• Ton cœur ventriloque fait battre le mien,
    Petit ange,
    À la vitesse de tes ailes,
    Quand tu voles vers moi.

    Marionnette


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  • Au col du Bussang, j’ai cueilli un début de Moselle. En offrande, te l’ai présenté, demoiselle. Dans mes mains en conque, je l’ai porté à ton visage brûlant, rougi par les myrtilles, le soleil des chaumes et les heures de marche sur les pentes du Drumont. Tu avais la couleur des montagnes, l’été ; dans les yeux, l’éclat des gazons chauffés à blanc, aux sommets. Tu t’es rapprochée, t’es penchée. L’eau fuyait entre mes doigts intimidés. Je les ai resserrés jusqu’à ce que le bout de ton nez chatouille mes paumes, que ta joue rafraîchie effleure mon pouce. À la caresse, j’ai tressailli. Le réceptacle s’est fendu. Un filet de Moselle a dégouliné le long de mes poignets, a coulé sur mes jambes et mes chaussures. Tu t’es redressée et tu as ri. Ton rire a cascadé comme une goutte des Vosges, demoiselle. Par la brèche élargie, mon dernier brin de Moselle l’a rejoint à tes pieds.
    Tu as lancé les hostilités. D’une claque à la surface de la fontaine, m’as éclaboussé. Nous avons échangé jets de Moselle, avons dansé autour du bassin, demoiselle. Je t’ai attrapée. Tu m’as tendu tes lèvres. Je t’ai embrassée. Toi, ruisselante de Moselle et de mots doux ; moi, tout contre toi, j’ai déployé mes ailes.

    Du col du Bussang, j’ai emporté ton amour, demoiselle, et à mes semelles, la source de la Moselle. L’un s’est tari, l’autre pas.

    Nota : ce texte est paru dans le n°166 de la revue Études Touloises (voir ici).

    À la source


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  • Blotti au creux de mon cou, tu marques ton territoire,
    Le tour du propriétaire,
    Et prends les clés.

    Entre quatre murs, ton petit cœur murmure ; contre mon corps, bat la mesure.

    A double tour


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  • À ras de lumière, je glisse. Bras écartés, la caresse du vent. J'avale le vif.

    Le ciel dévale


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  • À vif, le corps rosit
    L'envie est corrosive
    Encore ! Folle vie

    Colore


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  • Ton reflet dans la flaque :
    Un fou flotte.
    Juste un souffle
    Et le fou flou.

    Flic flac flouc


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  • Les bruits étouffés de la forêt me font sentir fantôme en hiver 
    Branche en hiver d'un arbre embaumé dans la brume
    Je me vois ombre et silence en hiver.

    En hiver


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  • Amer il rame

    Âme en l'air
    Arme une aile

    En obole une larme

    Charon


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  • À cloche-tâtons, le somnambule sculpte les contours de ses rêves.
                    Il ne voit pas le vide sous ses pieds.
                                         Funambule encotonné sur la corde d'un trou noir. 

    Somnambule


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  • J'ai un mot sur la langue qui durcit à mesure que ceux du dictionnaire glissent entre mes doigts. Il roule dans leur avalanche, ricoche contre mes dents, s'accroche à mes lèvres où il se concrète. Je le crache aussitôt : six lettres sur ma page blanche.

    Encore


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