Eklablog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Ivresse de la chute, aux éditions Zonaires

Publié le par Pilgrim.

Un recueil que la mort hante. Où les personnages sont comme des insectes cernés. Pris dans les filets de leur destin. Ou dans les barbelés. C'est selon. Bouffons de la fortune, dirait Roméo. Le Fatum auquel on se heurte et qui emprisonne ses proies. L'absurdité de l'existence, la vanité que c'est de se débattre contre l'inéluctable. D'où le sentiment d'enfermement qui domine, tout le long de la lecture. L'on s'échine à fixer la vie sur une photo, un tableau. L'un ira même jusqu'à inséminer son oeuvre pour la lui insuffler mais la mort est têtue et la vacuité du geste inexorable. C'est toujours une image de la mort qu'on obtient et finalement des gisants qu'on fixe sur pellicule. Ces trois photos seront aussi mystérieuses que la centaine d'autres qui dorment dans le sac de toile. Tous ces sourires sans nom qui peuplent la surface argentique finiront par disparaître aussi bien que les corps qui y ont laissé leur trace. Ce n'est qu'une question de temps (extrait de Faussaire). Et l'on aura beau tenter de les faire revivre ces morts, comme Elisa par le prisme de ses jumelles, c'est peine perdue. Seuls les mots pourront quelque chose et donner le change... Sauver une trace, la  mémoire, un souvenir. Ainsi dans la dernière nouvelle du recueil où l'homme, zombi tant qu'il vivait, trouve à s'incarner et s'anime (au sens premier du terme) à travers son dernier message. Seuls les mots et peut-être aussi les grands-mères, personnages récurrents, un peu sorcières un peu fées, qui offrent un ancrage dans la vie et la possibilité d'une île.
Tout le recueil est irrigué par ce sens du tragique et c'est ce qui en fait, selon moi, la réussite et la profondeur. Profond et émouvant, comme ce magnifique texte Temps de chien, sans doute mon préféré, qui fait écho à un autre, souvenir d'enfance, où était déjà annoncée la mort du père, mort dont l'ombre plane sur les protagonistes décidément humains, trop humains. 

Le recueil de nouvelles, Ivresse de la chute, de Joël Hamm est disponible sur le site des éditions Zonaires.

Publié dans Joël Hamm, Zonaires, Bouquins

Partager cet article
Repost0

p 437 : le retour de Duduche

Publié le par Pilgrim.

hallelujah Duduche est revenu il est de retour entier et en pleine forme mon coeur mon coeur ne t'emballe pas fais comme si tu ne savais pas que le Duduche est revenu vous mes mains ne tremblez plus souvenez vous quand je vous pleurais dessus Duduche est revenu dans le fourré est réapparu sur la route en se dandinant m'est passé sous le nez réjouissez-vous Duduche is back il a échappé à la mort les pneus n'auront pas eu sa peau aucun prédateur ne lui aura volé dans les plumes sacré Duduche puisque te v'là sain et sauf à cueillir les graines que les passereaux font tomber des nichoirs et des mangeoires au gré de leurs allées et venues où étais-tu tout ce temps pas là pas là mais t'étais où l'on s'inquiétait dans les parages l'on s'interrogeait z'avez pas vu Duduche oh la la la la la z'avez pas vu Duduche et ça y est je l'ai vu veux-tu venir ici je n'le répèt'rai pas veux-tu venir ici oh il est reparti à fond la caisse quelle santé il n'a rien perdu de sa dextérité une pointe de vitesse à faire pâlir Mathilde qui certes n'a pas les mêmes dispositions il faut le reconnaître malgré la taille de ses mollets et ses baskets de compétition il n'y a pas photo la vie

p 437 : le retour de Duduche

Partager cet article
Repost0

Et moi et moi et...

Publié le par Pilgrim.

Trop d'auteurs, pas assez de lecteurs, et moi et moi et moi, auteur et lecteur. Des pages et des pages échouées dans mon tiroir, dans ma mémoire. Lecteur solitaire de mes mots relégués. Trop rare lecteur de livres imaginés, voués à l'absolue retraite des projets avortés. Et lecteur. Ma bibliothèque est pleine des mots qui sédimentent mes rêves de littérature. Et qui les enlisent dans des espoirs déçus. Parce que je persiste à glisser les miens. Aveuglément, je me dis, pourquoi pas, qu'ils se suffiront à eux-mêmes. L'arrogance de croire qu'ils se suffiront à eux-mêmes, que par la seule puissance de leur évidence ils s'imposeront. L'illusion est coriace.

Et moi et moi et...

Publié dans Vous avez dit auteur ?

Partager cet article
Repost0

La 12ème mort de Janka

Publié le par Pilgrim.

Janka riait. Il riait à s’en décrocher les mâchoires. À se tenir les côtes. À s’étouffer. Trop plein de bonheur. Quelle journée ! Si belle journée.

Dans les égouts, les rats pullulaient.

Il avait couru tout du long. Le long du fleuve. Sur les quais bruyants. Puants. Vibrants. Cerbère l’accompagnait. Cerbère haletait. Un filet de bave au coin de la gueule.
Assise, la mère les regardait. Elle surveillait son enfant. Bienveillante sur son banc. Tandis que la ville bourdonnait. Exhalait l’affairement. Nul n’eût pu dire d’où suintait le malaise.
Le vieux se tenait sur le pont. Accoudé à la balustrade. Il reniflait. Il toussait. Les voitures vrombissaient derrière lui. Crachaient leur langue de fuite. Des postillons que le soleil portait en nimbe de poussières. Des vapeurs lourdes qui stagnaient à ras des visages.
Du bitume sourdait l’écho rampant des pas de la vieille. Elle descendait les escaliers. L’accès aux berges. La canne résonante. Toc, toc, toc… Elle avançait. Titubait. Oscillait. La main sur son front. Sueur. L’angoisse perlait sur les pavés, telle une nappe d’huile se répandant en des rigoles d’amertume. En même temps, elle égrenait ses soupirs. Suffocation. Les battements de l’artère souterraine.

