• La 5ème mort de Janka

    Face à la paroi, l’oreille contre, Janka ausculta la roche. Il la sonda à la recherche de brèches par lesquelles disparaître. La surface métallique n’offrit aucune prise. Il se résolut à l’entailler. Il y planta ses ongles sous lesquels sa pulpe écorchée, à force de pression et d’insistance, s’effrita. Il grignota ses phalanges, puis ses doigts qui se disséminèrent en poussière le long de la frontière. Il n’eut plus de mains. Il usa alors ses moignons. Les frotta contre la peau lisse du terme du monde. Il se désagrégea par petits bouts. Squames absorbés par la terre, lambeaux de chair éparpillés dans l’air ferreux des temps révolus. Son corps ne tint plus que par sa tête dont il dévora encore les joues et le front. Il creusa ainsi jusqu’à ce que de lui ne subsista plus rien. Pas même la trace luisante d’un début d’érosion sur la parcelle combattue. À peine le stigmate d’une griffure imperceptible qui se colmata, fondue dans le bloc, quand Janka passa à travers.

    La 5ème mort de Janka


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