Journal, extrait du jour J+458, le 06/02/20
J+458, le 06/02/20
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Sans doute que je pourrai intégrer à ce journal certains des textes que j’écris pour mon blog, ou certaines des interventions, rares, que je fais sur les fora ou les réseaux sociaux. Quelques lignes qui soulignent mon humeur ou mes intérêts du moment et qui, donc, auraient leur place ici.
J’ai terminé le livre de Pierre Bayard, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? L’auteur divise les livres en quatre catégories, dépassant le clivage lus/non lus : les livres inconnus, les livres parcourus, les livres évoqués et les livres oubliés. Et dans chaque livre, il en distingue trois : le livre écran (celui dont on parle, qui a trait à la vision collective qu’on en a), le livre intérieur (celui qui nous touche personnellement et dans lequel on puise ce qui nous intéresse intimement et qui n’y est pas forcément), le livre fantôme (livre virtuel, l’idée qu’on s’en fait (de son histoire, de son contenu) et qui peut être dévoyée). C’est intéressant. Les références littéraires sur lesquelles il s’appuie sont passionnantes et elles ont le mérite pour beaucoup de me remettre en tête certaines œuvres. Ainsi du roman de Pierre Siniac, Ferdinaud Céline, que j’ai lu il y a quinze ou vingt ans, et qui m’avait, je le crois, emballé, mais dont je ne me rappelais rien, dont j’avais complètement oublié la trame, dont ne me restait que les noms des deux protagonistes, Gastinel et Dochin, et uniquement parce que je les avais réutilisés pour l’une de mes nouvelles qui n’est jamais parue. L’idée qu’aucun livre n’est jamais lu, parce que le livre s’échappe dès que l’on commence à le lire et, irrémédiablement, quand on en tourne la dernière page, est je crois pertinent. Il suffit de se rendre compte à quel point les livres lus se noient dans un brouillard plus ou moins dense, en dépit du temps passé à les lire, et quel que soit le plaisir qu’on a pu éprouver à les lire. L’auteur préconise de ne pas lire, de privilégier une connaissance culturelle des livres afin de développer la créativité de chacun, libre de réinventer le livre en fonction de ce qu’il en sait, de ce qu’il voudrait qu’il soit, de ce qui l’arrange qu’il soit… Je ne suis pas convaincu…
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