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Tête d'oeuf

Publié le par Pilgrim.

Tête d'oeuf

 

 

L’œuvre au noir de l'alchimiste. De l'obscurité naît la lumière. Odilon Redon l'extrait, travaille en négatif la matière noire. Il l'éclabousse de vide et grave dans la nuit les contours d'êtres étranges, des apparitions lumineuses. Oeuf.
Comme à la sortie d'un cauchemar, la couverture sur le nez, la créature effarée surgit dans le monde. Elle est cernée. Et jette sur son impuissance un regard d'épouvante.
Cri étouffé dans le coquetier. Bouche cousue. Le danger se précise. Le voyant, crayon gras à la main, burin caché derrière son dos, approche hors-champ, prêt à lancer sur la pierre les monstres qui le hantent ! Nooooonnn... Pitié ! Pas la mouillette !

 

En prime et à propos de l’œuvre de Redon, lire L'horrible vision de Huysmans, un texte de ses Croquis parisiens.

 

 

Publié dans L'oeuf, Redon, Galerie

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Gelsomina

Publié le par Pilgrim.

Gelsomina

Oh, Gelsomina, Juliette des Esprits, je me souviens de ton visage. Grands yeux écarquillés, nez retroussé, bouche en cœur. Ta bouille ronde de clown céleste. Tu étais lune et soleil.

Gelsomina mon ange, ton image hante mes rêves en noir et blanc. Tu danses sur les notes de Nino, virevoltes au lancer de mots du funambule fou. Tu ris, irradies et ranimes les flammes étouffées.

Toi, l'innocence bafouée, combien tu as souffert. L'âme sur la main, tu la lui offrais et lui, te rouait de coups. Regarde-le, maintenant qu'il t'a perdue. Cette brute de Zampano, briseur de chaînes et phénomène de foires. Oui, Gelsomina, ma Giuletta, regarde-le fondre en larmes sur la plage. Il ne sait plus où il est. C'est toi qui le fais pleurer.

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Visite guidée du Bunker (10) : quelques films de cave

Publié le par Pilgrim.

Le bunker troisième témoignage, chez Jacques Flament Editions.

                

     

                

                

... etc, etc, etc...

Liste non exhaustive et images à cliquer.

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Jury "Nouveau Monde" : petit bilan d'étape

Publié le par Pilgrim.

Jury "Nouveau Monde" : petit bilan d'étape

Après une première lecture globale et attentive et pendant mon réexamen des textes, je prends le temps d'un premier bilan sur cette expérience de juré au sein d'un concours littéraire.

Une soixantaine de nouvelles à lire, dans le registre de la SFFF et beaucoup de diversité. Des écritures maîtrisées qui côtoient de plus balbutiantes. Des récits structurés qui alternent avec de moins convaincants.
Voici quelques observations qui n'engagent que moi, reflets de mon ressenti à la lecture des textes. Très subjectif, donc...

