• Tu ajustes l'idée au fusil et à bout portant tires. Dreling, dreling, tinte-t-elle en s'échappant par les mailles de ton crâne poreux. Tu tentes de la rattraper, lances ton filet au petit bonheur la chance ; le tends, geste dérisoire. Entre tes doigts, un papillon t'a laissé la poudre de ses ailes.

    Poussière d'idée


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  • Au numéro 17 de la revue FPM / Festival Permanent des Mots

    Le numéro 17 de la très belle revue FPM (Festival Permanent des Mots, une production des passionnantes éditions Tarmac) est sorti et j'ai le plaisir d'y figurer aux côtés des brillants artistes (illustrateurs, auteurs, poètes), que voici : Hans Limon, Ysabelle Voscaroudis, Christophe Decan, Alain Morinais, Sandrine Davin, François Frémont, Miguel Ángel Real, Anne.B, Thibault Marthouret, Thomas Chaline, Charles Orlac, Thomas Lacomme, Alain Minighetti, Jean Azarel, Pierre Andreani, Philippe Vallet, Gilles Venier, Jacques Cauda, Jacques Lallié, Ana nb, Jacques Jean Sicard, Murielle Compère-Demarcy, Hervé Jamin, Frederic Dechaux, Patrick Le Divenah, Eve Sauze-Chapel, Julie Legrand, Jessica C., Mickaël Auffray.
    Image de couverture : Demelis Eric
    Quatrième de couverture : Cécile Valle
    Pour en savoir plus, le Festival Permanent des Mots !

    Je suis très heureux de rejoindre ainsi la famille FPM et de clore d'aussi belle façon cette année 2017.

    La revue est à se procurer sur le site de la revue et je ne saurai assez vous recommander de vous y abonner. Vous ne serez pas déçus !

     


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  • m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens un ver de terre desséché échappé du bloc compost le pauvre ça pardonne pas déshydratation en règle c'est assez répugnant sur le parquet je vais chercher la pelle la balayette je ramasse et hop poubelle je remets les ustensiles à leur place et retour au salon je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je tourne en rond pourtant j'ai des tas de trucs à faire tant que je sais pas par quoi commencer et inutile de me lancer alors que j'ai à peine vingt minutes devant moi je serai obligé de m'interrompre en plein milieu j'aime pas ça du coup je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens il pleut mince c'était pas prévu faut que je change de chaussures que je choisisse des pas trouées des qui prennent pas la flotte je sais pas comment ils se débrouillent aujourd'hui les chaussures au bout de trois mois les semelles sont percées j'admets que creuses comme elles sont on peut pas s'attendre à autre chose que de la merde avant les semelles étaient pleines enfin je crois du moins elles prenaient pas l'eau aussi facilement c'est le sens de l'histoire le creux on nous vend du vide après à nous les pieds trempés bon ben y'a plus qu'à changer de chaussures alors j'opte pour les de randonnées qui sont pas encore percées c'est pas très classe mais j'aurai les pieds au sec et je préfère avoir les pieds au sec qu'être classe à vrai dire je m'en fous de la classitude ma fille elle est pas d'accord elle trouve que je devrais faire un effort personnellement j'estime que c'est du temps perdu le temps que tu cherches comment avoir un peu d'allure tu peux l'employer à des choses plus intéressantes par exemple là je tourne en rond dans le salon je regarde par la fenêtre et qu'est-ce que je vois madame Gardon qui sort frétillante comme un ah ah ça me fait toujours rire bref si je m'étais occupé de mon apparence j'aurais pas vu madame Gardon sur le trottoir ç'aurait été dommage d'autant qu'elle vient de se vautrer elle me fait penser au ver de terre que je viens de ramasser et expédier à la poubelle je me demande si elle s'est fait mal faudrait peut-être que je descende lui apporter mon aide elle est gentille madame Gardon même si elle est moche elle aussi comme quoi ça signifie rien je pourrais descendre et faire mon zorro tadam pas de souci j'arrive apparemment c'est pas la peine elle se redresse toute seule se frotte un peu le derrière regarde autour si on l'a vue elle est un peu honteuse et puis elle reprend son chemin en se tâtant les hanches sous la pluie parce qu'il pleut toujours je la suis des yeux et elle disparaît au coin de la rue je m'écarte de la fenêtre je m'ennuie je m'ennuie je

    p 525 : le ver et la semelle creuse


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  • Lucien mesure le chemin parcouru

