Ma rencontre avec Fernandel et Harold Lloyd
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Voilà plusieurs semaines qu’ils traînent dans le bardo, en quête d’une enveloppe corporelle pas trop lourde à porter. Fernandel et Harold Lloyd ont repéré la mienne qui se profile, se disent que c’est toujours mieux que rien. Ils postulent, se disputent l’aubaine. Je ne suis pas en mesure de les départager. N’accorde la préférence à aucun. Fernandel a l’avantage de la langue et de l’accent, en phase avec mon adresse toulonnaise de livraison. Harold Lloyd a pour lui l’agilité qui le fait se sortir des situations les plus calamiteuses. Alors que l’échéance se précise, ils rivalisent, qui de bons mots, qui d’acrobaties, sans parvenir à se départager. J’assiste admiratif à leurs joutes, en redemande quand, l’un voyant passer une proposition du genre de celle qui ne se refuse pas, l’autre se précipitant sur une occasion du genre de celle qui ne se représente pas, sans hésiter, me tournent le dos, me relèguent aux oubliettes et se réincarnent ailleurs. Me voici coquille sans prétendant, en quête de mon bernard-l’hermite. Je désespère de le rencontrer et m’apprête à rater mon entrée quand Titi me sauve la mise. Le pauvre chien de Mme Hill vient de passer l’arme à gauche. D’un bond d’un seul et pas bégueule, il saute dans le costume et endosse ma peau toute neuve et douce. Je nais. À un jour près, Jim Morrisson tapait à la porte.



