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2 recueils passionnants chez "Paul & Mike"

Publié le par Pilgrim.

"Paul & Mike" est un petit éditeur comme on les aime. À l'instar d'un Jacques Flament, d'un Christophe Lucquin, de Quadrature, des Editions Zonaires, de La Chouette Borgne et de quelques autres valeureux, vent debout envers et contre le système qui ne favorise pas leur boulot, il donne à entendre des voix belles et singulières. 

Ainsi des auteurs de ces deux recueils que j'ai eu la chance de découvrir et dont je disais quelques mots sur le forum Maux d'auteurs, mots que je restitue ici (ce qui me procure conjointement l'intense volupté d'être cité et les délices de l'oisiveté).

La racine du fleuve - Alain Émery :
Du Conrad revisité par Simenon ! Il plane indubitablement sur ce recueil et en particulier sur la nouvelle éponyme, l'ombre de Kurtz et de Jim. Et comme l'auteur d'Au cœur des ténèbres, Alain Émery nous plonge dans les tréfonds de l'âme humaine, en se gardant bien de toute explication.
Chacun connaît le talent du nouvelliste et je n'en rajouterai pas ! Je voudrais juste dire que plus je le lis, plus je suis impressionné, comme si d'oeuvre en oeuvre, il gagnait encore en maîtrise, en justesse, et qu'il se rapprochait toujours davantage d'une forme de plénitude. Et il n'y a qu'à se pencher sur son journal (proposé par Jacques Flament Editions, ici) pour s'en convaincre.

 

La fuite est un art lointain - Catherine Quilliet :
La fuite est un art lointain, paraît-il, c'est l'auteure qui le dit ! Et en matière d'art, elle s'y connaît, tant elle maîtrise le sien. Quelle belle voix singulière, qui sait happer son auditoire en deux temps trois mouvements et le plonger dans des atmosphères quasi désincarnées (ou au contraire très incarnées quand l'auteure s'en prend au corps même du langage (voir Pas de course)), désincarnées alors que c'est le corps qui semble être le grand acteur de ces nouvelles, si bien que l'on pourrait presque ajouter en sous-titre de recueil : mon corps, mon ennemi ou mon corps, cet étranger ou plutôt, cette étrangeté... Non pas le corps dans le corps à corps, mais dans le corps à soi-même parce qu'ici, c'est affaire individuelle et souvent une lutte à mort.
Vous l'aurez deviné : je recommande chaudement !

Et quand on sait que la maison vient de sortir un recueil de l'excellente nouvelliste Sylvie Dubin, et qu'elle publie aussi Fabien Pesty, l'on ne peut qu'être convaincu de la qualité de son catalogue.

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Visite guidée du Bunker (2) : Vénus et Lucien de Samosate

Publié le par Pilgrim.

 Le bunker, troisième témoignage chez Jacques Flament Editions

 

Visite guidée du Bunker : étape n°2   Aphrodite Braschi, du type de l'Aphrodite
de Cnide attribuée à Praxitèle.
(voir aussi les Vénus d'Arman)

 

Les amours de Lucien de Samosate (extrait) : 

