J+448, le 27/01/20
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Toujours du travail. Sur mon recueil que je ne cesse de reprendre, encore et toujours. Sur mes blogs. Mes blogs, car je revois aussi mon premier, consacré à mes virées et sorties dans la région (Mon blog à Montbé), et lui fais passer une cure de jouvence. Je le restructure, le spécialise. Du boulot !
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J+449, le 28/01/20
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La refonte de Mon blog à Montbé avance. La correction du recueil, aussi.
J’ai été contacté par Bloganozart pour une éventuelle contribution à un prochain projet collectif. J’ai donné mon accord de principe. 2020 s’annonce plus prolifique en publications que 2019. Je ne peux que m’en réjouir.
Quant à mes XXX : point mort !
J+451, le 30/01/20
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Gros travail sur Mon blog à Montbé. Et poursuite de ma revue du recueil. Celui-ci aura pas mal évolué depuis la version que j’ai donnée à Zonaires, en avril dernier. J’espère que ça ira. Je pense avoir mené un vrai travail de fond, dessus.
Je lis beaucoup, aussi. J’ai achevé, il y a peu, Le lambeau de Lançon. Un ouvrage marquant, qui m’a replongé dans ces jours traumatisants de janvier 2015. Je crois que l’attentat de Charlie Hebdo est l’événement qui m’a le plus atteint, qui m’a le plus ébranlé. Par sa portée symbolique. Parce qu’il touchait au cœur de ce qui fait que je suis moi, qu’il touchait à notre existence même. Une question existentielle.
Je lis maintenant Un peu tard dans la saison. Une lecture plaisante, qui s’occupe du réel, qui parle aussi des attentats et de notre société qui se désagrège. Un auteur français, un de plus, qui s’occupe de notre monde et de son évolution, qui fait un constat de sa dislocation, des conséquences de son individualisme et qui m’a fait penser à Damasio et à ses Furtifs, même si Damasio est beaucoup plus dans l’imaginaire. Et à Houellebecq, aussi. Dont les livres ne parlent que de ça. Houellebecq dont il est beaucoup question dans Le Lambeau. Et d’aucuns disent ensuite que les auteurs français ne s’intéressent qu’à leur nombril, qu’ils ne parlent pas du monde. Conneries.
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La lune aux doigts de pluie touche ton cœur, tu pleures.
Tu baisses les armes et tes larmes à verse
Dans l'abîme macadam. L'éclat du malheur
Précipite le bout de la nuit ; l'aube blesse.
Et puis il y a Constance. Constance du Ferrage. Aux manettes et à la surveillance de ses robots, gigantesques bras articulés, dont elle orchestre le ballet. Elle ne se lasse pas du spectacle. Agilité et légèreté dans des éclaboussures d’étincelles. Les machines virevoltent en de grands mouvements saccadés, attrapent les pièces de tôles embouties, soudent, collent, assemblent, expédient. Devant ses yeux, la voiture prend forme. Les côtés s’ajoutent au soubassement, les ailes et les ouvrants complètent l’armature. En un rien de temps, la caisse en blanc est fabriquée, parée pour son transfert en peinture.
Constance à la manœuvre, Constance concentrée dans son gris de travail, lunettes de protection sur le nez. Elle s’est habituée à son atelier, à l’ambiance un peu futuriste qui y règne, aux allées entre les lignes bordées de tableaux de commandes, qu’elle arpente la journée durant, de module en module, et dont elle partage le territoire avec ses collègues. Ils ne sont pas nombreux dans son périmètre. Nul besoin de main d’œuvre. Les robots sont là, qui opèrent de plus en plus vite, abattent de plus en plus d’ouvrage. Donc, non, ils ne se bousculent pas. Et les travées paraissent parfois désertes, alors même que l’activité bat son plein. Elle dénombre Hamid, Xavier, Soufiane et Fred, aux alentours. Chacun a ses modes opératoires, ses procédures à respecter. Elle apprécie cet isolement, elle qui ne supporte pas la promiscuité. Et le silence, aussi. Le silence malgré le vacarme, métaux hurlants et ronflements des moteurs. Silence, puisqu’ils ne se parlent quasiment pas. À peine un mot crié en passant, un mouvement de la tête, de la main, un sourire ; en signe de reconnaissance. Le bruit les contraint à se taire. Pas seulement le bruit : la cadence, le bon fonctionnement de la ligne à assurer. Que rien, surtout, ne grippe le processus de fabrication, ne ralentisse la chaîne. En découleraient d’inévitables répercussions sur sa tranquillité.
