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La 8ème mort de Janka

Publié le par Pilgrim.

Bazouf souffla dans l’oreille de Janka, réduisit le son du monde en cendres, desquelles s’élevèrent des susurrements qui emplirent ses cavités, les méandres de ses oublis. Ils prédirent sa fin étoilé en grand vacarme dans l’antre du tranchant. Janka se prit la tête entre les mains, se pressa ses lambeaux calcinés d’appendice, s’écrasa les tempes, se fissura la boîte crânienne. Sa cervelle explosa. Des crics et des cracs répondirent aux chuintements du vent. Janka tendit un cri avorté en offrande à Bazouf, qui le dissémina sur les terres ravagées.

La 8ème mort de Janka

Publié dans Les 29 morts de Janka

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"Comme la proue d'une barque qui passe."

Publié le par Pilgrim.

"Comme la proue d'une barque qui passe."

 Odilon Redon - Nuages de fleurs

1903 - Pastel
Art Institute of Chicago - Chicago

 

"Flamme
Notre chambre de l'autre année, mystérieuse
Comme la proue d'une barque qui passe."

Extrait de La terre (Dans le leurre du seuil) - Yves Bonnefoy

 

Publié dans Bonnefoy, Redon, Galerie

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Un léger souffle

Publié le par Pilgrim.

Les fantômes font trembler les feuilles des arbres au-dessus des rivières.
Passe l'eau vive.
Les volets restent clos.

Publié dans Bribes

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Journal, extraits du jour J+35, 10/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
J’envie sincèrement tous ces gens capables d’autant de certitudes. Ma vie serait plus simple si j’en avais seulement la moitié d’une. Quel que soit le sujet, les enjeux, pour moi tout est nuance, doute, complexité, contradiction. Un état d'esprit qui m’empêche de m’engager dans quelque mouvement que ce soit, parce que s’engager, c’est réduire le champ de la réalité, limiter la réflexion, adopter des opinions contraires aux siennes. Ainsi, ce mouvement des gilets jaunes avec lequel j’ai décidément du mal. Je partage bien des revendications émises. Je partage aussi en grande part le constat qui est fait. Mais il y a aussi nombre de demandes, propositions, discours auxquels je ne peux adhérer. Impossible d’y souscrire. Et le plus surprenant est que dans bien des cas les exigences s’opposent les unes aux autres. Ce mouvement des gilets jaunes dit tout et son contraire, réclame des mesures qui sont difficilement conciliables. Comment un gouvernement peut-il se dépêtrer de ça ?
Il y a plus d’attentes et de doléances que de gilets jaunes.
(...)
Je sais aussi que ce questionnement incessant empêche d’agir et qu’il pousse à un relativisme stérile. Et c’est véritablement un poids que je ressens. Cette incapacité à s’engager parce qu’il y a toujours à redire, parce que ce n’est pas si simple et qu’en simplifiant trop, l’on devient injuste. S’engager, c’est aussi se salir les mains.
(...)

Journal, extraits du jour J+35, 10/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+30, 05/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
L'on m'a envoyé le numéro de la revue Etudes touloises, consacré à l’écrivain lorrain Émile Moselly à l’occasion du centenaire de sa mort. Le CELT a demandé aux auteurs ayant reçu le prix Moselly, d’écrire un texte sur ou autour de la Moselle. J’ai reçu ce prix en 2013 pour une nouvelle. J’ai donc été sollicité. Ma contribution s’intitule À la source. C’est ma dernière publication de l’année, qui en compte 9, au total. Dont La mort du dauphin François, publiée chez 15K. 9, ce n’est pas mal. Je doute d’en avoir autant, l’an prochain. Une seule me satisferait, s’il s’agissait de mon roman ou d’un de mes recueils personnels…
(...)

