La piste des étoiles
Les nuits en décembre, les rues mouillées font des ciels scintillants sous les pieds comètes des passants.

Les nuits en décembre, les rues mouillées font des ciels scintillants sous les pieds comètes des passants.

J'ai des souvenirs plein mes poches trouées
Petits cailloux tombés de ma mémoire
Je les écrase les enterre, sur mes pas ne reviens pas.

Dans la main du miroir, son regard se perd. La surface polie efface les plis, les creux, les boursouflures des désirs étouffés. Une momentanée altération de sa perception. Il ravale la morsure du temps, se redresse, bombe le torse. Renonce.
Son reflet le rattrape au collet, lui fait baisser les yeux vers son bide.

Don Quichotte, illustration de Dubout
Pendant que les enfants meurent, je dors monstre, mange monstre, écris monstre.
Pendant que les enfants meurent.
J'écris monstre, mange monstre, dors monstre. Et j'écris monstre que les enfants meurent.
Pendant qu'ils meurent. Là-bas.
J'écris monstre qu'ils meurent. Et ils meurent quand même.
Et j'écris monstre quand même.
Quand même.
Pendant que les enfants meurent
J'écris monstre que les enfants meurent
Et les enfants meurent.
Et moi
J'écris
Quand même
Je gratte l'encre plein ongles ; sur le papier des écailles noires soufflées par le cri de son cœur,
petit ange.
Le mot en miettes vernies, minuscules plumes lustrées par mon regret,
volette,
dessine sur le carreau une trace éclatée du secret.
Chute.

La rivière dans sa cuirasse d'argent joue à rebrousse-pente sur les cordes du courant.
Le cormoran claque l'écume.
Des miroitements.

Tu ajustes l'idée au fusil et à bout portant tires. Dreling, dreling, tinte-t-elle en s'échappant par les mailles de ton crâne poreux. Tu tentes de la rattraper, lances ton filet au petit bonheur la chance ; le tends, geste dérisoire. Entre tes doigts, un papillon t'a laissé la poudre de ses ailes.

Deux soleils se couchent
En reflet le rouge à joues
Les fruits ronds du jour
J'ai chaud quand tu rougis.
