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Journal, extrait du jour J+4, 09/11/2018

Publié le par Pilgrim.

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Hier, le beau roman de Laurine Roux, Une immense sensation de calme, a reçu le prix SGDL 2018 de la révélation. La nouvelle me réjouit. L’auteure est puissante ; elle ne le sait pas encore. Sûrement parmi les meilleurs de sa génération, de ma génération. Le genre à vous filer des complexes. Justifiés. J’ai lu plusieurs de ses textes avant ce coup de maître, notamment sur son blog. Des textes denses et lumineux. Ils ne sont pas nombreux les écrivains qui vous rendent intelligents. Après leur lecture, tout semble plus limpide. Vous avez l’impression d’avoir augmenté vos facultés cognitives ; votre perception du monde vous paraît plus précise, plus aiguë. Il y a Proust. Je me souviens du sentiment d’euphorie que m’ont procuré certaines lignes de La recherche, comme si tout s’éclairait. L’évidence. Proust : une référence écrasante…
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Journal, extrait du jour J+4, 09/11/2018

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Journal, extrait du jour J+3, 08/11/2018

Publié le par Pilgrim.

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Je me suis envoyé un exemplaire en recommandé avec accusé réception. La précaution d’usage pour le cas improbable où quelqu’un s’approprierait l’œuvre. Le truc qui n’arrive jamais, qui fait fantasmer l’écrivaillon un peu parano sur les bords. D’aucuns protègent leur œuvre au sein d’organismes, comme la SGDL. Ou autre… C’est payant et c’est à durée limitée. Un business. Un de plus qui joue sur les peurs. On est tellement sûr de son talent qu’on voit des jaloux partout, prêts à nous piller. Je me suis envoyé le roman en recommandé avec accusé réception. Par superstition. Cela suffira. J’ai réduit au maximum les marges, l’interligne et la taille de la police pour contenir le document dans une quarantaine de pages et réduire les frais de port.
Et à chaque fois, l’impression de passer pour un abruti à la poste. Le pauvre type qui s’envoie des lettres à lui-même. Un bredouillement en guise de justification (je me sens obligé d'expliquer) : « C’est pour avoir une preuve de datation ». L’employé, pas convaincu mais qui réceptionne l’enveloppe. S’il y en a qui ont de l’argent à jeter par les fenêtres, autant que ce soit au bénéfice de la poste !
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Journal, extrait du jour J+3, 08/11/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+1, 06/11/2018

Publié le par Pilgrim.

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J’hésite. Très peu de personnes visitent mon blog. Le nombre n’importe pas. Il suffit d’un regard extérieur pour tout changer. Écrirai-je aussi librement si ces lignes sont accessibles ? Sans doute que non. Contrôle. Contrôle. Même si le lâcher prise en écriture me tente. La jubilation à se laisser aller. Le danger de s’exposer. Le risque de blesser, de fâcher. Et l’inconfort des interrogations, des commentaires, des propositions que cela susciterait. L’obligation d’y répondre, de s’expliquer, de se justifier. Ou non. Le droit de laisser dire au risque d’être mal compris, interprété. Cela renvoie à la question de l’existence de ce journal. Pour quoi faire ? Pour moi ? Une expérience strictement personnelle ? Ou envisager une publication ? J’ai déjà des difficultés à éditer mes textes. Comment celui-ci trouverait-il preneur ?
Ma seule certitude : ce ne sera pas un journal intime.
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Journal, extrait du jour J+1, 06/11/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J, 05/11/2018

Publié le par Pilgrim.

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C’est la première fois que je m’attelle à un journal. Je ne sais pas comment procéder. Une nouvelle expérience littéraire. Une nouvelle discipline à laquelle m’astreindre. Le plus difficile sera de ne pas anticiper.
Et surtout, ne pas se répéter indéfiniment. Ne pas geindre. Ne pas truquer. Ne pas truquer… Bien sûr que si, je vais truquer. Je truque déjà.
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Journal, extrait du jour J, 05/11/2018

Publié dans Journal : extraits

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Lucien se change les idées

Publié le par Pilgrim.

La période est propice et Lucien compte bien profiter de ces temps d'oisiveté grégaire pour prendre un peu de recul, se nettoyer la tête, se divertir. Il se plante devant son armoire à idées, l'ouvre et considère les propositions en rangs d'oignon, pas si nombreuses. Laquelle choisir ? Il pioche au hasard, remet aussitôt l'idée noire à sa place. Il ne va pas penser à autre chose pour déprimer. Déjà qu'il n'est pas au top de sa forme. S'il se change les idées, c'est pour s'alléger l'ordinaire. Il inspecte les piles sur les étagères, les passe en revue. Il ne veut pas d'idée fixe, ni d'idée toute faite, encore moins de préconçue. Il hésite, fouille, ne trouve pas. La solution serait sans doute de cogiter lui même, de se faire des idées, les siennes propres. Mais il craint de se mettre le doigt dans l'œil et il a la flemme. Il est en vacances, pas en état de se triturer les méninges.
— Faudrait que je me remette les idées en place, un de ces 4, constate-t-il face au bordel ambiant. Pas facile de trouver la remplaçante dans ce fouillis.
Il contemple, dépité, son fatras d'idées inutiles, se souvient d'une qui lui avait bien plu, l'année dernière. Mais où est-elle ? Il passe la main derrière un tas qui s'effondre, des fois que ça lui en donne, tombe sur une petite. Il la sort de l'armoire. 
— Bah ouais, c'est bien, ça !
Une idée comme ça, il en veut bien tous les jours. Il sort de la salle avec son idée, rejoint sa chambre où il se couche direct dans son lit. Il s'étire, content de sa trouvaille.

Lucien se change les idées

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