Fernande
Fernande n'aime pas quand sa maman l'enlace.
— Tu piques, lui reproche-t-elle.
Clémentine ne peut s'empêcher de serrer son "enfant chérie" contre elle. Elle la prend dans ses bras, la cajole, l'embrasse. Fernande se raidit, s'écarte du visage de sa mère.
— Lâche-moi.
Clémentine accuse le coup. Sa fille adoptive ne lui manifeste guère d'affection ni de reconnaissance, malgré tout ce qu'elle fait pour elle.
— Tu n'es pas gentille.
Elle boude. Soupire. Ne la retient pas. Elle se lisse la barbe. Elle n'a pas le poil dur, pourtant. La caresse est soyeuse. Rien à voir avec la moustache rugueuse de Joseph.
— Tu n'es pas si rétive avec papa, lui reproche-t-elle.
Fernande hausse les épaules. Les baisers de son père n'ont rien à voir.
— Papa, il pique pas.
Clémentine tique. Ça n'est pas son avis. Sa poitrine et son ventre gardent une impression différente des passages de sa bouche.
— Il pique pas, précise Fernande, il gratte.