Rashomon, le mythe et la condition humaine
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La lumière, l'ombre et les esprits.
Kurosawa, en état de grâce, comme en apesanteur, sonde les mystères de l'âme. Rarement mythe aura été rendu aussi vibrant, la nature aussi vivante, spectatrice omnisciente du drame qui se joue. Forêt hantée par les éclats d'une vérité qui échappe, bruissant des origines qui la fondent et traversée par un Toshiro Mifune en dieu Pan bondissant, entre arrogance et résignation, qui irradie par son énergie.
L'homme se voile la face, écrasé par sa condition. Ment pour se supporter. Il ne sait plus à quel saint se vouer, à quelle illusion s'abandonner. Le désespoir l'accable. Tout petit sous le poids des éléments, sous le poids de ses errances, il pleure. Un rayon de soleil passe. Il s'accroche à sa queue. Il faut bien continuer à vivre.