• Salon du livre de Mathay, avec les Plumes Comtoises

     

     

    Le 24 novembre 2019, comme l'année dernière, le même jour, je me trouverai au salon littéraire de Mathay avec les Plumes Comtoises pour y présenter et y proposer mes livres.

    Tout juste un mois avant Noël, l'opportunité de trouver des idées de lecture, hors des sentiers battus, pour les fêtes !


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  • Amer il rame

    Âme en l'air
    Arme une aile

    En obole une larme

    Charon


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  • me hèle c'est ta fille ? je lui réponds oui elle porte une minijupe me fait-elle remarquer avec un air de réprobation je regarde le chemisier qui dépasse de la doudoune de ma fille et qui tombe sur son pantalon slim la bonne femme répète elle porte une minijupe je la toise n'importe quoi je m'énerve que me veut-elle l'obsédée du camouflage mode sac à patates est-ce que je lui demande moi est-ce que je lui demande hein pourquoi elle se fourre le doigt dans l’œil et dans le nez est-ce que je lui demande moi est-ce que je lui demande pourquoi elle est assise à deux heure trente de l'après-midi à la terrasse d'un bar à écluser les réserves du patron pourquoi hein pourquoi elle est là à deux heure trente de l'après-midi à picoler en critiquant le monde elle n'a rien de mieux à faire qu'à s'indigner avec son verre dans le pif de la tenue de ma fille elle n'a rien de mieux à faire qu'à me rendre méchant prêt à mordre à éructer j'ai envie de lui clouer sa bouche à merde de mère la pudeur de lui renfoncer dans sa gorge ses réflexions inquisitoriales je m'énerve je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui redoute un départ en vrille que je réplique qui m'en empêche je ne réplique pas ça n'en vaut pas la peine même si ça me démange me soulagerait je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui me retient par le bras me tire pour qu'on avance je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui me chope le regard hausse les épaules je passe mon chemin je m'énerve facilement ces derniers temps je réagis impulsif l'épiderme sensible les nerfs en boule à la mode d'aujourd'hui où tout le monde au quart de tour sur ses ergots à fleur de peau lance son avis ses anathèmes où les insultes fusent où les condamnations déferlent je ne sais pas ce que j'ai l'air du temps qui me contamine m'enfume m'enlise la cervelle il ne faut plus grand chose pour que la colère monte il ne faut

    p 3207 : je passe mon chemin


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  • Lucien reprend du poil de la bêteLucien a traversé une passe difficile. Il va mieux à présent. Il a repris du poil de la bête. Et plutôt deux fois qu'une.
    — Aïe ! réagit Max. 
    Il s'est tourné vers son pote Max parce qu'il en tient une sacrée couche, que ses dents ne sont pas trop pointues et que ça fait moins mal de s'en prendre à lui qu'au chien de sa voisine.
    — T'es malade ou quoi ? s'indigne le grognon pas prêteur.
    Lucien hausse les épaules. Son pote n'a même pas essayé de le mordre.
    —  Ben non, justement, vu que j'ai repris du poil de la bête.
    Il agite son butin devant le nez de son copain. Avec la belle touffe qu'il a arrachée et qui s'ajoute à ses précédentes, le voilà prémuni contre l'adversité et paré pour affronter la saison nouvelle. Max, en découvrant l'envergure du fauchage, blêmit. Il se tâte le crâne, constate l'étendue du scalp. 
    —  Mais t'es vraiment malade ! persiste-t-il.
    Lucien considère son interlocuteur, se demande s'il est sourd ou s'il est con. Il se rappelle qu'il est surtout bête. Il ne semble en tout cas pas dans son assiette. Encore moins dans sa soupière. Même pas dans l'ébréchée, en dépit du cheveu qu'il avait récupéré sur sa langue, la dernière fois qu'il l'avait invité à manger sa soupe. Sans doute l'a-t-il perdu depuis et manque-t-il maintenant d'un peu de poils. Un diagnostic que l'observation de sa tête dégarnie vient confirmer. Il n'avait pas remarqué les progrès de sa calvitie, jusqu'alors, cette brèche en haut et à droite de son front où la chair à vif lui fait une peau d'imberbe. Lucien s'en émeut. Dans sa grande générosité, il extrait trois brins de son bouquet, les tend à son ami.
    — Tiens, tu pourras toujours te gratter !


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  • À cloche-tâtons, le somnambule sculpte les contours de ses rêves.
                    Il ne voit pas le vide sous ses pieds.
                                         Funambule encotonné sur la corde d'un trou noir. 