Constance les aime bien, ses collègues. Ils ne sont pas toujours très fins, jouent les gros bras ou les machos. Une façade ! Une posture pour paraître mec ! Ils demeurent corrects, la plupart du temps. Ils ont intérêt. Elle n’hésite pas à les rembarrer, ne manque pas de réparties. Certains s’en sont aperçus à leur dépens, depuis évitent de prêter le flanc à ses piques. Constance est une grande gueule, la décrivent-ils. Oui, grande… Sa marque de fabrique. Pas le genre à se laisser marcher sur les pieds. Le moyen de se faire respecter. Faut dire qu’elle n’est pas aidée par son physique. Petite, boulotte, un long buste arrimé à des jambes courtaudes, des proportions défaillantes qu’elle dissimule sous des vêtements amples. Elle a les rondeurs apparentes, qui s’affaissent à mesure qu’elle vieillit, malgré ses stratagèmes pour les rehausser. Impossible de les astreindre à une fixité qui les ferait oublier, elles s’affranchissent de toutes les entraves. Et attirent les regards. Forcément… D’autant qu’elle ne peut compter sur son visage pour les détourner, les regards. Un long visage, flanqué de joues interminables, qu’un nez épaté écrase. Des yeux un peu trop grands, une bouche avec des lèvres minces, sans envergure, et de beaux cheveux roux, qui ne suffisent pas à la rendre jolie. Un visage, le sien, qu’aucun maquillage jamais n’apprête, ordinaire, terne, sauf quand elle le fend de son généreux sourire. Elle sourit souvent, Constance… Elle a l’humeur égale ; une humeur que les multiples défaillances, anomalies, retards, ne parviennent à entamer. Même les directives, généralement sèches, et les réflexions de son chef y échouent. Elle ne s’affole pas : quel que soit le problème sur la ligne, tôt ou tard il sera résolu. Elle le sait d’expérience. Alors elle prend son mal en patience. Assure la maintenance, en attendant le moment où se réanimeront ses machines, où elles reprendront leur danse mécanique et tourbillonnante.
Constance est la seule femme, à sévir dans les parages. La plus proche, Amélie, est logée à deux allées de là. Elles se retrouvent à l’heure du déjeuner. En compagnie d’hommes, parfois. Mais toujours ensemble. Leur sexe les a rapprochées et elles ont appris à s’apprécier. Amélie l’expansive ; un joli bout de femme, qui suscite la convoitise au sein de l’usine, dont l’air revêche refroidit les ardeurs. Un air qui n’est pas prémédité, selon ses explications : « je ne fais pas exprès » prétend-elle, sans convaincre. « J’ai l’air si terrible que ça ? ! » et de froncer les sourcils, lèvres pincées, avant de s’esclaffer. Constance lui doit sa rencontre avec Stéphane. Depuis quatre ans, elle vivait seule en compagnie de son fils ; depuis qu’Alex était parti. Elle avait fini par se résigner à sa situation. Il avait suffi de ce barbecue, chez Amélie, ce dimanche-là, pour bouleverser l’ordre établi. De ce barbecue dans le petit jardin de sa collègue, où s’étaient réunies une dizaine de personnes, dont lui armé de sa fossette au menton. Les choses, ensuite, n’avaient pas traîné. Rapidement, il s’était installé chez elle et son fils. Et il y est toujours… Voilà dix mois que leur histoire dure ! Et ça se passe si bien, qu’aujourd’hui, il commence à parler d’un enfant à eux. Il y a Antoine, son fils, objecte-t-elle. Il la considère. Elle sait ce qu’il veut dire, lui répond-il. Oui, elle le sait. Elle le sait, ne se sent pas prête pour autant et tergiverse. Marquée par ces années, au cours desquelles elle devait assumer seule son garçon, elle peine à croire à son nouveau bonheur. Redoute l’issue de l’aventure. Alors, maintenant, elle souffle, Constance. Elle souffle et en profite. Elle voudrait continuer ainsi, sans se poser de questions, sans engager trop l’avenir. Juste apprécier cette paix que Stéphane permet. La vie est tellement moins difficile, avec deux revenus. Oui, juste se laisser porter… un peu… Ne sont-ils pas heureux, tous les trois ? Elle n’aurait jamais espéré qu’ils s’entendent aussi bien, lui et Antoine. Une chance, songe-t-elle, alors que tant de familles sont minées par les conflits.
