• Bah... oui, quoi ! Le temps de lever, de redescendre le guidon à la hauteur de la petite, je suis déjà arrivé à l'école, moi ! En plus, en position basse et aérodynamique, ça roule très bien... Et puis quand même : quel style !

    Portrait en trottinette

     

    ... by ma fille.


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  • Le petit prince est mort sur une plage. C'était hier, depuis toujours, autant dire des siècles. On s'habitue aussi à la mort du petit prince. Il demandait : « dessine-moi ton pays ! » Mais personne ne voulait.
    Alors l'autre jour, j'ai pris un crayon et dessiné des grilles. Derrière, il y avait mon fils qui refusait de regarder ; il regardait quand même. Il pleurait. Il n'acceptait pas que le petit prince soit mort. Je lui ai dit : « maintenant, tu n'es plus un enfant ».


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  • Alors que les duels littéraires vont bientôt commencer sur le site Nouveau Monde, dès le 12 septembre, et après que la liste des sélectionnés a été rendue, je me permets de partager quelques réflexions sur cette expérience de juré, à ce stade. Une expérience bien enrichissante qui permet de toucher du doigt la volatilité des goûts et des perceptions... 

    Dire d'abord qu'il y a trois textes qui se détachent, plébiscités par tous les jurés, trois textes parmi lesquels devrait, en toute logique, se retrouver le lauréat. Trois textes talonnés, cependant, par de sérieux challengers.
    Ces trois nouvelles figuraient parmi mes favorites (dans mes 8 premiers) mais n'étaient pas de celles que j'avais le mieux notées (l'une est tout de même arrivée 3ème de mon classement). Et j'ai été un peu surpris, de constater que l'un des deux textes qui m'avaient le plus séduit (l'autre arrivé 4ème de la sélection pourrait bien l'emporter sur le fil !) n'avait pas suscité le même enthousiasme chez tout le monde. Je me suis rassuré en constatant que ç'avait été aussi le cas pour d'autres jurés qui avaient particulièrement bien noté un texte sans que celui-ci emporte l'adhésion générale... ni la mienne. Ce qui relativise l'exercice... Il y a des écritures, des thèmes, qui "parlent" sans doute mieux à certains mais qui touchent moins universellement. 
    Ce qui m'a davantage surpris, c'est de ne pas retrouver dans la liste des 40 (les 32 sélectionnés + les 8 hors-compétition) 4 des nouvelles que j'avais placées dans mes 15 premières et d'y trouver d'autres qui m'avaient semblé plus approximatives. Du coup, j'ai parcouru à nouveau ces textes, en me demandant si j'avais "loupé" quelque chose mais mon point de vue n'a pas évolué. Toujours cette perception du lecteur si variable et cette subjectivité tellement imprévisible !

    Quelques considérations, aussi, sur les notations et la mienne en particulier.
    Chaque juré a évalué à sa façon, plus ou moins sévèrement, en utilisant une gamme plus ou moins large de notes possibles. 
    En ce qui me concerne, j'ai estimé les textes les uns par rapport aux autres et non de façon absolue en me référant à un modèle préétabli. J'ai donc attribué d'excellentes notes aux textes que j'ai préférés, puis de façon dégressive toujours relativement. Par ailleurs, j'ai été plutôt clément, et ai restreint mon champ de notation entre 5/20 et 19/20, ce qui a réduit l'amplitude de mes notes... et qui a peut-être, je m'en rends compte, desservi certains qui m'ont plu et qui sont passés à la trappe (l'écart entre ceux-ci et d'autres qui sont "passés" auraient pu être différents)... J'assume néanmoins. Je ne souhaitais pas mettre de note inférieure à 5, tant il me semble difficile de prétendre qu'il n'y a rien à sauver d'un texte. De la même façon, j'ai eu des difficultés à mettre plus de 18. Je m'y suis résigné afin de départager un peu mieux ma tête de classement mais je n'ai pu aller au-delà de 19, tant il peut toujours y avoir, selon moi, des points à améliorer. 

