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Journal, extrait du jour J+59, 03/01/2019

Publié le par Pilgrim.

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Une collégienne, pour un devoir, est venue m’interroger sur le métier d’auteur. Drôle de métier que celui-ci qui n’en est pas un. J’ai fait ce que j’ai pu. Lui ai conseillé d’avoir une autre profession, à côté, une qui lui permette de consacrer du temps à l’écriture. J’espère que je ne l’ai pas dégoûtée. Mon exemple n’est pas très reluisant, n’a rien pour donner envie.
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Journal, extrait du jour J+59, 03/01/2019

Publié dans Journal : extraits

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Un frisson d'eau douce

Publié le par Pilgrim.

Au vent coureur
Le temps couvert
Les nuages serrent les rangs

Avant-goût
Goutte éclair
Les oiseaux volent bas

Un frisson d'eau douce.

Un frisson d'eau douce

 

Publié dans Bribes

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Journal, extrait du jour J+58, 02/01/2019

Publié le par Pilgrim.

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Un refus de mon recueil, reçu aujourd’hui. Sous prétexte que la rentabilité financière des recueils de nouvelles n’est pas assurée. Certes… À ce compte-là, autant ne rien publier. Je ne vois pas ce qui pourrait assurer la rentabilité financière d’un livre. Ou si… je ne vois que trop.
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Journal, extrait du jour J+58, 02/01/2019

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+55, 30/12/2018

Publié le par Pilgrim.

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Retour à la maison après quelques jours à Paris. Quelques jours sans la moindre ligne écrite.
Fin d’année en demi-teinte. Des attentes pour la suivante.
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Journal, extrait du jour J+55, 30/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Avant le crépuscule, aux éditions Jacques Flament

Publié le par Pilgrim.

Avant le crépuscule, aux éditions Jacques Flament

Extrait d'un message adressé à M. Bruimaud, auteur d'Avant le crépuscule, publié aux éditions Jacques Flament :

« ... j'ai lu Avant le crépuscule et, comme promis, je vous en touche quelques mots. Je le fais d'autant plus facilement que je l'ai beaucoup apprécié. Votre travail, votre insistance à creuser votre sillon, à cerner votre sujet, forcent l'estime. L'on pourrait croire le tour de la question fait et refait, la trame usée jusqu'à la corde ; or tels ces peintres qui reviennent toujours sur le même motif ou thème, mais en changeant d'angles, en décadrant ou en focalisant sur un aspect donné, ou en s'imposant une contrainte esthétique ou formelle (ici un dialogue sans didascalie), vous n'épuisez pas le sujet, au contraire le renouvelez. L'on pourrait redouter aussi que vous sombriez, à force, dans cette complaisance (plaintive et/ou autojustificative) qui ruine tant d'autofictions et qui fait bâiller d'ennui ; vous évitez l'écueil avec élégance, et par une autodérision bienvenue et non truquée, celle où l'acuité du trait ne vous épargne pas (à la différence de ceux qui brandissent l'autodérision en étendard mais pour mieux se mettre en avant : « voyez comme je suis lucide et intelligent ; voyez (et admirez !) comme je sais rire de moi ! »). Car vous ne craignez pas (n'en avez certainement rien à faire) l'image que votre œuvre pourrait renvoyer de vous et c'est tant mieux pour le lecteur. 
Il y a déjà un moment que j'ai lu La vie coule ainsi que certains textes que vous avez écrits pour des revues ou des collectifs (Métèque, Le cafard hérétique, chez JFE... il me semble, entre autres) (je mets à part Makolet qui est le premier ouvrage de vous que j'ai découvert) et c'est avec plaisir et un évident sentiment de familiarité que j'ai retrouvé vos protagonistes (et peu m'a importé de démêler le vrai du faux, la réalité de la fiction ; cela n'étant pas un problème de lecteur mais d'un voyeur), et particulièrement votre double, parfois irritant du fait de son égocentrisme (il faut l'admettre) mais terriblement attachant. Vous évoquez plusieurs fois Doinel, lui aussi alter ego de son créateur, et le parallèle avec lui, effectivement, tombe sous le sens (d'autant qu'il y a voisinage entre votre œuvre et la série truffaldienne). Il y a dans votre personnage cette inconscience, cette candeur destructrice (et enfantine), cette intransigeance mâtinée de mauvaise foi également, de Doinel qui n'imagine pas (et s'en étonne quand l'évidence lui saute aux yeux) blesser les autres (les femmes, surtout) en cherchant son bien, son intérêt ou son plaisir à lui, et malgré lesquels il est impossible de lui en vouloir. Et puis, enfin, il faut mentionner le plaisir de lecture qui coule comme la vie et que vos abondantes références culturelles rendent très attrayante... »

L'on peut se procurer Avant le crépuscule de Marc Bruimaud en librairie ou plus directement, sur le site de l'éditeur Jacques Flament, où l'on trouvera aussi d'autres livres de l'auteur, dont Ma racontouze, qui vient d'être publié.

 

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Extrait du jour J+48, 23/12/2018

Publié le par Pilgrim.

