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Le monde de Barnum

Publié le par Pilgrim.

Le monde est un spectacle de Barnum, dont le meneur de revue a les cheveux orange et les idées crasses. À chaque jour sa grimace, l'on en prend plein la face. Le bateleur a plus d'un tour dans son sac pour que tu passes à la caisse. Il lâche sa petite bombe, faut que ça clashe, volte-face. 
T'es qu'une machine à cash. Tu craches ou tu crèves. 

 

Publié dans Barnum

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Tu cherches ton Barnum

Publié le par Pilgrim.

Tu cherches ton Barnum. Le gars qui décèlera le freak en toi. Le révélera au monde ricanant.
Il y a des jours où tu es prêt à te vendre pour peu qu'on te promette un rai de lumière. De la reconnaissance en échange de ton intégrité. Quelle intégrité ? Celle qui te perd dans des abimes d'indifférence. Celle derrière laquelle tu t'abrites et justifies ton inexistence. À partir de quelle compromission renoncer au rien que l'on est ? En vertu de ta vie ratée, cracher dans la main qui se tend.

Tu cherches ton Barnum. Aucun Barnum ne s'intéresse à toi. Tu n'as rien de ces freaks susceptibles d'emballer la machine. 
Le diable a mieux à faire. Tu peux remiser ton contrat faustien.

Tu cherches ton Barnum 

By Matt_Gies (talk) (Uploads) - Bridgeport, centenial half dollar

Publié dans Barnum

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Le chaînon manquant

Publié le par Pilgrim.

Le chaînon manquant

Il l'a trouvé. Entre le singe et l'homme, le chaînon manquant encagé dans son musée. L'une des attractions les plus courues du moment.
Barnum a tout de suite perçu le potentiel de ce fils d'esclaves quand son collègue le lui a présenté. Son crâne allongée, son nez épaté, sa mâchoire proéminente lui conféraient des airs d'origines de l'humanité que la couleur de sa peau ne pouvait contredire. Ce William Henry Johnson attirerait les foules, il en était persuadé. Il suffirait de lui raser la tête en lui laissant une mèche folle, de le couvrir d'une peau de bête, de lui demander de brailler quand les visiteurs passeraient devant lui et de lui inventer une histoire carabinée. 
— On vous a trouvé à poil dans les arbres au milieu d'une forêt d'Afrique parmi vos congénères en compagnie de gorilles. 
William Henry Johnson a enregistré l'information.
— Vous vous appellerez Qu'est-ce que c'est ? ; ça collera mieux avec votre air idiot et votre personnage.
Barnum a sorti le contrat, l'a tendu à la prochaine sensation de sa ménagerie, qui s'est empressée de le signer. 

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Colonel Parker Barnum

Publié le par Pilgrim.

Il a débuté chez Barnum. À bonne école, le bonhomme. Aboyeur de cirque dans la grande maison, il a retenu les leçons de la figure tutélaire, a repris sa méthode à son compte. Colonel Parker qui n'a rien d'un colonel et rien d'un Parker a mis ses pas dans les pas de Barnum, à l'intox s'est forgé une réputation. Une filiation, le rêve américain, pour qui sait saisir sa chance et tromper son monde. Il a suffi qu'il repère son Monstre, celui qui lui apportera aisance et pouvoir, le jeune Elvis, comme Barnum a eu son Tom Pouce. 

Colonel Parker Barnum

Par Auteur inconnu — eBay, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=46927835

Publié dans Colonel Parker, Barnum

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Un sentiment filial

Publié le par Pilgrim.

Un sentiment filial

Il lui a tout appris. Chant, danse, théâtre. Dès ses quatre ans, sur scène. Biberonné aux arts du showbiz. Soumis à une discipline de bête de foire.
Barnum s'est penché sur son berceau, l'a tiré de sa misère annoncée et intronisé clou du spectacle. Charles Sherwood Stratton avec sa tête de pactole devint Tom Pouce et pourvoyeur attitré d'espèces sonnantes et trébuchantes. À deux ou trois reprises, il aurait appelé son agent : papa

 

American dwarf entertainer Charles Sherwood Stratton, a.k.a. Tom Thumb (1838-1883) - Auteur inconnu

Publié dans Tom Pouce, Barnum

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À quoi ça tient

Publié le par Pilgrim.

L'heure des bilansElle a bien roulé sa bosse. Tant de rencontres, de voyages. Elle a multiplié les expériences, enchaîné les aventures. Une existence riche et remplie. Clémentine se caresse les poils. C'est à eux, qu'elle doit ça : cette réussite, cet accomplissement. Elle pose la plume à côté de son cahier où elle couche ses souvenirs. Recule dans son fauteuil et réfléchit à sa destinée. Elle mesure la chance qu'elle a eu. Oui, elle la mesure. Un système pileux déficient et toute sa vie se serait déroulée entre les quatre murs d'un petit commerce, dans une ville un peu trop tranquille. 

Illustration : Clémentine Delait par Scherr (1923)
https://wellcomeimages.org/indexplus/image/V0048556.html
https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=33733761

Publié dans Clémentine Delait, Barnum

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Fernande

Publié le par Pilgrim.

