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blaise cendrars

Journal, extrait du jour J+261, le 24/07/2019

Publié le par Pilgrim.

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Je note ces mots de Cendrars : « Je ne trempe pas ma plume dans un encrier, mais dans la vie. Écrire, ce n’est pas vivre. C’est peut-être se survivre. Mais rien n’est moins garanti. En tout cas, la vie courante et neuf fois sur dix, écrire… c’est peut-être abdiquer. J’ai dit. » J’ai sans doute abdiqué. J’ai jeté un œil sur une brève bio de Cendrars. J’ai été un peu déçu. J’imaginais une existence plus aventureuse. Baroudeur, sans doute, mais disons qu’il avait quelques cartes au départ… Il écrit sa légende. Avec quelques rodomontades. Il avait, néanmoins et indéniablement, le talent de la rencontre, dans laquelle il puisait son carburant, la source de son inspiration.
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Journal, extraits du jour J+260, le 23/07/2019

Publié le par Pilgrim.

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Je lis L’homme foudroyé de Blaise Cendrars. Blaise Cendrars avec lequel j’ai en commun les initiales, BC. Et l’écriture. Ce n’est pas rien, l’écriture. L’essentiel. Mais c’est tout ! Il est l’écrivain-monde, l’écrivain voyageur dont la vie extraordinaire est le matériau. À l’opposé de ce que je suis. Bigger than life, dit-on. Loin de moi… Les deux extrémités tendus d’un fil littéraire. Il faudrait que je fasse le compte de mes propres expériences. Cela ne devrait pas me demander trop d’efforts.
Il écrit ça : « Écrire est une vue de l’esprit. C’est un travail ingrat qui mène à la solitude. On apprend cela à ses dépens et aujourd’hui je le remarque. Aujourd’hui, je n’ai que faire d’un paysage, j’en ai trop vu ! Le monde est ma représentation. L’humanité vit dans la fiction. C’est pourquoi un conquérant veut toujours transformer le visage du monde à son image. Aujourd’hui, je voile même les miroirs. Tout le restant est littérature. On n’écrit que « soi ». C’est peut-être immoral. Je vis penché sur moi-même. Je suis l’Autre. »
Ça, il l’écrit au moment où il est en plein travail et non en train de parcourir le monde et de brûler son existence par tous les bouts. Et je m’y retrouve. Je partage ces mots même si j’échangerai le mot conquérant avec celui d’écrivain, même si pour ma part je n’ai pas vu assez de paysages. À la table de travail, on se rejoint.

J’ai vu Old Boy de Park Chan-Wook. Un film prodigieux. C’est en Asie que le cinéma se fait, ces dernières années. C’est en Asie qu’il est vivant, audacieux, inventif et qu’il suscite l’enthousiasme. Une vague asiatique. Et ce n’est pas un hasard si les deux dernières palmes d’or sont asiatiques, japonaise et coréenne. Avec des films magistraux et aussi différents l’un de l’autre, que ma petite existence peut l’être de celle de Cendrars. Oui une vague asiatique, même si l’on trouve ailleurs des singularités. Et même s’il faut aussi compter avec le trio mexicain, Inarritu, Del Toro, Cuaron.
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