averroès, Champier, donc, qui avait par ailleurs commis une vie de son cousin Bayard au succès retentissant, s’était, dans la louable mais irréfléchie intention de préserver la santé de ses concitoyens, mis en tête d’augmenter les prix non seulement du blé mais aussi du vin. Les pauvres de Lyon ne l’avaient pas entendu ainsi : on ne s’en prendrait pas à la dive bouteille ! Ils avaient brûlé la maison du malheureux Symphorien et dans leur lancée, pillé la ville. S’en était suivie une répression que le roi avait voulue exemplaire.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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