Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Parfait amour, chez Zonaires Editions

Publié le par Pilgrim.

CParfait amour, chez Zonaires Editionsarver en exergue de ce recueil de nouvelles, c'est l'évidence. Ici aussi, les gens sont cabossés, perdus ou invisibles. Ici aussi, l'incommunicabilité mine les relations humaines. Des personnages seuls, sur le fil, en recherche d'eux-mêmes, en quête de sens, qui se cognent contre les murs, se cognent contre les autres (et leur insondable et ontologique étrangéité).
Fabienne Rivayran se penche sur nous, sur notre voisin, sur ceux qu'on ne voit pas et pose un regard aigu sur notre condition. Un regard lucide, sans concession mais qui n'a rien d'accablant, car l'auteure se garde bien de s'immiscer. Elle accompagne, elle se met à la place de. Et c'est sans doute là que réside la principale réussite de ce recueil, dans la faculté qu'a la nouvelliste de se mettre dans la tête de ses protagonistes, de suivre les linéaments de leurs pensées en se posant sur tel élément du décor, en s'attardant sur un menu ou sur la couleur d'une robe, en revenant aux préoccupations des personnages. La nouvelle "Deux jours sans rien faire" est à cet égard un modèle de maîtrise car il en faut de la maîtrise pour rendre l'état de conscience d'un personnage, sinuer dans les méandres de ses pensées, passer d'une observation simple à un souvenir, à une angoisse, sans qu'aucun artifice ni aucune ficelle n'apparaisse. C'est fluide, c'est cohérent et on touche à l'essentiel alors que rien n'est explicitement dit ni démontré.

Parfait amour est un recueil de nouvelles de Fabienne Rivayran (Fabienne Botto), paru chez Zonaires Editions, à se procurer ici.

Partager cet article
Repost0

Flâner ou presque

Publié le par Pilgrim.

— Je sors un peu ! Tu viens avec moi ?Flânerie
Le fiston lève la tête de son écran, me regarde. Ricane. J'ai l'impression d'avoir proféré une ânerie. 
— Bah non, répond-il comme si cela allait de soi.
— Si, viens ! Tu prendras l'air, comme ça.
— Non, j'ai pas envie.
— Ça te fera du bien.
— Non, j'ai dit. J'ai pas que ça à faire.
Bon. Inutile d'insister. Je le laisse à ses occupations et m'en vais toquer à la porte de ma fille aînée. J'entre. Disparaît instantanément la fenêtre qui éclairait son écran d'ordinateur.
— Qu'est-ce que tu regardais ?
— Rien.
Elle tape des doigts sur son bureau, clopidop, clopidop, façon de me déclarer que la sortie est juste derrière moi, que je peux dégager quand je veux.
— Je vais marcher. Tu m'accompagnes.
— Pourquoi ?
— Ben, pour se promener. Pour prendre un peu l'air.
Elle soupire. Lève les yeux au ciel. Comme si elle avait que ça à faire : glander.
— Bah non, il faut que je bosse. 
— Ah, tu bosses ?
— J'ai mon DM de math à faire. Tu me l'as toi-même rappelé.
Bon. Si je le lui ai moi-même rappelé... Je la laisse et tente ma chance auprès de la petite. Je la rejoins dans sa chambre. Elle m'accueille aussitôt.
— NAN.
Bon. Je me la jouerai promeneur solitaire, donc.

J'enfile mon manteau, quand je vois débouler ma grande.
— Papa, si tu sors, tu peux passer à la pharmacie me prendre ma crème ?
Mon fils, soudain sur ressort, la relaie illico.
— Il faudrait me racheter des cartouches d'encre. J'en ai plus.
— C'est que... je comptais me promener... pas faire les courses.
— Ben, ça t'empêche pas de te promener.
Je les considère. Ils me sourient.
— Oui, et autant en profiter puisque t'as rien à faire.

Publié dans Père au foyer

Partager cet article
Repost0

Le programme avec Michel Poiccard

Publié le par Pilgrim.

Le programme avec Michel Poiccard facétieux     insolent         jubilatoire
                                      énergique
                 ému     
     énervé         créatif                

triste
                            fraternel
  gentil                            ébloui                             joyeux               optimiste
 bienveillant      iconoclaste       vivant        généreux                      curieux
        impitoyable                         drôle
   désinvolte              enthousiaste
             révolté
                                  à bout de souffle

 

 

Partager cet article
Repost0

Bientôt...

Publié le par Pilgrim.

... PAF, les chros !

Bientôt...

 

Chez Jacques Flament Editions, fin janvier 2017.

Partager cet article
Repost0

"En trompette", sur nouvellescourtes.org

Publié le par Pilgrim.

  "En trompette", sur nouvellescourtes.org

Mon petit texte "En trompette" a reçu le septième prix du cinquième concours de nouvelles courtes organisé par l'association Ceraf-Culture. J'en suis évidemment heureux.
La nouvelle est en accès libre sur le site. Pour la lire, c'est juste là : En trompette. En guise de friandise !

Publié dans nouvellescourtes.org

Partager cet article
Repost0

Sans transition

Publié le par Pilgrim.

Des notes notes notes tombent drues sur le parterre constellé de têtes 
Soudain s'arrêtent
Clapotis turbulences dans les travées
Le silence sursaute les premiers battements l'entravent
Clap clap clap
Une déferlante tendue par les corps en pointe

Des fauteuils claquent
L'appel du parking

Sans transition

Publié dans Bribes

Partager cet article
Repost0

Petit arrêt au retable (d'Issenheim)

Publié le par Pilgrim.

