• La médiathèque de Montbéliard m'a invité le samedi 2 octobre 2021, à partir de 10h30, à rencontrer les lecteurs à l'occasion d'un apéritif littéraire. En compagnie de Pascale Églin et de son équipe de la médiathèque, j'y présenterai Cordes sensibles et Les Lucubrations de Lucien. Lectures et discussions autour de mes deux ouvrages à prolonger par des échanges autour d'un verre et d'un buffet ! Un chouette moment de convivialité auquel tout le monde est convié ! 

    Apéritif littéraire à la médiathèque de Montbéliard, le 2/10/2021


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  • Dans "Le rapport cauda", chez FPM

    En premier, il y a l'œuvre, un tableau de Jacques Cauda, artiste protéiforme (peintre, auteur, poète...), représentée sur la couverture de l'ouvrage. En second, il y a le regard, celui de 38 auteurs (dont le peintre lui-même, en un exercice réflexif), le regard sur l'œuvre... et ses conséquences. Il en résulte un ouvrage publié par la maison Tarmac : Le rapport Cauda.
    J'ai eu le plaisir de contribuer à ce projet passionnant en apportant le mien, de regard, une vision du monde inspirée par celle du peintre, comme un prolongement post-apocalyptique du récit que j'ai lu, ou cru/voulu lire. Mon texte s'intitule Abattoir.

    Le Rapport Cauda est disponible chez Tarmac ou à commander dans toutes les bonnes librairies.


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  • Le sable l'eau le vent
    Entre les doigts
    La lumière fuit.

    Branches noueuses tamisent le temps
    Son fil s'amenuise. 

    Persiennes


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  • Il est contrarié, Lucien. Depuis que son livre est sorti, il en prend pour son matricule et son grade, alors qu'il n'en a même pas. Même pas le plus petit accessit d'aspirant apprenti. L'on s'acharne sur son cas, se répand en jugements fallacieux. Il passe pour un demeuré, au mieux pour un candide, un naïf, un innocent, au pire et carrément, pour un con. Et ça, à cause de ce type auquel il a donné sa confiance et qui se prétend son ami !
    — Il m'a pas décrit à mon avantage, se plaint-il à son copain Max.
    — Ah, je trouve pas... le rassure ce dernier.
    Lucien ne voit pas où il veut en venir et ignore son allusion qui l'amènerait, sinon, à reconsidérer sa position et à s'orienter un chouia vers une introspection de laquelle rien de bon ne saurait sortir.  
    — Il faut que je rétablisse la vérité.
    — Tu veux casser ton image ?
    Lucien considère son ami. Il a du mal à le suivre, en ce moment. 
    — Quoi ? Quelle image ?
    — Ben ton image ! Tu veux la casser pour qu'ils changent leur regard sur toi. C'est ce que tu es en train de dire.
    Ah bon, première nouvelle ! Il se demande quand il a abordé le sujet, à quel moment il a évoqué les problèmes de vue et de lunettes des lecteurs.
    — Qu'est-ce que tu racontes ? De toutes façons, je n'ai pas d'images. Je n'ai même pas acheté d'album Panini, cette année.
    Max hoche la tête de consternation. Lucien s'en moque. Il n'est quand même pas tenu de s'y coller systématiquement, surtout qu'il ne parvient jamais à remplir toutes les pages. Il y a toujours une vignette qui manque.
    — Je te parle de TON image, Lucien.
    — Oui, ben j'ai compris. Mais j'te dis que j'en ai pas.
    Lucien se dit à part lui qu'il a bien fait de se dispenser de l'album parce qu'il le voit venir, son pote, avec ses gros sabots et ses tongs : il aurait cherché à lui rafler tous ses doubles sans compensation.
    — TON image, insiste Max en lui désignant son bouquin.
    Lucien tourne les yeux vers la couverture de ses Lucubrations.
    — Tu parles de l'image que j'ai dans le livre ?
    Max acquiesce. Lucien se penche vers l'ouvrage, le saisit. 
    — On peut pas la casser, déclare-t-il en le secouant devant lui. À la limite, je peux la déchirer mais je vois pas en quoi cela améliorera l'opinion qu'ils ont de moi.

