• Sur la table, le pain a la couleur de la peau de cette fille dont j'ai oublié le prénom et qui m'avait dit qu'un jour je me souviendrais d'elle.

    Reste encore à mordre les corps caverneux de ma mémoire en mie et en miettes.

    Pain béni


    votre commentaire
  • Des notes notes notes tombent drues sur le parterre constellé de têtes 
    Soudain s'arrêtent
    Clapotis turbulences dans les travées
    Le silence sursaute les premiers battements l'entravent
    Clap clap clap
    Une déferlante tendue par les corps en pointe

    Des fauteuils claquent
    L'appel du parking

    Sans transition


    votre commentaire
  • Les chacals ont la kalach facile. Ils chassent. Le crachat et l'insulte à ta face. La crasse dans le cortex, la graisse dans le cœur. 
    N'écoute pas leurs hurlements. Sois le bienvenu !

    Puisses-tu trouver, après tout ce que tu as enduré, répit et bienveillance. C'est le moins.


    votre commentaire
  • J'ai du bruit dans le ventre et la tête, du vent entre les doigts. Le bruit court, le vent tourne. Accablé, dépassé, je ravale mes cris dérisoires. Les logorrhées ne cassent pas les murs, ne brisent pas les chaînes, ne renversent pas même les tables ; elles se périment sitôt versées. Le cours de la parole périclite tant, que chacun y va de sa vente. Déprime. Le bruit au bruit n'a jamais engendré que du bruit, que le vent au vent dissémine dans l'oubli. Vestiges.

    Le silence prime. Le silence rend seul. Le prix du silence.

    Beaucoup de bruit pour rien


    votre commentaire
  • Tu imposes tes posts
    à l'improviste en ri-poste
    stop
    pause

    Suffit-il que tu passes à la ligne pour que ta prose passe
    poésie ?

    Im/post/ure


    2 commentaires
  • L'homme marche, la casquette vissée sur ses rêves. Mieux vaut les empêcher de s'échapper. On ne sait jamais ; il pourrait en avoir besoin, un jour. Lorsqu'il n'aura plus que ça à semer, pour retrouver son chemin.

    Casquette


    votre commentaire
  • Le sable n'a aucune mémoire. On peut lui dire nos secrets, les graver sur sa peau ; un coup de langue suffira à les effacer. La mer vient et emporte nos souvenirs. Table rase. La remise à zéro.

    Ardoise magique


    votre commentaire
  • Il a le rire en bouche et le soleil dans les yeux. Il court les bras levés pour attraper le vent, s'élance dans les vagues, trébuche sur elles. Pataplouf. Le froid pique, le sel pique. Banderilles sur sa peau constellée de bulles. Il crie "Olé". 

    Olé


    votre commentaire
  • Les tresses de ma fille lui font les cheveux bouclés quand on les dénoue et les yeux radieux quand elle glisse ses doigts entre les mèches ondulées. Elle les balance d'un côté, de l'autre, éclabousse son visage de ses serpentins dorés. L'eau les rend à leur raideur. Elle demande : « Tu peux me faire des tresses ? »

    Frisettes


    votre commentaire
  • Elle glisse des petits cailloux dans les trous des conduites d'eaux pluviales. Ding dong, sonnent-ils en dégringolant. Ils débouchent sur le trottoir, ricochent sur le macadam et mordent la cheville du vieil homme qui passait par là. Aïe, s'exclame le monsieur. Quoi donc l'a piqué ? Il retrousse son pantalon, cherche à élucider le mystère, tandis que la petite fille, hors de vue derrière sa main plaquée contre sa bouche, pouffe.

    Histoire de cailloux


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique