• Des anthologies, chez JFE

    Depuis 2011 que j'ai la chance d'être publié par la maison Jacques Flament, j'ai eu le plaisir, en plus de mes trois ouvrages personnels, de voir plusieurs de mes textes intégrés au sein de projets collectifs orchestrés par l'éditeur. Des projets à chaque fois différents et passionnants qui offrent la possibilité d'aborder des thématiques vers lesquelles on n'irait pas naturellement, d'explorer des formes variées d'écriture. Des exercices littéraires toujours jubilatoires, qui incitent à sortir de sa zone de confort – l'occasion d'ouvrir des portes et des perspectives – et qui débouchent sur des œuvres originales. Les livres obtenus étonnent par la richesse des univers et des propositions qui s'y confrontent, s'y répondent et s'éclairent les unes les autres. Il émane de leur lecture un sentiment de foisonnement et une énergie qui témoignent du dynamisme et de la qualité de la création littéraire contemporaine.

    Voici ici une liste chronologique des ouvrages collectifs des éditions Jacques Flament auxquels j'ai participé et qui sont toujours disponibles à la vente :
    Leitmotive, opus 2 (2011)
    Leitmotive, opus 3 (2012)
    Agenda 2014 (2013)
    L'ennui (2016)
    La folie (2016)
    L'instant fugace I (2017)
    Sans oublier Double Mixte (2016) les coffrets de cartes postales littéraires, mais indisponibles aujourd'hui, et en attendant, si tout va bien, les Carrés poétiques.


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  • Rencontres à Belfort, les 20 et 24 janvier 2018J'aurai le grand plaisir d'échanger avec les lecteurs de la bibliothèque de Belfort (bibliothèque Léon Deubel - Forum des 4 As, Belfort) le samedi 20 janvier à 14h30.
    Voir le programme de la bibliothèque, ici !

    J'irai, quelques jours après, le 24 janvier à 14h, à la rencontre du public de la maison d'arrêt de Belfort et de sa bibliothèque.
    Edit : cette rencontre à la maison d'arrêt est reportée au 28 mars 2018 !!!

    Deux très bons moments en perspective où nous parlerons de mes différentes publications (livres, collectifs, revues) et de leur genèse, de mon parcours éditorial et, surtout, de l'écriture. Un partage autour de la littérature dont je me réjouis d'avance et une belle façon pour moi de démarrer cette année.

    Un grand merci aux bibliothèques de Belfort et de la maison d'arrêt de Belfort, et en particulier à Roseline Schmauch, Jessica Maisonneuve et Céline Stévenot, pour leur accueil.


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  • La rivière dans sa cuirasse d'argent joue à rebrousse-pente sur les cordes du courant.

    Le cormoran claque l'écume.

    Des miroitements.


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    Il m'a montré ; ça se traduit comme ça :

    D'abord, tu attrapes le bout de l'année. Ça ne peut mieux tomber, tu es pile poil dessus. Tu le prends bien en main, tu tires, tu tires. Tu l'accroches autour de ta taille, recules, t'arc-boutes. Quand tu sens que c'est bien tendu, tu lèves un pied, le bon (pour que ça marche), puis l'autre ; tu lâches tout. Et te voilà propulsé ! T'as plus qu'à éviter les murs et les cons. Bonne chance à toi, mon ami !

    — Ouaip ! a-t-il conclu.

     

    Bonne année à tous ! 


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    Ding dong 
    Clarence a gagné ses ailes
    La neige tombe à Bedford Falls
    Et j'ai une boule d'enfance coincée dans la gorge.

     



    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3e/Guardian_angel_clarence.jpg


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  • Le jour où Janka brandit son poing, il perdit la vue. L'acide s'écoula sur ses paupières, zébra ses cristallins de stries rouges qui dégoulinèrent et encagèrent son visage.
    Il devint alors l'aveugle qui crie. Il arpenta la terre, furieux, en lançant des anathèmes aux étoiles. Quand il franchit son trois cent cinquante deuxième sommet, la Substance se fatigua de ses plaintes. Elle envoya les ménades lui arracher la langue.
    Janka s'assit sur un rocher et tendit sa cavité béante aux harpies qui s'engouffrèrent à l'intérieur. Rongé, il s'aggloméra à la pierre. Son cœur battit trois coups de tonnerre et se fendit en mille éclats de révoltes.