    Les duels vont donc commencer et les internautes vont pouvoir choisir leur nouvelle préférée sur le blog. Afin que cette expérience reste jusqu'au bout passionnante et que les résultats ne soient pas biaisés, j'espère (et c'est sans doute un vœu pieu) que chacun votera pour un texte et non pour un auteur et que cette joute littéraire restera littéraire et qu'elle ne deviendra pas le concours de celui qui a le plus d'amis virtuels ou de celui qui saura le plus mobiliser derrière son nom... 


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  • Import - Export

     

     

    L'envie de revenir sur mon recueil de nouvelles, Import-Export, paru en mai 2012 et toujours disponible chez Jacques Flament éditions.

    "Ulysse rentrait chez lui. Eux partent de chez eux. Leurs voyages sont tout autant semés d'embûches. Ils s'appellent Moussa, Zhen, Hanif, Maria ou Roberto. Certains n'ont pas de nom. Ils vivent à Paris ou à San Diego, en Norvège, au Niger ou en Chine. Ils sont le silence. Ils sont les clandestins. Ils se cognent aux portes de notre monde verrouillé et, parfois, les forcent.
    Des histoires inspirées de faits réels, pour accompagner ces femmes et ces hommes dans leur quête, les suivre dans leur périple. Fraternellement."

    4ème de couverture

     

     

    Un livre qui résonne plus que jamais aujourd'hui, dont j'ai écrit le premier texte, Lampedusa (que l'on peut lire ici), en 2007 et dont je relatais ainsi la genèse, lors d'une présentation : 
    "Des mots. Tout commence toujours par des mots. Ceux d'un homme. À la radio. Le matin. Tôt. J'ai l'esprit encore embrumé de sommeil. La voix retient néanmoins mon attention. Une voix rauque. De fumeur. Une langue étrangère. L’italien. Le journaliste traduit. L'homme raconte. Son quotidien de pêcheur. Sur une île dont je n'ai jamais entendu parler. Dont je n'avais encore jamais entendu parler. Et qui est devenue célèbre, depuis. Tristement. L'homme raconte. Il raconte son travail à Lampedusa. Il raconte les clandestins dans les coques de noix. Il raconte ses filets, dans lesquels s'accrochent les corps. Ses filets bousillés.
    Toute la journée, les mots me collent à la peau. Me poissent la cervelle. Et le soir, d'autres mots s'imposent. Les miens. Je suis pêcheur à Lampedusa. Comme mon père. Comme le père de mon père... Des générations que ça dure... Des mots qui s'acharnent. Obsédants. Comme une litanie. Il faut que j'écrive. Alors, j'écris.
    J'écris l'histoire d'un pêcheur à Lampedusa. Et cette histoire en entraîne d'autres. Des histoires fortes, qui se suffisent à elles-mêmes. J'écris celle de Jia, le cueilleur de myrtilles. De ces hommes sans nom, qu'on envoie par-dessus bord. De ce père perdu, à Agadès. De Maria, coincée à Longyearbyen et que l'on prend pour l'ours blanc. Les personnages se multiplient. Je les suis dans leur quête. Ils me prennent par la main. J'essaie de me faire tout petit. Les accompagne."

    Des faits qui se banalisent, notre lot quotidien. Les gens meurent dans des camions, les corps d'enfants s'échouent sur nos plages.On compte les cadavres. « C'est quoi, un migrant ? » me demande ma petite fille.

     

    Pour en savoir davantage sur le recueil : "on en parle !"
    Par ailleurs, 6 des textes présentés dans l'ouvrage ont été primés ou distingués lors de concours littéraire : Lampedusa (1er prix d'honneur, Talange 2007), Homme libre toujours tu chériras la mer (1er prix, Ecrire sans frontières 2010), Moi S tête de serpent (sélectionné (13ème) pour le recueil 2010 de Calipso), La course du sanglier... (sélectionné (7ème) pour le recueil 2009 de Calipso), Passer la frontière (3ème prix, Mortagne sur Sèvre 2011), Le touareg jardinier (finaliste, La Mandragore 2009)

     


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  • L'on m'a proposé – et cela m'a à la fois étonné (vu l'audience du blog) et flatté – de me transmettre un livre afin que j'en fasse une petite critique sur ces pages dans ma rubrique Bouquins. Libre à moi d'en dire ce que je voulais, du bien ou du mal. 

