• change pas grand chose je ne suis pas sociable je ne vois personne je lis j'écris il n'y a pas besoin de monde pour lire écrire et quand en plus on n'a guère de lecteurs et guère d'occasions de les rencontrer personnellement peu de bouleversements à prévoir pendant ce confinement quelques modifications au quotidien je ne sors cours quasi plus il y a davantage de bruit et d'animation à la maison d'attention à apporter à la bonne poursuite des scolarités autant de travail de tâches supplémentaires pas le temps de m'ennuyer avec toute la famille enfermée dans l'appartement je suis moins seul que d'habitude le paradoxe moins solitaire c'est certain ces mesures ne changent pas grand chose je suis asocial l'asocial érigé en modèle je ne pensais pas que cela arriverait un jour l'asocial érigé en modèle je me marre le confinement ne change pas grand chose me donne plus de travail pas le temps de m'ennuyer il ne change pas grand chose je ne suis pas sociable tout me semble si futile vain insignifiant du vent du bruit si futile vain insignifiant que je préfère me taire et écouter que je préfère me taire et écrire j'écris je ne parle pas sauf à mes proches mes très proches je ne suis pas sociable j'écris ce que j'ai à dire je l'écris parce que nul n'est obligé de me lire je n'impose rien à personne j'écris ce que je pense ce que j'imagine je l'écris je ne suis pas sociable j'écris ça ne change pas grand chose la distanciation sociale j'ai toujours été socialement distant à me sentir décalé pas en phase comme dans un jeu de rôles où il n'y aurait aucun rôle pour moi à la rigueur un rôle muet une silhouette qui passe au fond de l'écran sauf avec des proches très proches la distanciation sociale je pratique je sais faire je suis un spécialiste un expert elle ne change pas grand chose à ma

    p 2584 : distanciation sociale


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  • tête en sang il hurle crie qu'il ne les a jamais vus qu'il ne les connaît pas ces gars qui sont passés devant moi en courant sourire grand large en se tapant dans le dos manifestement très contents d'eux il ne les connaît pas il le répète à qui mieux mieux aux badauds qui s'arrêtent à ceux qui se penchent sur son cas et sa plaie à ceux qui joignent les secours comme s'il voulait démontrer qu'il n'avait rien à voir avec tout ça qu'il n'y est pour rien les gars l'ont frappé plein front avec une bouteille de bière alors qu'il ne les connaît pas jamais vus de sa vie c'est sûr ils ne sont pas intimes ils se sont peut-être croisés un jour mais alors il ne se le rappelle plus il en est certain il ne les connaît pas et malgré tout ils l'ont frappé comme ça pour passer le temps pour se marrer la bonne blague et ils ont déguerpi sans demander leur reste ils ont fui en rigolant en se tenant les côtes fiers de leur coup à ce gars qui ne les connaît pas qui a appris à les connaître qui se souviendra d'eux ils sont partis et il pisse le sang des gens s'agitent autour de lui il leur jure qu'il ne les connaît pas il n'y a que ça qui compte ces types s'en sont pris à lui alors qu'il ne les connaît pas ils lui ont cassé une bouteille en verre sur la tête et puis ils se sont barrés sans plus d'explications même s'ils lui ont d'abord demandé dans quel quartier il habitait les prémices d'une discussion la raison du sang qui dégouline sur son visage et ses vêtements il leur a répondu ils n'ont rien ajouté ont dégainé la bouteille la lui ont balancé dans la tronche et la bouteille a éclaté sous le choc pourtant il ne leur avait rien fait il ne les

