À l'occasion de l'inauguration de ses cabanes à livres et de sa petite bibliothèque DELIVREz-vous, la ville d'Étupes organise un salon littéraire le 18 mai 2024, de 14h à 18h, à l'espace Jean Ferrat, 2 Place du 14 Juillet.
Je me réjouis de me joindre aux auteurs présents et de présenter mes livres aux lecteurs de passage. Venez nombreux !
Il s’assit sur le banc en pierres, adossé à la façade, contempla l’immense plateau qui se déployait devant lui. Des champs à perte de vue, parsemés de bosquets opulents, rayés de haies touffues et traversés de chemins le plus souvent boueux. Une étendue d’herbes bien grasses et trop vertes pour la saison. Ce vert qui l’empêchait de s’y croire, qui s’opposait à son désir de steppe.
Les protagonistes : Max et ses vaches
Mélancolie des champs.
Titre auquel vous avez échappé : Ailleurs l'herbe est moins verte
Rêve mongol, une nouvelle à découvrir dans le recueil Un si doux mirage, paru aux éditions Zonaires.
Nota : une version antérieure de cette nouvelle a été publiée en octobre 2015, au sein du n°4 de la revue Bloganozart
La médiathèque de Montbéliard m'a invité le samedi 4 mai 2024, à partir de 10h30, à rencontrer les lecteurs et habitués des lieux, à l'occasion d'un de ses apéritifs littéraires. En compagnie de Céline Stévenot et de son équipe de la médiathèque, j'y présenterai mon recueil de nouvelles Un si doux mirage, paru chez Zonaires.
Lectures et discussions autour de l'ouvrage à prolonger par des échanges autour d'un verre et d'un buffet. Un chouette moment de convivialité auquel tout le monde est convié !
(...) Heureusement, le texte sur lequel je suis prend tournure. Je ne me presse pas. Ça se construit petit à petit. Ça se développe doucement. Il n’y a pas d’urgence. J’ignore ce que ça va donner, quelle ampleur ça va prendre. Ce sera a priori une novella mais il y a du potentiel pour un développement. C’est le moment que je préfère. Le plus exaltant. Le plus gratifiant. Et le plus inquiétant. L’incertitude va avec. On ne sait pas si ça va aboutir, si on va mener ça à son terme. Et au fur et à mesure qu’on avance, le champ des possibles se rétrécit. L’angoisse de faire les bons choix, de saisir les bonnes options. (...)
(...) Ma nouvelle La mort du dauphin François n’a finalement pas été retenue pour postuler au prix du livre audio. Une autre nouvelle des éditions 15K est en finale. Je ne suis même pas déçu. Je prévoyais le coup.
J’ai amorcé l’écriture d’un texte, qui devrait être un peu plus long. Une novella ou la première partie d’un roman à venir. Ça se construit, ça prend forme, je vois à peu près où je vais. C’est la seule chose qui puisse me sortir du trou, écrire. (...)
Presque tous les jours, à la même heure, je viens. J’attends au tournant les voitures qui vont trop vite, jette des confettis à leur passage. La plupart ne s’en rendent pas compte. Les morceaux de papier tourbillonnent autour des carlingues, volent dans leur sillage et se posent doucement sur le bitume avant d’être entraînés par le souffle de la suivante.
Les protagonistes : le narrateur, les chauffards et les oiseaux
Innocent et Saint François.
Titre auquel vous avez échappé : Le bonheur est dans le pré
Confettis, une nouvelle à lire dans le recueil Un si doux mirage, paru chez Zonaires.
L’arbitre a sifflé la mi-temps. Je remonte les gradins avec mon fils, puis descends les escaliers jusqu’au pied du stade. En quête d’un morceau de malbouffe, parce que ça fait partie du plaisir. Je repère un stand comme il faut, me hâte vers, avant qu’il y ait trop de monde devant. Le fiston opte pour un kebab. Vu la tête du kebab, je me contente d’un simple cornet de frites.
— Un kebab et deux frites, s’il vous plaît.
— Avec ça ?
Je me tourne vers mon compagnon de virée.
— Tu veux boire quelque chose ?
Tant qu’on y est, on ne va pas se priver. Il m’indique son choix. Je le répercute.
— Un Orangina et une pression.
L’employé s’exécute. Ramasse à la pelle la garniture qu’il verse dans le pain. Il s’affaire ; je l’observe. Le gars me rappelle quelqu’un. Son visage ne m’est pas inconnu. Tandis qu’il puise dans son bac à frites la quantité requise pour le remplissage des cornets, je sonde ma mémoire. Quand ai-je parlé à ce type ? Je lui souris. Peut-être m’a-t-il reconnu, lui ? Je donne le change ; je ne veux pas le laisser croire que je ne l’ai pas remis.
— Ça va ? Vous avez du monde, là ! apprécié-je, en désignant le public qui se presse dans les allées.
— Mgrgmmphoui…
Il n’est pas dupe. Il voit bien que j’ignore à qui je m’adresse. Il me tend ma commande. Gêné, je la lui règle.
— Merci ! Bon courage.
On s’en va. Je me retourne, hésitant. Il croise mon regard. Un rictus raidit sa bouche. Je l’ai vexé.
Nous remontons à nos places. Je réfléchis encore au bonhomme, recense ses identités possibles, les circonstances qui nous auraient amenés à nous rencontrer. Mon fils engloutit son kebab.
— C’est bon ?
— Mmouais, ça va.
— Je peux goûter.
De mauvaise grâce, il me tend son dîner. Je mords dedans.
— Mmouais, bof.
La mixture est assez infecte. Heureusement, le fiston n’a pas l’air de s’en formaliser ! Je le lui laisse, me contente de mes frites et de ma bière. Le match reprend. Pris par l’enjeu, notre équipe en mauvaise posture, j’oublie le marchand.
La soirée se solde par une défaite. Nous quittons le stade. En partant, je jette un œil vers le stand. Il n’y est plus. Le gars a déjà fermé boutique. Mon fils a suivi mon regard. Il me dit :
— Tu trouves pas que le vendeur ressemblait à Xavier Dupont de Ligonnès.
Dupont de Ligonnès ! ! ! Je songe au kebab, aux frites.
— Ça va ? Tu digères ?
À petits pas et petites touches, parfois, les univers s'élaborent. Un grain de sable et, souvent, ils s'effondrent. Il suffit d'un rien pour faire basculer un monde et dévier les cours des existences. Un caillou dans la chaussure, un regard de biais. Le surgissement de l'impensé au moment où on le redoute alors qu'il aurait été le bienvenu, avant. Avant qu'il soit destructeur, au moment où il aurait été générateur. Les destins ne se croisent plus ; ils se chercheront ailleurs dans des déserts incertains.
Ils s’agitent devant ta bagnole en flamme. Lèvent les bras au ciel, tournent autour. Tu as l’impression qu’ils dansent. Une danse de la joie. Ils t’évoquent des Indiens. Tu as cette image, d’Indiens encerclant un feu, la nuit. Ils lancent des hou hou, tapent le sol des pieds, brassent l’air avec d’amples mouvements. Tu as cette image.
Les protagonistes : le narrateur et les Indiens
Au feu : la voiture
Titre auquel vous avez échappé : Bah maintenant, elle va marcher beaucoup moins bien, forcément.
Nuit Cheyenne, une nouvelle à lire dans le recueil Un si doux mirage, publié par les éditionsZonaires.
Nota : une version antérieure de Nuit Cheyenne est parue dans le n°38 de la revue Dissonances (mai 2020)