    Somnambule


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  • Face à la paroi, l’oreille contre, Janka ausculta la roche. Il la sonda à la recherche de brèches par lesquelles disparaître. La surface métallique n’offrit aucune prise. Il se résolut à l’entailler. Il y planta ses ongles sous lesquels sa pulpe écorchée, à force de pression et d’insistance, s’effrita. Il grignota ses phalanges, puis ses doigts qui se disséminèrent en poussière le long de la frontière. Il n’eut plus de mains. Il usa alors ses moignons. Les frotta contre la peau lisse du terme du monde. Il se désagrégea par petits bouts. Squames absorbés par la terre, lambeaux de chair éparpillés dans l’air ferreux des temps révolus. Son corps ne tint plus que par sa tête dont il dévora encore les joues et le front. Il creusa ainsi jusqu’à ce que de lui ne subsista plus rien. Pas même la trace luisante d’un début d’érosion sur la parcelle combattue. À peine le stigmate d’une griffure imperceptible qui se colmata, fondue dans le bloc, quand Janka passa à travers.

    La 5ème mort de Janka


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  • J'aurai le plaisir de participer au salon "Savoureusement Lire" de Belfort, les 26 et 27 octobre 2019, aux côtés de nombreux auteurs. La manifestation organisée dans le cadre du mois du livre et de la Grande foire aux livres de la cité est toujours un moment privilégié de rencontres et d'échanges autour des livres. Cela se passera comme toutes les années au centre des congrès ATRIA. 

    Salon, le samedi après-midi et le dimanche, toute la journée !

    A Belfort, au salon "Savoureusement Lire", les 26 et 27 octobre 2019A Belfort, au salon "Savoureusement Lire", les 26 et 27 octobre 2019


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  • Tirer du tiroir – ce vaste cercueil de mes mots – des histoires qui bougent encore, les achever d'un trait de désespoir et rire du désastre de tant d'heures dissipées.

    Pffuitt, font les illusions crevées en se dégonflant.

    Dérisoire


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  • Jeanne et Greta

     

    Je sais bien que comparaison n'est pas raison et qu'il faut encore davantage se méfier des comparaisons historiques. Mais bon... avec le film de Bruno Dumont, difficile de ne pas faire le rapprochement, tant il saute aux yeux. Il y a un peu de Jeanne dans Greta Thunberg (et pas mal de ses accusateurs et de leur procès en sorcellerie dans les Bruckner, Onfray, Sarkozy et consorts...).

    Le film de Dumont est âpre et rugueux comme le sont l'innocence et la vérité portées sans concession. Il a la pureté d'une nature brute et la simplicité de l'évidence, à l'image de sa jeune interprète.

     

     

     

     


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  • Lucien prend la tangenteIl végète là depuis sept minutes, il en a assez. Quelle plaie ! Un calvaire ! Lucien se demande pourquoi il a accepté l'invitation. Sa gentillesse le perdra. Quand Monsieur Barbon lui a proposé de les rejoindre, il a bien manifesté des réticences mais le bonhomme a insisté. Impossible de se désister. Contraint de lui faire plaisir et de s'exécuter. Ils étaient cinq autour du barbecue. Ils discutaient de la météo, s'étonnaient des records de chaleur, redoutaient le pire pour les années à venir. Monsieur Barbon l'a présenté à ses amis.
    — Je vous présente Lucien. Il était devant la maison. Je l'ai surpris à regarder à travers les grilles du portail, a-t-il précisé en leur adressant un clin d’œil. Je lui ai donc dit de rentrer.
    Lucien passait aux alentours. Attiré par les odeurs de viande grillée, il s'était enquis de leur provenance et fait piéger par l'enquiquineur, qui avait décelé en sa personne la solution à leur ennui. Monsieur Barbon avait sauté sur l'occasion, lui en l’occurrence, mais pas trop haut, pour rompre la monotonie de leur conversation et, surtout, lui casser les pieds. Lucien s'en mord les doigts et ses saucisses trop grillées. Il a envie de partir. Il s'écarte du cercle que forment les convives autour du brasero, cherche autour de lui le moyen de s'éclipser. Il repère la sortie. Analyse la situation. Il doit procéder à quelques ajustements.
    — Excusez-moi, s'adresse-t-il à l'un des participants au méchoui, qui retourne une merguez sur les braises et réchauffe ses arguments sur l'évolution du climat. 
    Lucien le décale un peu sur la gauche, vers le feu qui, par son apport à la température ambiante, confirme les thèses environnementales du sentencieux. Lucien se tourne ensuite vers le voisin, qui n'ose pas se plaindre de la carbonisation de sa chipolata, et le déplace de deux pas en retrait, puis se tourne vers l'hôte des lieux, qu'il pousse de quelques centimètres et qui s'étonne de ces manières.
    — Que faites-vous ?
    Lucien, qui n'en a que trop entendu et peine à le digérer, refuse de participer à cette nouvelle discussion. Il vérifie la courbure obtenue par son nouvel agencement, vise le point de la sortie, évalue la ligne qui le relie à la périphérie du groupe, corrige encore les positions des convives. Une fois obtenue une tangente satisfaisante et bien fuyante, il en remonte le fil jusqu'à l'issue et, sous les yeux estomaqués de ses partenaires de grillades, se barre.


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