Ma rencontre avec Mathilde Bernier
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Mathilde Bernier, aux ressources humaines de la société, m’invite à entrer dans son bureau. Un entretien en tête à tête. Rien que nous deux, les yeux dans les yeux. Les siens ont beau ne pas être déplaisants, je peine à feindre l’enthousiasme.
Je n’ai répondu à sa convocation que par acquit de conscience et manque d’alternatives. Mon agenda crie famine. Mes candidatures lancées à la venvole restent quasiment toutes lettres mortes. Je n’ai pas envie, mais pas envie du tout du job qu’elle propose.
L’entretien suit son cours. On fait connaissance, on papote. En bonne professionnelle, elle arbore un air d’amabilité rassurante pour me mettre à l’aise et, sans y toucher, me pousser à la faute. Je réponds à ses questions, m’intéresse comme je peux. Je sens bien que je suis hors-jeu. Pour m’en assurer et ne lui laisser aucun regret, je joue mon va-tout et déclare mon intérêt pour du temps partiel.
— Un temps partiel ? ! ! !
— Oui.
Elle est cueillie. Elle ne s’attendait pas à un tel sabordage en règle. Elle peine à dissimuler son hilarité.
— Euh, non… Ce n’est pas la politique de la maison.
Ah, bon, tant pis ! Je lui souris. Elle signifie la fin de l’entretien. Curieusement m’enjoint de patienter quelques minutes dans l’espace réservé aux visiteurs, un renfoncement du couloir devant lequel le personnel va et vient. Et pour m’aider à passer le temps, me confie un dossier, pile poil le sujet auquel je me consacrerais dans l’hypothétique cas où. Je m’étonne. Il me semblait que l’affaire était entendue. Néanmoins, je joue le jeu jusqu’au bout et m’exécute. Je m’assieds, jette un œil sur les papiers. Rien qu’à les feuilleter, les bras m’en tombent. Je renonce à me les infliger plus longtemps. J’attends en me tournant les pouces qu’on veuille bien me donner congé. Au bout de quelques minutes, un homme qui en a sans doute assez d’étudier mon comportement et de me regarder glander, s’approche et m’autorise à partir.