La mère se détourna. Lent mouvement du corps. Noya son regard dans les prunelles vitreuses de la vieille. Clapotis. Une péniche passa, troubla les ondes, sécréta de l’écume grise que le courant balaya, absorba. Les vaguelettes se brisèrent une à une. S’écrasèrent sur la digue. Cerbère aboya. Janka s’approcha.

Dans les égouts, les rats se défièrent.

Il reconnut la vieille. Il redressa la tête. Éblouissement. Le soleil lui tira des larmes de douleur. Rayons enfumés qui irisaient les flaques de chaleur. Les doigts en visière, il distingua la silhouette du vieux. Là-haut. Sur le pont… Alors, Janka saigna du nez. Gouttes de sang sur la terre assoiffée. Avalées, dissoutes. Janka saigna du nez. Des spasmes le secouèrent.

Dans les égouts, les rats s'entre-tuèrent.

La 12ème mort de Janka

Publié dans Les 29 morts de Janka

Partager cet article
Repost0

Plume

Publié le par Pilgrim.

Je traverse le temps
Comme une plume l'air
Sans faire de bruits sans faire de vagues.

                                                         Je t'aime.

Publié dans Bribes

Partager cet article
Repost0

In Retiro

Publié le par Pilgrim.

In Retiro

Invisibles - Jaume Plensa (Palacio de Cristal - Parc du Retiro - Madrid - Fév 2018)

Dans le palais de cristal
Les silences invisibles sont suspendus aux chants des oiseaux
Des rayons muets ricochent contre la verrière.

Publié dans Plensa, Galerie

Partager cet article
Repost0

p 412 : couic Duduche

Publié le par Pilgrim.

crie je crie Duduche Duduche pour qu'il revienne il ne revient pas t'es pas là mais t'es où pas là pas là mais t'es pas là mais t'es où je n'en sais rien volatilisé le Duduche vaudrait mieux qu'il se soit volatilisé envolé qu'il soit parti de son propre chef et de sa propre crête ce serait mieux pour lui un sort plus enviable que celui qu'on peut raisonnablement redouter son évanouissement dans les parages ne dit rien qui vaille il n'y a pas besoin d'être bon clerc pour craindre le pire il a dû se faire choper couic Duduche courser par un renard un chien un cerbère un chasseur une belette le maire la vouivre Gérard ta mère Poutine le voisin Ethan Hunt ou splotsch écraser par un chauffard alors qu'il traversait tranquille la route sans se douter de l'effet rouleau compresseur du pneu hostile sauf que je n'ai pas vu de traces sur le macadam ni chair en charpie ni plumes qui volent à moins qu'il ait été aplati plus loin où je ne suis pas passé Duduche s'est peut-être aventuré hors de ses sentiers battus l'hypothèse ne me convainc pas je préconise plutôt une attaque en règle d'un prédateur en mal de nourriture qui n'en a pas cru ses yeux de trouver un faisan là à cet endroit un Duduche pas méfiant qui se promène sans complexe et sans pantalon et qui crèche dans les hautes herbes du trou végétalisé concocté par les jardiniers municipaux tu parles de l'aubaine un Duduche qui vous tend les pattes prêt à se faire rôtir confire farcir ou juste zigouiller et dévorer tout cru ça dépend de la nature des pulsions et des goûts de chacun ou des moyens à disposition le renard par exemple n'a pas de four dans sa tanière alors que Gérard si et sûrement que Poutine aussi tout comme ta mère ou le

p 412 : couic Duduche

Partager cet article
Repost0

Dans la sélection Décembre 2018, de la Plume de Paon (IF livre)

Publié le par Pilgrim.

Dans la sélection Décembre 2018, de la Plume de Paon (IF livre)

 

J'ai eu le plaisir d'apprendre que ma nouvelle audio, La mort du dauphin François, lue par Emerick Guezou et publiée par les éditions 15K, se trouvait dans la sélection trimestrielle Décembre 2018, de l'association Plume de Paon (qui promeut le livre audio), pour le site de l'IF livre (l'Institut Français du livre).

Je m'en réjouis bien évidemment. Une nouvelle reconnaissance du travail accompli par les éditions 15K !

L'on peut découvrir la sélection Décembre 2018, ici, sur le site de l'IF livre et se procurer la nouvelle, ici.

 

 

Partager cet article
Repost0

Etoile trompeuse

Publié le par Pilgrim.

Tu n'entends plus qu'elle,
La rumeur du bord du gouffre.

Tu t'en fous, t'as ta bonne étoile.

Oreilles bouchées, yeux bandés, sauter à pieds joints ; on verra bien.

Etoile trompeuse

Publié dans Bribes

Partager cet article
Repost0

Le 9 février 2019, avec les Plumes Comtoises à Béthoncourt

Publié le par Pilgrim.

 

 

 

Après le récent salon de Delle, j'aurai à nouveau le plaisir de rejoindre les Plumes Comtoises et d'aller à la rencontre des lecteurs, lors d'un salon du livre organisé, cette fois, à Bethoncourt, le samedi 9 février 2018, toujours de 14h à 18h.

Publié dans Agenda, Plumes Comtoises, Salon

Partager cet article
Repost0