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Rien de supplémentaire à dire. Il ne faut pas compter sur cette période pour avancer un peu. Il n’y a qu’à espérer que cet arrêt des hostilités littéraires soit bénéfique et me permette de repartir avec un nouvel allant. Je prends mon carnet de notes avec moi. On ne sait jamais.
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Extrait du jour J+48, 23/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+46, 21/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
Je n’avance pas d’un pouce, en ce moment. Je stagne, je merdoie, je perds mon temps. Une phase transitoire, qui me pèse. Il est vrai que la période des fêtes n’est jamais propice, chez moi, à l’écriture.
(...) Les refus en série : j'ai beau y être habitué, je crains de toucher le fond. Il faudrait que je me trouve un nouveau projet au long cours, que je me forge un nouvel objectif littéraire pour m’aider à surmonter les échecs qui se préparent. Il n’y a que si j’ai la tête ailleurs et les yeux tournés vers une nouvelle œuvre que je tiendrai le choc. Je dois me détourner de ces petits textes qui font mon quotidien en ce moment et me consacrer à matière plus consistante.
Ce soir, début des vacances de Noël. Aucune chance que je m’attelle au grand œuvre pendant cette période. Il faudrait qu’au moins je me fasse éponge et réceptacle d’idées et de sensations. Je ne suis pas certain d’être dans les dispositions d’esprit correspondantes.
(...)

Journal, extrait du jour J+46, 21/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Genèse

Publié le par Pilgrim.

D'abord, il n'y a rien. Du rien surgit un mot, puis deux, puis trois. Le fil se déroule. Je tire dessus. Les mots tombent, se bousculent, dilatent cet espace qui grandit à mesure qu'ils s'accumulent. Le verbe se fait chair. La phrase de la Genèse ne prend jamais aussi bien tout son sens, que là, à ce moment où le texte se constitue, où un monde se crée lettre après lettre. 
C'est un mystère qui ne cesse de m'étonner et qui me plonge à chaque fois dans un état d'exaltation. Il suffit de peu de mots, de quelques uns qui en entraînent d'autres, pour qu'une histoire, qu'un univers apparaisse, un qui n'existait pas quelques heures auparavant, dont je n'avais pas conscience, dont je ne savais pas que je le recelais en moi et qui jaillit sans raison, qui se fonde sans que je l'aie prémédité. Certes il faudra tout revoir, retravailler, polir, mais cette étape-là, la plus longue, je la maîtrise, elle relève d'un labeur raisonné, planifié ; la matière est là. Et je me plais à imaginer que cet hypothétique Dieu de la Genèse n'a pas fait autrement, qu'il a créé le monde sans arrière-pensée, l'a construit au fur et à mesure et pris comme il venait au fil de sa plume, selon son humeur, au gré de ses impératifs narratifs, reflet de son esprit malade et tortueux, de son inconscient trouble ; sauf que le vieux barbu, le poil dans la main, après ses biffures de Babel et du déluge s'est vite résigné et dispensé de revenir dessus et de le corriger.
C'est un mystère et à chaque fois un miracle. Un miracle dont je ne sais jamais s'il va se reproduire. Je crains toujours que la source soit tarie. Je me sens vide, redoute ce moment où il faudra que je me lance. Ce qu'on appelle l'angoisse de la page blanche. Le repousse de peur d'y être confronté. Je n'ai plus rien à dire, j'ai raconté ce que je devais ; je suis persuadé que le souffle s'est éteint. Je m'exhorte néanmoins, me force à m'y mettre. Je m'installe à ma table. Un mot. Puis deux. Et à nouveau, je suis Dieu.

Par Michel-Ange Buronarroti — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=280349

 

Publié dans Vous avez dit auteur ?

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Journal, extrait du jour J+44, 19/12/2018

Publié le par Pilgrim.

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Mon éditeur a décidé de jeter l’éponge. Ce n’est pas la première fois qu’il parle d’arrêter mais, cette fois, je pense qu’il franchira le pas. Jacques affronte plusieurs cancers, un combat qu’il mène avec panache et courage. L’édition devient, dans ces conditions, un poids dont il aspire à se délester, d’autant qu’elle ne lui offre guère de satisfactions. Hormis celle du bâtisseur, du découvreur. Il a mené un travail de dingue, sans que celui-ci soit véritablement reconnu dans le milieu. C’est désespérant. Je comprends qu’il veuille tourner la page et se consacrer à lui et à des projets plus personnels.
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Journal, extrait du jour J+44, 19/12/2018

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Journal, extrait du jour J+43, 18/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
Je suis au creux de la vague. Aucune publication en vue. Pas de nouveau texte en préparation. Je me sens vide. Je manque de perspective. Je ne suis pas certain de remonter la pente. Pas sûr de jamais atteindre la crête d’une quelconque vague, d’ailleurs. Les vagues, je ne parviens pas à les surfer, je me les prends plutôt dans la tête. Pourtant, il m’est souvent arrivé dans mes thématiques d’être un peu en avance sur mon temps. Que ce soit sur les clandestins, me too, la misère sociale, l’intégrisme religieux ! J’ai écrit des textes avant que tous ces sujets fassent la une de l’actu. Je les ai proposés ; ils ont fini dans mes tiroirs. Les vagues sont passées. Sans moi. Je sais, du moins je savais parce qu’aujourd’hui je n’en suis plus certain, capter l’air du temps et saisir les mouvements souterrains de notre société. Une avance qui, les mois fuyant au fil des refus éditoriaux, se réduit puis s’annule.
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Journal, extrait du jour J+43, 18/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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