"En trompette", sur nouvellescourtes.org
Mon petit texte "En trompette" a reçu le septième prix du cinquième concours de nouvelles courtes organisé par l'association Ceraf-Culture. J'en suis évidemment heureux.
La nouvelle est en accès libre sur le site. Pour la lire, c'est juste là : En trompette. En guise de friandise !
Sans transition
Des notes notes notes tombent drues sur le parterre constellé de têtes
Soudain s'arrêtent
Clapotis turbulences dans les travées
Le silence sursaute les premiers battements l'entravent
Clap clap clap
Une déferlante tendue par les corps en pointe
Des fauteuils claquent
L'appel du parking

Petit arrêt au retable (d'Issenheim)

Rien que pour le plaisir ! Le plaisir d'évoquer ce chef d'oeuvre de l'art rhénan, le fameux polyptyque de Grünewald, exposé au musée Unterlinden, de Colmar.
Puissance créatrice, expressionnisme échevelé, art consommé de la miniature et maîtrise de la composition. Dans le cadre strict de l'exercice sacramentel, l'artiste laisse libre cours à son imagination débridée. Le détail joint de la Tentation de Saint-Antoine en témoigne, dont l'inspiration ardente et le caractère fantastique ne sont pas sans rappeler les œuvres de Jérôme Bosch. Grünewald partage avec le peintre flamand (son contemporain) un sens narratif foisonnant, une densité dramatique, qui confèrent à leur oeuvre, une modernité indéniable.
Le prince des charlatans
"There is a sucker born every minute."* Elle est de Phineas Taylor, cette sentence apocryphe. Bateleur incomparable, mystificateur authentique, Barnum fait feu de tout bois et multiplie les succès, les billets de banque et les déclarations à l'emporte-pièce. Des vérités aussi bien senties que le vent qui tourne, assénées et démenties avec le même aplomb. La mauvaise foi, poussée à son plus haut degré. Plus qu'un sacerdoce : un art de vivre ! Et un modèle pour des générations d'enfumeurs. Donald T n'est pas né de sa cuisse pour rien.
*Chaque minute voit naître un nouveau naïf.
Un p'tit coup de Procope
— En fait, papa, t'es un peu mon Procope.
— Ton quoi ?
Je m'étouffe. Je ne suis pas certain d'avoir bien entendu.
— Mon Procope, répète-t-il.
Je le considère. Je ne vois pas où il veut en venir. Je connais l'établissement Le Procope, à Paris, pour avoir assidûment fréquenté le quartier latin un certain nombre d'années dans ma jeunesse mais je peine à saisir le lien qu'il y a avec nous. J'interprète néanmoins.
— Tu veux dire que je suis ton taulier ?
Face à son œil perplexe, je précise.
— Que je tiens la maison ? ...
Il me regarde, un peu désolé, se demande ce que je lui raconte.
— Non, je dis que t'es un peu comme Procope.
— ...
Vu que je suis lent d'esprit, il met les points sur les i.
— Oui, comme Procope de Césarée !
— Procope de Césarée ?!!...
Je cherche, passe en revue mes cases mémorielles. Rien n'en sort. Il est affligé.
— Tu es pour moi, ce que Procope de Césarée était à Justinien.
— Justinien...
— Oui, poursuit-il consterné par mon ignorance, Justinien, l'empereur d'Orient au sixième siècle. Procope était son historien. Il a raconté ses guerres, les guerres menées par son général Bélisaire...
Je digère l'information. Je dois avouer qu'il m'en bouche un coin. Et reformule sa pensée.
— Et moi, alors, je suis ton Procope ?
— Ben oui... Tu racontes mes histoires, aussi...
Je suis son Procope de Césarée et lui est mon Justinien. Je n'en reviens pas. Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle et je dois admettre que son éclairage me rend tout hilare. J'applaudis, admiratif. C'est qu'il a des lettres, le fiston ! Il paraît tout content de sa trouvaille, fier de son coup. Je m'incline face à tant de discernement.
— Ouais, c'est vrai ça, je suis un peu ton Procope !
Son Procope ! Mais plutôt le Procope de l'Histoire secrète, alors... la version non autorisée...
Je le contemple, encore médusé par sa sortie. Faut que je prenne garde ; des fois que le gamin se mette à lire La princesse de Clèves... De nos jours, ça pourrait lui nuire.
Âme BATée
BAT
Ce moment où l'on valide le BAT*, où l'on signe le contrat. Le soulagement est là ; l'exultation, aussi. Et l'appréhension. Et le sentiment d'abandon. On coupe le lien, tranche dans le vif. On se dessaisit, s'aliène le texte.
Dès lors, on s'en gardera autant que possible. On n'ouvrira l'ouvrage qu'à contrecœur avec la sourde angoisse d'y trouver des défauts, des passages à amender. C'est une épreuve d'être confronté à un texte "achevé", pour lequel on ne peut plus rien, et de se heurter à un mot, une tournure, une phrase dont on se dit qu'on les changerait bien, qu'il y aurait mieux à écrire... On en a des suées. L'on préfère donc le tenir à l'écart ; l'on n'y reviendra que si on y est obligé, pour une présentation, une lecture, un échange avec des lecteurs. Il faudra du temps... du temps pour l'accepter tel qu'il est, le lire pour ce qu'il est, comme on le fait d'un autre livre, sans que s'impose l'idée d'en modifier le contenu, l'idée qu'il s'en trouverait mieux... bref, pour l'/s'affranchir.
*BAT : Bon À Tirer (dernière version de l'ouvrage, prête à l'impression).
La 7ème mort de Janka
Sur le rivage, les dernières traces de la vie d’avant s’échouaient vomies par les vagues. Parmi elles, Janka, craché dans un jaillissement d’écume, enfonça ses doigts dans le sable rouge, s’agrippa au paradis promis. Il s’extirpa douloureusement de la gangue glacée, rampa vers la petite falaise ocre dressée en rempart face à la mer. Avant de l’atteindre, épuisé, il roula sur lui-même et ouvrit ses bras au firmament. Il respira. Son souffle se mêla au vent qui l’accueillait. Il le huma, lui trouva un goût de rémission. Il avait réussi.
Janka frissonna, s’aperçut qu’il grelottait. Il renonça à l’étreinte du ciel, se souleva avec difficulté. Les jambes flageolantes, il rejoignit en titubant les premiers escarpements, les gravit malgré ses membres tétanisés, malgré la paroi qui s’effritait, la terre qui se refusait, et finit par accéder au septième cercle de barbelés. Là, deux garde-éden le prirent sous leur aile et l’escortèrent jusqu’au camp purgatoire.
"Livres en fête" à Echenans s/s Mt Vaudois (70), 3ème édition
Je serai présent, le dimanche 20 novembre 2016 après-midi, à Echenans s/s Mt Vaudois (au centre périscolaire) lors de la manifestation Livres en fête. J'aurai le plaisir d'y présenter et d'y proposer mes ouvrages, dans un cadre bien chaleureux et convivial. Le moment de penser à ses cadeaux de Noël !
Pour plus d'infos, aller ici : médiathèque d'Echenans.
Salut à toi !
Les chacals ont la kalach facile. Ils chassent. Le crachat et l'insulte à ta face. La crasse dans le cortex, la graisse dans le cœur.
N'écoute pas leurs hurlements. Sois le bienvenu !
Puisses-tu trouver, après tout ce que tu as enduré, répit et bienveillance. C'est le moins.



