• hallelujah Duduche est revenu il est de retour entier et en pleine forme mon coeur mon coeur ne t'emballe pas fais comme si tu ne savais pas que le Duduche est revenu vous mes mains ne tremblez plus souvenez vous quand je vous pleurais dessus Duduche est revenu dans le fourré est réapparu sur la route en se dandinant m'est passé sous le nez réjouissez-vous Duduche is back il a échappé à la mort les pneus n'auront pas eu sa peau aucun prédateur ne lui aura volé dans les plumes sacré Duduche puisque te v'là sain et sauf à cueillir les graines que les passereaux font tomber des nichoirs et des mangeoires au gré de leurs allées et venues où étais-tu tout ce temps pas là pas là mais t'étais où l'on s'inquiétait dans les parages l'on s'interrogeait z'avez pas vu Duduche oh la la la la la z'avez pas vu Duduche et ça y est je l'ai vu veux-tu venir ici je n'le répèt'rai pas veux-tu venir ici oh il est reparti à fond la caisse quelle santé il n'a rien perdu de sa dextérité une pointe de vitesse à faire pâlir Mathilde qui certes n'a pas les mêmes dispositions il faut le reconnaître malgré la taille de ses mollets et ses baskets de compétition il n'y a pas photo la vie

    p 437 : le retour de Duduche


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  • Tu n'entends plus qu'elle,
    La rumeur du bord du gouffre.

    Tu t'en fous, t'as ta bonne étoile.

    Oreilles bouchées, yeux bandés, sauter à pieds joints ; on verra bien.

    Etoile trompeuse


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  • Un recueil que la mort hante. Où les personnages sont comme des insectes cernés. Pris dans les filets de leur destin. Ou dans les barbelés. C'est selon. Bouffons de la fortune, dirait Roméo. Le Fatum auquel on se heurte et qui emprisonne ses proies. L'absurdité de l'existence, la vanité que c'est de se débattre contre l'inéluctable. D'où le sentiment d'enfermement qui domine, tout le long de la lecture. L'on s'échine à fixer la vie sur une photo, un tableau. L'un ira même jusqu'à inséminer son oeuvre pour la lui insuffler mais la mort est têtue et la vacuité du geste inexorable. C'est toujours une image de la mort qu'on obtient et finalement des gisants qu'on fixe sur pellicule. Ces trois photos seront aussi mystérieuses que la centaine d'autres qui dorment dans le sac de toile. Tous ces sourires sans nom qui peuplent la surface argentique finiront par disparaître aussi bien que les corps qui y ont laissé leur trace. Ce n'est qu'une question de temps (extrait de Faussaire). Et l'on aura beau tenter de les faire revivre ces morts, comme Elisa par le prisme de ses jumelles, c'est peine perdue. Seuls les mots pourront quelque chose et donner le change... Sauver une trace, la  mémoire, un souvenir. Ainsi dans la dernière nouvelle du recueil où l'homme, zombi tant qu'il vivait, trouve à s'incarner et s'anime (au sens premier du terme) à travers son dernier message. Seuls les mots et peut-être aussi les grands-mères, personnages récurrents, un peu sorcières un peu fées, qui offrent un ancrage dans la vie et la possibilité d'une île.
    Tout le recueil est irrigué par ce sens du tragique et c'est ce qui en fait, selon moi, la réussite et la profondeur. Profond et émouvant, comme ce magnifique texte Temps de chien, sans doute mon préféré, qui fait écho à un autre, souvenir d'enfance, où était déjà annoncée la mort du père, mort dont l'ombre plane sur les protagonistes décidément humains, trop humains. 

    Le recueil de nouvelles, Ivresse de la chute, de Joël Hamm est disponible sur le site des éditions Zonaires.


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    Et d'aucuns pensèrent qu'au pied du mur tombé l'histoire s'était dissoute dans les notes de Rostropovitch et disséminée en pluie de cailloux dans les poches d'enfants gâtés qui les exhiberaient comme des trophées sur leurs étagères.