Quand elle entre à son tour dans le bureau, qu’elle croise sur le seuil Hamid, tête baissée, qui quitte la salle sans lui adresser un regard, comme s’il ne l’avait pas remarquée, elle se rappelle le rendez-vous chez l’orthodontiste, pour Antoine. Il lui faudra partir plus tôt, demain soir, et à cette fin, obtenir un bon de sortie. Elle ira soumettre sa demande, dès qu’elle en aura terminé ici. Elle referme la porte, se présente : « Bonjour ! ». Derrière le bureau du chef d’atelier, se tiennent aussi un gars de la direction et un représentant du personnel. Ils la saluent en retour, la considèrent en soupirant et, après quelques précautions oratoires – ce n’est pas contre elle, ils ne peuvent faire autrement – lui laissent le choix : ou bien elle accepte une mutation à quelques centaines de kilomètres, ou bien elle quitte l’entreprise ; reclassement offert, évidemment.
Jour J+436, le 15/01/2020
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Phase laborieuse, donc. Je bosse sur mes textes. Il y a un moment que je n’ai pas écrit un inédit, du moins un inédit relativement consistant. En dehors des lignes que j’écris pour mon blog et pour ce journal, de ces lignes qui me permettent d’entretenir un minimum ma fibre créatrice. C’est un peu angoissant, cette carence de nouveautés. La menace de la stérilité. Puis-je encore créer ? Je me consacre à l’existant. Il est vrai que j’ai de quoi faire. Tant que je n’aurais pas écoulé un minimum de textes dans l’édition, tant que je ne me serais pas libéré d’un peu de ce poids littéraire, je ne pense pas que j’aurais l’esprit pour un nouveau gros projet. Pourtant, ça me taraude. Et il est probable que j’y vienne dans un avenir pas si lointain. La publication des Cordes sensibles va certainement m’y aider. À condition, bien sûr, que j’aie encore cette faculté de produire… Mon angoisse.
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Jour J+444, le 23/01/2020
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Période laborieuse. Pas très créative. Mais productive.
J’alimente mon blog. Le moyen d’entretenir l’imaginaire, ma machine à créer, même si la brièveté des textes concernés ne permet pas de le déployer.
Je me répète.
Peut-être parler d’autre chose, du monde et de sa marche. Il n’y a rien de réjouissant. Je suis allé à une réunion au collège, organisée par le département, les élus et les responsables de l’éducation nationale avec les parents, au sujet du problème de sureffectif et de son règlement, de la sectorisation envisagée en conséquence. Comme à chaque fois, je ne me suis senti en phase avec personne. L’impression d’être à part, de ne pas partager les mêmes conceptions de la société et du monde, de n’avoir pas les mêmes priorités. L’impression que les autres tournent en boucle, incapables de s’ouvrir, d’élargir leur horizon, d’échapper à leurs fantasmes, incapables de se mettre à la place de l’autre, d’écouter. Arc-boutés sur leurs positions et sur leurs opinions. Et l’impression que les préoccupations des uns ou des autres sont à côté de la plaque, pas à la hauteur des enjeux et surtout pas de l’intérêt général. C’est sans doute moi qui suis à côté de la plaque. Je ne me sens en connivence avec personne.
