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journal : extraits

Journal, extraits des jours J+500 et +501, les 19 et 20/03/2020

Publié le par Pilgrim.

J+500, le 19/03/20
(...)
500 ! 500 jours que j’attends les VR. Je dois avouer que je ne les attends plus guère, ces derniers temps. Je les ai reléguées au second plan de mes préoccupations, y reviendrai sans doute un jour prochain. Un jour prochain qui risque fort d’être assez éloigné. Depuis quatre mois, je n’ai plus tenté aucun envoi.
(...) Pour l’heure, c’est la vie en confinement. Sûr qu’on ne la concevait pas, cette vie-là, il y a seulement quelques semaines. C’est pour mon fils que c’est le plus dur, qui va perdre en quelques jours tout le bénéfice de ses entraînements sportifs. Lui, jusque là astreint à un régime intense d’activités physiques, avec ses multiples séances de natation, courses à pieds et vélo, le voilà contraint à rester enfermé. Pour ma fille aînée, cela ne change pas grand chose. Elle est en période de révision avant ses concours. Elle aurait été de toutes les façons obligée de rester travailler. La situation générale, avec toutes ces tentations extérieures qui ont disparu, offre finalement un contexte favorable aux études. S’agissant de la plus petite, elle ne se plaint pas. Elle suit assidûment les consignes du collège et y répond avec sérieux. La situation lui va. Elle n’a pas envie de sortir. De sorte qu’on doit l’y contraindre afin qu’elle bouge un minimum.
En ce qui me concerne, l’assignation à résidence n’a guère de conséquences sur mes occupations. Puisque j’écris et que je m’occupe de mon foyer…
(...)

J+501, le 20/03/20
(...)
Je ne sais pas comment font les autres pour s’ennuyer. Je n’ai, pour ma part, pas assez de temps pour faire tout ce que j’aimerais. Il est vrai qu’entre mes activités d’écriture et de père au foyer, ce confinement n’en réduit aucune. Au contraire, les augmente.
Je navigue toujours entre mon blog et NWL. Mes priorités du moment. Plusieurs appels à textes ont été lancés, concernant cette période de confinement et la façon dont on la vit. Zonaires, notamment, a lancé le sien. Je ne sais si je vais y répondre. Les derniers textes que j’ai rédigés pour mon blog abordent le sujet. Les journaux de confinement fleurissent sur la toile. Je crois qu’on va vite atteindre l’overdose.
(...)

 

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Journal, extraits des jours J+498 et +499, les 17 et 18/03/2020

Publié le par Pilgrim.

J+498, le 17/03/20
(...)
Ce journal va devenir celui des jours de confinement. Du moins, durant un temps, durant celui du confinement. On prend ses marques, s’adapte. Il y a des situations plus difficiles. Il faudra juste voir comment ça se passe pour le ravitaillement, si comme cela est assuré par les autorités compétentes, il n’y aura pas de pénurie. Je n’ai pas fait de réserves, comme tous ces gens qui se sont rués dans les magasins pour les dévaliser. La foule dans les magasins, ce devait être la fête pour le virus… J’irai dans les jours prochains, je verrai bien ce que je trouve. On s’adaptera.
J’écris pour le blog. Je revois mon roman NWL. L’allège. Essaie de le rendre plus digeste. Je verrai si je parviens à me remettre sur le projet que j’ai initié avant les vacances et à le compléter de nouveaux chapitres. J’ai besoin d’une certaine tranquillité d’esprit, d’une certaine tranquillité tout court pour me lancer dans du neuf. J’ai besoin de longues plages de concentration. Et là, avec tout le monde à la maison, c’est plus difficile. On verra. J’y parviendrai peut-être, malgré tout. Dans les jours prochains. Les semaines prochaines. Il est vrai aussi que c’est une bonne opportunité pour me replonger dans ce roman, NWL, et lui redonner une chance.
(...)

