• Il s'accroche aux petits riens parce que, dans sa vie, c'est tout vide. Il traque l'instant pour l'en combler, comme un ballon de baudruche qu'on dilate jusqu'à ce qu'il explose, dont on récupère les morceaux de latex déchirés en leur découvrant des vertus paysagères. Il étire la matière, elle lui claque entre les doigts. Ça lui fait des étoiles filantes, quand il ferme les yeux. Et il se dit que l'existence, décidément, réserve des surprises.

    Les petits riens

     


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  • Elle et lune ont la tête haute, la tête si haute que sur la pointe des pieds, même le bout du doigt ne parvient à gratter la fossette de leur menton.
    « Prends un balai, dit l'idiot, tu leur feras avec, une moustache. »

     


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  • La lune s'ouvre. L’œil du chat effaré se fait phare, affolé s'enfuit feu follet. La paupière tombe. Une chape de peau.


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  • J'ai la tête aux tourbillons. La valse des souvenirs. Pas à pas, ils s'estompent. Comme les rêves qu'on attrape, qui se délitent aux premiers frémissements de la conscience. Sable et vase. Je m'enlise. Dans la boue glaireuse du marécage, je divague. 

    Tourbillon


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  • Derrière le rideau, la larve rôde. D'un bond dans le bidon du bonhomme bandit, la bilharzie broie du noir. Chut. Du billard dans les entrailles. L'ombre déborde des lèvres, plonge dans l'onde globule. Je déballe, la bave à l'encre, toute la bile, sur l'établi ; bricole des bredouillis bizarres à bride abattue.

    Parasite


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  • J'use mes semelles sur le crâne du chevelu. Des gravillons roulent dans ses orbites, les excavent, billes foreuses, perforent la membrane arachnoïde. Trois, deux, un, sur la ligne de front, les rêves volent en éclat. Je m'agrippe aux oreilles du plus ventru d'entre eux. Et je lâche.

    Méthode


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  • Le vent a emporté deux doigts de la fillette. Pendant qu'elle les regarde chatouiller le ventre d'un nuage, je rattrape les miens, les cache noués derrière mon dos. Elle dit : « l'oiseau-sorcier les chaussera et dévalera les pentes moutons. » Et ajoute : « j'ai peur qu'il se casse une patte. » Moi aussi, j'ai peur ; tellement, que je descends du téléciel.

    Brindilles


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  •  Depuis que je ne compte plus les étoiles dans le ciel
    Je perds la mémoire.
    Un, deux, trois, quatre...

     


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  • PariaDans les années 1660, rejeté par les uns, relégué par les autres, Spinoza écrivait ces lignes (Traité théologico-politique - chap 14) et éclairait le monde, en lançant Les Lumières :
    "Quant à ces fondateurs de sectes, nous ne voulons pas les accuser d'impiété pour cette seule raison qu'ils ont adapté à leurs opinions les paroles de l'écriture ; de même en effet qu'elle fût adaptée jadis à la compréhension du vulgaire, de même il est loisible à chacun de l'adapter aussi à ses opinions propres, s'il y voit un moyen d'obéir à Dieu, en ce qui touche la justice et la sécurité, d'une âme plus pleinement consentante. Nous les accusons parce qu'ils ne veulent pas reconnaître aux autres la même liberté, persécutent comme ennemis de Dieu tous ceux qui ne pensent pas comme eux, vécussent-ils le plus honnêtement du monde et dans la pratique de la vertu charitable, chérissent au contraire comme des élus de Dieu ceux qui les suivent docilement, alors même qu'ils sont le plus dépourvus de force morale ; et l'on ne peut concevoir attitude plus criminelle et plus funeste à l'état."


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    "Le vent se lève ! ... il faut tenter de vivre !"

    Paul Valéry - Le cimetière marin


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