• Son froc aux orties

    Rabelais, Labé, cordeliers. Lui, dans l'ordre, jeta son froc puis "Montfroc".

    "Bren, dit Gymnaste, bren pour vostre chapitre. Ce froc vous rompt les deux espaules, mettez bas.
    — Mon amy, dist le moine, laisse le moy, car par Dieu je n'en bois que mieulx."

    Rabelais - Gargantua, chap XXXIX.

     

    La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

     


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  • L'enfance de l'art

    Toutes les occasions sont bonnes pour parfaire l'éducation de la petite Louise. Une exécution populaire ne se manque pas. La belle cordelière foulera les pavés ou pas, tirera de l'expérience émotions fortes et matière à incarnation. L'on peut bien s'en donner à cœur joie et apporter sa pierre à l'édifice mythologique, s'agissant d'un personnage (Louise) dont certains doutent même de l'existence.

    Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie ;
    J'ai chaud extrême en endurant froidure :
    La vie m'est et trop molle et trop dure.
    J'ai grands ennuis entremêlés de joie.

    Extrait - Sonnet VIII
    Louise Labé

    J'ai chaud extrême en endurant froidure, un vers qui résonnerait aux oreilles du dauphin François et de Montecuculli... 

     

     

    La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

     


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  • Le peuple de Lyon à la sauce Champier

    Ainsi s’expriment « la reverance et amour qu’ont les Françoys envers leurs princes, et quant grande doleur ilz ont, si les sentent offensez. » (Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay). De l’Italien, ne subsiste plus la moindre trace… Ils sont bonne pâte, ces Lyonnais, pas rancuniers pour un sou, qui manifestent avec autant de ferveur leur attachement à la famille royale alors que celle-ci n’hésite pas à leur envoyer les lansquenets dès qu’ils se plaignent un peu trop fort. Que les ouvriers se révoltent contre leurs patrons ou que la populace crie famine, François dépêche son prévôt et noie l’affaire dans le sang. Ils en avaient fait l’expérience lors de "la grande rebeyne", quand Symphorien Champier, un édile médecin, conservateur et nationaliste, chantre de la thérapie par l’ointe France et ses innombrables sources miraculeuses et, par voie de conséquence, contempteur incorruptible de l’hétérodoxie arabe et de ses charlatans Avicenne et Averroès, Champier, donc, qui avait par ailleurs commis une vie de son cousin Bayard au succès retentissant, s’était, dans la louable mais irréfléchie intention de préserver la santé de ses concitoyens, mis en tête d’augmenter les prix non seulement du blé mais aussi du vin. Les pauvres de Lyon ne l’avaient pas entendu ainsi : on ne s’en prendrait pas à la dive bouteille ! Ils avaient brûlé la maison du malheureux Symphorien et dans leur lancée, pillé la ville. S’en était suivie une répression que le roi avait voulue exemplaire.

     

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  • Le lieu du crime

    Beaucoup affirment que cette partie de jeu de paume s’est disputée à Tournon. Ils arguent pour cela, la présence du dauphin dans cette cité, le jour de sa mort. Selon d’autres, on ne l’y aurait transporté qu’après, situant les lieux à Lyon, à cette maison du Plac, où plus tard fut établi le monastère de Sainte Claire. Devant tant de précisions, nous nous inclinons, même s’il paraît curieux de déplacer un malade vers une ville somme toute assez modeste, quand on se trouve dans l’un des centres les mieux achalandés d’Europe en hôpitaux et en médecins. Sans doute souhaitait-on rapprocher l’enfant de son papa. À moins qu’il ait simplement préféré échapper au diagnostic et aux mains du vénérable et docte Champier, qui sévissait dans la capitale des Gaules. D’autres vont encore plus loin et placent l’événement à Valence. Pourquoi pas ? Du moment que c’est le long du Rhône. En attendant que les historiens se mettent d’accord, François frappe à bras raccourcis sur la balle.

     

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  • La parole à l'avocat de la défense

    Voltaire s'insurge contre le recours aux supplices. Il n'a de cesse de les condamner et d'argumenter contre. Il brandit alors le cas Montecuculli pour étayer son discours. Ainsi, dans son dictionnaire philosophique, le grand homme examine son affaire et déroule sa démonstration, imparable, qui débute ainsi : "Je passe à travers mille échafauds, et je m’arrête à celui du comte de Montecuculli, qui fut écartelé en présence de François Ier et de toute la cour, parce que le dauphin François était mort d’une pleurésie." et se conclut par ces mots : "Il résulte que cette légèreté particulière aux Français a dans tous les temps produit des catastrophes bien funestes. À remonter du supplice injuste de Montecuculli jusqu’à celui des templiers, c’est une suite de supplices atroces, fondés sur les présomptions les plus frivoles. Des ruisseaux de sang ont coulé en France, parce que la nation est souvent peu réfléchissante et très-prompte dans ses jugements. Ainsi tout sert à perpétuer les malheurs de la terre. "

    L'italien ne pouvait rêver meilleur avocat... Plus de deux siècles après son écartèlement, il a dû apprécier à sa juste valeur ce soutien.

