• Lucien revient !

     

    Voilà plus de deux ans que Lucien ne s'était pas manifesté !
    Une longue traversée du désert qui l'a éloigné des mondes virtuels. Une mauvaise passe dont il revient, mais pas mieux arrangé. Une période difficile au cours de laquelle le bonhomme s'est cherché sans succès derrière son ombre, sous la table et au bord du divan.
    La dernière fois qu'il est apparu, c'était là, sur mon ancien blog, et le pauvre, traumatisé comme tout le monde, se prenait pour Charlie. Sauf que chez lui, cela produisait de curieux effets secondaires.

     

    Je restitue ici le témoignage, tel que je l'avais alors (en février 2015) retranscrit : 

    Depuis que Lucien est Charlie comme les autres, ou presque, il souffre de troubles de la personnalité. "Je suis Charlie" a-t-il écrit en large sur son front pour mieux s'en convaincre, que tout le monde le sache et en prenne de la graine.
    — Je suis Charlie ! annonce-t-il d'entrée à son copain Max, qui vient de sonner à sa porte, en pointant du doigt l'inscription, au-dessus de ses yeux, la preuve qu'il ne raconte pas n'importe quoi.
    — Ouais, ben je sais...
    Lucien/Charlie est surpris. Les nouvelles vont vite, pense-t-il. Pour être sûr que son copain enregistre bien l'information, il répète :
    — Je suis Charlie !
    — Ouais, comme tout le monde, répond Max, qui se dit que Lucien est surtout neuneu.
    — Ah ?!!! Toi aussi, t'es Charlie ?
    Il n'en revient pas. Max est Charlie ! Et il ne l'apprend que maintenant.
    — Ben ouais...
    Mais s'il est Charlie, lui aussi, s'interroge-t-il, où est passé Max ?
    — Maaax ! crie-t-il à la cantonade, en quête de son ami absenté.
    — Ça va, j'suis pas sourd. Bon, Lucien, tu pourrais me filer les clés de ta bagnole.
    Lucien/Charlie regarde derrière lui. Personne ! Il scrute le fond du couloir. Pas de Lucien qui déboule !
    — Il est pas là, renseigne-t-il son nouveau camarade Charlie.
    — Quoi ?!! s'étonne le solliciteur. Qu'est-ce que tu me racontes ?
    — Ben Lucien, on dirait qu'il est pas là ! répète-t-il en fouillant à nouveau des yeux l'appartement, pour vérifier s'il n'y est vraiment pas.
    Max examine son interlocuteur. Une étude approfondie du spécimen. L'étendue des dégâts. « Putain... » marmonne-t-il, très impressionné.
    — Euh, Charlie, tu pourrais me passer les tiennes, alors ?
    Un temps de latence, avant que la connexion neuronale se fasse et que Charlie réagisse.
    — Ah ! Euh, oui... bien sûr.
    Et il lui confie les clés.

    Il referme la porte sur son ami. Un grand soupir de soulagement. Il l'a échappé belle. Quelle présence d'esprit il a eu, de lui donner les clés de Lucien plutôt que les siennes. On n'est jamais trop prudent. 

    Je me réjouis de retrouver Lucien sur les pages de ce blog. Il m'a en effet promis de donner de temps à autre de ses nouvelles. Je me ferai une joie de vous les transmettre, à l'occasion.


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  • L'association "Coeurs de Lyonnes" lance son concours d'écriture

    Un jour, un texte ! Tel est le défi littéraire ! 2000 signes espaces comprises, pour un projet solidaire de l'association "Cœurs de Lyonnes" ! Un concours littéraire ouvert à tous, lancé par l'auteure Emmanuelle Cart-Tanneur et son associée Véronique Jacomo. 