    Lucien casse son image


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  • Ma rencontre avec Richard Bohringer

    Je sirote un verre sur la terrasse d’un bar, au bord de l’Atlantique. J’ai choisi un cocktail. Je ne me souviens plus lequel. Une caïpirinha. Ou un mojito. Ou un bloody machin chose. Peu importe. Je me souviens que j’apprécie. Vue magnifique, douceur estivale, conditions optimales. Je profite du moment.
    À la table d’à côté, il y a Richard Bohringer. Il est tout seul. Il fait la gueule. Pas comme moi. G m’accompagne. Bohringer, lui, est tout seul et il fait la gueule. Sans doute qu’il préfèrerait être ailleurs. Il est là en raison d’un petit salon du livre organisé par la cité bretonne ; il a été invité à y participer. Pas moi. Moi, je suis là, parce que je suis en vacances. Lui, il bosse.
    Il a laissé ses livres sur sa table de signatures, s’est octroyé une pause. Il se détend. Du moins est-il sensé se détendre. Ça n’a pas l’air si simple. Il vide doucement son verre. Je ne me souviens plus de ce qu’il boit. Je ne me souviens déjà pas de ce que je bois, moi ; comment me souviendrais-je de ce qu’il boit, lui ? En revanche, je me souviens qu’il fait la gueule. Peut-être pour qu’on le laisse tranquille. Une habitude qu’il a prise afin de décourager les importuns. Qu’on ne l’accoste pas. Une technique efficace. Personne ne le dérange. On le reconnaît, pourtant. Les passants, sur la promenade, le repèrent. Des coups d’œil, des coups de coudes et de menton le désignent discrètement aux proches. Nul ne se risque à l’aborder. On respecte sa solitude. Comme moi.
    Je l’aime bien, Bohringer. Il fait la gueule. Je l’aime bien. Bonhomme bourru, bonhomme bougon, dont l’humanité transpire par tous ses pores et les personnages qu’il a interprétés. Je l’aime bien. J’appelle le serveur. Je règle l’addition. J’en profite pour régler aussi celle de Bohringer.
    — Ne le prévenez pas.
    Non, surtout, qu’il ne lui dise rien. Je n’ai pas envie de m’en prendre une, ni de me faire engueuler. Le serveur acquiesce et encaisse. Avec G, on quitte notre table, s’éloigne du bar. Je suis content ; j’ai payé son coup à Bohringer qui fait la gueule.

    Nous nous éloignons. Suffisamment à l’écart, je me retourne. Je ne résiste pas à la tentation d’observer la scène. Curieux de voir la réaction de l’acteur quand le serveur lui annoncera que sa consommation est déjà payée. Même s’il doit être habitué. Habitué à ce qu’on l’invite. Je m’adosse à une balustrade, sur la promenade, malgré G qui voudrait avancer.
    Bohringer, toujours à sa table, termine son verre. Il appelle le serveur, fouille dans ses poches. Le serveur arrive. Un bref échange s’ensuit entre les deux hommes. Bohringer sort un billet, paye. Le serveur lui rend sa monnaie puis vaque à son service. Bohringer se lève et s’en va.

    J’aurai donc laissé un bon pourboire au serveur. Je souris. Le jeune homme a davantage besoin de sous que Bohringer de mon coup. C’est mieux comme ça.

     


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  • En société, il a l'euphorie factice, le rire forcé et le regard fou qui font fuir les gens comme il faut.
    Nulle part à sa place, à côté de la plaque,
    Seul.

    Alors qu'il voudrait se frotter à la foule, la fendre d'un sourire facile.

    Il ne sait pas y faire.

    Décalé


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  • Ma rencontre avec Lucien

    Il m’arrête dans la rue. Me barre le chemin. Bras écartés devant moi, il se présente.
    — Bonjour, je m’appelle Lucien, Lucien Sanki tout cela n’aurait pas été possible.
    Que lui prend-il ? Il a mal dormi ?
    — B… bonjour Lucien. Qu’est-ce qu’il y a ?
    Il baisse les bras, se résout à semer son trouble.
    — J’ai lu mon livre et il y a des choses qui ne se sont pas déroulées comme vous les décrivez.
    Pourquoi me vouvoie-t-il ? Il est bizarre. Comme si nous n’avions pas traversé ensemble toutes ces pages. Comme si nous ne nous connaissions pas sur le bout des doigts. Je m’écarte un peu. Me tiens sur mes gardes.
    — Et puis, il y en d’autres que vous avez inventées et d’autres que vous n’avez pas retranscrites.
    — Bah, Lucien… Tu sais, on s’éloigne toujours de la réalité quand on écrit. Un livre n’est pas le reflet exact de ce qui se passe.
    Il plonge ses yeux dans les miens. J’y décèle un dépit mêlé d’amertume.
    — Peut-être, mais maintenant, à cause de vous, je passe pour un con !

