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Le peuple de Lyon à la sauce Champier

Publié le par Pilgrim.

Le peuple de Lyon à la sauce Champier

Ainsi s’expriment « la reverance et amour qu’ont les Françoys envers leurs princes, et quant grande doleur ilz ont, si les sentent offensez. » (Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay). De l’Italien, ne subsiste plus la moindre trace… Ils sont bonne pâte, ces Lyonnais, pas rancuniers pour un sou, qui manifestent avec autant de ferveur leur attachement à la famille royale alors que celle-ci n’hésite pas à leur envoyer les lansquenets dès qu’ils se plaignent un peu trop fort. Que les ouvriers se révoltent contre leurs patrons ou que la populace crie famine, François dépêche son prévôt et noie l’affaire dans le sang. Ils en avaient fait l’expérience lors de "la grande rebeyne", quand Symphorien Champier, un édile médecin, conservateur et nationaliste, chantre de la thérapie par l’ointe France et ses innombrables sources miraculeuses et, par voie de conséquence, contempteur incorruptible de l’hétérodoxie arabe et de ses charlatans Avicenne et Averroès, Champier, donc, qui avait par ailleurs commis une vie de son cousin Bayard au succès retentissant, s’était, dans la louable mais irréfléchie intention de préserver la santé de ses concitoyens, mis en tête d’augmenter les prix non seulement du blé mais aussi du vin. Les pauvres de Lyon ne l’avaient pas entendu ainsi : on ne s’en prendrait pas à la dive bouteille ! Ils avaient brûlé la maison du malheureux Symphorien et dans leur lancée, pillé la ville. S’en était suivie une répression que le roi avait voulue exemplaire.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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Le lieu du crime

Publié le par Pilgrim.

Le lieu du crime

Beaucoup affirment que cette partie de jeu de paume s’est disputée à Tournon. Ils arguent pour cela, la présence du dauphin dans cette cité, le jour de sa mort. Selon d’autres, on ne l’y aurait transporté qu’après, situant les lieux à Lyon, à cette maison du Plac, où plus tard fut établi le monastère de Sainte Claire. Devant tant de précisions, nous nous inclinons, même s’il paraît curieux de déplacer un malade vers une ville somme toute assez modeste, quand on se trouve dans l’un des centres les mieux achalandés d’Europe en hôpitaux et en médecins. Sans doute souhaitait-on rapprocher l’enfant de son papa. À moins qu’il ait simplement préféré échapper au diagnostic et aux mains du vénérable et docte Champier, qui sévissait dans la capitale des Gaules. D’autres vont encore plus loin et placent l’événement à Valence. Pourquoi pas ? Du moment que c’est le long du Rhône. En attendant que les historiens se mettent d’accord, François frappe à bras raccourcis sur la balle.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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