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joel hamm

Journal, extraits du jour J+256, le 19/07/2019

Publié le par Pilgrim.

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J’ai lu les derniers recueils de deux autrices que je côtoie sur le net, Annick Demouzon et Fabienne Botto. Des autrices dont j’ai déjà pu apprécier le travail. De très bons recueils, portés par des écritures bien différentes mais sûres. Et marquées par le deuil et la mort. C’est curieux. Un thème également exploité par Joël Hamm, récemment, au sein de son recueil à propos duquel j’ai écrit un bref article. À moins que ce soit moi qui y soit sensible… Il y a des sujets, comme ça, qui se déclinent particulièrement à certaines périodes. L’air du temps ? Une tournure d’esprit ?

Je regarde des films. La période est propice. Des lacunes à combler. Une manière de me ressourcer, aussi. J’ai vu Babel, hier, d’Inarritu. Puissant et inspirant. Un tour de force narratif. Tout en fluidité.

Je ne parviens toujours pas à écrire la moindre ligne (en dehors des quelques-unes que je jette sur ces pages) mais je sens que ça remue en moi, que ça me travaille. Je me suis levé, il y a deux jours, dans la nuit, pour inscrire trois quatre mots informes sur l’un de mes cahiers de notes. Dans la perspective du projet proposé par Patrick L’Ecolier sur le thème de l’errance. Trois quatre mots en guise de rampe de lancement. À laisser mûrir.

Je crois qu’en fait, il faudrait simplement que je m’y mette. Je n’en ai pas encore l’énergie. Ni la motivation. J’attends le déclic. Le moment où cela deviendra inéluctable. Incontournable.
(...)

 

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Ivresse de la chute, aux éditions Zonaires

Publié le par Pilgrim.

Un recueil que la mort hante. Où les personnages sont comme des insectes cernés. Pris dans les filets de leur destin. Ou dans les barbelés. C'est selon. Bouffons de la fortune, dirait Roméo. Le Fatum auquel on se heurte et qui emprisonne ses proies. L'absurdité de l'existence, la vanité que c'est de se débattre contre l'inéluctable. D'où le sentiment d'enfermement qui domine, tout le long de la lecture. L'on s'échine à fixer la vie sur une photo, un tableau. L'un ira même jusqu'à inséminer son oeuvre pour la lui insuffler mais la mort est têtue et la vacuité du geste inexorable. C'est toujours une image de la mort qu'on obtient et finalement des gisants qu'on fixe sur pellicule. Ces trois photos seront aussi mystérieuses que la centaine d'autres qui dorment dans le sac de toile. Tous ces sourires sans nom qui peuplent la surface argentique finiront par disparaître aussi bien que les corps qui y ont laissé leur trace. Ce n'est qu'une question de temps (extrait de Faussaire). Et l'on aura beau tenter de les faire revivre ces morts, comme Elisa par le prisme de ses jumelles, c'est peine perdue. Seuls les mots pourront quelque chose et donner le change... Sauver une trace, la  mémoire, un souvenir. Ainsi dans la dernière nouvelle du recueil où l'homme, zombi tant qu'il vivait, trouve à s'incarner et s'anime (au sens premier du terme) à travers son dernier message. Seuls les mots et peut-être aussi les grands-mères, personnages récurrents, un peu sorcières un peu fées, qui offrent un ancrage dans la vie et la possibilité d'une île.
Tout le recueil est irrigué par ce sens du tragique et c'est ce qui en fait, selon moi, la réussite et la profondeur. Profond et émouvant, comme ce magnifique texte Temps de chien, sans doute mon préféré, qui fait écho à un autre, souvenir d'enfance, où était déjà annoncée la mort du père, mort dont l'ombre plane sur les protagonistes décidément humains, trop humains. 

Le recueil de nouvelles, Ivresse de la chute, de Joël Hamm est disponible sur le site des éditions Zonaires.

Publié dans Joël Hamm, Zonaires, Bouquins

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