    p 821 : scène de rue


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  • me hèle c'est ta fille ? je lui réponds oui elle porte une minijupe me fait-elle remarquer avec un air de réprobation je regarde le chemisier qui dépasse de la doudoune de ma fille et qui tombe sur son pantalon slim la bonne femme répète elle porte une minijupe je la toise n'importe quoi je m'énerve que me veut-elle l'obsédée du camouflage mode sac à patates est-ce que je lui demande moi est-ce que je lui demande hein pourquoi elle se fourre le doigt dans l’œil et dans le nez est-ce que je lui demande moi est-ce que je lui demande pourquoi elle est assise à deux heure trente de l'après-midi à la terrasse d'un bar à écluser les réserves du patron pourquoi hein pourquoi elle est là à deux heure trente de l'après-midi à picoler en critiquant le monde elle n'a rien de mieux à faire qu'à s'indigner avec son verre dans le pif de la tenue de ma fille elle n'a rien de mieux à faire qu'à me rendre méchant prêt à mordre à éructer j'ai envie de lui clouer sa bouche à merde de mère la pudeur de lui renfoncer dans sa gorge ses réflexions inquisitoriales je m'énerve je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui redoute un départ en vrille que je réplique qui m'en empêche je ne réplique pas ça n'en vaut pas la peine même si ça me démange me soulagerait je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui me retient par le bras me tire pour qu'on avance je passe mon chemin ma fille à mes côtés qui me chope le regard hausse les épaules je passe mon chemin je m'énerve facilement ces derniers temps je réagis impulsif l'épiderme sensible les nerfs en boule à la mode d'aujourd'hui où tout le monde au quart de tour sur ses ergots à fleur de peau lance son avis ses anathèmes où les insultes fusent où les condamnations déferlent je ne sais pas ce que j'ai l'air du temps qui me contamine m'enfume m'enlise la cervelle il ne faut plus grand chose pour que la colère monte il ne faut

    p 3207 : je passe mon chemin


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  • l’œuf me regarde avec un drôle d'air si drôle que je m'inquiète et me retourne vers mon reflet sur la vitre du four qu'est-ce que j'ai qui ne va pas je ne vois pas où l’œuf veut en venir où j'ai trahi sa confiance je n'ai rien de spécial pas de trace de farine sur la joue ni rictus menaçant aucun signe de désespoir non plus pas davantage de mèche rebelle j'arbore un masque impassible et un ovale presque parfait digne du sien et de ceux de ses congénères si bien que je suis obligé de hausser les épaules et d'admettre que l’œuf se méprend il n'a aucune raison de me tirer une tronche de trente-six longs pieds il serait avisé de changer d'attitude et d'arrêter avec sa gueule de travers ma patience a des limites je ne la supporterai pas longtemps il ne gagnera rien à me l'infliger sinon que je finirai par justifier ses craintes et lui donnerai un prétexte de se plaindre en l'explosant contre le rebord du saladier il n'aura plus que sa coquille en miettes pour pleurer le crâne d’œuf et pas question qu'il m'en verse dans la préparation je ne tolérerai aucune intrusion je l'éjecterai sans faiblir quitte à y mettre le doigt et un deuxième si nécessaire qu'il ne se fasse pas d'illusion je ne plierai pas me montrerai intraitable la

    p 937 : tête à œuf


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  • hallelujah Duduche est revenu il est de retour entier et en pleine forme mon coeur mon coeur ne t'emballe pas fais comme si tu ne savais pas que le Duduche est revenu vous mes mains ne tremblez plus souvenez vous quand je vous pleurais dessus Duduche est revenu dans le fourré est réapparu sur la route en se dandinant m'est passé sous le nez réjouissez-vous Duduche is back il a échappé à la mort les pneus n'auront pas eu sa peau aucun prédateur ne lui aura volé dans les plumes sacré Duduche puisque te v'là sain et sauf à cueillir les graines que les passereaux font tomber des nichoirs et des mangeoires au gré de leurs allées et venues où étais-tu tout ce temps pas là pas là mais t'étais où l'on s'inquiétait dans les parages l'on s'interrogeait z'avez pas vu Duduche oh la la la la la z'avez pas vu Duduche et ça y est je l'ai vu veux-tu venir ici je n'le répèt'rai pas veux-tu venir ici oh il est reparti à fond la caisse quelle santé il n'a rien perdu de sa dextérité une pointe de vitesse à faire pâlir Mathilde qui certes n'a pas les mêmes dispositions il faut le reconnaître malgré la taille de ses mollets et ses baskets de compétition il n'y a pas photo la vie

