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Un an. Un an que j’ai posé le point final aux XXX. Un an que j’attends leur publication. Et rien. Rien en vue. Rien qui se profile. Point mort.
Un an que j’espère l’édition du roman. Un an que je n’ai rien écrit de consistant, en dehors de ma longue nouvelle (c’est déjà ça). Un an que je me consacre à d’anciens textes, à des recueils qui ne voient pas le jour, eux non plus. Un an que je tiens ce journal. Plus ou moins régulièrement. Ce journal qui me paraît si vain et que je poursuis quand même. Dont je peine de plus en plus à percevoir l’intérêt mais dont je me dis que, peut-être, un jour, il sera la source de quelque chose, qu’il constituera les fondations d’un projet littéraire. J’ignore ce que je ferai de ces pages. La plupart, si ce n’est toutes, passeront sans doute à la trappe.
Un an que je merdoie. Joyeux anniversaire !
Un an : l’occasion d’un petit bilan, d’une revue de textes, d’une (re)lecture de ces pages. C’est moins mauvais que je ne pensais. Inégal. Répétitif. Néanmoins, cela se tient. Je ne sais toujours pas ce que j’en ferai.
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J’ai participé au salon du livre de Belfort, organisé dans le cadre de la grande foire aux livres. Je n’ai rien vendu. Zéro.
Je n’y étais pas allé l’an dernier. Je m’y suis rendu cette fois, avec rien de bien neuf à proposer. Pour rien, donc. Pour rien, si ce n’est pour revoir quelques camarades auteurs et profiter un peu de l’organisation et de l’accueil fait aux auteurs. Et pour recevoir quelques réflexions bien senties de gens de passage…
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Une dame s’est arrêtée à ma table et à celle de ma voisine, pendant le salon, pour discuter. Au bout d’un moment, elle a prétendu qu’elle me connaissait, qu’elle me suivait depuis une dizaine d’années. J’ai été étonné. Je ne publie vraiment que depuis peu de temps. Elle a confirmé qu’elle connaissait mes écrits. Cela remontait au temps où je participais à des concours de nouvelles. Elle ne voulait pas me révéler dans quelles circonstances elle m’avait découvert, sinon, je la détesterais. Bizarre. Je ne vois pas pour quel motif, j’en serais venu à la détester. J’ai pensé que sans doute elle devait fréquenter les mêmes fora littéraires que moi, sur internet. Elle a refusé de me dire qui elle était… Et puis, au fil de la conversation, elle s’est mise à me balancer des piques bien tranchantes tout en assurant qu’elle appréciait ce que j’écrivais. L’amour vache. Elle m’a demandé si j’étais divorcé, s’est étonnée que je ne le sois pas, que ma conjointe ne m’ait pas largué. Elle m’a ensuite soupçonné de travailler au black, et comme ça n’était pas le cas, s’est scandalisé du fait que je vivais aux crochets de ma femme. Selon elle, je l’exploitais. Elle m’a carrément traité de proxénète quand elle a employé le mot tapin à la place de turbin. Elle s’est reprise, a reculé quand je lui ai fait observer qu’elle m’insultait. Bref… Très bizarre. La femme semblait malheureuse, hantée par des idées noires… Elle échangeait avec ma voisine, auteure d’un témoignage à propos du cancer, et se montrait concernée. Je n’ai pas compris si elle-même était malade ou si l’un de ses proches l’était. Je suis arrivé trop tard dans la conversation (je m’étais absenté de ma table) pour le savoir. Raison pour laquelle je me suis montré patient et ne l’ai pas rembarrée trop brutalement. Bizarre… L’on n’imagine pas être repéré. J’ai tellement l’impression d’écrire dans le vide, que ce soit à travers mes textes ou à travers mon blog, que lorsqu’un ou une inconnue prétend me connaître moi et mes écrits, j’ai du mal à le croire.
Je relis brièvement mes derniers mots. C’est vraiment à chier sur le plan littéraire. Il faudra, si je décide de faire quelque chose de tout ça, tout revoir en profondeur. Ces lignes sont de simples notes, de la matière à mettre au chaud pour d’ultérieurs développements.
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Refus supplémentaire. Argumenté, celui-ci. Succinctement argumenté mais argumenté. Des arguments dont je prends acte même s’ils ne se réfèrent, je pense, qu’aux premières pages du roman. Premières pages qui ne présagent pas forcément du reste… L’éditeur m’invite à discuter avec lui de mes projets. Curieux… Si je l’intéresse d’une manière ou d’une autre, il n’a qu’à me contacter.
J’ai croisé Thierry Weber, l’éditeur (...) des éditions Tonnerre de l’Est, implantées à Montbéliard et spécialisées dans la publication de livres relatifs au vin et à la biodynamie. Il m’a encouragé à proposer mon travail à La clé à molette, autre maison montbéliardaise, que je suis aussi depuis un moment et dont j’ai lu plusieurs ouvrages mais dans la ligne de laquelle je ne pense pas être tout à fait… J’ai d’ailleurs plusieurs fois eu l’occasion de croiser cet éditeur, lors de manifestations littéraires. Je lui ai manifesté mon intérêt pour son travail. Il n’a guère manifesté le sien pour le mien. Je ne me vois donc pas taper à sa porte et insister. Ça n’est pas mon genre. Pourtant, contrairement à mes recueils, mon roman (...), je crois, pourrait s’inscrire dans son catalogue.
