• La ville fond, aux Editions de l'Ogre

    La ville où l'on n'arrive jamais, pourrait être le sous-titre de ce roman obsédant et obsessionnel. L'auteur, Quentin Leclerc, reprend les codes des jeux vidéos (comme il le revendique lui-même dans la présentation de l'ouvrage) et embarque le lecteur dans le ressassement d'une même partie où chaque variation de trajectoire induira une modification du scénario et où le vacillement du protagoniste (ou du lecteur) provoquera son renvoi à la case départ, le village en l’occurrence, lieu monstre et protéiforme, duquel on ne parvient à s'échapper. Il s'agit de rejoindre la ville alors que la ville fond, quête qui vire à l'absurde, désespérée et vouée à l'échec quand le monde se désagrège, qu'à chaque tentative des pans du décor se dissolvent comme dans ce film de Kiyoshi Kurosawa, Real, où le délitement progressif du monde représente celui, strate par strate, du subconscient du héros. C'est un peu comme si Vladimir et Estragon¹ attendaient Godot sur La route, comme si Samuel Beckett endossait l'univers et le costume de Cormac McCarthy. Et ça fonctionne ! Cela fonctionne tellement bien que l'empreinte du livre sur le lecteur est profonde et que persistent, longtemps après l'avoir refermé, les images mentales suscitées. Un road trip très réussi !

    La ville fond de Quentin Leclerc, aux Editions de l'Ogre.

    ¹Personnages d'En attendant Godot, de S. Beckett


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