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Lucien au top

Publié le par Pilgrim.

Lucien au top

Lucien a eu un coup de mou. Il s'est cogné à son oreiller, a pris un chamallow sur le coin de la tempe, s'est lancé tête baissée dans le bide d'un sénateur ; maintenant il doit remonter la pente. Et pour que ça aille plus vite, il s'en choisit une bien raide, dotée d'un pourcentage à faire pâlir les plus motivés des candidats aux élections. De la côte alpine et pas la moins achalandée en parois verticales. C'est que Lucien ne craint pas les dénivelés. Après son passage à vide sur les lignes de crête, au bord du précipice et au fond du trou, le voilà à bloc et au sommet de sa forme, prêt à surmonter toutes les embûches et les cols. Il tient bon la rampe et prend de la hauteur, saute au plafond afin de mieux s'en saisir.
— Aïe !
Il se tâte le crâne, en vérifie l'intégrité. Il est entier, le plafond aussi. Si Lucien ne s'est pas laissé abattre par un coup de mou, ce n'est pas un coup dur qui l'entamera. 

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Chape

Publié le par Pilgrim.

Le monde vacille sur ses jambes de plomb.
Le plomb fond
Tire la larme au soleil. 

 

Publié dans Bribes

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Salon du livre à Voujeaucourt, le 19 mars 2022

Publié le par Pilgrim.

Salon du livre à Voujeaucourt, le 19 mars 2022


J'aurai le grand plaisir, après deux ans, de retrouver les Plumes Comtoises pour un salon littéraire organisé à la salle du pôle associatif Les Mésanges de Voujeaucourt, le samedi 19 mars 2022, de 14h à 18h. Aux côtés d'une vingtaine d'auteurs de la région, je présenterai aux lecteurs mes ouvrages, dont Cordes sensibles et Les lucubrations de Lucien parus depuis mon précédent salon avec les Plumes.

 

Publié dans Agenda, Plumes Comtoises, Salon

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Lucien tire la couverture à lui

Publié le par Pilgrim.

Lucien tire la couverture à lui

— Tu te mets pas assez en avant, lui reproche Max. Il faut te mettre en avant pour attirer l'attention et que les gens s'intéressent plus à ton bouquin.
Lucien, contrit, ne perçoit pas le lien de cause à effet. Néanmoins, ne cherche pas à contredire son ami, ni à se chercher des excuses. Max, toujours de bon conseil, sait déceler ses points faibles. Et s'il le dit, c'est qu'il y a un fond de vérité dans le bocal. Il se rapproche de lui, à quinze centimètres, lui tourne le dos et se colle devant.
— Qu'est ce que tu fais ? s'étonne Max.
— Ben, je me mets en avant.
Agacé, Max qui ne peut plus mettre un pied devant l'autre sans se cogner le nez aux épaules de Lucien, le pousse pour se dégager les voies aériennes et respirer un peu.
— Ben, je ne suis plus en avant, maintenant, constate Lucien, dépité. Je suis à côté.
T'es surtout à côté de la plaque, songe Max tout en se gardant bien de le lui révéler ; n'y résistant pas, cependant :
— T'es surtout à côté de la plaque, lui lance-t-il, sur un ton affligé.
— Ben non, y'a pas de plaque.
Lucien opère un tour sur lui-même. Aucune plaque dans les parages. La plus proche, celle de cuisson, se cantonnant à la cuisine. Max renonce à le suivre sur ce terrain brûlant, oublie la plaque et revient à son propos.
— Je te parle pas de te mettre en avant comme ça, lui explique-t-il. Je te parle de te montrer. 
Lucien, perplexe, considère son pote. Il ne perçoit toujours pas le lien de cause à effet mais veut bien faire des efforts. Il tend son index, le retourne vers lui-même pour se désigner. Max s'énerve.
— Mais pas te montrer comme ça ! Je veux dire qu'il faudrait que tu tires la couverture à toi.
Max n'a pas plus tôt lâché ces mots qu'il les regrette déjà. Lucien perçoit enfin un rapport avec le sujet et, convaincu d'avoir compris où son copain veut l'amener depuis trois quarts d'heure, se précipite vers son étagère pour en extraire son livre et en tirer la couverture à lui.

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Ma rencontre avec Yves

Publié le par Pilgrim.