    La 25ème mort de Janka


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  • Tu ajustes l'idée au fusil et à bout portant tires. Dreling, dreling, tinte-t-elle en s'échappant par les mailles de ton crâne poreux. Tu tentes de la rattraper, lances ton filet au petit bonheur la chance ; le tends, geste dérisoire. Entre tes doigts, un papillon t'a laissé la poudre de ses ailes.

    Poussière d'idée


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  • Au numéro 17 de la revue FPM / Festival Permanent des Mots

    Le numéro 17 de la très belle revue FPM (Festival Permanent des Mots, une production des passionnantes éditions Tarmac) est sorti et j'ai le plaisir d'y figurer aux côtés des brillants artistes (illustrateurs, auteurs, poètes), que voici : Hans Limon, Ysabelle Voscaroudis, Christophe Decan, Alain Morinais, Sandrine Davin, François Frémont, Miguel Ángel Real, Anne.B, Thibault Marthouret, Thomas Chaline, Charles Orlac, Thomas Lacomme, Alain Minighetti, Jean Azarel, Pierre Andreani, Philippe Vallet, Gilles Venier, Jacques Cauda, Jacques Lallié, Ana nb, Jacques Jean Sicard, Murielle Compère-Demarcy, Hervé Jamin, Frederic Dechaux, Patrick Le Divenah, Eve Sauze-Chapel, Julie Legrand, Jessica C., Mickaël Auffray.
    Image de couverture : Demelis Eric
    Quatrième de couverture : Cécile Valle
    Pour en savoir plus, le Festival Permanent des Mots !

    Je suis très heureux de rejoindre ainsi la famille FPM et de clore d'aussi belle façon cette année 2017.

    La revue est à se procurer sur le site de la revue et je ne saurai assez vous recommander de vous y abonner. Vous ne serez pas déçus !

     


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  • m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens un ver de terre desséché échappé du bloc compost le pauvre ça pardonne pas déshydratation en règle c'est assez répugnant sur le parquet je vais chercher la pelle la balayette je ramasse et hop poubelle je remets les ustensiles à leur place et retour au salon je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je tourne en rond pourtant j'ai des tas de trucs à faire tant que je sais pas par quoi commencer et inutile de me lancer alors que j'ai à peine vingt minutes devant moi je serai obligé de m'interrompre en plein milieu j'aime pas ça du coup je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens il pleut mince c'était pas prévu faut que je change de chaussures que je choisisse des pas trouées des qui prennent pas la flotte je sais pas comment ils se débrouillent aujourd'hui les chaussures au bout de trois mois les semelles sont percées j'admets que creuses comme elles sont on peut pas s'attendre à autre chose que de la merde avant les semelles étaient pleines enfin je crois du moins elles prenaient pas l'eau aussi facilement c'est le sens de l'histoire le creux on nous vend du vide après à nous les pieds trempés bon ben y'a plus qu'à changer de chaussures alors j'opte pour les de randonnées qui sont pas encore percées c'est pas très classe mais j'aurai les pieds au sec et je préfère avoir les pieds au sec qu'être classe à vrai dire je m'en fous de la classitude ma fille elle est pas d'accord elle trouve que je devrais faire un effort personnellement j'estime que c'est du temps perdu le temps que tu cherches comment avoir un peu d'allure tu peux l'employer à des choses plus intéressantes par exemple là je tourne en rond dans le salon je regarde par la fenêtre et qu'est-ce que je vois madame Gardon qui sort frétillante comme un ah ah ça me fait toujours rire bref si je m'étais occupé de mon apparence j'aurais pas vu madame Gardon sur le trottoir ç'aurait été dommage d'autant qu'elle vient de se vautrer elle me fait penser au ver de terre que je viens de ramasser et expédier à la poubelle je me demande si elle s'est fait mal faudrait peut-être que je descende lui apporter mon aide elle est gentille madame Gardon même si elle est moche elle aussi comme quoi ça signifie rien je pourrais descendre et faire mon zorro tadam pas de souci j'arrive apparemment c'est pas la peine elle se redresse toute seule se frotte un peu le derrière regarde autour si on l'a vue elle est un peu honteuse et puis elle reprend son chemin en se tâtant les hanches sous la pluie parce qu'il pleut toujours je la suis des yeux et elle disparaît au coin de la rue je m'écarte de la fenêtre je m'ennuie je m'ennuie je

    p 525 : le ver et la semelle creuse


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  • Lucien mesure le chemin parcouru

