• Quand la fumée se lève et que le pays de Mad Max naît sur les cendres du bush calciné et les corps carbonisés des bêtes suffoquées, l'on s'attend à voir surgir le héros, se dessiner sa silhouette blindée sur le rouge des images qui défilent sur nos écrans et dont on s'abreuve, à la fois fasciné et horrifié. Mais non, il ne s'agit pas d'une nouvelle aventure post-apocalyptique du survivant solitaire.

    Sad Max


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  • Ton reflet dans la flaque :
    Un fou flotte.
    Juste un souffle
    Et le fou flou.

    Flic flac flouc


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  • Lucien porte le boucDepuis que Lucien a repris du poil de la bête, il porte le bouc.
    — Ouah, ça te va bien de porter le bouc, s'extasie son pote Max.
    — Mouais, c'est quand même un peu lourd. Surtout dans les escaliers... Ça traîne par terre ; du coup, je marche dessus.
    Max se gratte la tête. Il ne voit pas comment son copain pourrait marcher dessus, à moins d'être contorsionniste ou d'enfiler ses tatanes aux oreilles. 
    — Sans compter que ça pue... regrette Lucien.
    La vérification s'impose. Il en profite pour renifler. Ça sent le bouc, le fait est indéniable. 
    — Elle me rend chèvre, cette odeur.
    Et Lucien ne préférerait pas. Quand il songe au sort de celle de M. Seguin, il en a des frissons, les poils qui se dressent et la barbichette qui se raidit. Il se cabre, chasse ces idées noires. 
    — Ce qui serait bien, ce serait que je puisse le poser de temps en temps, ça me soulagerait.
    Il se souvient de l'effet que ça fait, quand il pose un lapin, se dit que la sensation procurée ne devrait pas être éloignée ; le poids en moins indéniablement lui simplifierait l'existence.
    — Je pourrais reprendre mon souffle et respirer un peu, poursuit-il.
    Max ne comprend rien à ce qu'il dit mais il veut bien faire un effort et semblant.
    — T'as qu'à le raser si ça te gêne.
    — Ben pourquoi ? J'ai pas froid, et puis, j'sais pas tricoter.


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  • Un regard aux ailes de libellule

    Max Ernst : Thirty-Three Little Girls set ou for the White Butterfly Hunt

    1958 - Huile sur toile
    Musée Thyssen -Madrid

     

    "Tout afflue, dit le Maître de Ho. Tout déborde. Tout est là.
    Un regard aux ailes de libellule se pose sur la personne aimée, et rime le Monde sans le connaître celui qui doit le chanter."

     Monde (Épreuves, exorcismes) - Henri Michaux

     

    Meilleurs vœux !


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  • La grève des transports...

     

    … c'est plus de linge sale à laver en famille.

    Par AC©


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  • Prendre le large, aux éditions ZonairesPrendre le large est un ouvrage collectif conçu et réalisé par les éditions Zonaires, sur le thème de l'errance. Il regroupe nouvelles, récits, poèmes, dessins d'une vingtaine d'auteurs et artistes, chacun porteur d'une vision, d'une expression, d'une réflexion conférant à l'œuvre sa densité et sa richesse. Je me suis joint au projet et y ai contribué avec un texte intitulé Topo
    Après mes participations aux trois précédents collectifs de Zonaires (Les cent derniers jours, Rendez-vous après la fin du monde, Brèves revisitées), une belle manière de prolonger l'aventure avec cette passionnante maison d'éditions !

    Au sommaire, j'ai donc le plaisir de figurer aux côtés de : Danielle Akakpo, Estelle Berger, Désirée Boillot, Élisabeth Braure, Jean Calbrix, Dominique Chappey, Annick Demouzon, Alain Emery, Papa Malick Fall, Aziz Fatkhou, Françoise Guérin, Jean Gualbert, Guan Jian, Joël Hamm, Patrick L’Ecolier, Julie Legrand, Laurence Marconi, Nathalie Sougnoux, Élodie Torrente.

    Par ailleurs et en solidarité, 2 euros par exemplaire vendu seront reversés à l'association l'APARDAP (association de parrainage républicain des demandeurs d'asile et de protection).

    Pour tout savoir sur le livre et pour se le procurer, il suffit de se rendre ici, sur le site des éditions Zonaires.

    Et en prime, quelques images pour Prendre le large (bande annonce conçue par Zonaires) :


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  • Le messager de la liberté

     

    À Bethel, Connecticut, c'est le temps de l'apprentissage. Barnum fonde un journal The Herald of Freedom (Le messager de la liberté), y fourbit ses armes et ses slogans à l'emporte-pièces. Les calvinistes rigoristes et sectaires des environs en feront les frais. L'un, pasteur accusé d'exploiter un orphelin, voudra défendre sa réputation. Et l'enverra passer deux mois en prison pour lui faire passer l'envie de la politique. Phinéas Taylor retient la leçon. Il épouse Charity et, bye bye les illuminés et les forcenés de la foi, s'installe à New York. Il se reconvertira dans le show business, où il aura des coudées plus franches. Le rapport à la vérité s'y révélera plus adapté à ses ambitions. Il pourra y déployer l'étendue de ses talents de bateleur.

     

    PT Barnum et son épouse Charity Hallet
    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:P.T._and_Charity_Hallett_Barnum_c1860.jpg  


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  • Puis-je me résoudre à un tête-à-tête avec mes mots ? Leur existence suspendue à la mienne seule. Ils n'ont de réalité que celle que je leur accorde. Il suffira que je disparaisse pour qu'ils se dissipent à leur tour et réduisent mes heures à eux consacrées à une absurdité irrémédiable. Le sens du néant. Et je me dis que c'est l'empreinte que je laisserai, ce néant, une empreinte qui aura le mérite de ne peser ni sur les générations à venir, ni sur la terre. Rien ou presque n'aura souffert de mon passage ici ; j'aurai marqué le monde comme une plume un sol en béton. Pffuitt. Je me volatiliserai avec mes milliers de mots. Plus rien n'en subsistera. Il y a du tragique dans ce destin, où la vie se réduit à rien. L'insignifiance et le désespoir. Les consolateurs y trouveront l'expression d'un peu de sagesse. Vanité...

    Tête-à-tête


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  • Les bruits étouffés de la forêt me font sentir fantôme en hiver 
    Branche en hiver d'un arbre embaumé dans la brume
    Je me vois ombre et silence en hiver.

    En hiver


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  • Contre les murs de la forteresse, Janka se cogna la tête. Il ouvrit les yeux, découvrit la ligne de sang qui le liait à l'édifice et s'enroulait autour de ses chevilles. Il battit le sol des pieds afin de s'arracher à l'entrave. Creusa la fosse de laquelle surgirent les racines des fondations. Elles se propagèrent, envahirent l'espace qu'il libérait à coups de talons. Elles s'accrochèrent à ses membres, les rivèrent au limon de la cité. Janka, en vain, se débattit pour se soustraire à ses chaînes. Il ne réussit qu'à resserrer leur étreinte, qu'à accélérer son engloutissement dans les sables mouvants des oubliettes.

    La 22ème mort de Janka


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