• La folie, par JFE

     

     

     

    Après L'ennui (voir aussi ici), La folie ! Toujours, sur le même principe, l'éditeur a rassemblé une centaine de contributions (picturales ou littéraires) sur le thème, pour concocter un recueil hétéroclite, vivant et passionnant. Et j'ai encore une fois, la chance d'être de l'aventure avec un petit texte tout coloré.

    Le livre est à décamisoler sur le site de l'éditeur. Juste !


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  • Clémentine porte la culotte

     

     

     

    M. Combes n'hésite guère. Le chef du gouvernement signe sans rechigner l'autorisation de travestissement. Après tout, Clémentine n'est pas une femme ordinaire. On peut bien lui accorder cette faveur. Ça ne plaira pas à tout le monde. Les bigots s'indigneront. Lui, le séminariste repenti rallié aux rad-socs anticléricaux, en jubile d'avance. Et puis, l'image vaut bien quelques concessions. Il a déjà réservé ses exemplaires à la Lorraine. Il ne doute pas que le costume d'homme lui sierra à merveille. Avec sa barbe et ses formes généreuses, le pantalon lui ira comme un gant. Il a déjà prévu d'envoyer les cartes à quelques personnes bien choisies... en amuse-bouche, avant sa loi de séparation des Églises et de l'État.


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  •  Talents

    Ma première touche le bout de son nez avec le bout de sa langue.
    Mon deuxième remue ses oreilles.
    Ma troisième applaudit des deux pieds.

    Indubitablement, l'avenir leur appartient.


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  • "Double Mixte", les coffrets de cartes postales littéraires made in JFE

     

    Deux beaux objets littéraires, chez JFE, pour cette rentrée 2016 et deux cadeaux originaux à offrir. 

    Jacques Flament a concocté deux coffrets de 24 cartes postales, chacun : le Double Mixte. Au recto, des textes courts à découvrir, puis à envoyer à qui vous voudrez pour le partage. 
    Deux fois 24 textes, donc, d'auteurs différents, et je me réjouis de figurer parmi eux, avec Le veston de pépé, inclus dans le premier coffret, à aérer et à vous repasser.

    Les coffrets sont à 15 euros, chacun. Pour se les procurer, il suffit de se rendre ici.


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  • Entre deux

     
    Entre deux, je suis mal. C'est pourtant la période de tous les possibles, des mondes en puissance. Ça grouille, ça part dans tous les sens. Il faut canaliser, trancher, choisir. Sacrifier. Je suis au purgatoire et je purge. Je traverse le bardo à l'aveugle, psychopompe psychopathe ; les sables mouvants sont jonchés de cadavres. Des peut-être qui disparaissent. Un peu de soi qui s'enlise. Les portes se ferment. Je cherche les clés de la dernière. Je sais que je les trouverai derrière.

    Je trépigne. Il me tarde de me lancer. Me réincarner. Saisir le moment où le verbe se fait chair.

     


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  • sonne je n'ai pas envie de répondre alors je ne réponds pas il sonne malgré tout ça m'énerve ce n'est pas la peine de sonner je ne répondrai pas inutile d'insister il insiste quand même il ne comprend pas il sonne il est bête ce téléphone je n'ai pas envie je n'ai pas envie c'est comme ça et l'autre malgré tout sonne et re-sonne tu parles d'un casse-pieds quel sans gêne il sonne cela devient insupportable tête à claques pour qui il se prend je ne suis pas le genre de gars qu'on sonne non ça on ne me sonne pas moi enfin ça dépend le four il peut il faut reconnaître qu'il a des arguments si je l'ignore il brûle la tarte c'est dommage quand la tarte est brûlée parce qu'elle est moins bonne et moi je la préfère quand elle est bonne tandis qu'avec le téléphone aucun risque il ne brûle pas de tarte tant pis pour lui sauf quand je réponds ça m'arrive des fois et là paf je réponds et la tarte brûle parce que si je lui réponds je ne peux pas répondre au four en même temps on ne se comprendrait plus du coup la tarte brûle et forcément elle devient moins bonne voire cramée c'est ballot alors je ne réponds pas il ne vaut mieux pas il sonne je ne réponds pas il sonne sonne toujours je lui lance tu perds ton temps

    p 56 : Gaston


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  • L'homme marche, la casquette vissée sur ses rêves. Mieux vaut les empêcher de s'échapper. On ne sait jamais ; il pourrait en avoir besoin, un jour. Lorsqu'il n'aura plus que ça à semer, pour retrouver son chemin.

    Casquette


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  • Le sable n'a aucune mémoire. On peut lui dire nos secrets, les graver sur sa peau ; un coup de langue suffira à les effacer. La mer vient et emporte nos souvenirs. Table rase. La remise à zéro.

    Ardoise magique


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  • Il a le rire en bouche et le soleil dans les yeux. Il court les bras levés pour attraper le vent, s'élance dans les vagues, trébuche sur elles. Pataplouf. Le froid pique, le sel pique. Banderilles sur sa peau constellée de bulles. Il crie "Olé". 

    Olé


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  • Rencontre au sommet, au jardin du LuxembourgQuand le général Tom Pouce rencontre le roi à la tête de poire, l'histoire est si amusante qu'on veut bien la tenir pour vraie.
    Le lilliputien, en tournée en Europe, fausse compagnie à son mentor Barnum et s'offre une distraction dans le fameux parc parisien. Autour du bassin, il demande à un bonhomme qui manœuvre un petit voilier s'il peut s'amuser avec lui. Le monsieur, qui n'est autre que le roi Louis-Philippe venu incognito se délasser, y consent volontiers.
    Ils se présentent, se réjouissent de la coïncidence. L'un échappé des mains de son directeur, l'autre de celles de son premier ministre, jureront de se revoir.

    L'on savait inventer de belles histoires, aussi, à cette époque, pour l'édification des masses.


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