Pantalonnade médiatique, ce début de week-end, avec l’affaire Dupont de Ligonnès qu’on a cru retrouver. Tous les médias se sont rués dans la brèche de cette supposée réapparition et se sont trouvés fort marris quand l’homme concerné, sur lequel tous les feux se sont braqués, s’est révélé être un retraité bien tranquille. Une histoire d’empreinte digitale partiellement conforme aurait amorcé la machine folle. Heureusement que le ridicule ne tue pas. Il ne tue pas mais peut provoquer des dégâts sévères.
Dans le même temps, Erdogan continue son offensive dans le nord de la Syrie, face aux Occidentaux impuissants. L’Occident qui n’a plus aucune voix, plus aucune colonne vertébrale diplomatique. La Russie tire les marrons du feu.
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Concentré sur mes deux recueils que je travaille de front. Pendant ce temps, la terre tourne. Les Turcs attaquent la Syrie du nord et les Kurdes, traîtreusement lâchés par l’Occident et les États-Unis en premier lieu. Attentat antisémite et raciste en Allemagne perpétré par un nazi. Attentat islamiste en France à la préfecture de Paris perpétré par un membre habilité secret défense, radicalisé à l’insu de ses collègues du renseignement, il y a quelques jours. Et les préoccupations environnementales grandissantes. L’impression que tout part en vrille, que plus rien n’est contrôlable, que le chaos devient la mesure de toute chose.
J’écris.
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Il n’y a trop rien à dire. Je continue à plancher sur mes recueils, les structure, les améliore (du moins, c'est l'objectif). Je ne pense plus guère aux XXX, comme si je les avais mises de côté, comme si j’avais fait une croix dessus. Je n’ai pas fait une croix dessus ; j’espère toujours leur trouver un peu de lumière. Je continuerai encore un temps à leur chercher un refuge même si ce sera de loin en loin. Il est vrai néanmoins que ça sent pour elles le sapin… et je préfère ne pas trop y penser.
De fait, ce journal a de moins en moins de sens. Je le poursuis encore. L’attente de mes XXX qui n’adviendront jamais… Peut-être ferai-je de ce matériau que constituent ces pages autre chose. Un roman ? Peut-être.
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C’est désolant à quel point il ne se passe rien.
Le pays est remué par la mort de Chirac. On en fait des caisses. Dans trois jours, on n’en parlera plus. Catastrophe écologique à Rouen. D’aucuns en viennent à soupçonner l’état d’avoir organisé le décès du vieux président pour détourner l’attention des conséquences environnementales du sinistre industriel.
Certains voient des nains partout, d’autres, des complots…
Il faut que je m’attelle à un nouveau texte. Quelle que soit sa longueur. Un 10000 secs serait bien.
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J+315
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Je n’ai toujours pas relancé les XXX. La tête ailleurs. L’envie de passer à autre chose. Je n’en ai pourtant pas terminé avec ce texte. Voilà un moment, aussi, que je n’ai plus reçu de réponses, le concernant. Faut-il considérer que je n’en recevrai plus ? Pas de nouvelles, notamment, d’un certain nombre d’éditeurs… Sans doute ne dois-je en espérer aucune.
Non, je n’ai pas la tête aux XXX. Je l’ai à mon blog et surtout à ma longue nouvelle...
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J+322
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J’ai repris mon recueil, (...). Enlever des textes, en ajouter. Revoir ceux-ci. Les intégrer dans le recueil selon une cohérence interne. Trouver un équilibre entre les courtes, les longues, dans leur succession. Je navigue entre plusieurs projets sans me focaliser sur aucun. J’ai tout de même l’impression d’avancer. Quand j’aurai trouvé un nouveau sujet sur lequel me concentrer, un sujet qui demandera un travail au long cours, j’irai. J’aimerais néanmoins que l’un au moins que j’ai actuellement sous le coude (romans, recueils) se conclue…
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Je m’aperçois que je ne parle plus guère des (...), comme si j’avais enterré le projet. Comme si j’étais passé à autre chose. Et je dois l’admettre : depuis que j’y pense moins, je me sens plus léger, délesté d’un poids et plus à même de me consacrer à autre chose, à l’écriture, en l’occurrence. La relégation des (...) au second plan de mes préoccupations me libère. Pourtant, je n’ai pas encore renoncé à le publier et espère toujours la manifestation enthousiaste d’un éditeur. Il faut que je continue ma quête et contacte d’autres maisons. Oui, il faut… Il faut mais ça m’emmerde…
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J+291, le 23/08/19
(...) J’ai un texte à écrire. Sur l’errance. Commandé par les éditions Zonaires. Je peine à m’y mettre. Il va falloir que je m’y mette, me lance. J’ai une idée. Y’a plus qu’à. Je recule l’échéance. Velléitaire. Je n’ai pas envie. Ce texte est pourtant une chance, je le devine, une branche à laquelle m’accrocher, un point d’appui pour me relancer. Remettre la machine en route. Amorcer la pompe. Redémarrer.
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J+294, le 26/08/19
(...) Je gamberge. Je sens que ça bouillonne. Prémices de l’écriture. Ça me démange et c’est plutôt rassurant. J’attends d’avoir une plage horaire suffisamment conséquente devant moi pour me mettre à ma table de travail. C’est bientôt la rentrée des enfants. Du temps d’écriture en perspective pour moi.
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Retour au bercail et à ces pages, après une longue pause. Randonnées et grands espaces alpestres, au programme. La cervelle aérée et le corps revivifié. Et rien de nouveau s’agissant du sujet qui nous occupe ici (...). Simplement deux refus supplémentaires, toujours assortis de la même antienne : bon texte mais pas pour soi. J’ai encore la tête ailleurs. Je sais qu’il va falloir replonger. Malgré tous les murs éditoriaux contre lesquels je me cogne. En faire abstraction. Retrouver la foi et lutter contre le néant. Don Quichotte.
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