    p 437 : le retour de Duduche


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  • crie je crie Duduche Duduche pour qu'il revienne il ne revient pas t'es pas là mais t'es où pas là pas là mais t'es pas là mais t'es où je n'en sais rien volatilisé le Duduche vaudrait mieux qu'il se soit volatilisé envolé qu'il soit parti de son propre chef et de sa propre crête ce serait mieux pour lui un sort plus enviable que celui qu'on peut raisonnablement redouter son évanouissement dans les parages ne dit rien qui vaille il n'y a pas besoin d'être bon clerc pour craindre le pire il a dû se faire choper couic Duduche courser par un renard un chien un cerbère un chasseur une belette le maire la vouivre Gérard ta mère Poutine le voisin Ethan Hunt ou splotsch écraser par un chauffard alors qu'il traversait tranquille la route sans se douter de l'effet rouleau compresseur du pneu hostile sauf que je n'ai pas vu de traces sur le macadam ni chair en charpie ni plumes qui volent à moins qu'il ait été aplati plus loin où je ne suis pas passé Duduche s'est peut-être aventuré hors de ses sentiers battus l'hypothèse ne me convainc pas je préconise plutôt une attaque en règle d'un prédateur en mal de nourriture qui n'en a pas cru ses yeux de trouver un faisan là à cet endroit un Duduche pas méfiant qui se promène sans complexe et sans pantalon et qui crèche dans les hautes herbes du trou végétalisé concocté par les jardiniers municipaux tu parles de l'aubaine un Duduche qui vous tend les pattes prêt à se faire rôtir confire farcir ou juste zigouiller et dévorer tout cru ça dépend de la nature des pulsions et des goûts de chacun ou des moyens à disposition le renard par exemple n'a pas de four dans sa tanière alors que Gérard si et sûrement que Poutine aussi tout comme ta mère ou le

    p 412 : couic Duduche


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  • faisan que j'appelle Duduche je lui ai attribué ce nom parce que ça lui ressemble l'idée m'est venue comme ça on ne contrôle pas tout sans doute parce qu'il a une tête à s'appeler Duduche si tant est qu'on puisse avoir une tête à s'appeler Duduche s'il en y avait une ce serait la sienne surtout quand il se met à courir crête au vent et bec en avant avec sa longue queue à la traîne et ses couleurs en gyrophare c'est d'un comique rien qu'y penser me rend hilare il traverse la rue sans regarder à droite ni à gauche un jour le pauvre se fera écraser ça lui pend au bec plotsch aplati le Duduche ce sera triste le problème est qu'il n'a pas conscience du danger il est vrai qu'il a de la ressource et une pointe de vitesse qui ferait pâlir Usain Bolt faudrait les voir dans un stade pour se rendre compte et comparer leurs performances Usain Bolt versus Duduche l'avantage pour le volatile lui court libéré sans aucune pression quelque soit le résultat pas de questions à se poser après la confrontation il rejoindra le trou de verdure artificiel qui a été arraché au béton en face de chez moi et où il a élu domicile je le vois parfois de ma fenêtre se dandiner à la recherche de boustifaille il va piquer les graines qu'on réserve aux petits oiseaux et qu'ils font tomber des perchoirs au moment de les picorer il n'y a pas de raisons qu'il se prive lui aussi est un oiseau et s'il a grandi il n'y est pour rien on ne peut aller contre sa nature quand on est un faisan il n'y a rien à faire on ne deviendra pas mésange du jour au lendemain il faut s'y résoudre ce sera toujours compliqué de monter aux arbres d'un simple coup d'ailes impossible d'avoir tous les avantages chacun doit se satisfaire de sa part déjà il me fait rire et s'appelle Duduche les mésanges du coin ne peuvent en dire

    p 405 : Duduche

     