     

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  • Balzac, c'est la Cath qu'il préfère

    Il n'a aucun doute, l'Honoré. Pas touche à la Cath. C'est l'empereur qui est à la manœuvre. Et Montecuculli est son instrument.

    "Catherine, agée de dix-sept ans et pleine d'admiration pour son beau-père, était auprès de lui lors de l'événement ; Charles-Quint seul paraissait avoir intérêt à cette mort, car François 1er réservait son fils à une alliance qui devait agrandir la France."

    Sur Catherine de Médicis - Honoré de Balzac

     

     

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  • Le vase, etc...

    Brantôme en fait tout un sketch, de ce vase...

    "... et pour ce, dona Agnès Beatrix Pacheco, dame d'honneur de la reyne Eleonor, luy avoit faict présent d'un petit vase dont on use en Portugal, qui est d'une terre tanée si subtile et fine qu'on diroit proprement que c'est une terre sigilée ; et porte telle vertu, que, quelque eau froide que vous y mettiez dedans, vous la verrez bouillir et faire de petits bouillons comme si elle estoit sur le feu ; et si pourtant n'en perd sa froideur, mais l'entretient ; et jamais l'eau ne fait mal à qui la boit, quelque chaud qu'il aye, ou quelque exercice violent qu'il face.
    On dit que les roys de Portugal (et mesmes moy estant en Portugal, il me l'a ainsy esté confirmé par gens anciens qui l'ont veu jadis) ne beuvoient point de vin, que de l'eau ; et ceste eau ne beuvoient dans autre couppe ny vases qu'en ceux là faicts de ceste terre ; et, après qu'ils avoient beu le coup, le cassoient en le laissant tomber devant eux, et puis falloit changer ; et ne beuvoient jamais deux coups dans un mesme vase ; mais depuis cela a esté changé..."

    Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André, Vicomte de Bourdeille

     

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  • Dolet, avant son tour

    On l'a dit fils illégitime de François 1er et, donc, frère caché du dauphin. Mais peu lui importe, alors, que ce prétendu demi-frère vive ses dernières heures ! Il est en pleine conversation avec son ami Rabelais, qui, pour l'amadouer, la ponctue de soupirs d'aise et de hochements approbateurs. L'homme est connu pour ses colères et, en ce début août où les températures atteignent des sommets, son sang est chaud. Quatre mois plus tard, le jeune peintre Compaing en fera d’ailleurs les frais, de ses humeurs, puisque sous ses coups de poignards, il perdra la vie. Dolet, protégé par les plus hautes instances, se tirera de ce faux pas en plaidant la légitime défense. Il est vrai qu’il s’agit là d’une peccadille, une vétille par comparaison avec ces déviations religieuses dans lesquelles il se complaît déjà et qui lui vaudront, dix ans plus tard, un bûcher mérité. Bûcher, qui lui inspirera cette tirade en forme d'épitaphe : "Non dolet ipse Dolet, sed pia turba dolet." ("Ce n'est pas Dolet lui-même qui s'afflige, mais la multitude vertueuse.")

     

    La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

     


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  • Potineur

    Ils n'avaient pas Voici, à l'époque, mais ils avaient Brantôme et ses oui-dires. Qui plus est, sur le dauphin et sa propre cousine germaine... douée pour des tas de choses et des moins avouables.

    "J'ay ouy dire aux dames de ce temps-là qu'il leur estoit fort respectueux, et les servoit avec grand honneur ; et mesme sa maistresse, dont fut faicte cette chanson,

    Brunette suy
    Jamais ne seray blanche.

    C'estoit une fille de la reine, de la maison de Maumont, très bonne et ancienne, du haut Limosin. Elle estoit ma cousine germaine, fille de ma tante, sœur de mon père. C'estoit une très sage et vertueuse fille ; car les grands volontiers se font des maistresses pour la gentillesse et pour les vertus qu'elles ont, autant que pour autre chose."

    Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, abbé séculier de Brantôme et d'André, Vicomte de Bourdeille.

     

    La mort du dauphin François, aux éditions 15K.

     


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  • Papa François

     

     

    « J’entends bien, vous ne m’osez de première entrée dire qu’il est mort, mais seulement qu’il mourra bien tos. » Gravée, citée dans les livres d’histoire, cette tirade de François 1er n’est guère contestée. Elle prouve quelle crème de père il était ; rien que du bon pain !

    In La mort du dauphin François, chez 15K


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