J+499, le 18/03/20
(...)
Je suis allé faire trois courses. Il n’y avait plus grand monde dans le magasin mais les rayons n’étaient pas encore réapprovisionnés. J’ai néanmoins trouvé ce que je cherchais. Le patron m’a dit qu’il serait livré dès cet après-midi. Après le rush des jours derniers, il a été dévalisé. Il aura à nouveau tout ce qu’il faut, dans les heures prochaines. Et il n’y aura plus personne dans les allées. Ce sera le moment de faire ses courses, tranquille et sans risquer la promiscuité. Je pense à tous ces gens venus en masse, en même temps, pour remplir leur stock de conserves, de pâtes, de PQ… La bêtise est sans fond.
Des auteurs du Bunker ont proposé à JFE de mettre en ligne, gratuitement, les livres de la collection sous le prétexte qu’ils traitent de ce qui nous occupe tous en ce moment, c’est à dire du confinement. Il n’est pas pour, estime que tout travail mérite compensation financière, aussi faible celle-ci soit-elle. Je suis plutôt d’accord. Je n’ai pas eu le temps d’exposer mon point de vue. Les commentaires ont vite viré à l’aigre suite à l’exposé de ses arguments, entre les adeptes de la gratuité et les opposants. Jacques Flament a supprimé de sa page le débat qui partait en polémique. Une de plus… Je suis parvenu à vendre un exemplaire de mon Bunker, il y a 10 jours, lors du salon de Bethoncourt. Ce ne serait pas très correct vis à vis de ce courageux et curieux lecteur de le proposer maintenant gratos.
(...)

 

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Journal, extraits des jours J+494 et 497, les 13 et 16/03/20

Publié le par Pilgrim.

J+494, le 13/03/20
(...)
Tout le monde à la maison. Les écoles, lycées et universités sont fermées pour enrayer l’épidémie.
Les prochaines semaines risquent d’être pauvres en écriture. La solution sera sans doute de me pencher sur d’anciens écrits et de les retravailler. Ainsi que je l’ai fait hier, pour mon roman NWL auquel je redonnerai bien une chance. Roman féministe avant metoo, qui pressentait la vague qui allait déferler. Sauf que maintenant, il n’est plus du tout précurseur. Ce n’est pas la première fois que ça m’arrive, d’aborder des sujets que je pressens essentiels, avant qu’ils soient dans l’air du temps. Si mes écrits étaient publiés au moment où je les envoie, ils seraient visionnaires. Comme il faut toujours plusieurs années avant que quelqu’un daigne se pencher dessus (quand quelqu’un daigne se pencher dessus, ce qui est loin d’être toujours le cas), le texte perd de son originalité. Dommage pour moi.

Demain, on ira chercher A à Strasbourg. Son internat ferme, comme son lycée. Sa fin de prépa se fera à la maison. En attendant ses concours.
(...)

 

J+497, le 16/03/20
(...)
Jours de confinement en famille. Nous voilà donc tous les cinq, dans l’appartement. Chacun à travailler comme il peut, selon les quelques rares consignes du collège et du lycée, qui se préciseront sans doute ultérieurement ; le temps pour les profs de s’organiser et de mettre en place des routines adaptées. Tout se passe par internet. Mieux vaut avoir une bonne connexion. Ce qui n’est pas le cas. Nous venons de passer à la fibre mais n’avons pas le relayeur adapté promis par le fournisseur. Faudra peut-être se le procurer d’une autre façon puisque tous les commerces non indispensables (dont les agences télécoms, a priori…) sont fermés. Chacun doit trouver ses marques et son coin de tranquillité pour bosser. G, en télétravail, est largement occupée. A doit pouvoir se concentrer pour ses prochains concours. Quelques longues semaines de révision à gérer seule, au sein d’un environnement pas forcément adapté… Des bâtons dans les roues. Tout le monde est dans la même situation, sauf que les conditions sont plus ou moins bonnes selon qu'on a de l’espace, de la tranquillité. Où l’on revient à l’inégalité liée aux niveaux sociaux… et à la richesse…
En ce qui me concerne, je suis, dans la famille, celui qui peut le plus facilement adapter ses activités, les suspendre sans que cela ait beaucoup de conséquences. Je tiens néanmoins à maintenir autant que possible un régime minimum d’écriture. Je devrais pouvoir y arriver, vu l’ambiance générale, plutôt studieuse (du moins pour l’instant…). J’ai des enfants, qui sont grands maintenant, et qui sont plutôt calmes et sérieux. Ce qui facilite la tâche.
La période est assez anxiogène. D’autant que les discours des derniers jours sont beaucoup plus alarmistes. Ils dramatisent pour que les gens suivent davantage les consignes de confinement et de protection. Ce qui n’est pas encore le cas. Le premier tour des municipales a quand même eu lieu. Nous sommes allés voter. Les mesures de précautions étaient prises. Le taux de participation a été très faible : même pas 34 %. À ce niveau là, on devrait invalider une élection… La maire sortante a été réélue dès le 1er tour avec 54% des voix (soit moins de 18% du corps électoral de la ville…). Elle a indéniablement mieux mobilisé son électorat que les autres, électorat constitué de beaucoup de vieux. Et, si je m’en réfère à ce que j’ai pu voir dans les bureaux de votes : les vieux étaient là… D’autant que dans les Ehpad, il était plus facile de faire des procurations… Bref. Les vieux ont choisi. Montbéliard peut se rendormir pour 6 ans. Rien de bien passionnant n’arrivera à cette ville, les années prochaines…
Cela fait une semaine que je traîne une toux sèche et une petite gène dans les bronches mais rien de méchant. Peut-être est-ce le coronavirus ou pas ? Je n’ai pas de fièvre. Gd a été malade, aussi, pendant les vacances. Tant que cela reste bénin, inutile de se prendre la tête. Il faut juste espérer qu’aucun dans la famille ne développe des symptômes graves. Car si l’un d’entre nous a le virus, je ne vois pas comment les autres y échapperaient. Confinés comme nous sommes dans l’appartement, toute la journée ou presque ensemble, on sera tous atteints. Cela m’inquiète un peu.
(...)