    Le 12 mai à 19h, le sujet est dévoilé. 24 heures pour écrire. Et deux semaines au jury, dont j'ai le plaisir de faire partie (avec Danielle Akakpo, Valérie Laplanche et Frédéric Gaillard), pour délibérer ! Le 27 mai, les résultats sont dévoilés et trois prix sont décernés, avec un séjour à Roussillon en Provence offert au (ou à la) premier(e), l'occasion de découvrir les ocres et le Colorado (provençal) !!!

    Le règlement détaillé est consultable ici :
    Télécharger « cgv-reglement-1c66f2101a9648af90fbccfc7330f532 (1).pdf »

     Et les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes, cela se passe ici ! Il n'y a pas à hésiter !

    Vous pouvez suivre l'actualité de l'association sur sa page facebook !


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  • Selfie

    A.C.


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  • La 21ème mort de JankaElle avait trois cœurs en pendentif qui caressaient son nez lorsqu’elle se penchait au-dessus de son front et embrassait ses cheveux. Janka faisait semblant de dormir. Elle se redressait et tandis que les cœurs balançaient leur ombre sur ses paupières, elle lui effleurait la joue du bout de ses doigts, qui étaient toujours froids. Ce contact-là, il l’aimait moins ; alors, il ouvrait un œil. Elle choisissait ce moment pour plaquer sa bouche contre la sienne et insinuer sa langue entre ses lèvres. Il la laissait explorer sa cavité, se lover dans ses recoins. Quand il en avait assez, il la mordait. Son corps se raidissait. La douleur contractait ses membres, sa peau, jusque sa langue qu’elle ne retirait pas, d’où s’écoulaient trois gouttes de sang, qui lui donnaient envie de vomir. Il la repoussait. La harpie hurlait et s’enfuyait à travers les quatre murs de sa chambre. Il se levait, courait à sa poursuite. Sur le rebord de la fenêtre, il hésitait à sauter. Il ne la voyait déjà plus.
    Janka crachait sa bile dans le lavabo. Sa salive dégoulinait en filament rouge, s’entortillait autour de la bonde, se dévidait le long de la canalisation. Il glissait sa main à l’intérieur, puis son bras, enfin lui tout entier. Et chutait d’une centaine de mètres, ricochait d’une paroi l’autre. Le voyage ne durait pas longtemps. Il débouchait dans le méandre d’une rivière qui lui rappelait la mer au temps où elle était torturée. Le soleil dardait ses rayons mous. La surface blanchissait et les reflets de la lune s’accrochaient aux élodées. Janka ignorait pourquoi il nageait là. Se demandait s’il avait pris la bonne direction. Il tentait de remonter le courant mais la rumeur enflait, l’attirait vers la ville. Si bien qu’il arrivait poings liés, tête basse, au pied d’un mirador. On le jetait aux oubliettes d’un désert gris. Il criait, tapait sur le carrelage qui résonnait en criblant ses tympans de sons poisseux. Il les extirpait du fond de sa gorge, les lançait contre les barreaux, s’épuisait en vain. Dans la cellule, personne ne l’entendait, pas même les rats qui grouillaient au creux de son ventre, qui se foraient un passage à travers ses orifices. Il préférait leur céder le terrain.
    Les oreilles des rongeurs frétillaient quand ils lui parlaient et leurs vibrisses traduisaient son désarroi. Il ne comprenait rien. Acquiesçait néanmoins du menton, bombait le torse, courbait l’échine. Peine perdue, ils se lassaient de ses dévotions et renonçaient à lui indiquer la route. Janka était contraint de ramper dans le sable sans savoir où creuser. Il s’accrochait à la queue d’un scorpion numéro 1, d’un scorpion numéro 2, dévalait les pentes d’une dune jusqu’à un oasis où il la retrouvait enfin. Elle recousait sa langue avec du fil de mygale, qu’elle débobinait d’une toile de tente tendue, déformée par le poids de ses proies piégées. Tandis qu’il approchait, elle paniquait. Elle ne l’attendait pas, n’était pas prête à l’engloutir. Délicat, il se retournait afin de ne pas la gêner, la laissait s’apprêter. Elle ne perdait pas de temps, se déshabillait dans la fente de son crâne, élargissait les fossés d’où suintaient des bruits de succion. Perplexe, il mesurait la longueur de son sexe. Il en attrapait des suées qui n’avaient que peu à voir avec l’étuve au centre de laquelle elle le serrait contre elle. Elle l’enlaçait ou c’était lui qui l’enlaçait. Leurs jambes nouées, il bavait sur ses seins, alors que les trois cœurs en pendentif roulaient par terre. Elle effeuillait leur verge qui valsait dans ses entrailles. D’un bord à l’autre, au point de lui décoller les rétines et de le rendre à la fétide marée. Il essayait de se retenir. Ses doigts qui couraient le long des racines ne lui rendaient pas la tâche aisée. Il la plantait malgré tout, s’agrippait à ses hanches, les repoussait, incurvait la cambrure de ses reins. Sous ses ongles, l’écorce se délitait. Il écorchait un grand arbre grimaçant qui les flagellait de ses ramures et volait leurs soupirs. Le poison se répandait dans ses veines. La sève suintait par leur vagin. Il redoutait le moment où sa peau s’effriterait, où sa chair à vif, elle sucerait la moelle de ses lésions internes. Il errait sur les lisières d’un dédale dont elle colmatait les issues. Janka était cerné. Il sombrait, s’endormait.
    Ses trois cœurs en pendentif caressèrent son nez, lorsqu’elle se pencha au-dessus de son front et embrassa ses cheveux.