Il s’appelle Yves. Je le croise sur le trajet de l’école. Après avoir déposé ma môme. En rentrant. Vers 13h40. C’est son heure. Et la mienne. Au début, on ne se voit pas. Puis, à force de ne pas se voir, on finit par se repérer. Un signe de tête. Un bonjour en passant. De la même façon que je salue tous ceux qui s’installent dans mon paysage. Sans que ça porte à conséquence. Jusqu’à ce qu’un jour, il me demande de le sentir. Il se poste devant moi, d’un signe de la main m’incite à m’approcher.
— Je sens mauvais ? Dis-moi si je sens mauvais.
J’ai envie de m’enfuir, bien entendu. Pas le genre d’entrée en matière qui met à l’aise. Que me veut ce type ? Je me retiens néanmoins. Je comprends très vite que sa requête est à prendre au pied de la lettre, que je ne dois y déceler aucune forme de défi. Ce gars-là veut savoir, en avoir le cœur net. Il faut que je le renifle et lui dresse mes conclusions.
— Je prends une douche tous les jours, jure-t-il, pensant ainsi vaincre mes dernières réserves, minimisant le risque que mes narines prendraient à s’exécuter.
Je ne mets pas sa parole en doute mais tout de même, ça craint. Je me résigne néanmoins, avance mon nez vers son cou, ne m’éternise pas.
— Non, non, ça va.
Je ne le connais pas assez pour me montrer franc. Ne souhaite pas le blesser. Et puis, je me méfie de sa réaction. La vérité, on la demande, on l’implore et quand elle vous tombe au coin de la gueule, on se rebiffe.
— Menteur ! s’écrie-t-il.
Il connaissait la réponse ; il m’a tendu un piège. Je l’ai manifestement déçu.
— Menteur, répète-t-il. À la pharmacie, la dame, la pute, m’a dit que je puais.
Je ne sais quoi répondre à cette révélation. Il demandait vérification. Je ne savais pas qu’il voulait confirmation. Comme il me voit passablement gêné, dans un élan de charité, il décide d’abréger l’épreuve. Il me laisse en plan, se tire.

Après ça, je continue à le croiser. Cherche à l’éviter, n’y parviens pas toujours. Il m’arrête, me dit des trucs que je ne comprends pas. Il a des raisonnements compliqués à suivre. Il ne semble pas se souvenir que je lui ai menti. Il me parle sans animosité. Me tient la jambe, la lâche quand je ne l’espère plus.
Et du jour au lendemain, il disparaît de la circulation.

Publié dans Mes rencontres avec...

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Plus tard !

Publié le par Pilgrim.

Plus tard !

© Amandine Camus

Publié dans Père au foyer

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Au n°7 de la revue Bloganozart

Publié le par Pilgrim.

Depuis quelques années, j'ai la chance d'accompagner Bloganozart dans ses projets. Un compagnonnage littéraire dont je me réjouis et renouvelé avec ce numéro 7 de la revue de l'association, puisqu'elle m'ouvre une fois de plus ses pages (la 5ème fois) en accueillant ma brève contribution intitulée Heures de confinement chez les Samsa. 

Le numéro a pour thème Liberté. J'y retrouve au sommaire une trentaine d'artistes et auteurs.

L'on peut se procurer la revue sous sa forme numérique sur le site scopalto et dans sa version papier, auprès de l'association.

Au n°7 de la revue Bloganozart

Couverture : Coquelicots (2014), © Déborah Vincent

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Aha !!!

Publié le par Pilgrim.

 

Aha !!!

© Amandine Camus

Publié dans Père au foyer

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Vieil ami

Publié le par Pilgrim.

Vieil ami
Ventre au vent béance
Rêve en silence

Un arbre attrape le monde
La ramure

Entrelace les possibles.

Vieil ami

Publié dans Bribes

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"Tout a la couleur de l'aurore."

Publié le par Pilgrim.

"Tout a la couleur de l'aurore."

Hokusai : Phoenix
Temple de Gansho, à Obuse - 1843

"Nocturne et en horreur a flambé le chagrin
Les cendres ont fleuri en joie et en beauté
Nous tournons toujours le dos au couchant

Tout a la couleur de l'aurore."

Le Phénix (Le Phénix) - Paul Éluard

 

Publié dans Éluard, Hokusai, Galerie

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