 

 

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Journal, extraits des jours J+484, +490 et +492, les 03, 09 et 11/03/20

Publié le par Pilgrim.

J+484, le 03/03/20
(...)
Dissonances a accepté mon texte, Nuit Cheyenne. La revue le publiera dans le n°38. Je m’en réjouis, évidemment. La deuxième fois que je serai au sommaire de cette excellente revue, fortement prisée des auteurs et à la très bonne réputation. Voilà qui, ajouté à ma publication dans La Femelle du Requin, rend ce début d’année enthousiasmant. Après la traversée du désert 2019, c’est rassurant.
Je vais également transmettre un texte pour Bloganozart et, sans doute aussi, un autre pour le prochain collectif de Jacques Flament. Des éditions moins prestigieuses qu’au sein des deux précédentes revues, mais qui contribueront à ranimer ma présence littéraire. En attendant la sortie de mon recueil à l’automne…
(...)

J+490, le 09/03/20
(...)
Premier salon de l’année, samedi 7, à Bethoncourt. Il n’y avait personne ou presque. Beaucoup d’auteurs qui ne sont pas venus et très peu de visiteurs. Pas très étonnant en ces jours d’épidémie grandissante du coronavirus. Le coronavirus, sujet central des conversations, dont l’impact sur le quotidien des gens inquiète. Il y a, comme d’habitude dans ces cas-là, des réactions irrationnelles. Il n’y avait pas grand monde ; j’ai néanmoins vendu trois exemplaires. Énorme, surtout quand on compare à mes précédentes participations aux salons, où pourtant il y avait davantage d’affluence.
Me remettre maintenant au travail, à l’écriture.
(...)

J+492, le 11/03/20
(...)
J’écris pour le blog, corrige pour Bloganozart. Je ne pense pas, finalement, participer au collectif de JFE.
On entre en plein dans l’épidémie du coronavirus. G a été priée de rester chez elle. Télétravail. Les établissements scolaires accueillent toujours les élèves. Mais pour combien de temps. Je pressens que bientôt toute la famille sera à la maison. Sauf A, qui risque d’être confinée à Strasbourg, dans son internat. Tout le monde à la maison : pas les conditions pour travailler correctement. Je crains une nouvelle baisse de régime…
(...)

 

 

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Journal, extrait du jour J+471, le 19/02/20

Publié le par Pilgrim.

J+471, le 19/02/20
(...)
Il y a longtemps que je n’ai pas été aussi productif. De la matière que j’engrange et sur laquelle je pourrai revenir, que je pourrai refaçonner, polir, transformer. Il faut que je continue. Je touche au bout de ce deuxième texte. Je l’achève, le revois et le mets de côté pour me pencher, la semaine prochaine, sur un autre, qui soit dans la continuité du projet amorcé. La semaine prochaine ou plus tard, car les vacances scolaires arrivent et il m’est toujours difficile de m’immerger dans l’écriture pendant les vacances des enfants. Je crains de briser la bonne dynamique que j’ai laborieusement instaurée.