1ère observation : la correction de la langue est vite devenu un critère primordial, ou plutôt un minimum requis (et je ne parle pas de coquilles ou de fautes oubliées, vite pardonnées...). Je me suis dit à la lecture de rares textes que l'auteur aurait pu se relire ou se faire relire... par simple respect pour le lecteur ! Et sans aller dans ces cas extrêmes, il s'est vite avéré que l'auteur sûr de sa forme avait un indéniable avantage sur son concurrent plus approximatif ou maladroit et ce, quelle que soit la qualité de l'histoire du second.
2ème observation : comme je suis paresseux, la brièveté du texte constitue, a priori, un plus pour son auteur. Sauf que certains textes courts m'ont semblé plus fastidieux et rébarbatifs que des plus longs... Et cette réflexion me conduit à une autre : certains auteurs, peu nombreux, n'écrivent que pour se faire plaisir (le syndrome de Narcisse). Pourquoi pas ? Mais alors, mieux vaut garder ses textes pour soi et ne pas les soumettre à un lectorat...
3ème observation : j'aime quand la forme s'accorde avec le fond. Une écriture classique, sans fioriture, pour un récit qui s'inscrit lui-même dans un certain classicisme ; ou une écriture exubérante pour un sujet, ou une histoire, un peu déjanté... Parfois, il est vrai, un contraste entre la forme et le fond provoque un décalage intéressant mais il convient que cela soit conscient, justifié et assumé... Si ce n'est pas le cas, il y a comme un hiatus.
4ème observation : les styles proposés sont pour la plupart "sages" et plutôt classiques. Peu d'écritures baroques, inventives ou d'extravagances formelles. Il est vrai que parmi ceux qui s'y sont essayé, guère ont été convaincants. S'éloigner de la norme requiert une maîtrise encore plus affirmée de la langue.
5ème observation : il me semble que pour une nouvelle, la règle de l'unité d'action est difficilement contournable, plus difficilement, en tout cas, que celles de l'unité de temps et de l'unité de lieu.
6ème observation : des récits qui démarrent très bien s'enlisent, d'autres ne deviennent intéressants que dans les dernières lignes. Quelques excellents textes captivent du début à la fin.
7ème observation : surtout pour une nouvelle, il convient d'éviter les descriptions trop longues surtout si celles-ci ne servent pas directement l'intrigue. Et dans le même ordre d'idée, l'étalage de ses connaissances sur un sujet donné est assez rebutant. On n'est pas obligé de balancer toutes ses infos ou tout son vocabulaire (inventé ou non) sur un sujet. Vouloir en mettre plein la vue se révèle souvent contre-productif. Il ne s'agit pas, là, d'un exposé.
8ème observation : une situation de départ complexe ne s'accorde pas avec une résolution (trop) simpliste.
9ème observation : je l'avoue, je préfère le fantastique et la science-fiction à la fantasy. Les auteurs de fantasy avaient donc, en ce qui me concerne, un handicap de départ. Certains s'en sont pourtant fort bien tirés !
10ème observation : des auteurs veulent montrer qu'ils sont intelligents et prennent des postures. Cela agace, surtout quand le discours, les considérations (sur l'humanité, la science...) emperlent les poncifs et ne sont pas à la hauteur des ambitions. Du coup l'auteur intelligent paraît surtout imbu de lui-même. Ce qui ne peut que jouer contre lui... Un peu d'humilité ne nuit jamais.
11ème observation : les textes à la morale un peu gentillette et éculée, porteurs de messages édifiants et assommants de banalité ont tendance à me... gonfler. Et, je le précise, je suis pourtant loin d'être un cynique.
12ème observation : observation qui découle des deux précédentes. Il s'agit de la distinction entre le "dire" et le "montrer". Expliciter un message, donner texto son avis (que cela soit par l'intermédiaire d'un personnage ou du narrateur) du genre "l'humanité n'est pas à la hauteur" devient vite lourd ; le traduire par les faits, sous couvert du récit (des événements, des interactions entre protagonistes) sans en rajouter est plus percutant. Parier sur la sagacité du lecteur, qui n'a pas toujours besoin qu'on lui mette les points sur les i.
13ème observation : je le savais déjà, mais c'est confirmé : élégance et humour noir font bon ménage.
14ème observation : quand on ne peut pas décrocher, passionné par ce qu'on est en train de lire, qu'est-ce que c'est bon ! 
15ème observation : à la lecture d'une petite quinzaine de textes, je me suis régalé. Une petite quinzaine !!! C'est beaucoup plus que j'imaginais avant de me lancer dans cette aventure. Autant de textes qui mériteraient de gagner... même si j'ai mes quatre ou cinq favoris ! 

 A suivre...

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Niveau(x), un recueil collectif !

Publié le par Pilgrim.

Niveau(x), un recueil collectif !

 

 

 

Pour la deuxième édition de son concours de nouvelles, Vega avait choisi "Niveau(x)" pour thème. Mon texte intitulé En grandes pompes a eu la chance d'être sélectionné, parmi une vingtaine, pour la publication dans le recueil collectif. Et c'est un plaisir d'autant plus grand que je le partage avec ma fille aînée, puisqu'elle illustre ma nouvelle (voir les détails de la négociation !).