Journal, extrait du jour J+30, 05/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extraits du jour J+28, 03/12/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
J’ai commencé un texte. Les premiers mots après lesquels d’autres ont suivi et qui me mènent où je n’aurais jamais imaginé aller. L’instant le plus mystérieux et, surtout, le plus jubilatoire. Quand tu sors de toi quelque chose que tu ne pensais pas avoir, que tu ignorais et qui se révèle, là, devant tes yeux, signe après signe. Le texte balbutie, se construit, petit à petit prend forme. Un monde surgit auquel je n’avais pas pensé. Il est bancal. Il se cassera peut-être la gueule. Je ne sais où cela me conduira. Peu importe. C’est là. Cette incertitude et cette révélation : ce qu'il y a de plus excitant dans l’acte d’écriture. On se sent explorateur face à un nouveau territoire, Colomb devant les côtes américaines.

Je lis en ce moment un essai de Jean Viard, Nouveau portrait de la France. Il date un peu : 2011. Reste, cependant, pertinent. Et éclairant en ces jours de contestation des gilets jaunes. Une contestation qui vire ponctuellement (encore ponctuellement) à l’insurrection. La France d'en haut s’en étonne et n’a pas assez de mots pour condamner la violence. J’ai horreur de la violence. Malheureusement, elle était prévisible. (...)
L’on ne peut s’empêcher d’éprouver un sentiment d’indignation, de révolte face à ce deux poids deux mesures. Il est inévitable que, tôt ou tard, certains le traduisent dans la rue par des actes violents. De cette fureur, tout le monde sortira perdant...
(...)

Journal, extraits du jour J+28, 03/12/2018

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extrait du jour J+25, 30/11/18

Publié le par Pilgrim.

(...)
Énièmes discussions sur le forum Maux d’auteurs, que je fréquente, autour des pseudo éditeurs qui imposent contractuellement l’achat par l’auteur d’un certain nombre d’exemplaires. C’est un peu lassant de toujours répéter la même chose, à savoir qu’un contrat participatif n’a rien d’un contrat à compte d’éditeur. Quoique prétendent les concernés et bien que ça les chagrine de s'entendre dire ça. Et d’argumenter, pour justifier l’acceptation de ces conditions abusives, que l’auteur, de toute façon, est souvent amené à acheter des exemplaires en vue des salons ou des signatures auxquels il s'inscrit lui-même. Que, donc, vente imposée ou pas, cela ne change rien pour son porte-monnaie… Au contraire, cela change tout et fait la différence. Aucune somme ne doit être exigée par l’éditeur à l’auteur. Si ce dernier commande des exemplaires pour des manifestations littéraires, cela doit rester à son initiative et en fonction de ses besoins.
J’en commande, en ce qui me concerne. Les distribue au compte-gouttes au gré de mes participations à des salons ou lors de rencontres. Mais j’en commande quand je veux et combien je veux, en fonction de mes stocks et de mes prévisions de vente. (...)
(...)

Journal, extrait du jour J+25, 30/11/18

Publié dans Journal : extraits

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Journal, extraits du jour J+23, 28/11/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
Je suis allé à la médiathèque. J’ai emprunté des films, des livres. Je suis passé devant les miens. Avec la mention FC, collée sur la tranche au-dessus des trois premières lettres de mon nom. La classification. FC pour Franc-Comtois. Auteur régional. Du coin. Mes bouquins n’ont rien de régional. Je ne suis pas Franc-Comtois. J’habite ici ; c’est tout. Il n’y a aucune mention pour les autres écrivains, rien sur la région d’où ils viennent. Les nationaux, les internationaux n’ont pas d’implantation. Seulement ceux des environs en ont une : FC. Sous-entendre : sous-auteurs. Une sous-catégorie. Le sous-prolétariat des auteurs. Un peu comme des intouchables, qu’il faut distinguer des autres, des représentants de la vraie littérature. Il y aurait à dire sur certains de ces représentants. Mais bon. FC pour prévenir le lecteur, justifier la présence du livre dans ces lieux, qui n’aurait pas bénéficié de cette faveur, hors le caractère local de son auteur. Oui. FC. Un stigmate. Une mise en garde. Faut pas vous attendre à grand chose…
Il faut admettre que, parmi les FC, il y a de tout. À boire et à manger. De quoi se méfier et justifier un petit étiquetage. Un échantillon de tous les modes alternatifs d'édition. Il y a ceux, comme moi, publiés à compte d'éditeur par de petites structures éditoriales et il y a ceux à compte participatif, à compte d'auteur ou autopubliés. Difficile de s'y retrouver. (...)
Je râle mais je suis content d'avoir mes livres à disposition à la médiathèque. Le moyen d'être lu. Je me demande si des gens les empruntent. Oui, je suis content malgré cette estampille. Content et reconnaissant envers l'équipe de la médiathèque, qui m'a systématiquement ouvert ses portes et donné l'opportunité de présenter mes bouquins. D'autant plus reconnaissant que cet éclairage ne m'a pas été beaucoup accordé, par ailleurs.
(...)

