• crie je crie Duduche Duduche pour qu'il revienne il ne revient pas t'es pas là mais t'es où pas là pas là mais t'es pas là mais t'es où je n'en sais rien volatilisé le Duduche vaudrait mieux qu'il se soit volatilisé envolé qu'il soit parti de son propre chef et de sa propre crête ce serait mieux pour lui un sort plus enviable que celui qu'on peut raisonnablement redouter son évanouissement dans les parages ne dit rien qui vaille il n'y a pas besoin d'être bon clerc pour craindre le pire il a dû se faire choper couic Duduche courser par un renard un chien un cerbère un chasseur une belette le maire la vouivre Gérard ta mère Poutine le voisin Ethan Hunt ou splotsch écraser par un chauffard alors qu'il traversait tranquille la route sans se douter de l'effet rouleau compresseur du pneu hostile sauf que je n'ai pas vu de traces sur le macadam ni chair en charpie ni plumes qui volent à moins qu'il ait été aplati plus loin où je ne suis pas passé Duduche s'est peut-être aventuré hors de ses sentiers battus l'hypothèse ne me convainc pas je préconise plutôt une attaque en règle d'un prédateur en mal de nourriture qui n'en a pas cru ses yeux de trouver un faisan là à cet endroit un Duduche pas méfiant qui se promène sans complexe et sans pantalon et qui crèche dans les hautes herbes du trou végétalisé concocté par les jardiniers municipaux tu parles de l'aubaine un Duduche qui vous tend les pattes prêt à se faire rôtir confire farcir ou juste zigouiller et dévorer tout cru ça dépend de la nature des pulsions et des goûts de chacun ou des moyens à disposition le renard par exemple n'a pas de four dans sa tanière alors que Gérard si et sûrement que Poutine aussi tout comme ta mère ou le

    p 412 : couic Duduche


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  • Dans la sélection Décembre 2018, de la Plume de Paon (IF livre)

     

    J'ai eu le plaisir d'apprendre que ma nouvelle audio, La mort du dauphin François, lue par Emerick Guezou et publiée par les éditions 15K, se trouvait dans la sélection trimestrielle Décembre 2018, de l'association Plume de Paon (qui promeut le livre audio), pour le site de l'IF livre (l'Institut Français du livre).

    Je m'en réjouis bien évidemment. Une nouvelle reconnaissance du travail accompli par les éditions 15K !

    L'on peut découvrir la sélection Décembre 2018, ici, sur le site de l'IF livre et se procurer la nouvelle, ici.

     

     


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  • Faut-il que l'oeuvre soit belle pour résister aussi longtemps à autant d'écoutes. Des dizaines et des dizaines, sans que l'envolée faiblisse. Je trempe ma plume dans la piscine après l'avoir longtemps plongé dans les limbes. Et flotte au-dessus de la lune, porté par les cordes et les murmures du grand Thom. Le souffle ne faiblit pas et emporte vers des contrées insoupçonnées. Combien de mots et de pages noircies ? Les mondes s'ouvrent ; leurs mélodies denses et organiques en donnent les clés.


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  • faisan que j'appelle Duduche je lui ai attribué ce nom parce que ça lui ressemble l'idée m'est venue comme ça on ne contrôle pas tout sans doute parce qu'il a une tête à s'appeler Duduche si tant est qu'on puisse avoir une tête à s'appeler Duduche s'il en y avait une ce serait la sienne surtout quand il se met à courir crête au vent et bec en avant avec sa longue queue à la traîne et ses couleurs en gyrophare c'est d'un comique rien qu'y penser me rend hilare il traverse la rue sans regarder à droite ni à gauche un jour le pauvre se fera écraser ça lui pend au bec plotsch aplati le Duduche ce sera triste le problème est qu'il n'a pas conscience du danger il est vrai qu'il a de la ressource et une pointe de vitesse qui ferait pâlir Usain Bolt faudrait les voir dans un stade pour se rendre compte et comparer leurs performances Usain Bolt versus Duduche l'avantage pour le volatile lui court libéré sans aucune pression quelque soit le résultat pas de questions à se poser après la confrontation il rejoindra le trou de verdure artificiel qui a été arraché au béton en face de chez moi et où il a élu domicile je le vois parfois de ma fenêtre se dandiner à la recherche de boustifaille il va piquer les graines qu'on réserve aux petits oiseaux et qu'ils font tomber des perchoirs au moment de les picorer il n'y a pas de raisons qu'il se prive lui aussi est un oiseau et s'il a grandi il n'y est pour rien on ne peut aller contre sa nature quand on est un faisan il n'y a rien à faire on ne deviendra pas mésange du jour au lendemain il faut s'y résoudre ce sera toujours compliqué de monter aux arbres d'un simple coup d'ailes impossible d'avoir tous les avantages chacun doit se satisfaire de sa part déjà il me fait rire et s'appelle Duduche les mésanges du coin ne peuvent en dire

    p 405 : Duduche

     