     

     

    Échantillon de béton provenant du mur de Berlin
    Wikimedia


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  • Lucien empêché

    Depuis que Lucien donne son avis, il prête le flanc à la critique. On peut certes lui reprocher sa générosité à géométrie variable, ses fluctuations selon qu'elle concerne son avis ou son flanc. S'il renonce volontiers au premier, il tient à récupérer le second. À sa décharge, il est plus facile de retrouver un avis qu'un flanc. Sauf à vivre à la montagne ou en terrain escarpé, et encore, il est parfois glissant. Il peut facilement nous échapper. En plus de prêter le flanc, on perd pied et l'on se retrouve les quatre pattes en l'air. Lucien se méfie de la critique. Sous le prétexte qu'elle est souvent gratuite, elle s'autorise des privautés. S'il n'y prend garde, elle s'appropriera son flanc et le laissera comme deux ronds, justement, des ronds de flan. Et ça ne lui dit rien, à Lucien, parce que bof, un rond de flan, ça ne fait pas trop rêver ; et pas plus deux qu'un. Il la surveille, donc. Il la garde à l’œil et en ligne de mire. Il s’assoirait bien dessus aussi, le meilleur moyen de se prémunir contre ses inclinations. À portée de main et sous ses fesses, il la tiendrait sous sa coupe et lui ferait battre la sienne, de coulpe. Si bien que la critique serait obligée de le lui rendre, son flanc, au bout d'un moment. Parce que Lucien a beau faire du sport et réduire les sucreries, il pèse toute de même son poids et celui de ses vêtements, ce qui n'est pas rien. Elle étoufferait, rendrait gorge, sauf que Lucien, sa gorge, ça ne lui dit rien ; il préfère son flanc à lui à sa gorge à elle. Il en a déjà une opérationnelle, merci pour elle, qu'il n'a pas l'intention de remplacer même si parfois elle gratte un peu. Alors il insisterait et la critique n'aurait d'autre choix que de le concéder. Déjà qu'il donne son avis, il ne faut pas abuser. Il trouve la critique exagérée. On lui cède ça, elle réclame ça. Elle n'en a jamais assez. À bien y penser, ça le révolte, Lucien, toute cette avidité. Il est bonne pâte, bonne poire aussi, il l'admet, et l'ensemble fait une bonne tarte, mais il ne faut pas pousser Lucien dans les orties. Ça pique ! D'autant qu'il n'est pas une mémé. Il y a des limites à ne pas franchir et des côtes, aussi pentues que son flanc soient-elles, à ne pas gravir. L'histoire d'Adam le confirme : une côte en moins et hop, ceinture, on doit s'astreindre à un régime alimentaire serré, une pomme pour menu. Bonjour l'enfer ! Surtout que la contradiction a tôt fait de se manifester et de solliciter son dû, elle aussi. Elle revendique sa part de flanc. Si bien qu'à la fin, l'on ne sait plus où donner de la tête. Au point de la perdre, sa tête, et ses nerfs avec. Et le voilà dépouillé. Il ne manquerait plus qu'on lui demande sa parole, aussi, alors même qu'il l'a déjà libérée. Il ne lui resterait qu'à se taire. Et à garder son avis pour lui. Voilà comment on coupe les élans de générosité des gens ! Vraiment : quel gâchis !


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  • crie je crie Duduche Duduche pour qu'il revienne il ne revient pas t'es pas là mais t'es où pas là pas là mais t'es pas là mais t'es où je n'en sais rien volatilisé le Duduche vaudrait mieux qu'il se soit volatilisé envolé qu'il soit parti de son propre chef et de sa propre crête ce serait mieux pour lui un sort plus enviable que celui qu'on peut raisonnablement redouter son évanouissement dans les parages ne dit rien qui vaille il n'y a pas besoin d'être bon clerc pour craindre le pire il a dû se faire choper couic Duduche courser par un renard un chien un cerbère un chasseur une belette le maire la vouivre Gérard ta mère Poutine le voisin Ethan Hunt ou splotsch écraser par un chauffard alors qu'il traversait tranquille la route sans se douter de l'effet rouleau compresseur du pneu hostile sauf que je n'ai pas vu de traces sur le macadam ni chair en charpie ni plumes qui volent à moins qu'il ait été aplati plus loin où je ne suis pas passé Duduche s'est peut-être aventuré hors de ses sentiers battus l'hypothèse ne me convainc pas je préconise plutôt une attaque en règle d'un prédateur en mal de nourriture qui n'en a pas cru ses yeux de trouver un faisan là à cet endroit un Duduche pas méfiant qui se promène sans complexe et sans pantalon et qui crèche dans les hautes herbes du trou végétalisé concocté par les jardiniers municipaux tu parles de l'aubaine un Duduche qui vous tend les pattes prêt à se faire rôtir confire farcir ou juste zigouiller et dévorer tout cru ça dépend de la nature des pulsions et des goûts de chacun ou des moyens à disposition le renard par exemple n'a pas de four dans sa tanière alors que Gérard si et sûrement que Poutine aussi tout comme ta mère ou le