Le livre est disponible ici, chez JFE, avec les trois premières nouvelles consultables gratuitement en ligne ! 

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Dans le jury du 6ème tournoi des nouvellistes "Nouveau Monde"

Publié le par Pilgrim.

J'ai rejoint le jury du 6ème tournoi des nouvellistes, organisé par Nouveau Monde et son fondateur Aramis Mousquetayre, un concours de nouvelles SFFF (Science Fiction, Fantastique, Fantasy) un peu particulier, puisqu'il se déroule en plusieurs étapes, pendant près de 6 mois, et qu'il fonctionne, dans sa deuxième partie (après sélection de 32 nouvelles sur 63), sur le modèle d'un tournoi, au cours duquel les internautes sont aussi invités à désigner leur favori.

C'est une première pour moi, puisque je n'avais encore jamais participé à un jury et la perspective m'enchante, bien que je trouve toujours dérangeant de juger et de me poser en "censeur". L'exercice est délicat et subjectif et c'est cette subjectivité que j'entends suivre. J'attends des textes qu'ils m'étonnent et me bousculent. Je serai particulièrement attentif à la forme et quand elle servira un fond qui saura me captiver, m'ébranler ou me réjouir, mon adhésion sera emportée ! 

En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je ne manquerai pas de lectures cet été !

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Visite guidée du Bunker (9) : la caverne

Publié le par Pilgrim.

Le Bunker, troisième témoignage, chez Jacques Flament Editions.

 

 

 "Représente-toi donc des hommes qui vivent dans une sorte de demeure souterraine en forme de caverne, possédant tout le long de la caverne, une entrée qui s'ouvre largement du côté du jour ; à l'intérieur de cette demeure, ils sont depuis leur enfance enchaînés par les jambes et par le cou, en sorte qu'ils restent à la même place, ne voient que ce qui est avant d'eux, incapables d'autre part, en raison de la chaîne qui tient leur tête, de tourner celle-ci circulairement."

La république - Platon

 

 

Ascent of the blessed - Jérôme Bosch

La caverne

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Grotte

Publié le par Pilgrim.

Les livres des Editions Christophe Lucquin sont hors-norme, audacieux et passionnants. Grotte d'Amélie Lucas-Gary ne déroge pas à la règle.

Grotte

Le gardien de la grotte millénaire traverse le temps à l'écart du monde, reclus dans son coin. Mais du monde, il est difficile de s'abstraire surtout quand il vient à vous. Les personnages défilent, tous animés de motivations, de désirs différents, en quête de sens ou d'eux-mêmes, de réponses qu'ils espèrent trouver au fond de la grotte. Le lecteur assiste à une succession de saynètes, bestiaire d'une humanité désemparée, véritable ménagerie, où l'on voit la première dame de France côtoyer Ben Laden, Philippe Bouvard ou un extra-terrestre. Les acteurs de ce théâtre d'ombres constituent des archétypes qui renvoient non seulement à La Fontaine mais surtout à Platon et à ses idées... et bien entendu, à sa caverne. Car ici tout est spécieux, et le motif qui domine est le double (ceux mimétiques du gardien, qu'il retrouve en chacun de ses visiteurs et qu'il "absorbe" faisant de lui un être (trop ?) insaisissable et éthéré, celui (ou réplique) de la grotte, allégorie du monde et de l'humanité...). Du réel, ce n'est pas tant le reflet que l'on distingue (comme dans la caverne de Platon) mais son illusion, voire le double. Et l'on songe à Clément Rosset et à son essai Le réel et son double : "... la structure fondamentale de l'illusion n'est autre que la structure paradoxale du double. Paradoxale, car la notion de double, on le verra, implique en elle-même un paradoxe : d'être à la fois elle-même et l'autre."
Et Amélie Lucas-Gary enfonce le clou. L'histoire se répète. C'est l'éternel retour et le cycle des temps, la roue de la vie. Toujours la même histoire déclinée, éternellement tragique, éternellement comique, où l'on se demande, pris de vertige, ce qu'il en est de la copie quand l'original est un faux.

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