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    Après le récent salon de Delle, j'aurai à nouveau le plaisir de rejoindre les Plumes Comtoises et d'aller à la rencontre des lecteurs, lors d'un salon du livre organisé, cette fois, à Bethoncourt, le samedi 9 février 2018, toujours de 14h à 18h.


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  • Lucien met son nez au régime

    Lucien a le nez fin, on l'a déjà constaté. Un état qu'il doit à une discipline de fer ; du fer un peu rouillé sur les bords, certes, rongé par l'usure ou les rats ; du fer, malgré tout. Il a assujetti son appendice à un régime vigoureux et sans concession pour parvenir à ses fins, justement, et à cette sveltesse, et soumis ses narines à rude épreuve.

    Il prit le taureau par les cornes et ses naseaux après avoir surpris la conversation de deux voisines. Elles eurent beau baisser la voix en le voyant déboucher de sa volée d'escalier et aborder leur palier, le regard gêné qu'elles lui adressèrent ne lui échappa pas. Et il discerna très bien, en passant devant elle, détachés de leurs chuchotis, les mots gros nez. Des mots qu'il attrapa au vol et qui le persuadèrent de passer à l'action. Les coups d’œil furtifs et les haussements réciproques de sourcils qu'elles échangeaient et soulignaient par un silence non seulement révélateur mais aussi accusateur ne laissaient aucun doute quant à l'identité du propriétaire du blase ainsi montré du doigt et de leur menton poilu.
    Sitôt dans sa salle de bain, Lucien procéda à des vérifications devant son miroir. Il examina son nez. Sous toutes ses coutures et ses orifices. Le rapprocha de son reflet, l'écarta, le mit de profil, puis de face. Il réfléchit. Tout à coup, le remua dans tous les sens. Le retroussa, le tordit, l'allongea, le détendit et recommença. Trente secondes d'exercices acrobatiques, après lesquelles il renifla. Il lui imposa un nouvel examen détaillé. Aucun changement apparent. Lucien ne perçut pas d'évolution. Ni d'encourageante, encore moins de concluante. Il retourna à ses études et réfléchit à nouveau.
    Il se rendit dans la cuisine. Sortit d'un placard la balance électronique que sa mémé, incapable d'en comprendre le fonctionnement, lui avait généreusement refourguée, et la posa sur sa table. Il plaça sa tête au-dessus, prit une longue inspiration et, d'un rapide mouvement du buste, plaqua son nez contre. Des chiffres s'affichèrent sur l'écran. Trois kilos quatre cent cinquante, traduisit-il. Il se redressa aussitôt. Ça n'allait pas du tout ! Mais pas du tout, du tout !!! Il soupira, rangea sa balance et réfléchit encore.
    Muni d'une règle et d'un crayon, il retourna dans la salle de bains. À l’aide de repères sur son miroir, nota les mensurations de son nez. Puis, recommença ses exercices. À se bousculer les narines, se malmener l’arête, se frapper les ailes. Il saisit la base entre son pouce et son index, tira, pinça, appuya, agita. Et s’interrompit, s’empara de sa règle, mesura à nouveau les dimensions de son appendice rougi et fronça les sourcils. Le résultat ne le satisfit toujours pas. Il poursuivit donc son entraînement nasal. Une demi-heure de ce régime et le voilà dépité, nez bleui, qui de rage, jeta son crayon dans le lavabo. Son tarin ne maigrirait donc pas ! se lamenta-t-il. Il dut se résigner : la méthode n'était pas la bonne. Malgré cette gymnastique intensive, pas un millimètre de gagné ! Pire : son pif avait gonflé !
    Lucien réfléchit à nouveau. Dix bonnes minutes à soutenir son reflet avant que son visage ne s’éclairât. Mais c’était bien sûr ! Il n'y avait pas mieux pour se débarrasser du gras ; il fallait trancher dedans ! Il fila dans la cuisine, se précipita vers le tiroir de son meuble de rangement, l’ouvrit, empoigna un long couteau de cuisine et revint fissa avec, dans sa salle de bain, devant son miroir et écran de contrôle. Concentré, il approcha très délicatement la lame de son visage.