"Quand notre admiration satisfaite se fut un peu refroidie, nous aperçûmes, sur l'une des cuisses de la statue, une tache semblable à celle d'un vêtement. La blancheur éclatante du marbre faisait ressortir encore plus ce défaut. D'abord, je me figurai, avec quelque vraisemblance, que ce que nous voyions était naturel à la pierre. Les plus belles pièces ne sont point à l'abri de ce défaut, et souvent un accident nuit à la beauté d'œuvres qui, sans cela, seraient parfaites. Croyant donc que cette tache noire était un défaut naturel, j'admirai l'art de Praxitèle, qui avait su dissimuler cette difformité du marbre dans l'endroit où l'on pouvait le moins l'apercevoir. Mais la prêtresse qui nous accompagnait nous détrompa en nous racontant une histoire étrange et vraiment incroyable : "Un jeune homme, d'une famille distinguée, nous dit-elle, mais dont le crime a fait taire le nom, venait fréquemment dans ce temple ; un mauvais génie le rendit éperdument amoureux de la déesse. Comme il passait ici des journées entières, on attribua d'abord sa conduite à une vénération superstitieuse. En effet, dès la pointe du jour, avant le lever de l'aurore, il accourait en cet endroit et ne retournait à sa demeure que malgré lui et longtemps après le coucher du soleil. Durant tout le jour, il se tenait assis vis-à-vis de la déesse.  Ses regards étaient continuellement fixés sur elle.  Il murmurait tout bas je ne sais quoi de tendre, et lui adressait en secret des plaintes amoureuses.
Voulait-il donner le change à sa passion, il disait quelques mots à la statue, comptait sur une table quatre osselets de gazelle, et faisait dépendre son destin du hasard. S'il réussissait, si surtout il amenait le coup de Vénus; aucun dé ne tombant dans la même position, il se mettait à adorer son idole, persuadé qu'il jouirait bientôt de l'objet de ses désirs. Mais si, au contraire, ce qui n'arrive que trop souvent, le coup était mauvais, et si les dés tombaient dans une position défavorable, il maudissait Cnide entière, s'imaginant éprouver un mal affreux et sans remède.  Puis, bientôt après, reprenant les dés, il essayait, par un autre coup, de corriger son infortune. Déjà, la passion l'irritant de plus en plus, il en avait gravé des témoignages sur toutes les murailles.  L'écorce délicate de chaque arbre était devenue comme un héraut proclamant la beauté de Vénus. Il honorait Praxitèle à l'égal même de Jupiter. Tout ce qu'il possédait de précieux chez lui, il le donnait en offrande à la déesse. Enfin la violence de sa passion dégénéra en frénésie, et son audace lui procura les moyens de la satisfaire. Un jour, vers le coucher du soleil, à l'insu des assistants, il se glisse derrière la porte, et, se cachant dans l'endroit le plus enfoncé, il y demeure immobile et respirant à peine. Les prêtresses, suivant l'usage, tirent du dehors la porte sur elles, et le nouvel Anchise est enfermé dans le temple. Qu'est-il besoin de vous dire le crime que cette nuit vit éclore ? Ni personne ni moi ne pourrais l'essayer. Le lendemain on découvrit des vestiges de ses embrassements amoureux, et la déesse portait cette tache comme un témoin de l'outrage qu'elle avait subi. À l'égard du jeune homme, l'opinion commune est qu'il se précipita contre des rochers ou qu'il s'élança dans la mer.  Le fait est qu'il disparut pour toujours."
La prêtresse parlait encore, que Chariclès, l'interrompant, s'écria : "Une femme se fait donc aimer, même lorsqu'elle est de pierre ? Eh ! que serait-ce, si l'on voyait vivante une beauté si parfaite ? Ne préférerait-on pas une seule de ses nuits au sceptre de Jupiter ?" Alors Callicratidas se mettant à sourire : "Nous ne savons pas encore, Chariclès, dit-il, si, en arrivant à Thespies, nous n'apprendrons pas une foule d'histoires semblables. En attendant, ceci est une preuve manifeste, qui dépose contre la Vénus que tu préfères. - Comment donc ?" repartit Chariclès. Callicratidas lui répondit avec assez de raison, ce me semble : "Ce jeune homme amoureux, dit-il, avait le loisir d'une nuit entière et pleine liberté pour satisfaire complètement sa passion ; cependant il s'est approché de la statue à la manière philopédique, et il eût voulu, je pense, ne point trouver de femme de l'autre côté. " Quelques propos semblables, jetés au hasard et sans ordre, ayant soulevé une dispute assez vive : "Mes bons amis, leur dis-je, pour apaiser la querelle, traitez donc la question avec plus de méthode, comme il convient entre gens instruits. Cessez une discussion qui, n'étant point réglée, ne finirait jamais, et que chacun de vous, à tour de rôle, soutienne son opinion. Il n'est pas encore temps de retourner au vaisseau. Profitons de ce loisir pour nous livrer à la gaieté et à une recherche, qui peut joindre l'utilité au plaisir. Sortons donc du temple, allons nous asseoir dans quelqu'une des salles de festin et là nous pourrons, à notre aise, écouter et dire tout ce qu'il nous plaira. Souvenez-vous seulement que celui qui sera vaincu en ce jour ne doit plus, par la suite, revenir à la charge sur de pareils objets.""

Le texte complet, ici !

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Le bunker 3 : la 4ème de couv !

Publié le par Pilgrim.

Le bunker 3 : la 4ème de couv !

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Visite guidée du Bunker (1) : La Vague

Publié le par Pilgrim.

