Le ciel dévale
À ras de lumière, je glisse. Bras écartés, la caresse du vent. J'avale le vif.

Tournée triomphale du rossignol suédois.
L'ange chantant sillonne les États-Unis et suscite un tel engouement que dans la presse l'on parle d'une Lindmania. Barnum qui l'a embauchée sans l'entendre, attiré par le seul son du tiroir-caisse qu'elle laissait dans son sillage en Europe, se frotte une fois de plus les mains. Son sens du business, l'achat de critiques favorables et une campagne publicitaire intense ne sont même pas indispensables pour assurer à l'entreprise un succès massif, tant la cantatrice est irrésistible. Jenny Lind et sa voix cristalline galvanisent les foules et, sous la houlette de l'homme de spectacle, démocratisent l'opéra en ce milieu du 19ème siècle.

Le samedi 7 mars 2020, après-midi, se tiendra la deuxième édition du salon du livre de Bethoncourt. Les Plumes Comtoises s'y retrouveront pour rencontrer les lecteurs. Je serai parmi elles pour proposer mes ouvrages, parmi lesquels l'on pourra découvrir le dernier collectif auquel j'ai participé, Prendre le large, sorti à la fin de l'année 2019.
C'est une fierté de figurer au sommaire du n°52 de la superbe et exigeante revue La Femelle du Requin. L'on peut y trouver mon texte intitulé Sapins et Sorbiers dans la rubrique Fictions (pour les créations littéraires).
Je me réjouis d'autant plus qu'y est fait la part belle à Alain Damasio, l'auteur des extraordinaires La Horde du Contrevent et Les Furtifs (je n'ai pas encore lu La zone du Dehors, sur ma PAL) ainsi qu'à Léo Henry, dont la découverte ici me fait entrevoir un univers des plus riches. Un voisinage qui me ravit !
Pour se procurer la revue, il suffit de se rendre ici : La Femelle du Requin.
Y revenir encore et encore au risque de dénaturer. L'équilibre est difficile à garder. Et l'épuisement du texte, une lame à double tranchant. Le fil est rompu. Le basculement vers le dépouillement. On assèche. On saigne à blanc. On enlève le gras jusqu'à racler l'os. La moelle comprimée éclate, fuit par les fissures de l'écriture qui craque. Exuvie ratatinée. À la fin ne reste qu'un mot que, de rage, on efface.

Isabelle Bruhl-Bastien, auteure et membre actif des Plumes Comtoises a conçu un site (et l'administre) pour ce collectif dont j'ai le plaisir de faire partie. On y retrouve de façon simple et claire l'actualité du groupe, son principe de fonctionnement ainsi que des informations sur les auteurs qui le composent.
Il offre, en plus, une belle porte d'entrée et un moyen de contact, pour toutes les communes ou organismes que nos salons intéresseraient.
Alors, si vous voulez en savoir plus sur les Plumes, cliquez ici : Les Plumes Comtoises
Grandvent s’engouffra dans la bouche de Janka, gonfla ses joues, élargit ses orbites, dilata sa cervelle. Sa boîte crânienne enfla tant qu’elle éclata en mille étincelles. Elle libéra des langues de feu qui s’abattirent sur la steppe et disséminèrent à travers l’Outreterritoire des brandons de désolation. Janka, disloqué et éparpillé, roula dessus. Son corps vaporisé, jouet des vagues brûlantes, se répandit aux quatre coins du dehors, emporté par les courants incandescents, dans des nuées de cendres. Janka poursuivit ses atomes tous azimuts. Il sauta de brasier en brasier, plongea dans les coulées de lave, à la recherche de ses poussières éventées. Au fond des cratères, il renonça à se rassembler.

tête en sang il hurle crie qu'il ne les a jamais vus qu'il ne les connaît pas ces gars qui sont passés devant moi en courant sourire grand large en se tapant dans le dos manifestement très contents d'eux il ne les connaît pas il le répète à qui mieux mieux aux badauds qui s'arrêtent à ceux qui se penchent sur son cas et sa plaie à ceux qui joignent les secours comme s'il voulait démontrer qu'il n'avait rien à voir avec tout ça qu'il n'y est pour rien les gars l'ont frappé plein front avec une bouteille de bière alors qu'il ne les connaît pas jamais vus de sa vie c'est sûr ils ne sont pas intimes ils se sont peut-être croisés un jour mais alors il ne se le rappelle plus il en est certain il ne les connaît pas et malgré tout ils l'ont frappé comme ça pour passer le temps pour se marrer la bonne blague et ils ont déguerpi sans demander leur reste ils ont fui en rigolant en se tenant les côtes fiers de leur coup à ce gars qui ne les connaît pas qui a appris à les connaître qui se souviendra d'eux ils sont partis et il pisse le sang des gens s'agitent autour de lui il leur jure qu'il ne les connaît pas il n'y a que ça qui compte ces types s'en sont pris à lui alors qu'il ne les connaît pas ils lui ont cassé une bouteille en verre sur la tête et puis ils se sont barrés sans plus d'explications même s'ils lui ont d'abord demandé dans quel quartier il habitait les prémices d'une discussion la raison du sang qui dégouline sur son visage et ses vêtements il leur a répondu ils n'ont rien ajouté ont dégainé la bouteille la lui ont balancé dans la tronche et la bouteille a éclaté sous le choc pourtant il ne leur avait rien fait il ne les

Quand la fumée se lève et que le pays de Mad Max naît sur les cendres du bush calciné et les corps carbonisés des bêtes suffoquées, l'on s'attend à voir surgir le héros, se dessiner sa silhouette blindée sur le rouge des images qui défilent sur nos écrans et dont on s'abreuve, à la fois fasciné et horrifié. Mais non, il ne s'agit pas d'une nouvelle aventure post-apocalyptique du survivant solitaire.