J’ai vu hier un spectacle très prenant. Une vision chorégraphiée de l’épopée de Gilgamesh par l’Akhram Khan Company. Puissante et impressionnante. Il est rare qu’un ballet (ou un spectacle de danse) offre une telle intensité expressive. Il est rare que j’évoque ici les spectacles ou les films que je découvre. Je le devrais peut-être davantage. Le journal est le lieu où en parler. Reflet de mes impressions à un moment donné. Reflet changeant selon les humeurs, les expériences et le temps qui passe.

Il y a longtemps que je ne me suis plus penché sur mes XXX. Mes XXX, objet de ce journal, et que je délaisse. Sur lesquelles il faudrait que je revienne, auxquelles il faudrait que je trouve un asile. Elles sont aux oubliettes, pour l’instant, mes XXX. Suivront-elles le même sort que mes œuvres recalées, abandonnées, avortées ? Reléguées au fond d’un carton ou d’un disque dur ?
(...)

 

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Journal, extraits des jours J+466 et +469, les 14 et 17/02/20

Publié le par Pilgrim.

J+466, le 14/02/20
(...)
J’ai la première version de mon texte. Je le revois encore un peu puis je le mets de côté. Une nouvelle plus consistante que ce que j’ai pu écrire ces derniers mois. Je suis content. Cela me rassure. D’autant qu’elle peut donner lieu à quelques prolongements. Un ouvrage en germe. À voir. Dès la semaine prochaine, peut-être. L’écriture d’un texte qui suivrait un des personnages annexes de l’histoire. Pour aboutir, à terme, à un roman ( ?) choral. Les destins qui s’entrecroisent. Les vies qui se côtoient, se recoupent, s’ignorent. À voir.
(...)

 

J+469, le 17/02/20
(...)
Pas grand chose de neuf. Le cirque médiatico-politique dans toute sa splendeur avec son bal des hypocrites. Où les arguments se retournent et s’échangent selon les personnes concernées. C’est amusant de voir comment on peut dire tout et son contraire, en fonction d’où on se place. Les discours varient, se contredisent. Untel (un candidat à la mairie de Paris, en l’occurrence) démissionne ; aussitôt on le critique d’avoir démissionné. Il reste ; on le presse de démissionner. Les uns prennent une posture morale et condamne la légèreté du candidat ; les mêmes crient au scandale, au puritanisme ambiant et à la menace contre la démocratie si l’un des leurs est de la même façon attaqué, la victime des mêmes méthodes de fachos. Mots interchangeables, au service des postures et stratégies politiques. Et l’on se demande pourquoi les gens se défient de la politique.
(...)

 

 

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Journal, extraits des jours J+459, +463, +464 et +465, les 07, 11, 12 et 13/02/20

Publié le par Pilgrim.

J+459, le 07/02/20
(...)
En roue libre, en ce moment. Et pas très efficace. Période de transition après la correction du recueil et avant d’y revenir dans quelques semaines. Ce serait bien que je la mette à profit pour écrire des nouvelles ou lancer un nouveau projet d’écriture, plus vaste. Je tourne en rond, comme souvent ces derniers mois.
J’ai parcouru le premier recueil que j’ai écrit, il y a presque 25 ans. Beaucoup de maladresses dans l’écriture et de naïveté dans le propos mais l’ensemble n’est pas si mal. Je suis agréablement surpris. Je m’attendais à des lignes indigestes. Je me dis que l’idée est à reprendre. Reprendre le principe du recueil et sa ligne et les adapter à celui que je suis devenu et au monde d’aujourd’hui.
(...)

J+463, le11/02/20
(...)
Je m’y suis mis. Je suis content. J’ai amorcé une nouvelle. Un peu plus longue que les dernières que j’ai écrites et qui laisse envisager quelques prolongements. Un travail à poursuivre, qui me replonge dans l’écriture, son cœur. La difficulté, à chaque fois, étant de se relancer, de s’asseoir devant le texte et d’y aller.
(...)

