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Le lieu du crime

Publié le par Pilgrim.

Le lieu du crime

Beaucoup affirment que cette partie de jeu de paume s’est disputée à Tournon. Ils arguent pour cela, la présence du dauphin dans cette cité, le jour de sa mort. Selon d’autres, on ne l’y aurait transporté qu’après, situant les lieux à Lyon, à cette maison du Plac, où plus tard fut établi le monastère de Sainte Claire. Devant tant de précisions, nous nous inclinons, même s’il paraît curieux de déplacer un malade vers une ville somme toute assez modeste, quand on se trouve dans l’un des centres les mieux achalandés d’Europe en hôpitaux et en médecins. Sans doute souhaitait-on rapprocher l’enfant de son papa. À moins qu’il ait simplement préféré échapper au diagnostic et aux mains du vénérable et docte Champier, qui sévissait dans la capitale des Gaules. D’autres vont encore plus loin et placent l’événement à Valence. Pourquoi pas ? Du moment que c’est le long du Rhône. En attendant que les historiens se mettent d’accord, François frappe à bras raccourcis sur la balle.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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Les Maîtres de Pierre, Sâar - T1, aux éditions L'Ivre-Book

Publié le par Pilgrim.

Les Maîtres de Pierre, Sâar - T1, aux éditions L'Ivre-Book

Je ne suis pas un lecteur de fantasy. De fantastique ou de SF, oui... mais pas de fantasy. Je l'apprécie de temps à autre au cinéma. J'y prends du plaisir et puis je m'en tiens là. Sans doute parce que les quatrièmes de couverture que j'ai parcourues m'ont laissé l'impression que l'on me resservait toujours la même histoire de quête, de rivalité ou d'initiation avec toujours les mêmes ingrédients et les mêmes artifices, que l'on rebattait toujours le même chemin narratif très balisé, ce qui me semble être le comble pour un ouvrage sensé vous ouvrir les portes d'un imaginaire et d'un ailleurs renouvelés. Sans doute aussi parce que les quelques pages feuilletées au gré des occasions m'ont paru ternes et fades, sans relief, d'une écriture au mieux basique quand elle n'était pas indigente... bref, en contradiction totale avec les invitations au voyage que l'on prétend nous offrir... Oui, mais voilà, il a suffi que je tombe sur quelques lignes de Nathalie Vignal pour balayer mes réticences ! J'ai eu cette chance au cours de mes pérégrinations sur le net et je m'en réjouis encore. 

Les Maîtres de Pierre - Sâar, publié aux éditions L'Ivre-Book, est le premier volet d'une saga dont j'attends avec impatience la suite. Ça foisonne, ça fourmille ! L'auteure construit avec un grand sens du détail un univers élaboré où entrent en scène de nombreux personnages qu'elle fait exister en quelques lignes. Elle évite la caricature et le manichéisme et propose des caractères à la psychologie étudiée et complexe. Elle noue, croise les fils de sa trame, multiplie les enjeux, les mobiles, les embûches et les péripéties, posant les fondements d'une vaste fresque et la déployant. Elle respecte les codes du genre, intègre dans son récit les thèmes récurrents et emblématiques de la fantasy, se collette aux figures imposées pour se les approprier et s'en tirer avec brio et inventivité.
Mais ce qui est le plus réjouissant et constitue à mon sens la grande réussite de cette belle entreprise littéraire, c'est la langue, le style qu'elle invente, entre modernité et tournures à l'ancienne (qui évoquent les récits médiévaux), assorti d'une très grande richesse sémantique, en parfaite cohérence avec l'univers décrit. La forme originale, à part, presque étrange, devient incarnation du monde proposé et lui donne vie. L'un produit l'autre et petit à petit, en devient le reflet. Il est rare qu'à ce point le verbe colle à son sujet, se lie à lui de façon si indissociable et exclusive. L'auteure a bel et bien réussi son coup : elle nous entraîne dans son aventure, sur les pas de Drayne, Zhara, Yoran ou Jaede, nous embarque dans son univers parallèle ; on est ailleurs... et à la fin, on a très vite envie d'y retourner.

Alors, non, je ne suis peut-être pas un lecteur de fantasy (quoique...) mais un lecteur de Nathalie Vignal, ça, oui !!! Et pour longtemps... 

Les Maîtres de Pierre, Sâar, Tome 1, de Nathalie Vignal aux éditions L'Ivre-Book, à lire sans hésitation, en e-book ou en papier !

 

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Dolet, avant son tour

Publié le par Pilgrim.

Dolet, avant son tour

On l'a dit fils illégitime de François 1er et, donc, frère caché du dauphin. Mais peu lui importe, alors, que ce prétendu demi-frère vive ses dernières heures ! Il est en pleine conversation avec son ami Rabelais, qui, pour l'amadouer, la ponctue de soupirs d'aise et de hochements approbateurs. L'homme est connu pour ses colères et, en ce début août où les températures atteignent des sommets, son sang est chaud. Quatre mois plus tard, le jeune peintre Compaing en fera d’ailleurs les frais, de ses humeurs, puisque sous ses coups de poignards, il perdra la vie. Dolet, protégé par les plus hautes instances, se tirera de ce faux pas en plaidant la légitime défense. Il est vrai qu’il s’agit là d’une peccadille, une vétille par comparaison avec ces déviations religieuses dans lesquelles il se complaît déjà et qui lui vaudront, dix ans plus tard, un bûcher mérité. Bûcher, qui lui inspirera cette tirade en forme d'épitaphe : "Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet." ("Ce n'est pas Dolet lui-même qui s'afflige, mais la multitude vertueuse.")

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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Potineur

Publié le par Pilgrim.

Potineur

Ils n'avaient pas Voici, à l'époque, mais ils avaient Brantôme et ses oui-dires. Qui plus est, sur le dauphin et sa propre cousine germaine... douée pour des tas de choses et des moins avouables.

"J'ay ouy dire aux dames de ce temps-là qu'il leur estoit fort respectueux, et les servoit avec grand honneur ; et mesme sa maistresse, dont fut faicte cette chanson,

Brunette suy
Jamais ne seray blanche.

C'estoit une fille de la reine, de la maison de Maumont, très bonne et ancienne, du haut Limosin. Elle estoit ma cousine germaine, fille de ma tante, sœur de mon père. C'estoit une très sage et vertueuse fille ; car les grands volontiers se font des maistresses pour la gentillesse et pour les vertus qu'elles ont, autant que pour autre chose."

Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André, Vicomte de Bourdeille.

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

 

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Balzac, c'est la Cath qu'il préfère

Publié le par Pilgrim.

Balzac, c'est la Cath qu'il préfère

Il n'a aucun doute, l'Honoré. Pas touche à la Cath. C'est l'empereur qui est à la manœuvre. Et Montecuculli est son instrument.

"Catherine, agée de dix-sept ans et pleine d'admiration pour son beau-père, était auprès de lui lors de l'événement ; Charles-Quint seul paraissait avoir intérêt à cette mort, car François 1er réservait son fils à une alliance qui devait agrandir la France."

Sur Catherine de Médicis - Honoré de Balzac

 

 

La mort du dauphin François, aux éditions 15K

 

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