Petit arrêt au retable

 

Rien que pour le plaisir ! Le plaisir d'évoquer ce chef d'oeuvre de l'art rhénan, le fameux polyptyque de Grünewald, exposé au musée Unterlinden, de Colmar.

Puissance créatrice, expressionnisme échevelé, art consommé de la miniature et maîtrise de la composition. Dans le cadre strict de l'exercice sacramentel, l'artiste laisse libre cours à son imagination débridée. Le détail joint de la Tentation de Saint-Antoine en témoigne, dont l'inspiration ardente et le caractère fantastique ne sont pas sans rappeler les œuvres de Jérôme Bosch. Grünewald partage avec le peintre flamand (son contemporain) un sens narratif foisonnant, une densité dramatique, qui confèrent à leur oeuvre, une modernité indéniable.

Partager cet article
Repost0

Le prince des charlatans

Publié le par Pilgrim.

Le prince des charlatans"There is a sucker born every minute."* Elle est de Phineas Taylor, cette sentence apocryphe. Bateleur incomparable, mystificateur authentique, Barnum fait feu de tout bois et multiplie les succès, les billets de banque et les déclarations à l'emporte-pièce. Des vérités aussi bien senties que le vent qui tourne, assénées et démenties avec le même aplomb. La mauvaise foi, poussée à son plus haut degré. Plus qu'un sacerdoce : un art de vivre ! Et un modèle pour des générations d'enfumeurs. Donald T n'est pas né de sa cuisse pour rien.

*Chaque minute voit naître un nouveau naïf.

Publié dans Barnum

Partager cet article
Repost0

Un p'tit coup de Procope

Publié le par Pilgrim.

— En fait, papa, t'es un peu mon Procope.Un p'tit coup de Procope
— Ton quoi ?
Je m'étouffe. Je ne suis pas certain d'avoir bien entendu.
— Mon Procope, répète-t-il.
Je le considère. Je ne vois pas où il veut en venir. Je connais l'établissement Le Procope, à Paris, pour avoir assidûment fréquenté le quartier latin un certain nombre d'années dans ma jeunesse mais je peine à saisir le lien qu'il y a avec nous. J'interprète néanmoins.
— Tu veux dire que je suis ton taulier ?
Face à son œil perplexe, je précise.
— Que je tiens la maison ? ...
Il me regarde, un peu désolé, se demande ce que je lui raconte.
— Non, je dis que t'es un peu comme Procope.
— ...
Vu que je suis lent d'esprit, il met les points sur les i.
— Oui, comme Procope de Césarée !
— Procope de Césarée ?!!... 
Je cherche, passe en revue mes cases mémorielles. Rien n'en sort. Il est affligé.
— Tu es pour moi, ce que Procope de Césarée était à Justinien.
— Justinien...
— Oui, poursuit-il consterné par mon ignorance, Justinien, l'empereur d'Orient au sixième siècle. Procope était son historien. Il a raconté ses guerres, les guerres menées par son général Bélisaire... 
Je digère l'information. Je dois avouer qu'il m'en bouche un coin. Et reformule sa pensée.
— Et moi, alors, je suis ton Procope ?
— Ben oui... Tu racontes mes histoires, aussi...
Je suis son Procope de Césarée et lui est mon Justinien. Je n'en reviens pas. Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle et je dois admettre que son éclairage me rend tout hilare. J'applaudis, admiratif. C'est qu'il a des lettres, le fiston ! Il paraît tout content de sa trouvaille, fier de son coup. Je m'incline face à tant de discernement.
— Ouais, c'est vrai ça, je suis un peu ton Procope !
Son Procope ! Mais plutôt le Procope de l'Histoire secrète, alors... la version non autorisée...

Je le contemple, encore médusé par sa sortie. Faut que je prenne garde ; des fois que le gamin se mette à lire La princesse de Clèves... De nos jours, ça pourrait lui nuire.

Partager cet article
Repost0

Âme BATée

Publié le par Pilgrim.

Âme BATée

 BAT

Ce moment où l'on valide le BAT*, où l'on signe le contrat. Le soulagement est là ; l'exultation, aussi. Et l'appréhension. Et le sentiment d'abandon. On coupe le lien, tranche dans le vif. On se dessaisit, s'aliène le texte.
Dès lors, on s'en gardera autant que possible. On n'ouvrira l'ouvrage qu'à contrecœur avec la sourde angoisse d'y trouver des défauts, des passages à amender. C'est une épreuve d'être confronté à un texte "achevé", pour lequel on ne peut plus rien, et de se heurter à un mot, une tournure, une phrase dont on se dit qu'on les changerait bien, qu'il y aurait mieux à écrire... On en a des suées. L'on préfère donc le tenir à l'écart ; l'on n'y reviendra que si on y est obligé, pour une présentation, une lecture, un échange avec des lecteurs. Il faudra du temps... du temps pour l'accepter tel qu'il est, le lire pour ce qu'il est, comme on le fait d'un autre livre, sans que s'impose l'idée d'en modifier le contenu, l'idée qu'il s'en trouverait mieux... bref, pour l'/s'affranchir.

*BAT : Bon À Tirer (dernière version de l'ouvrage, prête à l'impression).

Publié dans Vous avez dit auteur ?

Partager cet article
Repost0