Illustration : Par Scherr — Madame Delait, the bearded lady of Plombières, head and shoulders portrait. Photographic postcard by Scherr, 1923. Iconographic Collections Keywords: Scherr; Clementine Delait

Fernande n'aime pas quand sa maman l'enlace.
— Tu piques, lui reproche-t-elle.
Clémentine ne peut s'empêcher de serrer son "enfant chérie" contre elle. Elle la prend dans ses bras, la cajole, l'embrasse. Fernande se raidit, s'écarte du visage de sa mère.
— Lâche-moi.
Clémentine accuse le coup. Sa fille adoptive ne lui manifeste guère d'affection ni de reconnaissance, malgré tout ce qu'elle fait pour elle.
— Tu n'es pas gentille.
Elle boude. Soupire. Ne la retient pas. Elle se lisse la barbe. Elle n'a pas le poil dur, pourtant. La caresse est soyeuse. Rien à voir avec la moustache rugueuse de Joseph.
— Tu n'es pas si rétive avec papa, lui reproche-t-elle.
Fernande hausse les épaules. Les baisers de son père n'ont rien à voir.
— Papa, il pique pas.
Clémentine tique. Ça n'est pas son avis. Sa poitrine et son ventre gardent une impression différente des passages de sa bouche.
— Il pique pas, précise Fernande, il gratte.

Publié dans Clémentine Delait, Barnum

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Rendez-vous manqué entre Barnum et Elephant Man

Publié le par Pilgrim.

Rendez-vous manqué entre Barnum et Elephant Man

Il aurait bien voulu l'avoir à son tableau de chasse, ce Joseph Merrick. Son succès à Londres témoigne de son potentiel. Il n'ose imaginer son triomphe aux États-Unis, s'il était tombé entre ses griffes de magicien. Il en aurait fait l'une de ses attractions phares ; il aurait plu des dollars.
Peu importe que sa tournée en Europe continentale ait viré au fiasco. Ils ne savent pas y faire, ses collègues du vieux monde. Complètement dénués d'esprit entreprise et d'imagination. Voyez cette terne histoire d'accident, pendant la grossesse de sa mère ! Ce n'est pas avec ce genre de fables qu'on risque de faire sauter la banque. Barnum, lui, l'aurait enveloppé à sa sauce, le secret des origines de l'Elephant Man. Il aurait inventé une liaison contre-nature, l'enfantement d'une chimère, d'un être hybride. Bref, un récit bien accrocheur, du genre qui frappe les esprits, suscite les curiosités les plus malsaines et remplit les tiroirs-caisses.
Barnum s'en mord les doigts. Il a manqué l'occasion. Il a malencontreusement dédaigné son cas. Il s'est aperçu de son erreur quand le bonhomme s'est fait rouler par son imbécile d'imprésario. La naïveté de Merrick lui a sauté aux yeux. Et les naïfs, Barnum les affectionne. Il suffit de pas grand chose pour en tirer le maximum. Et ce, sans qu'ils se plaignent jamais. Il a tenté de rattraper le coup, a multiplié les démarches pour s'assurer ses services et leur exclusivité et même proposé une offre qui ne se refuse pas afin de s'approprier ses talents. En vain. Frederick Treves, le jeune médecin qui avait pris Elephant man sous sa coupe et sa protection, à son retour en Angleterre n'a rien voulu entendre. 

Nota : ceci est bien sûr pure spéculation de l'auteur.

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Lindmania

Publié le par Pilgrim.

Lindmania

Tournée triomphale du rossignol suédois.
L'ange chantant sillonne les États-Unis et suscite un tel engouement que dans la presse l'on parle d'une Lindmania. Barnum qui l'a embauchée sans l'entendre, attiré par le seul son du tiroir-caisse qu'elle laissait dans son sillage en Europe, se frotte une fois de plus les mains. Son sens du business, l'achat de critiques favorables et une campagne publicitaire intense ne sont même pas indispensables pour assurer à l'entreprise un succès massif, tant la cantatrice est irrésistible. Jenny Lind et sa voix cristalline galvanisent les foules et, sous la houlette de l'homme de spectacle, démocratisent l'opéra en ce milieu du 19ème siècle.

 

 

Publié dans Jenny Lind, Barnum

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Le messager de la liberté

Publié le par Pilgrim.

Le messager de la liberté

À Bethel, Connecticut, c'est le temps de l'apprentissage. Barnum fonde un journal The Herald of Freedom (Le messager de la liberté), y fourbit ses armes et ses slogans à l'emporte-pièces. Les calvinistes rigoristes et sectaires des environs en feront les frais. L'un, pasteur accusé d'exploiter un orphelin, voudra défendre sa réputation. Et l'enverra passer deux mois en prison pour lui faire passer l'envie de la politique. Phinéas Taylor retient la leçon. Il épouse Charity et, bye bye les illuminés et les forcenés de la foi, s'installe à New York. Il se reconvertira dans le show business, où il aura des coudées plus franches. Le rapport à la vérité s'y révélera plus adapté à ses ambitions. Il pourra y déployer l'étendue de ses talents de bateleur.

PT Barnum et son épouse Charity Hallet
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:P.T._and_Charity_Hallett_Barnum_c1860.jpg  

Publié dans Barnum

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