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  • à son tour il fallait bien que celui-ci arrive on peut dire que ça lui pendait au nez ou plutôt que ça pendait au bas de la cent quinze et son tour difficile de le passer quand la cent neuf la cent dix la cent onze la cent douze la cent treize la cent quatorze et donc la cent quinze précèdent on s'y attend on n'est pas étonné la logique est respectée après la cent quinze vient la cent seize d'autant plus quand à la fin de la cent quinze aucun point ne se manifeste pour conclure l'ouvrage si ça se terminait là l'existence de la cent seize en serait compromise on s'en plaindrait ce serait dommage mais peu probable alors qu'une cent dix-sept se présente au portillon et que suivent une cent dix-huit une cent dix-neuf et même une deux mille trois cent quatre-vingt-trois oui une deux mille trois cent quatre-vingt-trois c'est dire à quel point l'absence de la cent seize dans ces conditions inquiéterait d'aucuns évoqueraient un phénomène étrange voire bizarre de quoi se réveiller en pleine nuit en se demandant si on n'a pas perdu le sens des réalités et oublié de remplir sa déclaration d'impôt j'en ai des frissons dans le dos rien que d'y penser heureusement la question ne se pose pas la cent seize ne manque pas à l'appel on peut en être certain vu qu'on a les lunettes dessus et qu'on est en train de la lire la preuve de sa réalité en se demandant quand elle finira car on la trouve un peu longue on passerait volontiers à autre chose à la page deux cent trente-trois par exemple où une jolie fille attend que l'auteur la rejoigne dans son lit entre ses cuisses il paraît que ça tient chaud à condition que d'abord il enlève ses chaussettes même s'il a froid aux pieds et retire ses doigts de là ils n'ont pas gardé les cochons ensemble c'est sûr que ça mettrait un peu de piment et relancerait l'intérêt ou à la page neuf cent cinquante-six où l'auteur toujours lui pète les plombs et fracasse la tête de son dentiste contre la portière de son véhicule raye sa carrosserie avec les dents tombées sous le choc et d'autres raflées dans son cabinet pour le punir de son manque de respect ça lui apprendra à essuyer ses semelles sur n'importe quelle langue on ne vit pas dans une porcherie le genre de scène qui insufflerait un peu de rythme et d'action et qui changerait de la cent seize parce que là on s'emmerde la page cent seize traîne en longueur vivement qu'on passe à la cent dix-sept et justement ça tombe bien pile au moment où on en parle faut croire que l'auteur a un sens aigu du récit on s'émerveille de son talent la voilà qui arrive la cent dix-sept on ne l'espérait plus le lecteur a beaucoup de chance il se réjouit de sa bonne fortune va brûler un cierge et la voiture du dentiste se roule dans la fange au milieu des cochons tape des pieds saute de joie et remercie le ciel la mer et la terre sans oublier son 

    p 116 : la page cent seize


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  • hier dans la série ma vie est passionnante je suis allé à la poste parce qu'il y a encore une poste dans notre petite ville j'ignore jusqu'à quand durera ce privilège je croise les doigts pour qu'on nous le préserve déjà que celui de se soigner devient rare qu'on nous parle en plus de nous supprimer nos liaisons ferroviaires une façon de désengorger les cabinets des grandes villes qui n'ont pas besoin de nos dérisoires problèmes de santé ils ont assez des leurs inutile d'en rajouter on raconte que certains prennent le train pour consulter il y a des petits futés partout et d'autres qui ne se refusent rien donc hier je suis allé à la poste en me disant que je devrais changer de lunettes avant qu'on brise les lignes je me le suis d'autant plus dit que j'ai croisé monsieur Biglet et que je ne l'ai pas reconnu j'ai vérifié mes verres ils étaient pourtant propres bonjour il a lancé en me tendant la main je lui ai prêté la mienne en me demandant qui il pouvait être cela m'arrive souvent de ne pas savoir à qui je m'adresse je ne suis pas un sauvage je souris quand même il s'est enquis de mon état général ça va j'ai hoché la tête et répondu oui et vous et puis je me suis rendu compte mais bien sûr c'est monsieur Biglet pas étonnant que je ne l'ai pas identifié il avait changé de coiffure il était blond alors que d'habitude il est chauve on n'est à l'abri de rien il m'a certifié que ça allait aussi de son côté malgré la tignasse qui lui avait poussé sur le crâne et a observé qu'on se retrouvait à la poste alors on va à la poste s'est-il exclamé il est perspicace monsieur Biglet à la nuance près qu'on n'y allait pas puisqu'on n'y était déjà je me suis gardé de l'objecter cela m'aurait amené à développer et je ne me sentais pas de m'étendre sur le sujet je me suis contenté de mesurer notre chance oui il faut en profiter ça ne durera pas éternellement il m'a considéré bizarre il avait le regard un peu absent sans doute que lui aussi avait besoin de nouvelles lunettes et il s'est rappelé qu'il devait partir il avait un train à prendre pour voir un ophtalmo et il comptait en profiter tant que c'était encore possible il m'a salué en me souhaitant une bonne journée bien que je n'aie rien contre et s'est dirigé vers la sortie je n'étais pas contre non plus son départ tombait à pic surtout que je n'avais pas que ça à faire j'avais une place à occuper dans la file devant la machine distributrices de timbres un passage obligé si je voulais envoyer ma lettre je me suis donc mis derrière une dame que je ne connaissais pas même si elle avait aussi des cheveux et j'ai attendu mon tour qui n'arrivait pas vite pas de quoi se plaindre non plus on n'était pas aux