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Jour J+429, le 08/01/2020
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Correction du recueil amorcée. Je perds encore beaucoup de temps à des conneries. Il faut que je me concentre davantage sur mon travail. Je pourrais écrire nettement plus si je ne me laissais pas aller à ces distractions sur le net. Il faut que je m’impose une discipline. Des horaires. Je suis toujours tenté d’aller jeter un œil sur mon blog, ma boîte mail ou les réseaux, alors que ça n’est pas nécessaire, que ça peut attendre. Même si cela ne prend que quelques minutes, c’est suffisant pour me détourner de mon objet.
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Jour J+430, le 09/01/2020
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Refonte totale de certaines nouvelles. Il y a toujours à faire. Le travail de correction est infini. Je ne pensais néanmoins pas avoir tant à revoir. Comme si la perspective d’une publication me mettait à distance de l’œuvre et me permettait de la traiter sans concession et d’en gommer, notamment, les effets stylistiques auxquels, pour certains, je tenais. Je crains toujours, cependant, de la dénaturer à force de corrections, de simplifications, de ratures, de perdre ce qui en faisait le charme ou l’originalité.
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Jour J+434, le 13/01/2020
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Je suis en train de réfléchir à une refonte de mon premier blog, Mon blog à Montbé. Je voudrais le moderniser, l’adapter à l’usage que j’en ai depuis quelques temps et qui est d’y référer quelques unes de mes sorties dans la région. Puisqu’il intéresse la revue O’Vert qui m’a contacté pour se servir en photos, il serait en effet judicieux de le dépoussiérer et de le spécialiser. Quand je l’ai créé, il me servait aussi de blog d’auteur. J’y combinais les deux lignes éditoriales : mon activité d’auteur, ma découverte de la région. La première a été largement reprise et développée au sein de mon blog actuel, Auteur et boule de blog. J’ai ainsi délaissé Mon blog à Montbé même si je ne l’ai pas abandonné. J’ai continué à l’alimenter d’articles sur la région, de façon moins exhaustive et fréquente qu’avant mais toujours régulière.
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Jour J+423, le 02/01/2020
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Nouvelle année. 2019, derrière, à oublier ; sans doute ma plus mauvaise année en matière de publications et de satisfactions littéraires, depuis une dizaine d’années. 2020 se présente beaucoup mieux avec les surprises de ces derniers jours et les deux belles publis qu’elles impliquent. Des publis qui sont le fruit de mes efforts et de mes initiatives engagés en 2019. Un constat qui donne un autre relief à l’année qui vient de s'écouler et qui la rend moins nulle, à la réflexion. Une année où j’aurai mené un travail de fond. Il est vrai aussi que mon recueil Les cordes sensibles ne date pas d’aujourd’hui, que je le traîne depuis 2014, le retravaille, le revois, le refonds, qu’il a connu maintes versions. Cela devrait me rendre optimiste s’agissant des VR…
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Jour J+427, le 06/01/2020
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Je sais bien qu’il est vain de polémiquer sur FB et d’ordinaire, je m’applique à éviter ce mode idiot de communication mais parfois la tentation me démange tant que je ne parviens à y résister et, après coup, je le regrette. Ça n’a pas loupé. Agacé par tous ces donneurs de leçons qui ne se les appliquent pas à eux-mêmes et qui désignent des coupables ou des bouc émissaires pour éviter de se regarder en face et d’assumer leurs propres responsabilités, je n’ai pu m’empêcher de mettre mon grain de sel à la suite d’une réflexion (réflexion, c’est beaucoup dire) d’une amie. Mal m’en a pris ; comme prévu, je suis tombé sur le mur des cons et des ricaneurs. Il faut absolument que je m’abstraie de ce genre de discussions, que je m’abstraie de manière général de Facebook. Ces échanges sont nocifs et chronophages, virent obsédants alors qu’ils ne mènent à rien. Je le sais bien et d’habitude j’évite ces écueils. Il m’arrive malheureusement encore de succomber à l’envie d’en remontrer ; je n’ai plus, ensuite, qu’à m’en mordre les doigts. Le mieux serait, je pense, de limiter rigoureusement mes visites à ce réseau social, d’en tout cas ne plus lire les posts des uns et des autres, de me contenter des annonces littéraires, culturelles et éditoriales… Vœu pieu.