    Je ne le souhaite pas. Je le précise ici, au cas où, pour prévenir d'autres hypothétiques et peu probables requêtes. Et ce, pour plusieurs raisons.

    Comme je suis un "bon gars", un garçon bien élevé, et qu'on ne se refait pas, quand on m'offre un cadeau, je dis merci et assure qu'il me plaît... M'enfin ! Je ne me vois pas "tailler" une oeuvre qu'un auteur m'aurait gracieusement adressée. Mal dans mes chaussures, je me sentirais contraint à une certaine complaisance et ce serait de ma part, au cas où elle me paraîtrait mauvaise, malhonnêteté intellectuelle. 
    Je n'écris donc que sur des livres que je me procure moi-même (et n'étant pas masochiste, je choisis des livres susceptibles, a priori, de me plaire (je suis parfois déçu)), et encore... que sur un très petit nombre. Je ne pioche, en effet, que parmi ceux que j'aime, ceux qui suscitent mon enthousiasme, me passionnent, m'intriguent ou me troublent. Une démarche positive, justifiée par le fait que je réserve (mais pas exclusivement : je ne m'interdis pas de me pencher sur des œuvres d'écrivains mieux établis et reconnus, qui revêtent une importance particulière pour moi) ces modestes "éclairages" à des artistes qui n'ont pas voix au grand chapitre médiatique, membres de la confrérie des "petits" auteurs (dont je fais partie). Il y aurait beaucoup de mesquinerie à "flinguer" un auteur qui peine à exister...
    Et je le répète : je pioche ! Je ne parle pas de tous les livres que j'apprécie. J'opère selon l'envie, l'humeur, mes disponibilités, mes priorités et ce que j'ai à en dire... Bref... 

    Par ailleurs, je me suis aussi donné pour règle de ne mentionner que des œuvres éditées par de vrais (petits) éditeurs, c'est à dire des maisons qui sélectionnent un minimum leurs ouvrages, mènent un travail éditorial et ont une politique commerciale "raisonnable" (exit les maisons qui proposent 200 pages à plus de 30/35 euros et font endosser les frais de publication à la famille et aux amis !!!). Je ne rendrai donc jamais compte – aussi intéressantes fussent-elles – d’œuvres auto-éditées et encore moins éditées à compte d'auteur ou simili, ou d’œuvres publiées par des usines à papier, peu regardantes sur leur contenu.

     Et ceci, conformément à ma propre démarche d'auteur.


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  • Gelsomina

     

    Oh, Gelsomina, Juliette des Esprits, je me souviens de ton visage. Grands yeux écarquillés, nez retroussé, bouche en cœur. Ta bouille ronde de clown céleste. Tu étais lune et soleil.

    Gelsomina mon ange, ton image hante mes rêves en noir et blanc. Tu danses sur les notes de Nino, virevoltes au lancer de mots du funambule fou. Tu ris, irradies et ranimes les flammes étouffées.

    Toi, l'innocence bafouée, combien tu as souffert. L'âme sur la main, tu la lui offrais et lui, te rouait de coups. Regarde-le, maintenant qu'il t'a perdue. Cette brute de Zampano, briseur de chaînes et phénomène de foires. Oui, Gelsomina, ma Giuletta, regarde-le fondre en larmes sur la plage. Il ne sait plus où il est. C'est toi qui le fais pleurer.


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  • Oui, et on peut s'en réjouir !

    Un paquet de bonnes nouvelles !