    Bientôt, la fin de l'année ! Le moment de faire le point, de dresser le bilan, de mesurer le chemin parcouru.
    — Ouaip.
    Lucien, qui est un bonhomme consciencieux, ne se défile pas et s'astreint au plus intransigeant examen de conscience dont puisse se satisfaire un individu en pleine possession de ses moyens intellectuels. Il commence par le point. C'est le plus facile. Du tiroir de son bureau en merisier laqué, il tire la fiche qu'il remplit depuis qu'il a appris à lire et à écrire, empoigne son stylo quatre couleurs qu'il utilise depuis son passage aux Beaux-Arts, choisit le vert qu'il préfère depuis qu'il se prosterne devant l'effigie de Pierre Rabhi et, d'un mouvement enrobé du poignet, la bille en tête, marque le point. 
    — Et hop !
    Voilà le beau geste et un travail rondement mené ! Il compte sur la page les points qui la jalonnent, en énumèrent 15. Il n'y a pas à dire, il a marqué des points, durant toutes ces années. De quoi être fier. Cependant, Lucien n'est pas le gars à se complaire dans ses succès ni à se gratter le nombril indéfiniment. Il passe donc à l'épreuve suivante, aussi herculéenne que le dressage de bilans soit-elle.
    — Ouaip.
    Dans le même tiroir de son bureau en merisier laqué, il plonge sa main experte. Quand il a repéré de ses doigts agiles le bilan qui les lui brûle, il le sort. Et comme il est lourd, il le dépose par terre. Lucien le considère, se demande par quel bout l'apprivoiser. Il se méfie car il a un faux air de son banquier. Il ne voudrait pas qu'il lui saute à la gorge. Sans tarder, il va récupérer son fouet dans le placard de sa cuisine, revient en le brandissant vers le bilan qui, instantanément, la ramène moins. Lucien ne se laisse pas émouvoir. Déterminé et à coups de fouet bien proportionnés, il se charge de son éducation. Il alterne mouvements passifs assortis de murmures à son oreille et matraquages actifs en guise de représailles. Lucien ne ménage pas sa peine. Il fouette, fouette, jusqu'à ce que le bilan monté en neige soit consolidé et lui évoque, avec ses traits lacérés et ses mèches en bataille, davantage son copain Émile qui le dépanne, que son distributeur d'agios et sa tête de débit.
    — Ouf !
    Lucien s'éponge le front. Le bilan est dressé, il peut mesurer maintenant le chemin parcouru. L'exercice requiert de sa part toute sa contention d'esprit car il s'agit de se rappeler où il se trouvait l'année précédente, le même jour à la même heure. Il se creuse les méninges, se livre à une prodigieuse introspection, qui l'amène à flirter avec les démons refoulés au fond de ses cavités intimes. Une expérience du vide de laquelle il ressort avec la conviction que l'année précédente, au même moment, il se trouvait là, exactement là, sur la quatrième dalle du sol de son salon en partant de la droite, où il se trouve actuellement.
    — Euréka ! s'exclame-t-il parce qu'il est lettré.
    Il court chercher son mètre, revient à l'endroit défini et mesure l'écart. Zéro centimètre, révèle l'instrument. Zéro ! Lucien s'étonne. Il trouve que cela fait peu. Il est vrai que zéro, ce n'est pas grand chose, comme chemin parcouru. Pas de quoi fouetter un bilan ! Il est un peu déçu, Lucien. Il s'attendait à mieux. Alors il réfléchit car, comme chacun sait, on n'est jamais mieux servi que par soi-même. Il réfléchit et se dit que l'année dernière à la même heure, il se trouvait à cette place, qu'il lui suffit donc d'aller là, à deux dalles, pour se dresser à un endroit différent. Ni une ni deux, il se précipite et voilà Lucien arrivé à destination. Il déroule aussitôt son mètre, lance une nouvelle campagne de mesures.
    — Un mètre douze, s'écrie-t-il, triomphant.
    Sûr qu'un mètre douze, comme chemin parcouru, ça en dit autrement plus long.
    — Ouaip.


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