    « AÏE ! ! ! » entendit-on hurler dans l’immeuble.

    Les deux voisines bavardaient dans le hall d’entrée de l’immeuble, quand un bruit de pas en provenance des escaliers les contraignit à baisser la voix. Elles se détournèrent pour regarder qui venait là, se figèrent, éberluées. Lucien traversa le hall en les ignorant ostensiblement, un énorme pansement ensanglanté, noué en poupée au milieu de la figure.


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    Premier rendez-vous littéraire de l'année, avec les Plumes Comtoises, le samedi 26 janvier 2019, de 14h à 18h, à Delle.
    Et toujours un cadre convivial et chaleureux pour aller à la rencontre des lecteurs et leur présenter nos ouvrages.


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  • Lucien libère sa parole

    Comme Lucien a le nez fin, il se met au goût du jour. Et tant pis si ça sent le roussi et le fumigène, le sang caillé et la myrtille. Il a, lui aussi, son avis à donner. Il libère sa parole ; il n'y a pas de raison qu'il se prive, qu'il refrène ses élans de prodigalité, qu'il ne participe pas au mouvement général d'émancipation qui a saisi la population, dans son désir labial et insurrectionnel de renverser la vapeur, la crème et les codes établis. Il ouvre les grilles et desserre les dents. Le problème, la parole une fois libérée, consiste à remettre la main dessus. Trop heureuse de l'aubaine et qui ne se l'est pas fait dire deux fois, ni trois, sans demander son reste, renonçant à son doggy bag, elle part en cavale. Elle dépasse ses pensées, échappe à l'entendement. Pas étonnant avec toutes ces voies libres, ces ronds-points dégagés et ces fausses routes ! Impossible de la retrouver. Lucien ne ménage pas ses efforts, pourtant. Il tourne en rond, traverse les lieux communs, arpente les sentiers balisés, suit les chemins tracés, oscille entre les idées toutes faites et les expressions consacrées ; en bref, s'efforce de reconstituer ses éléments de langage. Il interroge même la voisine. Du coup, il s'excuse et rougit.
    — J'ai perdu mes mots.
    La voisine, dans ces cas-là, hausse les épaules et lève les yeux au ciel, d'autant plus quand il y a un plafond et que celui-ci est bas. Lucien la soupçonne d'avoir perdu autre chose, sa langue en l’occurrence, mais il n'ose pas glisser ses doigts à l'intérieur de sa bouche pour le vérifier. Elle serait capable de le mordre. Il l'a déjà entendue aboyer, une fois qu'elle sortait son chien. Alors, il se préserve ses phalanges et se contente de lui tirer la sienne, de langue, en vérifiant si par le plus grand des hasards, il n'en aurait pas un, de mot, sur le bout. Il halète. La bave lui pend aux lèvres. Elle est bien la seule. Il doit l'admettre : la voisine n'est d'aucune utilité. Le verbe refuse de se faire chair. Il renonce à la sentir palpiter et en dernier recours et désespoir de cause, songe à sonder le dictionnaire. Et il s'y serait assurément résolu si ses compétences en combinatoire, pour le moins limitées, ne l'avaient pas dissuadé. Une lucidité tout à son honneur. Ses carences requièrent une technologie plus moderne, un mécanisme bien huilé sans trop de pistons ni entourloupes, un appareil simple et efficace. Lucien s'en remet donc à un moteur de recherche et le lance, mais pas trop loin. Il dessine les contours de sa parole, en tape les signes et les caractères au risque de les traumatiser : Q.U.A.N.D. E.S.T.-.C.E Q.U.'.O.N. M.A.N.G.E. Puis envoie la commande et la sauce. S'ensuivent 295 millions de réponses.
    Lucien n'en revient pas. Sa parole a profité de sa liberté pour faire des petits.


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  • La femme à barbe et la gueule cassée

     

     

    Eugène l'aime bien, le regard posé sur lui par Clémentine. Un regard qui fait du bien. Qui ne s'arrête pas à sa mâchoire de fer. Elle se porte à son chevet, retape son lit ; l'incite à lui tirer les poils de sa barbe. Elle prétend en riant que ça lui portera chance. Une rare faveur qu'elle lui accorde. En échange de laquelle, elle lui caresse son menton métallique. Il a l'impression qu'il n'y a qu'elle, en dehors de ses compagnons d'infortune et voisins de chambrée, qui peut le comprendre. 


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  • Sur la peau la patience du zéphyr
    Souffle soufre une caresse à offrir
    D'un soupir d'une étreinte se suffire.

    Vent doux


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