    p 352 : à la poste

    MIB 3


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  • m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens un ver de terre desséché échappé du bloc compost le pauvre ça pardonne pas déshydratation en règle c'est assez répugnant sur le parquet je vais chercher la pelle la balayette je ramasse et hop poubelle je remets les ustensiles à leur place et retour au salon je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie je tourne en rond pourtant j'ai des tas de trucs à faire tant que je sais pas par quoi commencer et inutile de me lancer alors que j'ai à peine vingt minutes devant moi je serai obligé de m'interrompre en plein milieu j'aime pas ça du coup je m'ennuie je m'ennuie je m'ennuie tiens il pleut mince c'était pas prévu faut que je change de chaussures que je choisisse des pas trouées des qui prennent pas la flotte je sais pas comment ils se débrouillent aujourd'hui les chaussures au bout de trois mois les semelles sont percées j'admets que creuses comme elles sont on peut pas s'attendre à autre chose que de la merde avant les semelles étaient pleines enfin je crois du moins elles prenaient pas l'eau aussi facilement c'est le sens de l'histoire le creux on nous vend du vide après à nous les pieds trempés bon ben y'a plus qu'à changer de chaussures alors j'opte pour les de randonnées qui sont pas encore percées c'est pas très classe mais j'aurai les pieds au sec et je préfère avoir les pieds au sec qu'être classe à vrai dire je m'en fous de la classitude ma fille elle est pas d'accord elle trouve que je devrais faire un effort personnellement j'estime que c'est du temps perdu le temps que tu cherches comment avoir un peu d'allure tu peux l'employer à des choses plus intéressantes par exemple là je tourne en rond dans le salon je regarde par la fenêtre et qu'est-ce que je vois madame Gardon qui sort frétillante comme un ah ah ça me fait toujours rire bref si je m'étais occupé de mon apparence j'aurais pas vu madame Gardon sur le trottoir ç'aurait été dommage d'autant qu'elle vient de se vautrer elle me fait penser au ver de terre que je viens de ramasser et expédier à la poubelle je me demande si elle s'est fait mal faudrait peut-être que je descende lui apporter mon aide elle est gentille madame Gardon même si elle est moche elle aussi comme quoi ça signifie rien je pourrais descendre et faire mon zorro tadam pas de souci j'arrive apparemment c'est pas la peine elle se redresse toute seule se frotte un peu le derrière regarde autour si on l'a vue elle est un peu honteuse et puis elle reprend son chemin en se tâtant les hanches sous la pluie parce qu'il pleut toujours je la suis des yeux et elle disparaît au coin de la rue je m'écarte de la fenêtre je m'ennuie je m'ennuie je

    p 525 : le ver et la semelle creuse


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