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Journal, extrait du jour J+189, le 13/05/2019

Publié le par Pilgrim.

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Je me suis à nouveau penché sur les travaux des collégiens, sur leurs brèves, leur ai laissé quelques commentaires. Ils ont de bonnes idées. D’aucuns ont le sens du rythme, du récit. Formellement, ils pourraient mieux faire – je pense – s’ils s’appliquaient, car c’est parfois illisible. Je note une vraie difficulté avec les conjugaisons, les temps. Des problèmes de syntaxe. Je me suis gardé de pointer ces problèmes. Ce n’est pas mon rôle. Me suis limité au fond, à la structure narrative. Je les reverrai sans doute samedi, du moins une partie d’entre eux, lors du salon littéraire que le collège organise. Mon premier salon depuis février, et le seul auquel je participerai avant plusieurs mois.
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Publié dans Journal : extraits

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Ma rencontre avec Benjamin Malaussène

Publié le par Pilgrim.

Il ne faut pas beaucoup de temps pour que je le reconnaisse. Un sentiment de proximité qui me trouble. Une connivence qui s’impose. Je le hèle. Il m’ouvre grand les bras. M’étreint contre lui. Il veut me présenter à sa famille. À ses amis. J’aimerais le suivre, n’ose pas. Je crains de déranger. Je n’ai pas ma place dans sa tribu. Il insiste. Il a le dos large, des épaules auxquelles s’accrocher, un cœur éprouvé derrière lequel s’abriter. Benjamin Malaussène est l’ami qui encaisse le monde vaste et violent et vous le rend plus supportable. J’hésite cependant à lui emboîter le pas. Je n’ai rien d’original à lui offrir. Je suis d’une banalité tellement affligeante qu’elle m’empêche de la dépasser. Il hoche la tête de tristesse, m’encourage à me lancer. Chacun est le détenteur de son propre univers. Il ne tient qu’à moi d’en franchir les limites. Il me tend un stylo et me dit : « vas-y, essaie ! ».

Publié dans Mes rencontres avec...

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Journal, extrait du jour J+186, le 10/05/2019

Publié le par Pilgrim.

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J’ai relu les pages précédentes. Ça se lit. Même si je me répète. Il ne pouvait guère en être autrement. L’exercice en lui-même pousse à la répétition. Puisqu’il est le récit d’une attente qui n’en finit pas. L’intérêt se maintient à peu près. Il faudra toutefois que je sucre, au moins en partie – si je décide de proposer ce journal à la publication – les considérations sociales ou politiques qui n’apportent pas grand chose à mon propos et qui ne sont guère passionnantes. Dans ces moments-là, je deviens ennuyeux, j’accumule les poncifs. Bref… Il est utile toutefois d’avoir quelques références à l’actualité, à des événements particuliers. Des repères. Le bien commun. La même histoire. Une façon d’établir un lien, une connivence, avec l’hypothétique lecteur. Évoquer des sujets qui concernent tout le monde à condition de ne pas s’appesantir.
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Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+185, le 09/05/2019

Publié le par Pilgrim.

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Il y a ce journal, aussi. Ce journal, puits sans fond, que je poursuis, alimente depuis presque 200 jours sans en voir le bout. Tonneau des Danaïdes. L’attente des VR. Attente interminable. Je suis Giovanni Drogo, dans le désert des Tartares. Sauf que lui, au moins, a eu une réponse à l’heure de sa mort. J’écris ce journal et me demande comment il pourrait tourner. Qui intéresserait-il ? L’attente d’une œuvre qui n’existe pas. Qui n’existera sans doute jamais. Comme tant d’autres. Ces mots qui s’empilent n’ont pas de sens. (...). Le journal des jours d’avant l’œuvre qui ne verra jamais le jour. Je suis dans une nouvelle de Borgès. Le personnage principal. C’est peut-être ça, l’intérêt de l’entreprise. Je me suis inventé un univers absurde. J’en suis l’instigateur, la victime et l’observateur. Piégé dans une aporie. À moins que je m’en extrais, que j’abandonne. Il est peut-être encore temps. Sauf que je n’en ai pas envie. Quitter l’aventure au moment où ça devient troublant ? Un vertige que je touche du doigt. Il y a quelque chose à tirer de ça. Laisser le piège se refermer. Continuer à attendre ce qui n’arrivera jamais. Ce que je fais depuis le début, depuis que j’ai commencé à écrire mais que là, je mets en scène, que par ses lignes je rends tangible. L’absurdité révélée. Le nonsense, diraient les Britanniques. Une farce.
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Publié dans Journal : extraits

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Mulholland Drive ou la clé des songes

Publié le par Pilgrim.