    Bientôt, la fin de l'année ! Le moment de faire le point, de dresser le bilan, de mesurer le chemin parcouru.
    — Ouaip.
    Lucien, qui est un bonhomme consciencieux, ne se défile pas et s'astreint au plus intransigeant examen de conscience dont puisse se satisfaire un individu en pleine possession de ses moyens intellectuels. Il commence par le point. C'est le plus facile. Du tiroir de son bureau en merisier laqué, il tire la fiche qu'il remplit depuis qu'il a appris à lire et à écrire, empoigne son stylo quatre couleurs qu'il utilise depuis son passage aux Beaux-Arts, choisit le vert qu'il préfère depuis qu'il se prosterne devant l'effigie de Pierre Rabhi et, d'un mouvement enrobé du poignet, la bille en tête, marque le point. 
    — Et hop !
    Voilà le beau geste et un travail rondement mené ! Il compte sur la page les points qui la jalonnent, en énumèrent 15. Il n'y a pas à dire, il a marqué des points, durant toutes ces années. De quoi être fier. Cependant, Lucien n'est pas le gars à se complaire dans ses succès ni à se gratter le nombril indéfiniment. Il passe donc à l'épreuve suivante, aussi herculéenne que le dressage de bilans soit-elle.
    — Ouaip.
    Dans le même tiroir de son bureau en merisier laqué, il plonge sa main experte. Quand il a repéré de ses doigts agiles le bilan qui les lui brûle, il le sort. Et comme il est lourd, il le dépose par terre. Lucien le considère, se demande par quel bout l'apprivoiser. Il se méfie car il a un faux air de son banquier. Il ne voudrait pas qu'il lui saute à la gorge. Sans tarder, il va récupérer son fouet dans le placard de sa cuisine, revient en le brandissant vers le bilan qui, instantanément, la ramène moins. Lucien ne se laisse pas émouvoir. Déterminé et à coups de fouet bien proportionnés, il se charge de son éducation. Il alterne mouvements passifs assortis de murmures à son oreille et matraquages actifs en guise de représailles. Lucien ne ménage pas sa peine. Il fouette, fouette, jusqu'à ce que le bilan monté en neige soit consolidé et lui évoque, avec ses traits lacérés et ses mèches en bataille, davantage son copain Émile qui le dépanne, que son distributeur d'agios et sa tête de débit.
    — Ouf !
    Lucien s'éponge le front. Le bilan est dressé, il peut mesurer maintenant le chemin parcouru. L'exercice requiert de sa part toute sa contention d'esprit car il s'agit de se rappeler où il se trouvait l'année précédente, le même jour à la même heure. Il se creuse les méninges, se livre à une prodigieuse introspection, qui l'amène à flirter avec les démons refoulés au fond de ses cavités intimes. Une expérience du vide de laquelle il ressort avec la conviction que l'année précédente, au même moment, il se trouvait là, exactement là, sur la quatrième dalle du sol de son salon en partant de la droite, où il se trouve actuellement.
    — Euréka ! s'exclame-t-il parce qu'il est lettré.
    Il court chercher son mètre, revient à l'endroit défini et mesure l'écart. Zéro centimètre, révèle l'instrument. Zéro ! Lucien s'étonne. Il trouve que cela fait peu. Il est vrai que zéro, ce n'est pas grand chose, comme chemin parcouru. Pas de quoi fouetter un bilan ! Il est un peu déçu, Lucien. Il s'attendait à mieux. Alors il réfléchit car, comme chacun sait, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Il réfléchit et se dit que l'année dernière à la même heure, il se trouvait à cette place, qu'il lui suffit donc d'aller là, à deux dalles, pour se dresser à un endroit différent. Ni une ni deux, il se précipite et voilà Lucien arrivé à destination. Il déroule aussitôt son mètre, lance une nouvelle campagne de mesures.
    — Un mètre douze, s'écrie-t-il, triomphant.
    Sûr qu'un mètre douze, comme chemin parcouru, ça en dit autrement plus long.
    — Ouaip.