J+464, le 12/02/20
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J’avance. Ma nouvelle prend forme. Et consistance. Je n’y passe pas le temps que je pourrais. De longues heures dessus. Je m’aperçois que je manque d’endurance. Au bout de trois heures, je m’arrête. Il me semble qu’auparavant je tenais davantage la distance. Peut-être une question de rythme, d’entraînement. La difficulté de se concentrer quand on est happé par différents sujets, quand on subit l’appel du net. Il est difficile de faire abstraction du reste, de résister à la tentation de se connecter. J’y parviens. Un peu. M’astreint à une discipline. M’impose des objectifs temporels. Trois heures d’affilée, ce n’est pas si mal. Sans compter les autres, d’heures, passées à écrire dans la journée.
Il faut que je consolide mon texte et le poursuive. Je devrais avoir une première mouture intéressante à la fin de la semaine. Et des perspectives de développement.
(...)

J+465, le 13/02/20
(...)
J’ai lu Les échappées de Lucie Taïeb. Intéressant, dans la mouvance de cette littérature française qui décrit la dérive de notre monde vers un de cauchemar, mais qui manque selon moi d’un peu de corps, d’épaisseur. J’ai attaqué ensuite Ravelstein. Portrait dense et profond d’un universitaire où l’on découvre toute la maîtrise de l’auteur qui ne laisse rien percevoir de ses visées ni de l’architecture du roman. Le personnage se meut, on le suit à travers les yeux de son ami et biographe, dont Bellow fait également le portrait en miroir. Ravelstein reste insaisissable, difficile à cerner. Il baigne dans un flou, une sorte d’apesanteur parfaitement organisée par Bellow. Un bordel organisé, dont l’organisation échappe au lecteur.
(...)

 

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Journal, extrait du jour J+458, le 06/02/20

Publié le par Pilgrim.

J+458, le 06/02/20
(...)
Sans doute que je pourrai intégrer à ce journal certains des textes que j’écris pour mon blog, ou certaines des interventions, rares, que je fais sur les fora ou les réseaux sociaux. Quelques lignes qui soulignent mon humeur ou mes intérêts du moment et qui, donc, auraient leur place ici.
J’ai terminé le livre de Pierre Bayard, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? L’auteur divise les livres en quatre catégories, dépassant le clivage lus/non lus : les livres inconnus, les livres parcourus, les livres évoqués et les livres oubliés. Et dans chaque livre, il en distingue trois : le livre écran (celui dont on parle, qui a trait à la vision collective qu’on en a), le livre intérieur (celui qui nous touche personnellement et dans lequel on puise ce qui nous intéresse intimement et qui n’y est pas forcément), le livre fantôme (livre virtuel, l’idée qu’on s’en fait (de son histoire, de son contenu) et qui peut être dévoyée). C’est intéressant. Les références littéraires sur lesquelles il s’appuie sont passionnantes et elles ont le mérite pour beaucoup de me remettre en tête certaines œuvres. Ainsi du roman de Pierre Siniac, Ferdinaud Céline, que j’ai lu il y a quinze ou vingt ans, et qui m’avait, je le crois, emballé, mais dont je ne me rappelais rien, dont j’avais complètement oublié la trame, dont ne me restait que les noms des deux protagonistes, Gastinel et Dochin, et uniquement parce que je les avais réutilisés pour l’une de mes nouvelles qui n’est jamais parue. L’idée qu’aucun livre n’est jamais lu, parce que le livre s’échappe dès que l’on commence à le lire et, irrémédiablement, quand on en tourne la dernière page, est je crois pertinent. Il suffit de se rendre compte à quel point les livres lus se noient dans un brouillard plus ou moins dense, en dépit du temps passé à les lire, et quel que soit le plaisir qu’on a pu éprouver à les lire. L’auteur préconise de ne pas lire, de privilégier une connaissance culturelle des livres afin de développer la créativité de chacun, libre de réinventer le livre en fonction de ce qu’il en sait, de ce qu’il voudrait qu’il soit, de ce qui l’arrange qu’il soit… Je ne suis pas convaincu…
(...)

 

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Journal, extraits des jours J+452, +456 et +457, les 31/01, 04/02 et 05/02/20

Publié le par Pilgrim.