     


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  • je tourne en boucle je recommence consulte mon blog le forum ma boîte mail facebook retour au blog des fois qu'un truc se soit produit pendant que j'étais sur facebook mais rien alors direction le forum et retour sur le réseau j'ai peut-être reçu un message une notification un signe de reconnaissance mon statut est resté vierge les gens se moquent de ce que j'écris je les comprends une photo de chat se répand suscite l'enthousiasme la dernière indignation du jour provoque un tombereau de réactions des insultes des vérités qu'on détient et assène des saloperies des invectives il y a eu les révoltés du Bounty on ne compte plus les révoltés de facebook si bien qu'on se demande pourquoi notre monde n'a pas encore sombré pourquoi il n'est pas meilleur avec autant de révoltés de certitudes de solutions des mots des mots ectoplasmes jetés dans un puits sans fond je clique sur mon blog j'ai eu un visiteur supplémentaire le compatissant je le remercie je lui souris je passe en revue ma messagerie retourne sur facebook j'aime un poème j'aime une nouvelle j'aime un livre j'aime un salon du livre j'aime qu'on m'aime ce n'est pas souvent pas autant que je le souhaiterais certains s'y risquent je les connais il n'y a jamais assez de "j'aime" et beaucoup trop de gens qui veulent qu'on les aime mais qui rechignent à aimer qui crient "aimez-moi bande de salauds" et qui sont eux-mêmes coincés du clic poing et pouce baissés faut pas déconner non plus la réciprocité est un gros mot pire que de vendre son âme on ne va pas s'abaisser à ça signaler un statut qui ne nous concerne pas lui prodiguer un petit intérêt qui nous manquerait un éclairage une lueur l'important est d'être aimé pas d'aimer je reviens à mon "journal" j'aime un événement je fatigue me lasse d'aimer des murs j'aime une page je partage on aime que je partage on s'indigne c'est à celui qui s'indignera le mieux qui saura le mieux qui pensera le mieux des contradictions du vide jeté dans le vide qui n'avance à rien ne mène à rien ce n'est pas grave c'est pour parler occuper la place répéter ce que tout le monde dit à longueur de temps et de pages et le clamer comme si on le disait en premier que de la gueule des postures on prend la pose il s'agit de le croire de s'en convaincre de le faire croire je retourne sur mon blog rien de nouveau je consulte mes mails rien de nouveau je repasse sur facebook on s'indigne on réclame de l'amour garde le sien pour soi se plaint du manque d'attention garde la sienne pour soi le monde s'enlise pareil je consulte mes mails je tourne je con je tourne tourne je tourne je con je tourne tourne tourne con tourne tourne tourne tourne tourne tourne tourne tourne

    p 13208 : dans une roue

    Par PenyulapAnna Frodesiak — https://en.wikipedia.org/wiki/File:The_Fairybread_Barnstar.gif, CC BY-SA 3.0,
    https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=48767635