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  • Une journée à un salon du livre

     

    Par AC ©


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  • "Petit ailleurs", un collectif d'Antidata

    Après le collectif Parties communes paru chez Antidata, en 2016, où j'avais déjà le plaisir de figurer, voici Petit Ailleurs, le nouveau collectif de la maison, avec à nouveau l'une de mes nouvelles au sommaire : Le réveil du nain de jardin.

    Cette fois, le thème proposé était la cabane ! Et c'est une grande joie d'être à nouveau associé à l'aventure et de rejoindre ce superbe sommaire composé des textes de Laurent Banitz, Guillaume Couty, Thierry Covolo, Antonin Crenn, Louise Fonte, Nicolas Houguet, Johanna Jossau, Gilles Marchand, Fabien Maréchal, Stéphane Monnot, Bruno Pochesci, Pascale Pujol, Christophe Ségas.

    Et avis aux Parisiens, mercredi 22 novembre 2017 à partir de 19h, soirée de lancement de l'ouvrage à la librairie Charybde (129 rue de Charenton, Paris 12ème) !
    L'on peut d'ailleurs, et l'on aurait tort de se priver, découvrir les mots (toujours éclairés) de la librairie, à propos du recueil, à cette adresse !

    Le livre est à commander dans toutes les bonnes librairies.
    Pour davantage d'informations : le site d'Antidata !


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  • Suspense pour le n°6 de la revue Bloganozart

     

     

    Le numéro 6 de la revue Bloganozart vient de paraître et je suis très heureux de figurer une fois de plus au sommaire !
    Après mes contributions dans le recueil A-marée, puis dans le numéro 4 de la revue, c'est donc au tour de mon texte intitulé Cinéfil d'avoir les honneurs de cette inspirée revue. Et cette fois, le thème est Suspense. Il n'y a pas à hésiter : un plaisir de lectures garanti ! 

    Pour en savoir plus sur le numéro et se le procurer, il suffit d'aller sur le site de la revue et de le commander à Bloganozart.

     

     

     

     

     

    Illustration : Hélène Demuylder ©


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  • Le 27ème Salon de la revue, à Paris, du 10 au 12 novembre 2017

     

    Je n'y serai pas physiquement mais vous pourrez y trouver quelques uns de mes mots puisque je figure dans les derniers numéros des revues Dissonances et Bloganozart et que ces revues viendront y présenter leur travail. La revue FPM, qui m’accueillera dans ces pages  à la fin de l'année, sera également présente. L'occasion de découvrir ces passionnantes revues, ainsi que toutes les autres, et de vous offrir une plongée dans la création littéraire contemporaine, diverse et hors des sentiers battus.

    Pour tout savoir, voici le programme !

     


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  • A Echenans s/s Mt Vaudois : "Livres en fête", 4ème !

     

     

     

    J'aurai à nouveau le plaisir, cette année, le dimanche 12 novembre 2017, toute la journée, de rencontrer les lecteurs d'Echenans s/s Mt Vaudois (70), à l'occasion de la manifestation "Livres en fête". Une ambiance chaleureuse et joyeuse pour ce rendez-vous littéraire auquel je me réjouis de participer ! Idéal pour préparer les fêtes !


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  • Le texte est de circonstance ! L'occasion d'en reparler maintenant, en cette période de Toussaint et de le (re)proposer à la lecture.

    Ma nouvelle Dia de los muertos, parue dans le numéro 23 deDia de los muertos la revue L'Ampoule (voir ici) est toujours en accès libre sur le site correspondant.

    Une histoire de mariachis, de calaveras, de panier et de narcocorridos à (re)découvrir dans L'Ampoule, n°23, p 64.

    "... Il se tenait sur le perron. Au fond d'un panier, recouvert de journaux. Elle sut immédiatement que c'était lui. Ce ne pouvait être que lui. Elle reconnaissait son guitarron, à côté, debout contre le chambranle de la porte. L'instrument offrait son ventre bombé aux regards. Dessus, les initiales «BF» s'étalaient. Elle les contempla : en lettres de sang, la signature de l'expéditeur..."

     

    Par Tomascastelazo — Travail personnel, CC BY-SA 3.0,
    https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=5542895


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