David Lynch est mort.
L'Indien te suit à la trace. Les rideaux rouges s'ouvrent. Et les sourires figés, les regards vides, sur la banquette arrière de la voiture. Tu suis des méandres. La clé bleue. Tu joues à la lisière du réel. Le vide derrière la porte. Tu traverses le miroir. La boîte bleue t'échappe. Tu sombres. Tu rêves ta vie. Un si doux mirage. 

Il y a des artistes sans lesquels tu n'existerais pas.

 

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Lutin fanfare

Publié le par Pilgrim.

Lutin fanfare ouvre son cœur polichinelle
Les larmes la chamade
Battent tambours les ailes de la coccinelle

Lutin farandole trompette virevolte 
Un tour et débandade
Trois notes à la venvole, un vent de révolte.

 

Publié dans Bribes

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Renouveau

Publié le par Pilgrim.

Narcisses et violettes - Jean-François Millet - 1867 - Hambourg, Kunsthalle

"J'attends, en m'abîmant que mon ennui s'élève…
- Cependant l'Azur rit sur la haie et l'éveil
De tant d'oiseaux en fleur gazouillant au soleil."

Extrait de Renouveau (Poésies) - Stéphane Mallarmé

 

Publié dans Millet, Mallarmé, Galerie

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Tourbe

Publié le par Pilgrim.

Le temps où l'espace diffus enlise
Trouble
L'espace où le temps diffus enlise

Je perds racines et cime.
Tourbe.

 

Publié dans Bribes

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Journal, extrait du jour J+183, le 07/05/2019

Publié le par Pilgrim.

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Je tourne en rond. Sans parvenir à me focaliser sur un projet, un travail, un texte. Il faudrait que j’écrive de l’inédit pour me recentrer mais, avec toute la masse de mots que j’ai sous le coude, je me demande s’il est bien raisonnable d’en rajouter. En évacuer avant d’en rajouter.
Je voudrais me lancer dans un nouveau projet au long cours, un roman dont je ne tiens encore aucun bout. En dehors de quelques mots, peut-être, desquels tirer un fil. Je nage. Je patine. L’absence de réponse des éditeurs commence à me peser, me plomber. Je ne parviens à m’en abstraire.
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Journal, extrait du jour J+183, le 07/05/2019

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+178, le 02/05/2019

Publié le par Pilgrim.

(...)
J’ai lu, sur facebook, le commentaire d’un éditeur qui m’a fait sourire. Il a avoué qu’il ne lisait pas tout ce qu’il recevait, parce qu’il ne le pouvait matériellement pas, qu’il évacuait d’office les manuscrits si la lettre d’introduction ne lui plaisait pas ou si, par exemple, il trouvait une faute d’orthographe dans les dix premières lignes du texte. Soit. Dans son élan confessionnel, il a fini par admettre qu’il ne publiait pas les textes qu’il recevait par la poste ou par mail, qu’il ne publiait que des auteurs introduits, conseillés, et qu’il avait bien raison parce que leurs bouquins étaient meilleurs. Hum… Outre le fait qu’on peut se demander, dans ces conditions, pourquoi il attend qu’on lui envoie des textes, cet aveu est assez symptomatique du monde de l’édition d’aujourd’hui. Je crois sincèrement que de plus en plus d’éditeurs (je parle des vrais, de ceux qui ne demandent aucun argent à leur auteur) sont incapables de reconnaître, seuls, un bon texte, de s’en faire leur propre opinion et de décider par eux-mêmes de sa publication. Ils ont besoin de tiers. Ils s’en remettent à d’autres (des auteurs, des gens du milieu, qui sont sensés détenir le savoir et le bon goût). Ils ont besoin qu’on leur apporte un texte sur un plateau. Et leur perception se déformera pour s’adapter à l’opinion qu’on attend d’eux. Il suffit qu’on (une personne du sérail, qui jouit d’une certaine réputation même si celle-ci est surfaite) leur dise qu’untel est à suivre pour qu’ils le prennent en considération, que tel auteur est intéressant pour qu’ils le trouvent intéressant… et en toute sincérité… alors que, sans aucun doute, ils auraient écarté d’un simple revers de main la proposition dudit auteur si celle-ci leur était parvenue par la poste ou par mail, qu’ils l’auraient même jugée médiocre, pas à la hauteur de tous ces autres textes que leurs relations leur soumettent.
Le monde de l’édition n’est qu’un jeu de réseaux. Je le sais, je ne parviens à m’y faire.
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Journal, extrait du jour J+178, le 02/05/2019

 

Publié dans Journal : extraits

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