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  • Comme j'en parlais ici, j'ai eu le plaisir de faire partie du jury de présélection du 3ème concours de nouvelles humoristiques organisé par l'association Libres Plumes et présidé par l'écrivain Jean-Louis Fournier. Les finalistes ont été désignés (voir la liste), l'automne dernier ; reste au jury final à élire les trois primés. L'élection, suivie de la remise des prix, aura lieu le dimanche 19 mars 2017, à Méry sur Oise dans le cadre de sa fête du livre (Des livres pour voyager) dont voici le programme. Et j'aurai le plaisir d'être sur place, pour y rencontrer les membres de l'association, ceux du jury, les finalistes présents et les lecteurs. 
    Je profiterai aussi de l'occasion pour proposer à 15h30 mes ouvrages personnels à la table de Libres Plumes et pour y signer le recueil publié par l'association, Un canapé sur l'Oise, issu du 1er concours de nouvelles humoristiques (2015), au sein duquel figure ma nouvelle, alors finaliste, Un thème à la con.

    Le 19 mars 2017, avec "Libres Plumes", à la fête du livre de Méry sur Oise

    Le programme complet et détaillé de la journée de Libres Plumes et du concours est à consulter ici avec toutes les infos pratiques pour s'y rendre !


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  • Joice automate

    Dans la presse, la nouvelle se répand. "Joice Heth, l'imposture !" révèle-t-on. La vieille dame ne serait qu'un automate, un être en toc et en rouages, de caoutchouc et de métal, à l'instar de ce joueur d'échec qu'on balade à travers le pays. Une lettre anonyme a révélé le pot aux roses. Barnum, précurseur du "Fake news" et génie visionnaire, l'a rédigée.
    L'effet est instantané. Le scandale éclate. La fréquentation de l'exhibition organisée par l'homme d'affaires double. Le public afflue pour se faire une idée et sa propre opinion. L'esclave noire édentée et aussi âgée que Mathusalem ne serait-elle qu'un artefact, une illusion ? On se bouscule pour l'observer, l'examiner sous toutes les coutures et on s'interroge. Est-elle réelle ? La mystification dans la mystification, une mise en abyme de la supercherie. Le mensonge jette le doute sur le mensonge.
    Barnum manipule et encaisse les dollars. Coup monté, coup de pub. Il a tout inventé. 

    Source: P.T. Barnum,
    The Life of P.T. Barnum Written by Himself, 1855.


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  • A. C.


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  • Sur la table, le pain a la couleur de la peau de cette fille dont j'ai oublié le prénom et qui m'avait dit qu'un jour je me souviendrais d'elle.

    Reste encore à mordre les corps caverneux de ma mémoire en mie et en miettes.

    Pain béni


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  • Les Chroniques d'un père au foyer, chez Jacques Flament éditions.

     Les "Chroniques d'un PAF" à la radio

     

    On en a déjà parlé sur France Bleu Belfort Montbéliard, le jour de parution du livre, dans l'émission "Ils font bouger la Franche-Comté". On en parlera à nouveau sur les ondes !

    Il sera en effet question des Chroniques d'un père au foyer sur Virgin Radio Belfort Montbéliard, le 16 février 2017. La chronique de Cindy Pelletier, sur le livre et à partir d'une interview, sera diffusée à 12h et 20h.

    Et il en sera également question, lors de la matinale (le 6/9) du 17 février, sur Chérie FM Belfort Montbéliard, pendant les flash infos, à travers un entretien mené par Julie Naudin.

    Bref, une jolie tournée radiophonique !!!

     

     

     

     


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