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Jour J+419, le 29/12/2019
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De retour des festivités de Noël, j’ai récupéré les exemplaires commandés de Prendre le large…reçus pendant la semaine. L’ouvrage est bien et les illustrations soignées et puissantes. C’est mieux que j’imaginais. Une belle surprise et, du coup, une satisfaction accrue d’être du projet.
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Jour J+420, le 30/12/2019
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Il ne se passe rien de toute l’année et juste pour les fêtes, ça s’éclaircit. Comme s’ils s’étaient donné le mot. Au tout début des vacances, juste avant de partir, j’ai reçu un message de la revue La femelle du requin – je leur ai envoyé un texte en mai. Elle accepte ma contribution pour le cahier création du prochain numéro. Une nouvelle qui m’a véritablement réjoui tant la revue est de qualité et considérée dans le microcosme littéraire. Publier chez eux est gage d’une certaine maîtrise. La référence est enviable. Bref, je suis content, après toutes les déconvenues de ces derniers temps. D’autant plus que le numéro en question sera en partie consacré à Damasio. Et puis, je viens tout juste de recevoir un message de Patrick L’Écolier, des éditions Zonaires, à propos de mon recueil Les cordes sensibles. Enfin ! je devrais dire… Après un silence radio de plusieurs mois qui m’avait amené à faire une croix dessus, il a re-manifesté son intérêt et proposé de le publier (après corrections et revues) à l’automne, si je ne m’étais pas engagé ailleurs. Je ne l’ai proposé nulle part, depuis. J’ai évidemment accepté. Et me voilà avec deux belles perspectives pour 2020, qui me sortent de l’ornière. J’attendais les VR et ce sont Les cordes sensibles qui se profilent… Du moins, pour l’instant… Je ne désespère pas d’éditer, aussi, le roman. Un jour…
Et puis – ce n’est pas grand chose mais ça fait toujours plaisir – le rédacteur de la petite revue franc-comtoise, O’Vert, qui m’avait contacté à propos de Mon blog à Montbé et des photos qui l’illustrent, a confirmé son intérêt. Il envisage, pour me remercier des emprunts qu’il fera, d’écrire un article sur moi. C’est un contact de plus, appréciable dans la perspective d’une prochaine publication.
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Il est accusé d’agressions sexuelles sur mineure. J’en ai froid dans le dos. Et condamné. Son procès s’est achevé. Clément D écope de 14 années de réclusion. Il fait appel.
À deux ou trois reprises, j’ai recouru à ses services. Pour l’entretien du violon de mon fils. Nettoyage, changement des cordes, renouvellement du crin. Remplacement du chevalet. Nous allions chez lui en famille. Une visite éducative. L’atelier d’un luthier éveille l’intérêt. Un artisanat de prestige. Une matière noble : le bois. La musique. Un cocktail attrayant. Un métier, un univers à découvrir. Je suis admiratif de ces artistes qui ne se revendiquent pas tels, amoureux de la belle ouvrage, aux mains d’or. L’homme est conscient de l’aura que lui procure son activité. Il n’est pas indifférent au respect qu’il suscite et en joue. Il nous fait son numéro. Le public lui est acquis. Il en profite, en abuse. Il a la langue bien pendue. La plaisanterie facile, un peu lourde. Une lourdeur que l’aura de sa fonction atténue, excuse. Je le tiens pour un personnage haut en couleur. Il m’amuse. Un sacré personnage. Il n’a rien d’amusant.
Je me rappelle ses blagues douteuses. Le malaise. Je me rappelle ma fille aînée. Je transpire. Je n’ai eu que peu de fois affaire à lui. À chacune de nos visites, j’étais présent. Je songe à ces élèves violonistes qui se rendaient seules à son atelier. L’emprise du bonhomme. Son insistance graveleuse. Ses mots insidieux. Sa présence pesante. Et ses mains.