     


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  • Personnage fantôme prend vie sous les doigts. Pure création ou double inspiré. Le vertige vient quand la confusion s'immisce. Qui procède du réel ? De qui procède le réel ? Comme ses souvenirs dont on ne sait plus si on les a vécus, dont on se rend compte qu'ils sont une construction de notre esprit. Un rêve ou un cauchemar gravé dans la mémoire qui nous fait douter du passé. Scène fantasmée que l'on se rejoue alors qu'on ne l'a jamais jouée. Le trouble nous saisit quand la séquence se pare de perversité. Elle requiert un effort de conscience pour qu'on l'évacue de nos possibles passés. L'on ne peut s'empêcher de penser que l'on se protège. Que l'on s'aveugle. Une barrière mentale. Le refoulement de nos déviances dans le subconscient. Pendant quelques minutes, l'on vacille, l'on ne sait plus qui l'on est, si l'on a vécu cette scène aux effets déflagrants, qui nous détruirait si elle s'avérait. La folie guette. L'esprit est au bord du gouffre. Sur le fil, il faut se garder de basculer. On s'accroche à l'histoire officielle.

    "Le réel et son double"


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  • Lucien commande son livre

    Quand il passe devant une librairie et qu'il ne s'y voit pas – cela arrive fréquemment, il faut l'avouer, et même systématiquement, reconnaissons-le – Lucien se demande où il s'est caché. Il entre, s'enquiert du mystère.
    — Moi-même ? appelle-t-il des fois que lui-même lui réponde.
    La libraire (ou le libraire, c'est selon) vient à sa rencontre.
    —  Je peux vous aider ?
    Lucien dévisage son interlocutrice, se dit que oui, pourquoi pas, toutes les bonnes volontés sont bienvenues.
    — Je cherche mon livre.
    — Ah... vous cherchez votre livre...
    Lucien acquiesce, c'est exactement ça ! Il est impressionné par la capacité de déduction de la libraire. 
    — Et... euh... c'est un livre que vous avez commandé ?
    Il réfléchit. Ne s'en souvient pas. C'est peut-être pour ça qu'il ne le voit pas. Il l'a laissé libre de ses actes, sans lui donner de directive, et encore moins d'ordre. 
    — Ben non... je le commande pas.
    La libraire le considère, perplexe. Lucien se sent obligé de se justifier.
    — Je suis pas son chef... euh, mon chef...
    C'est surprenant, cette habitude, qu'ont les gens, de tout vouloir hiérarchiser. Lucien soupire. On ne peut donc avoir sa place, dans cette société, et jusque dans les librairies, sans lien de subordination.
    — Il faut que je le commande, si je veux me voir ?
    La libraire hésite, jette un œil sur ses tables et ses étagères pleines de bouquins.
    — Ben, ça dépend. Quel est son titre ?
    Lucien la regarde avec des yeux ronds, se demande si elle ne serait pas un peu ancien régime. Sa taille de guêpe laisserait pourtant penser que non.
    — Oh, vous savez, j'ai pas de titre ! Je suis ni duc, ni baron, ni quoi que ce soit d'ailleurs, je suis juste Lucien.
    La libraire recule prudemment. Un sourire figé témoigne de son inquiétude naissante. Lucien s'en aperçoit et, comme il n'aime pas inquiéter les gens (ce n'est pas son genre), il tente aussitôt de la rassurer en se conformant à ses attentes et se résout à se commander. Il se tourne vers les étalages et porte sa voix.
    — Lucien, hurle-t-il, sors de là et montre-toi, c'est un ordre !


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  • Un sentiment filial

     

     

    Il lui a tout appris. Chant, danse, théâtre. Dès ses quatre ans, sur scène. Biberonné aux arts du showbiz. Soumis à une discipline de bête de foire.
    Barnum s'est penché sur son berceau, l'a tiré de sa misère annoncée et intronisé clou du spectacle. Charles Sherwood Stratton avec sa tête de pactole devint Tom Pouce et pourvoyeur attitré d'espèces sonnantes et trébuchantes. À deux ou trois reprises, il aurait appelé son agent : papa

     

     

     

     

    American dwarf entertainer Charles Sherwood Stratton, a.k.a. Tom Thumb (1838-1883) - Auteur inconnu


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