J+452, le 31/01/20
(...)
Période laborieuse. Je ne cesse de corriger mon recueil. Il va falloir que j’y mette un terme, décide de la fin. La réécriture est infinie. Il faut savoir finir. Je me répète.
J’enverrai une version à Zonaires, la semaine prochaine. Peut-être encore une ou deux relectures, et je le transmets. De toutes façons, j’aurai encore le temps d’y revenir d’ici la publication et d’apporter quelques petites modifications si d’aucunes s’imposent.
(...)

J+456, le 04/02/20
(...)
J’ai transmis la dernière version du recueil à Zonaires. J’ai repris et corrigé un peu la nouvelle que j’ai retirée du recueil. Des fois que l’éditeur y tienne et me demande de l’y réintégrer. Ce dont je doute. Travail aussi sur mon blog : sur les prochains articles. Bref, la routine. Les affaires courantes.
Il faut que je prévoie un texte pour Bloganozart. Sur le thème Décalé. J’attends des précisions sur le format et la longueur attendus. Je ne sais encore si je piocherai dans mes réserves ou si j’écrirai un inédit pour l’occasion. Ce serait bien que j’écrive du neuf. Je me sens un peu sec, en ce moment, sans sève. Il suffit sans doute que je m’y mette pour relancer la machine mais je rechigne à y aller. Je sais que ce sont les premiers mots qui coûtent le plus. Cela fait des semaines, voire des mois, que je n’ai rien pondu de nouveau. En dehors de mes textes pour le blog… et des quelques lignes pour ce journal.
(...)

J+457, le 05/02/20
(...)
J’ai écrit un bref texte. Pas très consistant, dont je ne sais trop quoi faire, mais qui a le mérite d’être nouveau. Je l’ai écrit, comme cela m’arrive de temps en temps, sans savoir, en déroulant simplement, en enfilant les mots les uns après les autres. Un procédé qui conduit toujours à des résultats décalés. Qui peut produire de belles surprises. Qui tourne parfois à l’exercice un peu vain. Peut-être que j’intégrerai ce texte au sein de ma série Les 29 morts de Janka. Peut-être.
(...)

 

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Journal, extraits des jours J+448, +449 et +451, les 27, 28 et 30/01/20

Publié le par Pilgrim.

J+448, le 27/01/20
(...)
Toujours du travail. Sur mon recueil que je ne cesse de reprendre, encore et toujours. Sur mes blogs. Mes blogs, car je revois aussi mon premier, consacré à mes virées et sorties dans la région (Mon blog à Montbé), et lui fais passer une cure de jouvence. Je le restructure, le spécialise. Du boulot !
(...)

J+449, le 28/01/20
(...)
La refonte de Mon blog à Montbé avance. La correction du recueil, aussi.
J’ai été contacté par Bloganozart pour une éventuelle contribution à un prochain projet collectif. J’ai donné mon accord de principe. 2020 s’annonce plus prolifique en publications que 2019. Je ne peux que m’en réjouir.
Quant à mes XXX : point mort !

J+451, le 30/01/20
(...)
Gros travail sur Mon blog à Montbé. Et poursuite de ma revue du recueil. Celui-ci aura pas mal évolué depuis la version que j’ai donnée à Zonaires, en avril dernier. J’espère que ça ira. Je pense avoir mené un vrai travail de fond, dessus.
Je lis beaucoup, aussi. J’ai achevé, il y a peu, Le lambeau de Lançon. Un ouvrage marquant, qui m’a replongé dans ces jours traumatisants de janvier 2015. Je crois que l’attentat de Charlie Hebdo est l’événement qui m’a le plus atteint, qui m’a le plus ébranlé. Par sa portée symbolique. Parce qu’il touchait au cœur de ce qui fait que je suis moi, qu’il touchait à notre existence même. Une question existentielle.
Je lis maintenant Un peu tard dans la saison. Une lecture plaisante, qui s’occupe du réel, qui parle aussi des attentats et de notre société qui se désagrège. Un auteur français, un de plus, qui s’occupe de notre monde et de son évolution, qui fait un constat de sa dislocation, des conséquences de son individualisme et qui m’a fait penser à Damasio et à ses Furtifs, même si Damasio est beaucoup plus dans l’imaginaire. Et à Houellebecq, aussi. Dont les livres ne parlent que de ça. Houellebecq dont il est beaucoup question dans Le Lambeau. Et d’aucuns disent ensuite que les auteurs français ne s’intéressent qu’à leur nombril, qu’ils ne parlent pas du monde. Conneries.
(...)

 

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