C'est moi ou les gens deviennent de plus en plus cons. Toxiques. Cons. Cons. Toxiques. À moins que ce soit les réseaux.
Cons.
Se défaire des réseaux.
Ton écran défile. Toxique. Lance des particules de haine. Anathème et t'aime pas. Primaire et déconcomplexé, le racisme ; primaire et déconcomplexé, l'antisémitisme ; primaire et déconcomplexé, l'ostracisme. Faut que ça soit primaire pour que ça passe. Toxique. Pour que ça clique. Et
ça n'en finit plus de polémiques qui durent le temps que nous ayons craché toutes nos saloperies moisies dans la merde de nos cervelles à nouveau emplies à peine les avons-nous répandues dans un cycle sans fin comme si nous étions des tonneaux des Danaïdes de merde toujours insatiables de merde que par un réflexe compulsif il nous faut encore et toujours déverser partout partout partout
Heureusement, ailleurs n'est pas concomplètement concontaminé. Ailleurs, si si, je trouve matière à espérer.
Si si.
Dans la foule, d'Albert Besnard (1900) - National Art Gallery
J+528, le 16/04/20
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J’ai toujours un jour de retard dans ce journal. Je commence ma journée d’écriture par ces pages, relate donc ce que j’ai fait la veille. Ces pages comme une mise en route, une chauffe avant de me lancer dans le vif du sujet. J’ignore souvent quelle sera mon activité littéraire du jour, ma production. Sauf, bien sûr, quand je travaille sur un ouvrage ou un projet au plus long cours, comme l’écriture d’un texte conséquent ou sa correction. Ce qui, somme toute, est le cas le plus fréquent. Cette semaine, je dois dire que je merdoie. J’écris ici ou là. Va d’un sujet l’autre. Mon blog est idéal pour ces périodes d’entre-deux ; il me permet de continuer à exercer un minimum ma plume alors que je me sens en friche. J’ai toujours en tête cette nouvelle que je devrais écrire, dans la lignée de celle que j’ai écrite la semaine dernière et des précédentes, rédigées plus tôt. Je n’ai pas envie de m’y mettre, pour l’instant.
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J+539, le 27/04/20
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Une période un peu flottante, où je prends un peu de recul par rapport à l’actualité si bien que je me mets en marge et hors d’atteinte. Je sais que l’on n’en finit pas de polémiquer, de conjecturer sur ce qu’il faudrait faire ou pas. Chaque jour emportant son lot de débats pour finalement aboutir à rien ou à pas grand chose. Je pense qu’on en fait un peu trop, qu’à force de vouloir être protégé, on renonce à vivre. Je ne suis pas certain que ce soit mieux de vivre plus longtemps, si c’est pour vivre terré, à l’abri de toute agression extérieure, surtout si, comme beaucoup des personnes âgées concernées, on n’est de toute façon pas loin de l’issue. D’aucuns refusent d’envoyer leur môme à l’école. Je ne pense pas que ce soit leur rendre service. Surtout qu’on n’en est pas sorti de cette pandémie et qu’il y a fort à parier qu’en septembre, à la rentrée scolaire prochaine, la situation ne soit pas très différente de celle de mai… Alors quoi ? On va garder les enfants à la maison ? Quand bien même le virus ne les atteindrait que dans d’infimes proportions… Dès qu’on sort de chez soi, on prend des risques. Même chez soi, on n’est pas à l’abri d’un accident.
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J+523, le 11/04/20
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Le confinement se poursuit, se prolonge, dure. Les jours se ressemblent. Et je me répète : c’est la déroute économique qui se profile, qui inquiète le plus. Beaucoup risquent de payer cher l’épidémie et de se retrouver dans des situations très difficiles. Si au moins l’on pouvait profiter de cette crise pour reconstruire sur des bases saines et vertueuses, plus respectueuses de l’homme et de la planète, bâtir un modèle plus sobre et solidaire. Où toutes les cartes seraient redistribuées et les richesses enfin partagées.
Un espoir nunuche, sans doute. Une recomposition indispensable, pourtant, qui devrait s’imposer si l’on souhaite éviter le désastre, pas seulement celui du covid, mais tous les autres qui menacent, liés au réchauffement climatique et à la destruction de l’environnement et qui s’annoncent encore plus destructeurs.
Je vois que je me laisse aller à des considérations du café du commerce. Oui. Ça ne fait rien avancer. Ce ne sont que des mots. Ceux-ci traduisent néanmoins une véritable attente.
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J+526, le 14/04/20
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Encore un mois, donc, avant d’amorcer un commencement de déconfinement. Jusqu’au 11 mai, à rester enfermé. Deux mois au total ! Peut-être que G devra retourner à son travail plus tôt. Actuellement en télétravail et en chômage partiel, et pour le mois d’avril. On lui demandera peut-être de redémarrer plus tôt. On verra bien.
Je suis un peu dans le flou. Je ne sais quoi faire, s’agissant de mon travail. Quoi écrire ? Me relancer dans un texte inédit, dans le prolongement de celui que j’ai écrit la semaine dernière ou rédiger autre chose, qui n’a rien à voir, ou reprendre des textes plus anciens, ou me consacrer à mon blog, que je dois à nouveau alimenter… Je suis dans le flou et me sens mou, un peu las. Manque de peps. Un peu sec.
Cela fait un moment que je n’ai pas parlé des livres que je lis, ni des films que je regarde. En matière littéraire, rien ne m’a marqué, ces derniers temps. Peut-être est-ce parce que je n’ai pas les dispositions d’esprit pour. Des livres honnêtes, qui se lisent, mais qui ne m’emportent pas. S’agissant des films, j’en vois pas mal en ce moment. Des films que j’ai déjà vus, d’autres que je découvre. Comme Le Satyricon de Fellini, dont la beauté des images m’a cueilli. Une œuvre baroque et puissante. J’ai vu Douleur et gloire, également, d’Almodovar. Dans la lignée des grands films sur la création et les créateurs. Et puis j’ai revu Paris Texas, éblouissant. Un peu long, parfois, mais si profond et humain que cela comble tout le vide que l’on ressent. Vide que Wenders veut nous faire ressentir, celui qui ronge les personnages fracassés. À travers leurs errements, tandis qu'ils hantent des espaces désertés, jusqu'à leur renaissance qui bouleverse. Une vision de l’Amérique de Wenders, inspirée par Hopper.
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