Aparté
Tu l’entends, le mal qui gronde. Il est tapi sous la rancœur du monde. Prêt à bondir sur les derniers oripeaux d’une humanité à bout de souffle. Prêt à en déchiqueter les résidus, à les enterrer sous un monceau de mensonges et de calomnies. J’ai mal au cœur. J’ai mal à l’âme. Tout ce qu’on perd à reculer devant chaque assaut d’ignominie. Il y a des choses qu’on ne supportait pas et qu’on supporte, d’autres qu’on supportait et qu’on ne supporte plus. La régression et le progrès. La réaction qui gagne du terrain. Comment en sommes-nous venus à tant d’aveuglement ? Alors que la raison commandait la vigilance. Alors que la raison commande la vigilance. Elle est débordée par la bêtise et la haine, la stigmatisation et l’anathème. Je me demande comment vivre entre le marteau et l’enclume. Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous. Si tu n’es pas avec nous, tu es avec eux. Et l’on te traînera dans la boue avec tes pensées humanistes, où tu tiens l’Homme pour plus important qu’une idée.
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