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"Comme la proue d'une barque qui passe."

Publié le par Pilgrim.

"Comme la proue d'une barque qui passe."

 Odilon Redon - Nuages de fleurs

1903 - Pastel
Art Institute of Chicago - Chicago

 

"Flamme
Notre chambre de l'autre année, mystérieuse
Comme la proue d'une barque qui passe."

Extrait de La terre (Dans le leurre du seuil) - Yves Bonnefoy

 

Publié dans Bonnefoy, Redon, Galerie

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Un léger souffle

Publié le par Pilgrim.

Les fantômes font trembler les feuilles des arbres au-dessus des rivières.
Passe l'eau vive.
Les volets restent clos.

Publié dans Bribes

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Journal, extraits du jour J+35, 10/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
J’envie sincèrement tous ces gens capables d’autant de certitudes. Ma vie serait plus simple si j’en avais seulement la moitié d’une. Quel que soit le sujet, les enjeux, pour moi tout est nuance, doute, complexité, contradiction. Un état d'esprit qui m’empêche de m’engager dans quelque mouvement que ce soit, parce que s’engager, c’est réduire le champ de la réalité, limiter la réflexion, adopter des opinions contraires aux siennes. Ainsi, ce mouvement des gilets jaunes avec lequel j’ai décidément du mal. Je partage bien des revendications émises. Je partage aussi en grande part le constat qui est fait. Mais il y a aussi nombre de demandes, propositions, discours auxquels je ne peux adhérer. Impossible d’y souscrire. Et le plus surprenant est que dans bien des cas les exigences s’opposent les unes aux autres. Ce mouvement des gilets jaunes dit tout et son contraire, réclame des mesures qui sont difficilement conciliables. Comment un gouvernement peut-il se dépêtrer de ça ?
Il y a plus d’attentes et de doléances que de gilets jaunes.
(...)
Je sais aussi que ce questionnement incessant empêche d’agir et qu’il pousse à un relativisme stérile. Et c’est véritablement un poids que je ressens. Cette incapacité à s’engager parce qu’il y a toujours à redire, parce que ce n’est pas si simple et qu’en simplifiant trop, l’on devient injuste. S’engager, c’est aussi se salir les mains.
(...)

Journal, extraits du jour J+35, 10/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+30, 05/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
L'on m'a envoyé le numéro de la revue Etudes touloises, consacré à l’écrivain lorrain Émile Moselly à l’occasion du centenaire de sa mort. Le CELT a demandé aux auteurs ayant reçu le prix Moselly, d’écrire un texte sur ou autour de la Moselle. J’ai reçu ce prix en 2013 pour une nouvelle. J’ai donc été sollicité. Ma contribution s’intitule À la source. C’est ma dernière publication de l’année, qui en compte 9, au total. Dont La mort du dauphin François, publiée chez 15K. 9, ce n’est pas mal. Je doute d’en avoir autant, l’an prochain. Une seule me satisferait, s’il s’agissait de mon roman ou d’un de mes recueils personnels…
(...)

Journal, extrait du jour J+30, 05/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extraits du jour J+28, 03/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
J’ai commencé un texte. Les premiers mots après lesquels d’autres ont suivi et qui me mènent où je n’aurais jamais imaginé aller. L’instant le plus mystérieux et, surtout, le plus jubilatoire. Quand tu sors de toi quelque chose que tu ne pensais pas avoir, que tu ignorais et qui se révèle, là, devant tes yeux, signe après signe. Le texte balbutie, se construit, petit à petit prend forme. Un monde surgit auquel je n’avais pas pensé. Il est bancal. Il se cassera peut-être la gueule. Je ne sais où cela me conduira. Peu importe. C’est là. Cette incertitude et cette révélation : ce qu'il y a de plus excitant dans l’acte d’écriture. On se sent explorateur face à un nouveau territoire, Colomb devant les côtes américaines.

Je lis en ce moment un essai de Jean Viard, Nouveau portrait de la France. Il date un peu : 2011. Reste, cependant, pertinent. Et éclairant en ces jours de contestation des gilets jaunes. Une contestation qui vire ponctuellement (encore ponctuellement) à l’insurrection. La France d'en haut s’en étonne et n’a pas assez de mots pour condamner la violence. J’ai horreur de la violence. Malheureusement, elle était prévisible. (...)
L’on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment d’indignation, de révolte face à ce deux poids deux mesures. Il est inévitable que, tôt ou tard, certains le traduisent dans la rue par des actes violents. De cette fureur, tout le monde sortira perdant...
(...)

Journal, extraits du jour J+28, 03/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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