Journal, extrait du jour J+98, le 11/02/2019
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L’intervention prévue à un collège au mois de mars se précise. Je vais parler autour des Brèves revisitées et sans doute aussi d’Import Export. La thématique étudiée par les élèves est « La fiction pour interroger le réel ». J’aurai de quoi dire. Les élèves seront amenés à choisir une brève, un titre de presse, pour écrire une nouvelle dessus, sur le même principe que les Brèves revisitées.
Nouveau refus. Une déception, car je pensais pouvoir toucher la maison en question. J’ai l’impression, vu l’état du tapuscrit que j’ai récupéré, qu’ils n’ont même pas pris la peine d’y jeter un œil. Dommage… pour moi. J’ai renvoyé l’exemplaire à un autre éditeur. Avec de moins en moins d’espoirs.
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Salon des plumes comtoises, samedi dernier. Et comme le précédent : fiasco complet pour moi. Zéro vente. Je crois que je vais me retirer un peu et ne plus m’inscrire pour un temps. J’ai un salon prévu au mois de mai, organisé par le collège où j’interviens bientôt. Je crois que je m’en tiendrai là, jusqu’aux vacances d’été. Tout cela est démoralisant.
L’après-midi était pourtant agréable et s’est passée assez vite en discussions diverses et variées. Mais c’est tout de même un peu frustrant.
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Journal, extrait du jour J+94, le 07/02/2019
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Dany Grard, l’éditrice de 15K m’a annoncé que La mort du dauphin François avait été retenu dans la sélection hiver (décembre 2018) des livres audio par l’Institut français du livre et l’association Plume de Paon, association qui promeut les livres qui s’écoutent. Naturellement, ça fait plaisir et réconforte un peu. Et dans le contexte, la nouvelle est bonne à prendre.
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La 17ème mort de Janka
Ce fut l’ébauche d’un champ blême que Janka traversa en courant. Deux hommes le poursuivaient. Il ne les connaissait pas, ignorait les motifs de leur traque. Il déboucha sur un chemin raviné par des coulées de cendres au moment où ils le rattrapèrent. L’un d’eux posa sa main sur son épaule et lui annonça sa fin. Il pointa un doigt en direction du seul bosquet qui persistait dans la prairie agonisante et le poussa vers. L’autre ne parla pas. Il les talonna. Janka sentit son regard sur sa nuque.
Ils remontèrent le chemin qui s’éternisait. Des ornières traçaient la voie de laquelle il devenait impossible de dévier. Autour d’eux, la steppe s’effritait à mesure qu’ils avançaient et se rapprochaient de l’îlot de verdure. Celui-ci ressemblait à un mirage mais, au lieu de s’estomper, il grossissait, s’épanouissait sur l’horizon. Des corbeaux formaient un nuage noir, au-dessus, qui s’affaissait, se dissolvait au contact de la futaie. Les volatiles tombaient comme des pierres, criblaient le feuillage frémissant. Janka ralentit. Les hommes le forcèrent à continuer.
Ils atteignirent les premiers arbres. Aux branches calcifiées pendaient des marionnettes emplumées qui oscillaient doucement sous l’effet du vent inspiré par Bazouf. Janka voyait leurs membres baller et parfois trembler. Il leva la tête. La Nourricière dans les ramures tirait les ficelles. Face à son étonnement, elle éclata de rire, lui lança des salves de jurons quand il tenta de s’accrocher aux jambes des pantins. Les deux hommes s’interposèrent. Janka leur désigna la femme. Ils haussèrent les épaules et l’entraînèrent à l’intérieur du bois.
Il trébucha contre une racine, roula sur le sol tranchant. Le Caverneux happa ses mains, engloutit son corps. L’un des gardiens y puisa la glaise où façonner son effigie. Des mottes amassées le long de son enlisement surgit la forme espérée, une version améliorée de sa personne. Janka fut connecté à elle. Il lui transfusa ses dernières gouttes de volonté.
La créature s’ébroua, se dressa au-dessus de lui. Elle le piétina et finit de l’enfouir. Dès lors, elle fut lui. La Nourricière ne laissa pas Bazouf l’emporter. Elle fondit sur elle, l’accrocha à son arbre. Janka se décomposa en se regardant se faire de l’ombre.
Monsieur Goéland, de S. Balkenhol - Esplanade du Museum du Havre



