Joice automate
Dans la presse, la nouvelle se répand. "Joice Heth, l'imposture !" révèle-t-on. La vieille dame ne serait qu'un automate, un être en toc et en rouages, de caoutchouc et de métal, à l'instar de ce joueur d'échec qu'on balade à travers le pays. Une lettre anonyme a révélé le pot aux roses. Barnum, précurseur du "Fake news" et génie visionnaire, l'a rédigée.
L'effet est instantané. Le scandale éclate. La fréquentation de l'exhibition organisée par l'homme d'affaires double. Le public afflue pour se faire une idée et sa propre opinion. L'esclave noire édentée et aussi âgée que Mathusalem ne serait-elle qu'un artefact, une illusion ? On se bouscule pour l'observer, l'examiner sous toutes les coutures et on s'interroge. Est-elle réelle ? La mystification dans la mystification, une mise en abyme de la supercherie. Le mensonge jette le doute sur le mensonge.
Barnum manipule et encaisse les dollars. Coup monté, coup de pub. Il a tout inventé.
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Quand, en 1836, la plus vieille femme du monde, à l'âge honorable de 162 ans, décède à la suite d'un malencontreux coup de froid, la communauté scientifique voit là l'occasion de percer les mystères de sa longévité. L'éminent Docteur David L. Rogers se penche donc sur son cas et après découpages, extractions, incisions, analyses, donne ses conclusions au public. Joice Heth n'avait pas plus de 80 ans.