    Beaucoup de bonnes nouvelles à commencer par celles qui émaillent le petit recueil de Danielle Akakpo, Toi, ma p'tite folie, publié aux éditions Zonaires. Sous une plume alerte, avec facétie et toujours beaucoup de tendresse pour ses personnages qui ont une fâcheuse et hilarante propension à confondre leurs désirs avec la réalité, l'auteure nous livre quelques variations sur l'amour et ses illusions assez savoureuses. En quelques lignes, avec un talent éprouvé de conteuse, Danielle Akakpo nous embarque dans ses histoires et les pages défilent sous nos doigts sans que l'on s'en aperçoive. Un mari célibataire le temps d'un week-end de fête nationale, une propriétaire de gîte envahissante, une dame enlisée dans sa vie de couple, un jeune-homme qui se cherche, autant de personnages qui font les frais du regard acéré et caustique de la nouvelliste ; caustique, néanmoins bienveillant, car comme chacun sait : qui aime bien châtie bien !

     

     

    Un paquet de bonnes nouvelles !

     

    D'excellentes nouvelles, aussi, dans le recueil de Valérie Laplanche, Saison désamour, paru aux éditions Jacques Flament. Après son très brillant Impressions Soleil couchant (Ed. La chouette borgne), la nouvelliste confirme de bien belle manière par un ouvrage sombre et sans concession, où l'humanité et en particulier sa part masculine en prend pour son grade. Le regard est affûté, intelligent et le constat implacable. Noir et désespéré, pourrait-on dire, mais c'est sans compter l'humour, l'humour mordant qui rend jubilatoires ces histoires à double face de domination. Par une écriture riche, visuelle et maîtrisée, aux arabesques fluides qui opèrent comme un charme sur le lecteur, l'auteure nous entraîne exactement là où elle le souhaite pour nous "retourner" à l'issue de récits où le faux-semblant règne en maître et où les certitudes tombent. 

     

     


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  • Absences

    Le vide. Les enfants sont partis. Le temps se dilate. J'en profite pour écrire. Comme cela ne m'était plus arrivé depuis longtemps. J'écris. Des heures sans interruption. Je lis, regarde des films, écris encore. Il faut que je termine avant de les retrouver.
    Dans l'appartement, le silence. Recouvert par la bande son que je choisis. Sans contrainte. Gouverné par le seul rythme de mon écriture.

    Et puis, le manque.

    — Allo ! C'est papa !

     


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  •  

    Ma darling Clémentine, sors ton Browning.
    Y'a Ringling, qui monte sur le ring.

    Cash, il t'offre le monde.
    Mais toi, ce que tu veux, c'est veiller sur ta caisse
    Et soigner les rhumatismes de Joseph

    à Plombières-les-Bains.

     


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  • J'ai plusieurs textes sous la main. Sans en terminer aucun, comme si je leur refusais de s'émanciper. Je retarde l'échéance, reprends, corrige. Me dis que c'est bon. J'envoie à un éditeur, l’Éditeur. Au compte-goutte, tant le geste me coûte. Un éditeur qui devrait être le bon ou alors c'est à n'y rien comprendre. Je n'y comprends rien. On se compare, on se jauge, on se trompe. Je suis habitué. La lettre retour, quand il y en a une. Deux mois après, parfois cinq. Et la ligne éditoriale, le programme complet pour deux ans qui verrouillent l'accès. Justement la ligne éditoriale, dans laquelle je suis en plein, malgré ce qu'ils racontent. Je regarde. Je lis. Des mots pour faire passer la pilule du refus. Avec un peu de désinvolture pour que ça glisse. Ça glisse. Je suis habitué. J'ai eu le temps d'écrire depuis mon envoi. De me détacher du texte. Absorbé par autre chose. Les semaines passent. Puis j'y reviens et recommence : un autre éditeur. Le bon, cette fois !

    Je suis las de taper aux portes closes.
                                   Néanmoins, je continue.
                                                       La tête contre les murs.
                                                                                    Avec parcimonie.

    Aïe !


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