Journal, extraits du jour J+23, 28/11/2018

Publié dans Journal : extraits

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Avec Territoire d'Artistes, à la BU de Belfort, le 25 novembre 2022

Publié le par Pilgrim.

Rectification de dernière minute : l'événement est annulé !

À la bibliothèque universitaire de Belfort (43 Faubourg des Ancêtres), l'association Territoire d'Artistes propose sa nouvelle édition de Territoire d'Auteurs, jusqu'au 10 décembre.
Dans ce cadre, j'aurai le plaisir de présenter mon travail et de proposer mes ouvrages le vendredi 25 novembre 2022, après-midi.

Avec Territoire d'Artistes, à la BU de Belfort, le 25 novembre 2022

 

 

Avec Territoire d'Artistes, à la BU de Belfort, le 25 novembre 2022

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Journal, extraits du jour J+21, 26/11/2018

Publié le par Pilgrim.

(...)
Ils ont réussi. De beaux parcours professionnels. La confiance en eux qu'ils possédaient déjà, très jeunes, en est sans doute la cause. Ils n'étaient pas particulièrement brillants, plutôt moyens d'après mon souvenir. Ils avaient probablement l'essentiel : l'assurance, du charisme et, aussi, le milieu social et le réseau qui va avec.
Du succès... et l'un des deux tape sa femme.
Je les revois, chacun avec leur petite idylle, jouer les soupirants dans la cour de récréation. Avec les filles de deux institutrices de l'école. Ils se livraient en spectacle, tiraient prestige de leurs amourettes. Je me souviens de X, agenouillé devant son amour, façon chevalier servant ; il lui déclarait sa flamme et la petite était conquise, flattée. Je regardais ça, étonné, moi qui en pinçais pour une autre, sans oser rien dire. Qui tremblais rien qu'à cette possibilité. Qui, au contraire, faisais tout pour dissimuler mes sentiments, jusqu'à ignorer la petite concernée, à l'ignorer ostensiblement afin de marquer mon détachement, de faire croire à mon détachement. À l'opposé de son attitude. Et un peu moins de quarante ans après, lui est condamné pour violences conjugales.
J’y repense et me dis qu’ils feraient de bons personnages de roman, les deux frères, des personnages emblématiques de notre génération. Pourquoi pas ? Une idée à creuser. À cerner.
Nous n’avons pas fréquenté le même collège. Je suis allé à celui du secteur, un établissement de ZEP, appelé Paul Bourget, aujourd’hui rebaptisé Évariste Gallois, dans le 13ème arrondissement. Eux se sont inscrits, comme bon nombre d’élèves de ma classe de CM2, dans le privé, au collège MMM. Déjà, à l’époque, les parents rivalisaient de stratégies de fuite pour éviter le public, pas assez bien pour leurs merveilles. Les préjugés n’ont fait qu’empirer, depuis. Chacun son ghetto.
Je ne les ai pas revus.
X est passé par le privé, loin de la diversité de mon collège et de sa racaille supposée, à l’abri des mauvaises influences. Adulte, il n’en a pas moins tapé sa femme.
(...) Je me sens tellement éloigné de ce genre de personnages. Trajectoires divergentes. Qu’avons-nous en commun en dehors de ces heures passées sur les mêmes bancs, il y a des années ?
J’ai lu qu’il comptait faire appel.
(...)

Journal, extraits du jour J+21, 26/11/2018

Publié dans Journal : extraits

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