    p 412 : couic Duduche


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  • Dans la sélection Décembre 2018, de la Plume de Paon (IF livre)

     

    J'ai eu le plaisir d'apprendre que ma nouvelle audio, La mort du dauphin François, lue par Emerick Guezou et publiée par les éditions 15K, se trouvait dans la sélection trimestrielle Décembre 2018, de l'association Plume de Paon (qui promeut le livre audio), pour le site de l'IF livre (l'Institut Français du livre).

    Je m'en réjouis bien évidemment. Une nouvelle reconnaissance du travail accompli par les éditions 15K !

    L'on peut découvrir la sélection Décembre 2018, ici, sur le site de l'IF livre et se procurer la nouvelle, ici.

     

     


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  • Faut-il que l'oeuvre soit belle pour résister aussi longtemps à autant d'écoutes. Des dizaines et des dizaines, sans que l'envolée faiblisse. Je trempe ma plume dans la piscine après l'avoir longtemps plongé dans les limbes. Et flotte au-dessus de la lune, porté par les cordes et les murmures du grand Thom. Le souffle ne faiblit pas et emporte vers des contrées insoupçonnées. Combien de mots et de pages noircies ? Les mondes s'ouvrent ; leurs mélodies denses et organiques en donnent les clés.


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  • faisan que j'appelle Duduche je lui ai attribué ce nom parce que ça lui ressemble l'idée m'est venue comme ça on ne contrôle pas tout sans doute parce qu'il a une tête à s'appeler Duduche si tant est qu'on puisse avoir une tête à s'appeler Duduche s'il en y avait une ce serait la sienne surtout quand il se met à courir crête au vent et bec en avant avec sa longue queue à la traîne et ses couleurs en gyrophare c'est d'un comique rien qu'y penser me rend hilare il traverse la rue sans regarder à droite ni à gauche un jour le pauvre se fera écraser ça lui pend au bec plotsch aplati le Duduche ce sera triste le problème est qu'il n'a pas conscience du danger il est vrai qu'il a de la ressource et une pointe de vitesse qui ferait pâlir Usain Bolt faudrait les voir dans un stade pour se rendre compte et comparer leurs performances Usain Bolt versus Duduche l'avantage pour le volatile lui court libéré sans aucune pression quelque soit le résultat pas de questions à se poser après la confrontation il rejoindra le trou de verdure artificiel qui a été arraché au béton en face de chez moi et où il a élu domicile je le vois parfois de ma fenêtre se dandiner à la recherche de boustifaille il va piquer les graines qu'on réserve aux petits oiseaux et qu'ils font tomber des perchoirs au moment de les picorer il n'y a pas de raisons qu'il se prive lui aussi est un oiseau et s'il a grandi il n'y est pour rien on ne peut aller contre sa nature quand on est un faisan il n'y a rien à faire on ne deviendra pas mésange du jour au lendemain il faut s'y résoudre ce sera toujours compliqué de monter aux arbres d'un simple coup d'ailes impossible d'avoir tous les avantages chacun doit se satisfaire de sa part déjà il me fait rire et s'appelle Duduche les mésanges du coin ne peuvent en dire

    p 405 : Duduche

     


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    Après le récent salon de Delle, j'aurai à nouveau le plaisir de rejoindre les Plumes Comtoises et d'aller à la rencontre des lecteurs, lors d'un salon du livre organisé, cette fois, à Bethoncourt, le samedi 9 février 2018, toujours de 14h à 18h.


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