Je vous convie, ici, à une visite guidée du Bunker 3. Une manière, selon les cas, de découvrir l'ouvrage et son univers ou de prolonger la lecture. Un éclairage personnel du témoignage, qui me fera recourir à différents modes d'expression et à diverses œuvres ainsi qu'à des fragments du texte. Pour une plongée dans le Bunker 3...
Premier arrêt, devant la Vague !

Le bunker, troisième témoignage chez Jacques Flament Editions.


La vague... et dans le bunker 3, c'est sans pub !

 

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Le bunker, troisième témoignage

Publié le par Pilgrim.

Le bunker 3 est sorti ! Par ici, la visite (avec un extrait à lire) !

Le bunker, troisième témoignage

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La petite souris

Publié le par Pilgrim.

Je la réveille.
— Regarde, la petite souris est passée.
L'effet est instantané. Elle ouvre les yeux, se redresse, cherche sur son étagère le cadeau promis.
— Bah, y'a plus ma dent, mais y'a rien non plus ! maugrée-t-elle.
— Si !
Je lui indique du doigt le plafond. Elle obtempère, découvre un cheval rose gonflé à l'hélium, au-dessus de sa tête. Elle esquisse un sourire, enfouit son visage dans sa couette.
— Alors ? T'es contente ? Elle est gentille, la petite souris, non ?
Elle voudrait bien cacher sa joie, n'y parvient pas.
— C'est pas une petite souris, c'est une grosse souris.
Pour preuve, elle me montre l'énorme ballon. Sûr qu'il faut une souris costaud pour apporter ça ! Je me lance dans une explication vaseuse.
— Sans doute qu'elle l'a amené, en coinçant la ficelle entre ses dents.
— En tout cas, elle attend pas, elle ! me lance-t-elle sur un ton de reproche
— Comment ça ?
— Ben oui, vous vouliez pas me l'acheter, vous disiez pas tout de suite et ben, la petite souris, elle, elle attend pas pour me le donner.
Certes…
Elle attrape le bout de la ficelle, tire le cheval harnaché jusqu'à elle, l'enlace.
— Papa ?
— Oui.
— Mais s'il y a du poison dans les caves de l'immeuble, contre les rats et les souris, ben… il y aura plus de petite souris, après… pour…
Oh non, voilà sa petite voix qui tremble maintenant !

Publié dans Père au foyer

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Père ou fou à lier, mes p'tites chroniques à retrouver sur ce blog !

Publié le par Pilgrim.

Je les publiais sur Mon Blog à Montbé, vous retrouverez dorénavant les suivantes sur ces pages.
Les précédentes sont néanmoins toujours en lecture libre, si la pub invasive ne vous fait pas peur, ici !

Père ou fou à lier, mes p'tites chroniques à retrouver sur ce blog !

Publié dans Père au foyer

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Le bunker 3, à suivre...

Publié le par Pilgrim.

 

 

"Mais je reste persuadé que l'homme ne refusera jamais la souffrance véritable, c'est à dire la destruction et le chaos. Car la souffrance est la seule cause de la conscience."

Fedor Dostoïevski - Les carnets du sous-sol

 

 

Le bunker, troisième témoignage, chez Jacques Flament Editions !

Publié dans Actu Bunker 3

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Bienvenue sur mon blog d'auteur

Publié le par Pilgrim.

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Un nouveau blog : Auteur et boule de blog

Publié le par Pilgrim.

Un nouveau blog sur des terres plus accueillantes.

Je l'aime bien mon vieux blog, Mon blog à Montbé, et je vais doucement, encore, continuer à l'alimenter mais depuis qu'Overblog a ouvert la porte à la pub, l'été dernier, c'est le déferlement de messages indésirables, un vrai parasitage et une infection...
J'ai hésité et fini par m'y résoudre. Je me suis retroussé les manches et me suis installé sur cette plateforme nettement moins adgressive pour le blogueur et les visiteurs. J'ai ainsi suivi les traces du barman de Calipso qui, pour les mêmes motifs, a opté pour Ekla. Il ne reste qu'à formuler un souhait (prions pour que les administrateurs d'Ekla m'entendent) : pourvu que ces pages restent longtemps à l'abri de la pub !

Et tant qu'à refaire un blog, j'ai décidé d'en créer un différent, avec une nouvelle ligne, nettement plus littéraire.

Bienvenue à tous !

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